Condamnation de l’opposant Ernest Kyaviro à trois ans à Kinshasa

Une vue du bâtiment abritant la salle d'audience ce 23:06:2011 à la prison centrale de Makala à Kinshasa. Radio Okapi: Ph. John Bompengo

Kinshasa, le 23 septembre 2015 – L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) dénonce la condamnation politique de l’opposant Ernest KYAVIRO, par le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, à trois ans de prison ferme et au paiement de la somme de 500.000 francs d’amende depuis le 18 septembre 2015.

Le 22 janvier 2015 M. Ernest KYAVIRO, président fédéral du parti politique de l’opposition RCD/KML[1], a été  arrêté en présence de son épouse à Goma. La police l’a accusé d’être « instigateur » des manifestations organisées à Goma, Beni et Butembo par les partis de l’opposition les 19, 20, 21 et 22 janvier 2015 contre la modification de la loi électorale. Ligoté (deux coudes dans le dos), il fut embarqué dans une jeep 4X4 de l’armée, placé à côté d’un cercueil vide acheté après son arrestation[2], et détenu au cachot de la police pendant 24 heures avant d’être transféré à Kinshasa le 23 janvier 2015 avec habits déchirés et visage tuméfié de suite de la torture et mauvais traitements lui administrés.

A Kinshasa, il sera détenu au cahot de l’ANR pendant 86 jours sans droit de visite familiale, ni de l’assistance de son avocat. Tombé malade le 15 février 2015, il n’a pu être consulté par un médecin que le 22 mars 2015, et sur huit médicaments lui prescrits, il n’a reçu qu’un seul. Le 16 avril 2015, il est transféré à la prison de Makala sur ordre du Parquet général de Kinshasa/Gombe qui l’a, par après, accusé devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe d’avoir « provoqué et incité à des manquements envers l’autorité publique en organisant des manifestations illégales à Goma».

Lors de son procès, Ernest KYAVIRO a contesté vigoureusement la légalité de son arrestation et son accusation étant donné que lesdites manifestations étaient organisées par des partis politiques de l’opposition bien identifiés après avoir informé le Maire de Goma conformément à l’article 26 de la Constitution[3]. Il aussi dénoncé l’absence d’enquête sur les actes de torture et mauvais traitements dont il fut victime tant au cachot de la police à Goma qu’à celui de l’ANR à Kinshasa en dépit de ses multiples réclamations formulées auprès du Parquet…

L’ACAJ dénonce sa condamnation car reposant fondamentalement sur des raisons politiques ainsi que le manque d’indépendance et d’impartialité dont a fait preuve la justice.

« En condamnant Ernest KYAVIRO la justice a participé à la violation des droits fondamentaux garantis par l’article 26 de la constitution et encouragé l’impunité dont jouissent actuellement les agents de l’Etat qui l’ont arrêté et détenu arbitrairement et torturé» a déclaré Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ.

« Nous sommes profondément  préoccupés par l’enchainement de condamnations des acteurs de la société civile et d’opposants – quatre activistes de Lucha à Goma et l’opposant Vano Kiboko à Kinshasa – depuis deux semaines. Nous exigeons leur libération sans condition, l’abandon des charges et des poursuites judiciaires contre les agents de la police et de l’ANR accusés par eux de leur avoir administré des actes de torture et mauvais traitements », a-t-il ajouté.

L’ACAJ exige aussi l’abandon des poursuites pénales contre Jean-Claude MUYAMBO, Cyrile DOWE, Christopher NGOY, Fred BAUMA et Yves MAKWAMBALA et leur libération.

 

Pour contact presse :

Me Beaupaul Mupemba

Téléphone : +243 813831890

Email : acajasbl@yahoo.fr

[1] Rassemblement congolais pour la démocratie/Kisangani mouvement de libération.

[2] Mise en scène destinée à l’effrayer et montrer à la population qu’on allait le tuer et l’enterrer dans ledit cercueil.

[3]L’article 26 de la constitution de la RDC : « La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente…M. Ernest Kyaviro a produit lors du procès la copie de l’accusé de réception de la lettre des partis politiques de l’opposition de Goma par laquelle ils avaient informé le Maire de Goma de l’organisation desdites manifestations.

L’insécurité en territoire de Beni

BENI Centre ville

Aux Commandant de la 34ième Région militaire, le commandant des Opérations sokola 1 et Responsables provinciaux des services de sécurité tant civils que militaires à Goma et Beni.

