RDC : La VSV exige un procès juste pour trois étudiants poursuivis pour « Offense au Chef de l’Etat »

(Kinshasa, le 13 janvier 2016) – La Voix des Sans Voix pour les Droits l’Homme (VSV) dénonce l’acharnement contre trois (3) étudiants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) enlevés, samedi 28 mars 2015, sur leur site universitaire par des agents de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) pour des motifs manifestement politiques et placés en détention pendant plus de neuf (9) mois au Département Sécurité Intérieure (DSI) sis avenue Roi Baudouin (ex Trois Z) à Kinshasa/Gombe en face de la Primature.

Messieurs BUKURU NAMULINDA Joël (Ière Licence, faculté de Droit), BAGOMISA NZINGA Jirès (IIIème Graduat, faculté des Sciences Sociales/Relations Internationales) et NGUWA WOSOSA Léon (IIIème Graduat, faculté d’Economie) sont poursuivit pour « Offense au Chef de l’Etat », rapporte la VSV dans un communiqué officiel.

Le Tribunal de Paix de Kinshasa/Matete qui s’est saisi du dossier a fixé la première audience, vendredi 08 janvier 2016 dernier. Cependant, constate la VSV, « pour défaut de composition, le Tribunal de Paix de Kinshasa/Matete a renvoyé son audience à vendredi 15 janvier 2016 au moment où les étudiants attendent impatiemment leur libération pure et simple en vue de poursuivre leurs études ».

Exigeant un procès juste et équitable, la VSV plaide pour un dédommagement conséquent de trois victimes pour les préjudices subis.

Quant aux conditions de détention, le communiqué décrit que : « les trois victimes avaient été placées dans trois cellules distinctes aux conditions inhumaines notamment dormir à même le sol ; une seule toilette pour des dizaines des personnes ; le port de mêmes habits pendant plusieurs mois ; le régime d’interdiction des visites des membres de famille, des avocats et défenseurs des droits humains, la nourriture très insuffisante, etc. »

A en croire les informations de la VSV, pendant leurs auditions au secret à l’ANR, il a été reproché aux trois victimes d’avoir commis l’infraction « d’offense au Chef de l’Etat » alors qu’il leur aurait été reproché sur le site universitaire, entre autres, leur  appartenance au parti politique de l’opposition « Union pour la Nation Congolaise (UNC) », la conception et la distribution des tracts exigeant la justice en faveur de monsieur Vital Kamerhe, président dudit parti dans le procès l’opposant à madame Wivine Moleka.

Cet état de choses conforte la VSV à exiger d’un ton ferme, le respect du délai de 48 heures de garde à vue par l’ANR conformément à l’alinéa 2 de l’article 18 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui dispose que « la garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures. A l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue doit être relâchée ou mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente ».

Aussi, plaide – t – elle pour la fermeture, en République Démocratique du Congo, de tous les cachots parallèles ne dépendant pas de parquets.

SYC

Ci – Joint : LE COMMUNIQUE DE PRESSE VSV N°001

RDC : Goma, deux journalistes de la Radio Pole FM menacés de mort par l’ANR

(Goma, le 08 janvier 2016)Deux journalistes reporters de la Radio interculturelle dans la Région des Grands Lacs, Pole FM, émettant à partir de Goma sur 91.5 MGHZ ont été victimes de menaces de mort de la part du chef de poste de l’ANR (Agence National des Renseignements), affecté au poste frontière dit « Petite barrière » entre Goma et Gisenyi. Dans un message d’alerte, ce média entend attirer l’attention des autorités compétentes sur cette violation de la liberté de presse ainsi que les menaces de mort dont font l’objet ces professionnels des medias.

Godeliève Uwimana et Rozenn Kalafulo, ces deux journalistes reporters de la Radio Pole FM ont été dépêchées par leur rédaction le 07 janvier 2016 à ce poste frontière entre Goma et Gisenyi pour s’enquérir du désordre qui y a élu domicile. Ce, en dépit des efforts fournis par le Gouverneur du Nord-Kivu pour assainir ce secteur.

