Dans la prison centrale de Goma, les détenus payent pour dormir dans un lit

Le monitoring des lieux de détention ainsi que celui des procès sont parmi les objectifs statutaires que se sont assignés les membres fondateurs de l’organisation Observatoire Congolais des Prisons « OCP » en sigle.

Pour tenter de s’imprégner de la situation pendant la semaine allant du 06 au 11 Octobre 2014, les moniteurs de l’organisions ont effectué des descentes avec des thèmes précis en vue de recueillir des informations sur la situation carcérale. Pour toutes ces descentes, le thème a développé était celui des «  VETEMENTS ET DE LITERIES » dans cet établissement pénitentiaire du Nord Kivu.

Pour tenter de nous imprégner de la situation, nous avons échangé avec Monsieur Patrick, en détention à la prison centrale pour homicide involontaire.

Pour lui, les détenus au sein de la prison centrale de Goma n’ont aucune tenue appropriée. Chaque détenu porte ses habits par lui achetés. Selon lui, certains détenus portent presque les mêmes habits tous les jours. Dans cet établissement pénitentiaire, il existe en son sein des détenus ne bénéficiant d’aucune visite de la part de leur familles, d’où le problème de manque d’habits. Tous les standards nationaux et internationaux obligent les Etats à octroyer à leur détenu une tenue conforme à la situation carcérale. Soit les condamnes doivent s’habiller en tenues distinctives de celles de détenus en détention préventives.

.S’agissant de la literie, cette question est sensible au regard du nombre pléthorique de cette population carcérale estimée à 1117 et pourtant la capacité d’accueil de l’établissement est de 150. Certaines catégories des détenus ont des lits qui leur sont alloués en fonction de leur rang mais aussi de moyens pécuniaires que disposent le détenus pour s’arroger ce lit face à l’administration de fait.

En pratique l’administration de fait exige le payement de 50$ ou 500$ selon la sollicitation de détenus concerne. Il existe au sein de la prison centrale de détenus possédant des moyens financiers qui sont loges dans une cellule appelée « QUARTIER SPECIAL », l’accès à cette cellule est conditionné par le payement de 500$ y compris le lit mis à la disposition du détenu. L’établissement pénitentiaire compte six cellules, quatre cellules sont réservées pour le détenus démunis et pour y accéder, ils doivent payer 50$. Ce payement permet au détenu d’entrer dans la cellule mais sans droit d’accès au lit. Pour accéder au lit, il doit payer une somme de 50$ auprès de l’administration de fait. La plupart de la population carcérale dort sur le pavement de ciment, entassée comme de tronc d’arbres.

Par contre, les détenus de deux autres cellules dénommées « quartier spécial » dorment sur des petits lits, privilégiés par rapport aux autres. Ces petits lits leur sont alloués en raison de la contre partie deleur moyen financier accordé à l’administration de fait qui surveille la prison à l’intérieur à l’impuissance des autorités de l’administration de cet établissement pénitentiaire.

Une autre catégorie des détenus composée des membres de l’administration de fait  se trouvant dans la prison centrale de Goma est aussi bénéficiaire des lits. Car leur puissance permet d’obtenir plus d’avantage illégal par rapport aux autres.

D’ailleurs le grand danger est que même pour ses propres habits, les détenus qui n’ont pas encore payé le montant appelé «droit de la prison » ne peuvent pas porter une autre catégorie d’habit. Le droit de la prison est de 50$ payable entre les mains de l’administration de fait implantée au sein de la prison de Goma.

Tous ces maux se passent alors que la constitution du 18 Février 2006 ainsi que différents textes ont déjà tranché. Aux termes de l’article 18 alinéa 5 de la constitution, tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité.

