Agression des prêtres et religieuses à Lodja : liberté d’expression menacée par l’intolérance politique

COMMUNIQUE N°0011/NSCC/2014

Kinshasa, 05 Novembre 2014. Des violents incidents ont éclatés à Lodja dans la Province du Kasaï Oriental, ces 12 et 13 Octobre 2014. Un groupe des jeunes visiblement instrumentalisés ont réussi à vandaliser les couvents des religieuses et s’en sont pris aux prêtres et aux religieuses. Le mobile de leur agression : la non digestion de la lecture du message de la CENCO au cours de la messe. Plusieurs suspects sont cités dans cette sorte de l’expédition punitive menée contre les prêtres et religieuses de l’Eglise catholique à Lodja.

Cette expédition punitive aurait été conduite par un certain Mr. DIUMA Boniface, ONEMA et OKANGADO PAPY non autrement identifiés et visiblement tenant d’une opinion politique hostile au message des évêques.

Bilan : Meubles et vitres cassés, des Panneaux solaires hors services, Monsieur l’Abbé Pascal Djongelo grièvement blésées avec une jambe fracturée et la Soeur Hélène Komba rouée de coup et dénudées et traumatisées contrairement aux bonnes moeurs et la culture africaine du
respect de la femme.

Si cette situation demeure impunie l’avenir du processus démocratique et électoral dans notre pays risque d’en prendre un sérieux coup à cause de la culture de l’intolérance politique et le reniement de la liberté d’expression aux pasteurs de l’église catholique. La NSCC est extrêmement inquiète et en appelle aux leaders politiques à l’encadrement de leurs militants par éducation réellement civique et patriotique axée sur les valeurs démocratiques pour lesquelles ils se battent en vue de leur ancrage dans notre société. Par ailleurs, la NSCC s’interroge où étaient les éléments de la police nationale en ce moment là ? Pourquoi les services de sécurité et de renseignement de la place n’ont-t-ils pas su détecté cette situation à
temps ? Difficile à répondre en dehors d’une inquiète impartiale.

Pour toutes ces raisons

La NSCC exige qu’une enquête indépendante soit ouverte pour faire la lumière sur ces incidents d’intolérance politique qui menace la liberté d’expression dans notre pays et que les coupables soit déférés devant la justice.

Coordination Nationale
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Les services médicaux sont presque inexistants à la prison centrale de Goma

En date du 18 au 26 Septembre 2014, l’activité de monitoring à la prison centrale de Goma était consacrée par l’OCP/RDC  sur les soins de santé. Pour  tenter de s’imprégner de la situation, les moniteurs de l’organisation ont effectué des descentes  avec  ce thème précis en vue de recueillir des informations sur la situation sanitaire dans ce milieu carcéral. Echanger avec le personnels soignant de l’infirmerie,  les détenus malades et d’autres dont leur santé se dégradent du jour au jour suite aux mauvais traitements sanitaire infligé par l’Etat à ces citoyens privés de liberté.  L’exercice a tourné autour de l’accès aux soins médicaux le jour et la nuit par la population carcérale de cet établissement pénitentiaire de Goma.

En effet, au terme des articles 54 et 60 de l’ordonnance 344 du 17  Septembre 1965 portant régime pénitentiaire en RDC  et les règles 21 à 26  de l’ensemble de règles minima pour le traitement de détenus adopté par le premier congrès de Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement de délinquant, tenu à Genève en 1955 et approuvé par le conseil le conseil économique et social dans ses résolutions 663 constituent le fondement juridique de traitement médical de la population carcérale. En principe, tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité.

Ces instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux portant sur le traitement de personnes privées de libertés  renforcent et obligent à l’Etat de protéger ces droits des personnes en détention et prévoient les droits pour les détenus de bénéficier des soins appropriés à leurs maladies, cette idée est aussi renforcée par les dispositions de l’ordonnance susdite portant régime pénitentiaire en RDC qui oblige aux responsables des services sanitaires du pays d’accorder des soins appropriés aux détenus pour préserver leur vies, leurs santés ainsi que leur dignité.

