RDC : Dialogue, la VSV prône le respect de la constitution et l’alternance politique 2016

Pour la Voix des Sans Voix pour les Droits l’Homme (VSV), il est impérieux de n’envisager, avant, pendant et à l’issue du dialogue aucun partage des postes ni des fonctions afin d’éviter des désillusions, déceptions et frustrations susceptibles de ne pas favoriser la cohésion nationale et la consolidation de la démocratie en RDC.

Dans un communiqué, la VSV salue la désignation, par la Commission de l’Union Africaine, en qualité de facilitateur du dialogue national politique en République Démocratique du Congo, de Monsieur Edem Kodjo, ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (actuelle Union Africaine) et ancien Premier Ministre du Togo.

Elle espère que les consultations pré-dialogue qu’entamera ce facilitateur permettront de rapprocher et d’harmoniser les vues entre les acteurs politiques notamment la majorité au pouvoir et l’opposition politique en vue d’un agenda commun avec des objectifs clairs et précis du dialogue sans énerver la Constitution du pays.

Pour la VSV, « si le dialogue national n’a réellement pour objectif que l’organisation d’un processus électoral apaisé, complet, inclusif et crédible, comme repris dans l’ordonnance signée par le Président de la République, samedi 28 novembre 2015 en respectant la Constitution de la RDCongo et l’alternance politique en 2016, il serait souhaitable que tous les acteurs de l’opposition politique y prennent part active ».

Par conséquent, elle invite tous les acteurs politiques de l’Opposition qui, pour des raisons tout à fait légitimes hésitent encore à rencontrer le facilitateur, le moment venu, de le faire dans l’objectif, précise le communiqué «  de l’écouter et à l’occasion de présenter leur cahier des charges consécutives au respect strict de la Constitution ».

La VSV demande aux autorités congolaises de donner des signaux clairs et forts en faveur d’un dialogue national inclusif en faisant libérer tous les détenus et prisonniers politiques en RDC qui croupissent encore à la Prison Centrale de Makala ou dans d’autres cachots et prisons du pays.

Aussi, doivent – t – elles respecter la loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques en mettant fin au dédoublement des partis politiques n’ayant pour seul objectif que de fragiliser les opposants politiques qui ne s’inclinent pas aux points de vue de la majorité au pouvoir.

A en croire la VSV, « le facilitateur Edem Kodjo devra œuvrer, pendant les pré-consultations pour la tenue effective et la réussite du dialogue politique national inclusif en persuadant la majorité au pouvoir d’élaguer de leur agenda les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution de la RDC et au non respect de l’alternance politique ».

Restant convaincue qu’aucun bon consensus ne peut sortir du néant sans que les acteurs politiques en présence ne se rencontrent et ne se parlent, la VSV tire la sonnette d’alarme sur le danger qui guette le dialogue national inclusif en RDC.

Au regard des leçons tirées de l’expérience des dialogues politiques antérieurs et des concertations nationales, il revient à la VSV que bon nombre d’acteurs politiques toutes tendances confondues qui soutiennent le dialogue le feraient en perspective du partage des postes et autres fonctions juteuses à la fin dudit dialogue national. D’où, la nécessité pour eux d’observer le respect strict la Constitution de la République et de l’alternance politique en 2016.

SYC

Ci – Joint : Le Communiqué  de Presse VSV N°3

RDC : Un journaliste interpellé lors d’une manifestation de l’opposition à Lubumbashi

(Kinshasa, le 20 Janvier 2016) – Lucien Kahozi, correspondant de France Presse et de la Voix de l’Amérique à Lubumbashi, a été mis aux arrêts et détenu pendant plus ou moins une heure, mardi 19 janvier 2016, dans les installations des services spéciaux de la police de Lubumbashi. Journaliste en Danger (JED) élève une vigoureuse protestation contre cet acte de censure imposé au journaliste par les forces de l’ordre. Une véritable atteinte à la liberté de la presse.

Journaliste en Danger (JED) condamne avec la plus grande fermeté l’interpellation, par les services spéciaux de la police, à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga (Sud-Est de la RDC), d’un journaliste – correspondant de la presse internationale, venu couvrir une manifestation de l’opposition qui commémorait les martyrs de la manifestation populaire contre un projet de loi électorale susceptible, selon l’opposition, de prolonger le mandat du Président Joseph Kabila.