Or, d’après la règle 17 de l’ensemble de règles minima des nations unies sur les droits des personnes en détention, tout détenu qui  n’est pas autorisé à porter ses vêtements personnels doit recevoir un trousseau qui soit approprié au climat et suffisant pour le maintenir en bonne santé. Ces vêtements ne doivent en aucune manière être dégradants ou humiliants. Tous les vêtements doivent être  propres et maintenus en bon état. Les sous-vêtements doivent être changés et lavés aussi fréquemment qu’il est nécessaires pour le maintien de l’hygiène. Et lorsque les détenus sont autorisés à porter  leurs vêtements personnels, des dispositions doivent être prises  au moment de l’admission à l’établissement pour assurer que ceux-ci soient propres et utilisables.

Quant à la règle 19,chaque détenu doit disposer, en conformité des usages locaux ou nationaux, d’un lit individuel et une literie individuelle suffisante, entretenue convenablement et renouvelée de façon à en assurer la propreté.

Au sein de la prison de Goma, la donnée change. Les détenus portent leurs vêtements mais aucune disposition n’est prise pour assurer que ceux-ci soient propres et utilisables. Il ya des détenus qui portent les mêmes habits du 1 jusqu’au 31 jour du mois, d’où source de plusieurs maladies. Les détenus(95%) portent des habits trop, en hayons.

Pour l’article 49 de l’ordonnance 344 du 17 sept 1965 portant régime pénitentiaire en RDC, les vêtements des détenus sont  inspectés et subissent un traitement de désinfection, s’ils sont porteurs de parasites, ils sont traités à l’aide d’un produit adéquat ou placé dans une étuve.

L’article 51 de la même ordonnance dispose «  les détenus des prisons et des camps de détention sont revêtus d’une tenue. Et à l’article 51 de la même ordonnance de renchérir que la tenue doit être appropriée au climat et suffisante.

Pour maintenir le détenu en bonne santé. La tenue ne peut d’aucune manière être dégradante ou humiliante. Les vêtements doivent être maintenus constamment en bon état de propreté.

Au sein de la prison de Goma, la situation est catastrophique. Aucune règle prescrite ci-haut n’est respectée. Chaque détenu porte ses habits à sa guise même pour les militaires et c’est en vertu de ses moyens. La majorité de détenus(95%) portent des habits sales et comme conséquence risque de maladie. Les lits n’existent pas sauf pour les catégories spéciales de détenus citées ci-haut.

 La tenue dans les établissements pénitentiaires de la RDC relève de la politique nationale. L’Etat par le biais de son ministère de la justice devra adopter une tenue pénitentiaire aux détenus en détention préventive et ceux condamnes. Cette politique devra permettre à l’administration pénitentiaire de lutter contre toute forme d’évasion.  En outre le droit a un logement sain doit être respecté par l’Etat  car la prison centrale de Goma présente un risque pour l’humanité. Ces conditions contribuent à la dégradation de santés de détenus.

Au regard de ces éléments, il ya lieu de formules les recommandations suivante :

La dotation de la prison en lit en proportion de sa population actuelle,

La définition de la tenue de pensionnés de la prison tenant compte de la situation carcérale de chaque détenu,

Le démantèlement du comité de fait et le renforcement de la surveillance par l’équipe de l’administration de la prison,

Pour OCP/RDC

Me FIKIRI MUHIMA Lutaichirwa.

Directeur Exécutif

 

Pour tout renseignement complémentaire concernant le présent Communiqué de presse, veuillez contacter :

Le Secrétariat National de l’OCP/RDC à Goma   33, rue ISHASHA (Route hôp. Belle Vue), Quartier Katindo, Commune de Goma, ville de Goma, Province du Nord KIVU,  R D Congo.

E-mail : ocp_goma@yahoo.fr , julbashems@yahoo.fr  et flutaichirwa@gmail.comTéléphone : (243) 99 41 36 976 (243)818994357  et  (243) 99 53 99 484

Contact: Me FIKIRI MUHIMA Lutaichirwa, tél:   (243) 99 41 36 976 (243)818994357  et  (243) 99 53 99 484E-mail : ocp_goma@yahoo.fr ,julbashems@yahoo.fr  et  flutaichirwa@gmail.com

Observatoire Congolais des Prisons:OCP

Les ONG de défense des Droits de l’Homme de la RDC apportent leur soutien à M. Scott Campbell

LES ORGANISATIONS DE PROMOTION ET DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME EN RDC

COMMUNIQUE CONJOINT

« Prendre le message et ne pas lyncher le messager ».