C’est ainsi que l’analyse de cette question nous est utile dans ce milieu pénitentiaire car elle nous permet de savoir le degré de prise  en charge de l’Etat congolais des personnes privées  de leur liberté (art.18 al. 5 de la constitution du 18 Février 2006).

Aussi l’article 12 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels reconnaît le droit à toute personne de jouir du meilleur état, des soins médicaux au moins égaux à ceux assurés dans la communauté.

Ainsi, il est d’obligation que lorsque  l’Etat prive quelqu’un de sa liberté, il assume la responsabilité de ses soins de santé. Il est impératif de veiller à la santé des prisonniers pour  que les politiques de santé publique puissent aboutir à la dignité humaine, étant donné qu’une maladie qui existe en prison se transmet facilement au public, par l’intermédiaire du personnel et des visiteurs, et que la quasi-totalité des prisonniers réintègre un jour la communauté et risque de transmettre les infections aux autres.

L’administration pénitentiaire devra soumettre chaque détenu avant son admission en prison à un examen médical et à un dépistage individuel pour épargner la population carcérale de la propagation des maladies transmissibles. C’est important d’une part pour faire en sorte que le prisonnier bénéficie immédiatement d’un traitement correct pour tout problème médical, mais aussi pour repérer tout signe de mauvais traitement qui aurait été subi à l’occasion d’une détention.

Dans l’idéal, les détenus et prisonniers devraient être incités à se soumettre à un dépistage volontaire du VIH, assorti d’un soutien psychologique avant et le cas échéant après mais ce dépistage comme il a été signalé pour l’admission ne saurait être obligatoire.

Ce service médical des détenus devrait être confié à un médecin chargé de surveiller la santé physique et mentale des détenus. Il devrait voir chaque jour tous les détenus malades, tous ceux qui se plaignent d’être malades et tous ceux sur lesquels une attention est particulièrement attirée.

La règle 26 de l’ensemble de règles minima de nations unies adoptées en Genève oblige au médecin de faire les désinfections régulières et conseiller le directeur en ce qui concerne :

  • La qualité, la quantité, la préparation et la distribution des aliments ;
  • L’hygiène et la propriété de l’établissement de détenus ;
  • Les installations sanitaires, chauffages éclairage et la ventilation de l’établissement ;
  • La qualité et la propreté des vêtements et de la literie de détenus ;
  • L’observation des règles concernant l’éducation physique et sportive lorsque celle-ci est organisée par un personnel non spécialisé.

Pour bien scruter la question, nous avons interrogé les détenus ainsi que le médecin responsable Ange ROSE et le Directeur adjoint de la prison.

  • Pour le Docteur Ange ROSE, l’infirmerie de la PCG comprend une équipe de 5personnes dont 3 médecins et 2 infirmiers. Toute cette équipe médicale est supervisée par elle. Elle nous a déclaré qu’il existe des maladies récurrentes au sein de la prison et dont l’infirmerie pénitentiaire ne dispose d’aucun médicament pour leurs soins. Elle continue à renchérir que les services médicaux ne dispose d’aucun bloc opératoire pour les maladies qui nécessitent des interventions du médecin. Par leur surprise, les transferts des détenus s’effectuent au sein de la PCG alors qu’il y a des médecins pour ces interventions. Les médicaments sont minimes et on n’arrive pas à faire éradiquer les maladies et les traitements que ceux recommandés par différents instruments juridiques nationaux et internationaux.
  • Pour le Directeur adjoint de la Prison Centrale de Goma, l’infirmerie ne dispose pas des produits médicaux suffisant pour les soins des détenus. Aussi les infrastructures sanitaires dont les douches, toilettes et autres ne sont pas en bon état. Il n’y existe pas des savons et d’autres matériels pouvant contribuer à bien garder l’état sanitaire convenable pour mettre ces infrastructures à l’abri de toute épidémie.
  • Pour les détenus malades rencontrés au nombre de trente au sein du dispensaire, il n’existe pas des médicaments au sein du dispensaire, nombreux souffrent des maladies graves mais ils reçoivent des comprimes pour calmer leurs douleurs. Ils nous ont affirmé qu’à cause de cette insuffisante, ils préfèrent se faire soigner à l’extérieurs de l’infirmerie de la Prison. Les détenus ont opté pour l’achat de médicaments au travers les membres de familles à l’extérieur. Mais le grand problème reste les agents de la police qui ne cesse d’inquiéter les familiers par leur rançonnement.