Lubero, le 22 septembre 2015 – Le CIDDHOPE appelle urgemment le commandant de la 34ième région militaire, le commandant des opérations Sokola 1 et les responsables provinciaux des services de sécurité tant civiles que militaires de la province du Nord-Kivu à Goma et à Beni à protéger les civiles victimes quotidiennes d’attaques attribuées aux ADF.

Le CIDDHOPE venait d’être informé d’un échange de coups de tires entre les FARDC et les combattants présumés ADF depuis ce soir 22 septembre 2015 vers 17 heures à la rivière

ABIALOS, située dans le village KOKOLA, sur la route national n°4, groupement BAMBUBA/KISIKI. D’après le colonel TATY JOSEPH, commandant de la 31ième brigade, ses militaires ont surpris ces présumés ADF en train de préparer la nourriture sur le lieu. Le colonel n’a pas porté le bilan de ces attaques à la connaissance du CIDDHOPE mais promet le révéler demain pendant la journée.

Comme à l’accoutumé, le CIDDHOPE suit de près ces événements malheureux et vous tiendra informer sur évolution de la situation et la suite de réactions des autorités des FARDC.

 

Pour le CIDDHOPE,

KASEREKA MAMBO MINGI, le Chargé de Programme a.i

Me Dellyco Mbambu NYAMWAMI, Secrétaire Exécutif

 

Adresse de contact :

01, Cellule Kabenge, Avenue du marché, non loin du Rond – point Boulevard et du Bureau de la cité,

Quartier Mulyata, cité de Lubero, Territoire de Lubero, Province du Nord-Kivu, à l’Est de la

RDC. Tél. +243 976310259, +243 997784020, +243 821415070, +243 840035788, +243 899174374, +243 991715060

E-mail : ciddhops.execu@gmail.com, Skype : ciddhope

 

JED demande au CSAC de faire cesser la diffusion dans les médias congolais d’un spot …

Radio Okapi: Ph. John Bompengo

« Journaliste en danger (JED), Organisation dédiée à la défense et à la promotion de la liberté de l’information,  observe, avec une grande appréhension, la diffusion depuis plusieurs semaines sur quelques chaînes de télévision à Kinshasa, et dans certains réseaux sociaux, d’un Spot de propagande en faveur de la tenue du Dialogue national intitulé : « A nous de décider », peut-on lire dans une lettre adressée, jeudi 17 septembre 2015, au Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) par le Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi.

Dans ce document audiovisuel dont l’auteur n’est pas identifié, on voit des images vantant les réalisations du Pouvoir en place, et à côté desquelles sont juxtaposées des scènes de violences et de chaos enregistrées en RDC lors des élections de 2006 et 2011, et dans certains pays étrangers secoués par des troubles politiques. Puis une voix disant : « C’est à nous de choisir…; choisir la paix ou le chaos ».

Pour JED, il n’y a aucun doute que ce Spot a été pensé et monté dans des officines politiques dans le but manifeste de faire peur et d’un conditionnement psychologique de la population, au moment où une grande controverse s’installe dans la classe politique autour de la nécessité ou non de la tenue du Dialogue initié  par le Chef de l’Etat.

« Le message tendancieux et dangereux consistant, sournoisement, à présenter les élections à venir en RDC comme synonymes d’un chaos annoncé, n’est ni plus ni moins,  qu’une tentative de manipulation de l’opinion,  et une apologie de la violence intolérable », martèle JED.

Dans cette correspondance envoyée notamment au Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, aux Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’au Ministre des Médias, JED a tenu à souligner la responsabilité qui incombe à l’instance de régulation des médias qui a la charge de « veiller au respect de la déontologie en matière d’information », et a rappelé l’article 6 de la loi organique du CSAC qui interdit, à travers les médias, l’apologie du crime, l’incitation à la violence, et toute autre forme de discrimination.

« On sait que pour déclencher la violence, il suffit de  peu de choses : d’un silence complice ou de quelques mots qui véhiculent un poison haineux. Par conséquent, JED estime qu’il est encore temps de faire baisser la fièvre qui s’est emparée de notre pays ; et qu’il est du devoir du CSAC , et de toutes les autorités qui nous lisent en copies, de ne pas laisser instrumentaliser la presse, de ne pas la détourner de sa mission,  et de ne pas la soumettre à une violence facile ; mais au contraire de la libérer, de favoriser son indépendance et sa prospérité, et de lutter contre ses prédateurs », conclue la correspondance.