Cependant, en plein exercice de leurs fonctions, elles se sont heurtées à la résistance de quelques éléments de l’ordre, les empêchant ainsi de réaliser des interviews avec les victimes en majorité des femmes gagnes-petits qui font au quotidien des trafics entre Goma et Gisenyi.

L’alerte de la Radio Pole FM précise : « un certain Ilunga, militaire FARDC non autrement identifié affecté régulièrement à la petite barrière, bien connu par tous ceux-là qui fréquentent ce milieu, a chassé les deux consœurs comme des chiens avec des fortes menaces en lingala qui ont été d’ailleurs enregistrées et diffusées sur les ondes de notre radio ».

Comme si cela ne suffisait pas, rapporte la source, le chef de poste de l’ANR de cette frontière, en la personne de Monsieur SAFARI, est allé jusqu’à promettre la mort aux journalistes de la radio Pole FM qui oseraient continuer à couvrir les événements au poste dont les responsabilités lui sont confiées.

« Vous journalistes, vous vous croyez au déçu de la mêlée pour que votre présence vienne intimider les différents services de l’Etat. Vous ne savez pas que les choses vont bientôt changer ? Nous allons faire sauter vos têtes. Nous allons vous arrêter et vous irez en prison. Pour qui vous prenez vous, vous journalistes de Pole FM, pensez-vous que tous ces services de l’Etat peuvent vous craindre ? », tels ont été les propos du Chef de Poste SAFARI lorsqu’il s’adressait à la journaliste Rozenn Kalafulo.

Pour le responsable de la radio Pole FM, cette situation motive son média à alerter à temps opportun les autorités compétentes et à les responsabiliser afin d’éviter le pire qui pourrait advenir.

Toutefois, précise – t – il, « ces genres d’intimidations ne vont pas nous décourager pour remplir notre mission en faveur des victimes et de toute la nation qui a besoin d’avoir les informations utiles pour améliorer le vécu quotidien de la population congolaise ».

SYC

Ci – Jointe : L’Alerte de la Radio Pole FM 

RDC : L’ASADHO invite Kabila à jouer son rôle d’arbitre impartial de la vie politique

Dans une lettre adressée jeudi 7 janvier au Président de la République, Joseph Kabila, l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO) lui demande d’être l’«arbitre impartial» de la vie politique en RDC. Ce, conformément à l’article 69 de la Constitution. Une position qui, selon cette organisation, exige de lui équité et justice  à tous égards.

Au centre des inquiétudes de l’ASADHO, des atteintes aux droits et libertés des Congolais qui ne soutiennent pas le dialogue politique annoncé et qui font l’objet des menaces et attaques.

Et de préciser : « l’impartialité exigée de l’arbitre que vous êtes  ne devrait pas dépendre de votre  bon vouloir, mais de votre capacité à respecter et à faire respecter les lois de la République, à traiter tous vos  compatriotes sur le même pied d’égalité, à coaliser avec tous ceux qui défendent les valeurs républicaines pour la consolidation de la paix et de la démocratie en RDC ».

Pour l’ASADHO, la vrai décrispation de la crise politique passe par l’annonce du Chef de l’Etat, Joseph Kabila qu’il ne se représentera pas pour un autre mandat à l’élection présidentielle prochaine et que sous son impulsion, le gouvernement donnera à la CENI les moyens financiers nécessaires pour organiser l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel.

Considérant Joseph Kabila comme le personnage clef pour décider de ce que la RDC deviendra demain, l’ASADHO reste convaincu qu’il prendra les meilleures décisions. En tant qu’Organisation de Défense Droits de l’Homme, espère avoir accompli son devoir. Celui de partager avec le Chef de l’Etat ses  préoccupations pour qu’il puisse y apporter des solutions durables et conformes aux lois de la République. Ci – dessous, l’intégralité de la lettre :

A Son Excellence  Monsieur Joseph KABILA

Président de la République Démocratique du Congo.

de et à KINSHASA.