Donc la situation au sein de la Prison Centrale de Goma est autre. Les services médicaux sont presque inexistants. Pour monsieur BAKENGA TSHIMANGA, l’un des membres du gouvernement de fait dans la Prison Centrale de Goma, la notion des soins médicaux est presque oubliée à la Prison. Nombreux détenus souffrent des maladies différentes mais ils ne reçoivent pas des soins appropriés. Il existe au sein du petit dispensaire se trouvant dans la PCG des médicaments presque unique. Un détenu peut souffrir d’une maladie qui nécessite une intervention d’un médecin (ex l’hernie, l’appendicite, …) mais il ne se verra être donné des comprimés pour calmer les douleurs alors qu’en principe il aurait dû bénéficier d’une intervention chirurgicale.

Le principe sacro-saint de la médicine selon lequel « A chaque maladie, son traitement » n’est pas respecté. Les détenus souffrent mais ne reçoivent pas des soins appropriés.

Il existe au sein du dispensaire des médicaments spécifiques à certaines catégories des maladies dont le maux de tête, la diarrhée, la fièvre, la malaria et d’autres petites maladies comme si cela suffisait.

La notion de transfert d’un malade dans un lieu de soin d’accueil est presque inexistante alors que celle-ci est une obligation légale. Même très souffrant et si la maladie nécessiterait une intervention, le malade se voit être abandonné à son triste sort et seul son Dieu pourra lui venir en aide.

Notons cas même que la situation n’est pas presque la même pour les cellules des femmes et des enfants se trouvant dans l’EGEE. Des efforts sont fournis pour les soins des femmes et enfants en conflits avec la loi. D’ailleurs les femmes ont leur médecin propre répondant au nom de Docteur Ange ROSE. Celle-ci fait la permanence à la Prison pour palier aux problèmes des soins de la femme. Il existe aussi un infirmier chargé des soins des enfants mais ce dernier n’est pas permanent parce qu’il intervient aussi pour les soins de détenus hommes. Les femmes reçoivent au moins certains soins pour les maladies spéciales. Les femmes enceintes sont aussi soignées d’une manière spéciale et reçoivent des médicaments spécifiques.

Au sein de la PCG, certaines catégories des détenus dont les femmes et les enfants en conflit avec la loi ont un traitement presque particulier. Quant aux hommes, ils sont abandonnés à leur triste sort. Au regard de cri de détresse de la situation sanitaire, Il est à signaler que la prison centrale de Goma ne dispose d’une équipe qui peut surveiller tout cas des maladies qui surgissent pendant la nuit.

Pour le Docteur ANGE ROSE, elle fait son mieux pour voir comment soigner les femmes car plus vulnérables. Mais renchérit-elle, le dispensaire au sein de la Prison n’est pas équipé en matériels soignant. Il n’existe pas pour chaque maladie des médicaments appropriés. Le personnel soignant a été renforcé mais il n’est pas équipé en matériels.

Elle propose même au gouvernement la construction d’un bloc opératoire au sein de la Prison Centrale de Goma. Pour elle, si le gouvernement devrait mettre à la disposition du personnel soignant tout ce qui est nécessaire à leur travail, il n’existerait même pas des cas de transferts des détenus. Les transferts ne se font pas immédiatement parce que le gouvernement congolais ne parvient pas à payer les hôpitaux d’accueils et cela a pour inconvénient le refus de ces hôpitaux d’accueillir les malades transférés par l’infirmerie pénitentiaire.