Les ONG de défense des Droits de l’Homme de la RDC apportent leur soutien à M. Scott Campbell, Directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) et recommandent au gouvernement de considérer les recommandations contenues dans le rapport du BCNUDH.

Nous, Organisations non gouvernementales de promotion et défense des droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC) dénonçons et rejetons avec fermeté la décision du gouvernement d’expulser M. Scott Campbell, Directeur du BCNUDH, rendue publique par le Ministre de l’intérieur lors d’un point de presse du 16 octobre 2014.

La décision du gouvernement de la RDC d’expulser M. Scott Campbell du territoire congolais fait suite à la publication, par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme, du rapport sur les dérapages ayant occasionné des exactions et autres violations graves des Droits de l’Homme commises par des policiers et autres agents de service de sécurité  lors de l’opération « Likofi » relatif à la traque des délinquants et autres criminels qui semaient la désolation dans la ville de Kinshasa.  Cette opération a été menée du 15 octobre 2013 au 15 février 2014.

En conclusion le rapport publié sous l’insigne de la MONUSCO recommandent, entre autres, au gouvernement « De mener des enquêtes promptes, indépendantes, crédibles et impartiales sur les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de l’opération « Likofi » et, dans l’hypothèse où les éléments constitutifs des crimes sont réunis, de traduire en justice tous les auteurs présumés de ces violations, quel que soit leur rang ».

Les ONG s’interrogent : pourquoi le gouvernement refuserait de mener ses propres enquêtes et décide par contre d’expulser M. Scott Campbell pour avoir fait son travail ?

Les Organisations Non Gouvernementales des droits de l’homme rappellent qu’étant membre des Nations Unies, la RDC est tenue de respecter toutes ses obligations internationales en matière de promotion et protection des droits de l’homme, et de collaborer parfaitement avec tous les organes et mécanismes chargés de faire le suivi de leur mise en œuvre dont le BCNUDH.

La décision du gouvernement congolais constitue une atteinte extrêmement grave à la liberté d’expression qui est pourtant consacrée par la Constitution de la RDC, et aussi au droit à la justice pour les victimes des exactions imputées à certains agents de la police.

Les Organisations Non Gouvernementales des droits de l’homme rappellent que M. Scott Campbell n’est personnellement pas l’auteur du rapport sur l’opération « LIKOFI » publié par les Nations Unies et considèrent, de ce fait, que la décision des autorités congolaises d’expulser M. Scott Campbell non seulement est une de formes d’absence de volonté, en RDC, de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits humains, mais aussi constitue une menace contre les défenseurs des droits humains en RDC et les Nations Unies dont la RDC est pourtant membre.

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme exhortent le gouvernement à revenir sur sa décision d’expulser Monsieur Scott Campbell et à garantir la sécurité et la protection aux défenseurs des droits humains…

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme signataires rappellent aux autorités congolaises que la République démocratique du Congo a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux qui l’obligent à enquêter sur toutes les allégations des violations des droits des humains et de poursuivre dans le délai raisonnable tous les présumés auteurs desdites violations.

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme rejettent toute forme de politique gouvernementale qui viserait à assurer aux membres des forces de sécurité l’impunité des violations graves des droits de l’homme et banaliser les souffrances de victimes.

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme condamnent vigoureusement les déclarations de certains membres du gouvernement tendant à banaliser la gravité des exactions commises contre les populations civiles à l’occasion de l’opération « Likofi », et qui s’attaquent gratuitement aux acteurs des droits humains pour protéger leurs intérêts égoïstes.