Concerne :   Arbitrage  impartial de la vie politique.

Excellence  Monsieur le  Président de la République,

L’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, tient à vous féliciter pour votre discours adressé au peuple congolais à l’occasion de la présentation des vœux pour l’année 2016 et dans lequel vous avez rappelé que le bien-être du peuple congolais et le développement de la République Démocratique du Congo sont toujours des priorités fondamentales pour votre administration.

C’est encore ici l’occasion de vous féliciter pour votre discours sur l’état de la nation prononcé devant le Congrès en date du  14 décembre 2015 et lors duquel vous nous avez montré que la paix, la stabilité et le développement  de la République Démocratique du Congo sont au centre de vos préoccupations. Cette occasion vous a permis aussi de mettre en évidence la détermination  des institutions publiques, sous votre direction,  à s’attaquer à toute personne ou circonstance qui menacerait la paix et la stabilité de notre pays.

Entant qu’organisation dont le travail se focalise sur la promotion, la protection des Droits de l’Homme et le développement démocratique, nous considérons que vos préoccupations en matière de paix, de stabilité et de développement de la République Démocratique du Congo sont aussi les nôtres.

En revanche,  nous ne considérons  pas comme valeur démocratique le fait de proférer des menaces et de considérer tous ceux qui ne partagent pas les options (programmes, politiques, dialogue…) prises par votre administration comme des ennemis de la République ou des « comploteurs » dont les activités menaceraient la paix et la stabilité du Congo.

Pour vous permettre de consolider l’œuvre de stabilisation et de développement  de la République, le peuple congolais vous a élu pour un deuxième et dernier mandat,  en 2011, comme Président de la République et vous a donné aussi une majorité confortable à l’Assemblée Nationale, faisant de vous «le chef de la majorité présidentielle actuelle », deux atouts majeurs pour changer positivement les conditions de vie des congolais.  Cela étant, il nous parait superflu de revenir sur  les conditions chaotiques dans lesquelles les élections de 2011 avaient eu lieu et les multiples atteintes aux droits fondamentaux perpétrées par les forces de sécurités à cette occasion.

Comme si ces deux atouts ne suffisaient pas, l’article 69 de notre Constitution vous confie un autre rôle particulièrement important et délicat  d’être l’arbitre impartial de la vie politique en République Démocratique du Congo.  Une position qui exige de vous équité et justice  à tous égards.

Une femme ou un homme, quelles que soient  son intelligence, sa compétence, sa sagesse et son  expérience ne peut pas remplir  ce rôle d’arbitre impartial tout seul, il doit s’entourer de personnes dont la capacité à juger et à  lire les signes du temps  doit être aiguisé par l’expérience et par un sens élevé à mettre  l’intérêt général au-dessus de leurs intérêts personnels et partisans.

Sans oublier que la myopie et l’arrogance des personnes qui entourent l’arbitre peuvent être fatales tant pour l’arbitre que pour les autres parties intéressées. C’est ici que l’arbitre est appelé à faire attention aux personnes qui l’entourent.

Notons sur ce point que la prise de position de certains animateurs des institutions publiques et membres de votre famille politique sur la participation de quelques congolais à la conférence internationale sur les élections à Gorée, au Sénégal, nous ont vraiment  convaincu que le Président de la République est entouré de certains  femmes et hommes dont l’intégrité et la fiabilité peuvent être remises en cause.  Ils  ne peuvent donc  pas vous aider à bien arbitrer et à prendre de meilleures décisions.

Ils ont dit beaucoup de choses sur ce qui est aujourd’hui appelée «Affaire Gorée » sauf la vérité.  Tout a été orienté pour discréditer gratuitement  vos compatriotes qui n’ont rien fait de contraire aux lois de la République.