Ex : L’hôpital CBCA VIRUNGA-Goma qui soignait des détenus mais jusqu’à présent le gouvernement n’a pas encore honoré ses obligations.

Problème de la permanence la nuit à la PCG ?

Ce problème règne et persiste au sein de la Prison Centrale de Goma. Aucun personnel soignant ne fait la permanence la nuit à la prison. Aucune intervention n’est possible la nuit parce que tous les médecins et infirmiers rentrent à la maison et reviennent le matin.

Par contre, les instruments juridiques sus-évoqués en font une obligation et l’Etat doit  permettre l’accès aux soins de santé le jour et pendant la nuit.

Sauf urgence ; mais les services des soins médicaux ne fonctionnent pas la nuit à la Prison Centrale de Goma. Alors quand un détenu tombe gravement malade la nuit, qui pour lui venir en aide ? Aucune personne parce que tous les personnels soignants rentrent à la maison  une fois la journée terminée. Sauf appel très urgent, le médecin ou l’infirmier peut venir donner secours. A la PCG, le travail à l’infirmerie commence à 8h30 pour fermer à 16heures.

            En somme, la notion des soins médicaux est presque inexistante au sein de la Prison Centrale de Goma. L’obligation pour les lois congolaises ainsi que différents textes internationaux implantant le droit pour chaque détenu de bénéficier du traitement préservant sa vie, sa santé physique et mentale est violée.

Il n’existe pas des soins appropriés pour des maladies propres. Même des malades qui nécessitent des interventions des médecins ne bénéficient pas ce droit. Pour une maladie qui nécessite une intervention chirurgicale, le malade détenu se voit être attribué de comprimés pour calmer les douleurs. Pour ce qui concerne les détenus malades mentaux aucune mesure n’est prise pour eux.

Tout ça parce que la Prison Centrale de Goma, construite pour capacité d’accueil de 150personnes au départ, en héberge aujourd’hui plus de 1100 prévenus et condamnés tous confinent dans Six cellules. Cela a pour conséquence pour la prison d’être toujours confronté à des difficultés de prise en charge des détenus alors que dit-on : « le degré de civilisation d’un Etat dépend de la manière dont celui-ci traite ces prisonniers ».

La considération ne vise que le respect universel des droits de la personne privée de liberté. La gestion de la PCG sur l’accès aux soins médicaux le jour et la nuit devra tenir compte du plan de l »amélioration de l’infrastructure médicale et du personnel médical car la prise en charge médicale par l’Etat est jugé insignifiant par les détenus ainsi que différentes personnes affectées au sein du service médical et à l’administration pénitentiaire.

Ainsi recommandons ce qui suit :

  • Qu’il y ait examen de la santé du détenu avant son admission au sein de la PCG ;
  • Que le médecin désigné par le Gouverneur de Province visite régulièrement la PCG pour examiner les détenus et faire des observations qui doivent être couchées dans son registre d’inspection ;
  • Que l’Etat transforme le dispensaire en centre de santé tenant compte de l’effectif des personnes détenues ;
  • Qu’il y ait renforcement du personnel soignant pour épauler la population carcérale qui dépasse dix fois la capacité d’accueil ;
  • Que l’infirmerie soit équipée en médicament et autres matériels soignants ;
  • Qu’on organise enfin les services médicaux de la nuit car la maladie pourra surgir à tout moment.

Pour OCP/RDC

Me FIKIRI MUHIMA Lutaichirwa.

Directeur Exécutif

Pour tout renseignement complémentaire concernant le présent Communiqué de presse, veuillez contacter :

Le Secrétariat National de l’OCP/RDC à Goma   33, rue ISHASHA (Route hôp. Belle Vue), Quartier Katindo, Commune de Goma, ville de Goma, Province du Nord KIVU,  R D Congo.

E-mail : ocp_goma@yahoo.fr , julbashems@yahoo.fr  et  flutaichirwa@gmail.comTéléphone : (243) 99 41 36 976 (243)818994357  et  (243) 99 53 99 484