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme prennent la ferme résolution de poursuivre leurs actions afin de porter à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale toutes les exactions qui se commettent en RDC et de faire poursuivre leurs auteurs par tous les moyens légaux. En conséquence, elles recommandent au Conseil de Sécurité des Nations Unies de saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) pour enquêter sur tous les cas relevés dans le rapport des Nations Unies en vue de poursuivre tous les auteurs matériels et intellectuels des crimes contre l’humanité et crime de génocide perpétrés par certains policiers et autres agents de services de sécurité de la RDC lors de l’opération « Likofi ».

En définitive, Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme renouvellent leur soutien aux différents mécanismes de promotion et protection des droits humains des Nations Unies en général et à M. Scott Campbell qui ne devrait pas être expulsé pour la simple raison que le rapport publié par les Nations Unies contribue à la lutte contre l’impunité de violations des droits humains en RDC à travers, entre autres, les informations précieuses relatives à l’opération « Likofi » mises à la disposition des autorités congolaises.

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme font leur le rapport des Nations Unies et reviennent sur les recommandations du rapport du BCNUDH selon laquelle le gouvernement de la RDC devra « mener des enquêtes promptes, indépendantes, crédibles et impartiales sur les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de l’opération « Likofi » et, dans l’hypothèse où les éléments constitutifs des crimes sont réunis, de traduire en justice tous les auteurs présumés de ces violations, quel que soit leur rang ».

Ainsi fait à Kinshasa, le 18 octobre 2014.

 

 

 

 

Les organisations non gouvernementales des droits de l’homme signataires :

 