Le journaliste a été arrêté au moment où il s’était rendu à la place Moïse Tshombe couvrir une manifestation organisée, dans le cadre de la commémoration des martyrs du soulèvement populaire de janvier 2015, par MM. Gabriel Kyungu wa Kumwanza et Charles Mwando Nsimba, membres du groupe de sept partis politiques qui ont fait dissidence dans la majorité présidentielle. Le matériel de travail de Lucien Kahozi a été momentanément confisqué avant de le conduire dans les installations de la police où il a été gardé pendant plus ou moins une heure.

JED considère cet agissement de la police comme révélateur d’un état d’esprit hostile à la liberté de la presse, et demande avec insistance aux autorités du pays de s’impliquer activement pour pacifier les esprits en faisant cesser toutes les formes d’harcèlements, de censures et de pressions exercées sur les journalistes et les médias.

SYC

Ci – Joint : L’Alerte de Journaliste En Danger

Ida Sawyer: « Il faut éviter de nouveaux incidents de répression sanglante en RDC »

(Kinshasa, 20 janvier 2016) – Point de Vue. Cela fait un an aujourd’hui que des manifestations ont été organisées à Kinshasa et dans d’autres villes de la République démocratique du Congo pour protester contre les tentatives du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir. Quand les forces de sécurité ont réprimé les rassemblements, les manifestations jusque-là pacifiques sont devenues violentes.

Au cours de plusieurs jours, la police et les soldats de la Garde républicaine ont tué par balles au moins 43 personnes, ont blessé des dizaines de manifestants et ont fait disparaître de force cinq autres personnes.

Les forces de sécurité ont emporté à la hâte certains corps, laissant les familles dans l’incapacité d’enterrer leurs proches.

Ce premier anniversaire est un sombre aperçu de ce que pourrait connaître la RD Congo si les forces de sécurité répondent de la même façon à de futures manifestations. Les deux mandats présidentiels consécutifs prévus par la constitution arriveront à échéance le 19 décembre 2016, mais les préparatifs de l’élection ont été délibérément paralysés et Joseph Kabila n’a pas annoncé son intention de se retirer. Les autorités fidèles au président ont réprimé et intimidé la coalition croissante des voix appelant au respect de la constitution et à des élections crédibles.

Rien qu’aujourd’hui, la police a entravé une série de rassemblements pacifiques organisés par les chefs de file de l’opposition et de la société civile à Kinshasa, la capitale, en commémoration des victimes des manifestations de l’an passé. Alors que d’autres manifestations sont prévues dans les semaines à venir, le gouvernement devrait prendre des mesures urgentes pour s’assurer que tous les Congolais puissent exprimer pacifiquement leurs points de vue sans crainte d’être arrêtés ou tués par les forces de sécurité.

Les autorités devraient arrêter les responsables des abus passés et les traduire en justice dans le cadre de procès équitables et crédibles. Elles devraient aussi stopper toutes les tentatives illégales de recrutement et de mobilisation de membres des « ligues de jeunes » afin qu’ils fassent usage de la violence pendant les manifestations – une tactique observée le plus récemment lors d’un rassemblement de l’opposition politique à Kinshasa le 15 septembre 2015.

Les partenaires internationaux de la RD Congo et la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, la MONUSCO, ont un rôle crucial à jouer. La police et les forces militaires de la MONUSCO devraient se tenir prêtes à se déployer dans des sites stratégiques à Kinshasa et dans d’autres villes pour exercer un effet dissuasif face aux répressions et pour protéger les manifestants pacifiques lorsque cela est nécessaire.

L’Union européenne, les États-Unis et les Nations Unies devraient appliquer des sanctions ciblées, notamment interdictions de voyager et gels d’avoirs, à l’encontre des personnes portant la plus grande part de responsabilité quant à la répression violente.

Les bailleurs de fonds de la RD Congo ainsi que l’ONU ont appelé à plusieurs reprises à une élection présidentielle crédible et ont insisté sur l’importance d’une passation de pouvoir pacifique, dans l’intérêt de promouvoir la démocratie, les droits humains et la stabilité en RD Congo.

Ida Sawyer

Senior Researcher, Democratic Republic of Congo