  1. Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ)
  2. Association pour l’Accès à la Justice (ACAJ)
  3. Association Africaine pour la défense des droits de l’homme (ASADHO)
  4. Œuvres Sociales pour le Développement (OSD)
  5. Héritiers de la justice (HJ)
  6. Action des Chrétiens Activistes des Droits de l’Homme à Shabunda (ACADHOSHA)
  7. Action pour la communication et la vie (ACV)
  8. Action pour la Promotion de la Participation Citoyenne (APPC)
  9. Action pour la Promotion et la Défense des Droits Humains (APDDH)
  10. Action pour la Protection des Droits Humains et de Développement (APHUD)
  11. Action Santé Femme (ASAF)
  12. Actions des Chrétiens pour la Promotion de la Paix et du Développement (ACPD-GL)
  13. Amis de Nelson Mandela pour la Défense des Droits Humains (ANMDH)
  14. Arche d’Alliance (AA)
  15. Association  pour le Développement des Initiatives Paysannes (ASSODIP)
  16. Association Africaine des Droits de l’Homme (ASADHO/Beni)
  17. Association des Jeunes Solidaires du Congo (AJESOC)
  18. Avocats Sans Frontières (ASF/RDC)
  19.  Bâtir notre Terre  (BATE)
  20. Blessed Aid (BA)
  21. Bon Samaritains pour les Grand Lacs (BOSAM-GL)
  22. Campagne pour la Paix (CPP)
  23. Carrefour des Femmes (CAFEFA)
  24. Centre d’observations des droits de l’Homme et d’Assistance Sociale (CODHAS)
  25. Centre de Recherche sur l’Environnement, la Démocratie et les Droits de l’Homme (CREDDHO)
  26. Centre d’Etudes et de Renforcement des Capacités des Acteurs non Etatique (CECARANE)
  27. Centre pour la Paix et les Droits de l’Homme –Peace and Human Rights Center (CPDH –PHCR)
  28. Centre Résolution Conflits
  29. Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les droits de l’Homme (CEFHOP)
  30. Coalition des Volontaires pour la Paix et le Développement (CVPD)
  31. Collectif des Associations Féminines Pour le Développement Intégral (CAFPDI)
  32. Collectif des Femmes Journalistes (C F J)
  33. Collectif des Jeunes Solidaires de Congo Kinshasa (COJESKI)
  34. Collège des Leaders des défenseurs des droits de l’homme (CLDDH)
  35. Comité des Droits de l’Homme et de Développement (CODHOD)
  36. Congo Peace Network (CPN)
  37. Convention Pour le Respect des Droits de l’Homme(CRDH)
  38. Défense et Assistance aux Femmes et Enfants vulnérables en Afrique (DAFVA/ONGD)
  39. Droits et Vie pour Tous (DVT)
  40.  Fédération des Organisation des Développement (FOD)
  41. Femmes Engagées pour la Promotion de la Santé Intégrale (F E P S I)
  42. Femmes Juristes  pour la défense des Droits de la Femme (F J D F)
  43. Femmes Maintenant (FM)
  44. Femmes solidaire pour la paix et le développement, (FSPD)
  45. Forum pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance
  46. Great Lakes Human Right Program (GLHRP)
  47. Groupe d’Actions pour la Démobilisation et la Réinsertion des Enfants Soldats (GADERES)
  48. Human Dignity in the World (H D W)
  49. Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP):
  50. Juristes Engagées pour la Défense des Droits de l’Homme (JEDHO)
  51. Justicia Asbl
  52. Justice En Danger
  53. Justice, Paix et Développement
  54. Journalistes en Danger (JED)
  55. Ligue des Activistes des Droits de l’Homme dans les Milieux Ruraux (LADHO)
  56. Ligue des Electeurs (LE)
  57. Mamans Tushinkiane (MATU)
  58. Nouvelle Société Civile du Congo (NSSC)
  59. Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH)
  60. Observatoire de la Lutte contre la Corruption en Afrique Centrale (OLCAC)
  61. Organisation Communautaire pour la Conservation de la Nature (OCCN)
  62. Organisation de Défense des Justiciables Vulnérables (ODEJUVU
  63.   Programme des Associations pour le Développement intégral  (PADI)
  64. Projet Intégré pour les droits de la personne dans les Entités (PIDEN)
  65. Promotion de la Justice Réparatrice et des Initiatives de Développement Intégrées (PJRIDI)
  66. Promotion et Appui aux initiatives féminines (PAF)
  67. Rassemblement des Jeunes pour le Développement (RAJED)
  68. Réseau ARDA (RA)
  69. Réseau congolais d’éducation physique et de Paix (RCDEP)
  70. Réseau d’Organisations de Droits Humains, d’éducation civique (RODHECIP)
  71. Réseau des Associations Intégrées dans le Développement communautaire et Droits Humains (AIDIDH)
  72. Réseau National des Organisations des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (RENADHOC)
  73. Réseau National pour l’Observation et la Surveillance des Elections au Congo (RENOSEC)
  74. Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice (RRSSJ)
  75. Securitas Congo (SC)
  76. Solidarité Indépendante de Défense des Droits Humains (SIDH)
  77. Solidarité pour le Développement Communautaire (SODEC)
  78. Solidarité pour un Monde Meilleur (SMM)
  79. Syndicat des Femmes Travailleuses (SYFET)
  80. Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI)
  81. Toges Noires (TN)
  82. Union des Jeunes pour le Changement et les Droits de Marginalisés (UJCDM)
  83. Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)
  84. Voix de l’Opprimé pour les droits de l’homme

Exécution sommaire et extra judiciaire des kulunas : Justicia asbl exige la mise en place d’une commission d’enquête internationale et la poursuite en justice de leurs auteurs

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 011/JUST/2014

EXECUTION SOMMAIRE ET EXTRA JUDICIAIRE DES KULUNAS : JUSTICIA Asbl EXIGE LA MISE EN PLACE D’UNE COMMISSION D’ENQUETE INTERNATIONALE ET LA POURSUITE EN JUSTICE DE LEURS AUTEURS

JUSTICIA Asbl, une organisation de promotion et de défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire basée au Katanga en République Démocratique du Congo vient de prendre connaissance du contenu du rapport du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme sur les violations des droits de l’homme commises par les agents de la Police Nationale Congolaise dans le cadre de l’opération « LIKOFI » à Kinshasa entre le 15 novembre 2013 et le 15 février 2014.

Ce rapport fait état des violations graves des droits de l’homme, à savoir des exécutions sommaires et extrajudiciaires et des disparitions forcées, commises à l’encontre de civils par des agents de la Police nationale congolaise (PNC) dans le cadre de l’opération « Likofi ». Cette opération dont le but était de lutter contre la délinquance à Kinshasa, a été menée entre le 15 novembre 2013 et le 15 février 2014. Elle aurait causé au moins 41 victimes de sexe masculin, parmi elles neuf ayant fait l’objet d’exécutions sommaires, et 32 de disparitions forcées.

Il épingle aussi la responsabilité de certaines unités spécialisées ayant la responsabilité de conduire cette opération : il s’agit plus particulièrement de la Légion nationale d’Intervention (LENI) et du Groupe Mobile d’Intervention (GMI), respectivement sous la supervision du Général Seguin NGOYI SENGELWA et du Général Célestin KANYAMA. Un mot d’ordre aurait été donné pour ne pas autoriser aux défenseurs des droits de l’homme d’avoir accès aux lieux de détention et morgues où auraient été déposés les corps des victimes, qui, par la suite, auraient été soit enterrées dans des fosses communes, soit jetés dans le fleuve. Les autorités congolaises n’ont pris malheureusement aucune mesure pour
empêcher la perpétration de ces violations massives et intentionnelles des droits de l’homme qui peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité dont la compétence revient à la Cour pénale internationale.

1. Organisation congolaise de promotion et de défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire, adresse :1015, avenue Mama yemo, Commune Lubumbashi, Katanga /RDC, Tél : 0814709184 et 0853471003, E mail :justicia.asbl@gmail.com
Site web :www.justiciaasbl.org, blog :

JUSTICIA Asbl Toutefois, en lieu et place de condamner ces actes dont le nombre des victimes avoisinerait la centaine et de déférer les auteurs devant les instances judiciaires compétentes, le Ministre national en charge de l’Intérieur, sécurité et décentralisation se contente par contre d’exiger le départ de la RDC de Monsieur Scott CAMPBELL, Directeur du Bureau Conjoint des Nations unies pour les Droits de l’Homme de la MONUSCO, connu pourtant pour son professionnalisme et sa compétence.

La mise en place d’une commission d’enquête judiciaire sur ces faits graves imputés aux forces de l’ordre congolais s’avère nécessaire, et faudra-il rappeler que l’armée gouvernementale avait fait un même usage excessif et disproportionné de la force en perpétrant à Lubumbashi le massacre de nombreux adeptes du prophète MUKUNGUBILA en décembre 2013, et dont les corps avaient été enterrés dans des fosses communes.
Pour JUSTICIA asbl, seules des commissions d’enquête mises en place soit dans le cadre de la commission ou de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, soit du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, soit de la Cour pénale Internationale pourraient valablement mener et ce, de manière indépendante, des enquêtes sur ces crimes graves assimilables aux crimes contre l’humanité, établir la vérité pour l’intérêt de la justice et même faire poursuivre les auteurs devant des mécanismes impartiaux et indépendants de justice.

Au regard de ce qui précède, JUSTICIA Asbl :

– Condamne cette terreur instituée par des services de sécurité congolais dont la mission est de sécuriser les citoyens et leurs biens ;
– Condamne la tentative de décrédibiliser la MONUSCO pour avoir rempli la mission lui reconnue par la résolution 2147 si bien que lorsque le gouvernement réagit différemment s’il s’agit des dénonciations des crimes commis par le M23 et les autres forces négatives par
la même institution ;
– Soutient Monsieur Scott CAMPBELL et l’ensemble du personnel des Nations Unies affectés au Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme pour leur professionnalisme ;
– Soutient toutes les recommandations formulées dans le rapport précité notamment celle de ne pas accorder une quelconque assistance aux unités à la base de ces violations massives des droits de l’homme ;
– Exige la mise en place d’une commission d’enquêtes pour élucider les circonstances exactes et le nombre réel des victimes de ces graves violations des droits de l’homme afin que les responsables répondent de leurs actes.

Fait à Lubumbashi, le 17/10/2014

ONG : Justicia asbl

 Timothée MBUYA, tél : +243 81470 91 84, email :justiciaasbl@gmail.com