Un des communicateurs de la Majorité Présidentielle, Monsieur INDIA OMARI, intervenant sur les antennes de la Télé 50, est allé très  loin en déclarant qu’il est en possession d’un enregistrement ( vidéo ou autre ) des enseignements subversifs qui ont été dispensés aux participants à la conférence de Gorée. Graves déclarations  pour un homme qui communique au nom d’un des grands  regroupements politiques de notre pays. La justice qui aurait dû s’intéresser à Monsieur  INDIA OMARI  pour le contraindre à produire ledit enregistrement est restée inactive, alors que nous avons là la possibilité d’avoir une des preuves de premières mains pour asseoir la prétendue culpabilité des congolais qui étaient sur l’île de Gorée.

Si au sein de la République, il y a des personnes qui ne doivent pas rendre compte de leurs actes/déclaration à la justice,   à cause de  leur appartenance à la Majorité Présidentielle,  nous considérons que l’avenir du Congo est incertain.

Tant que notre justice ne fonctionnera pas de manière indépendante, juste et équitable, elle ne sera jamais un rempart pour la consolidation de notre jeune démocratie.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Dans la conjoncture actuelle où une partie de vos compatriotes refusent de prendre part  au dialogue ou pose des conditions pour y prendre part, nous nous imaginons la contrariété qu’une telle attitude vous pose.  Mais c’est précisément  en ce moment que vous êtes appelé à jouer avec tact  votre rôle d’arbitre impartial pour mettre ensemble ceux qui soutiennent le dialogue et ceux qui émettent des réserves.

Il se constate malheureusement que depuis que vous aviez lancé les consultations pour le dialogue à ce jour,  votre rôle  d’arbitre impartial est loin de s’affirmer dans les faits.

Dès lors, le sursaut républicain vous appelle à vous mettre au-dessus de nous tous, pour revêtir votre casquette d’arbitre impartial, surtout que la fin de votre deuxième et dernier mandat approche. N’étant pas candidat à l’élection présidentielle de 2016 du point de vue constitutionnel, vous avez là une position qui vous permet d’être la clef de voute pour trouver des solutions aux  problèmes qui opposent votre famille politique aux forces politiques et sociales opposées au dialogue…

Excellence Monsieur le Président de la République ;

L’impartialité exigée de l’arbitre que vous êtes  ne devrait pas dépendre de votre  bon vouloir, mais de votre capacité à respecter et à faire respecter les lois de la République, à traiter tous vos  compatriotes sur le même pied d’égalité, quelle que soit leur appartenance politique ou sociale, à coaliser avec tous les hommes et femmes qui défendent les valeurs républicaines pour la consolidation de la paix et de la démocratie en République Démocratique du Congo.

Si votre arbitrage ne se base pas sur les principes énoncés ci-dessus, si vous nous jugez en fonction de votre bon vouloir,  si vous travaillez  pour favoriser  les membres de votre famille politique au dépend  des autres  congolais, vous n’êtes plus l’arbitre impartial dont nous avons besoin dans la conjoncture actuelle.

Ces principes vous appellent à décrisper la situation politique actuelle dans l’intérêt de la démocratie. Pour certains, la décrispation passe par la libération des prisonniers politiques et d’opinion qui croupissent encore dans nos prisons aujourd’hui. A l’ASADHO,  nous voyons aussi les choses de cette façon.  Si la libération des prisonniers qui vient d’être mise en œuvre peut s’étendre aux prisonniers politiques et d’opinion, Votre Excellence aura réalisé une œuvre utile.

Excellence Monsieur le Président de la République,

A l’ASADHO, nous pensons  aussi que la vraie décrispation de la situation  politique viendra quand vous annoncerez que :

1° vous n’allez pas vous représenter pour un autre mandat à l’élection présidentielle prochaine ;

2° sous votre impulsion,  le gouvernement donnera à la CENI des moyens financiers pour organiser l’élection présidentielle dans le délai prévu par la Constitution.

Votre silence sur ces questions tient captifs les esprits de millions de congolais qui ne savent pas de quoi  demain sera fait.

Si vous nous fixez, vous-mêmes,  sur ces questions, vous verrez que les esprits de tous seront libérés. Mêmes ceux qui ont des réserves pour participer au dialogue, y viendront  avec empressement.

Enfin, contrairement à ce que beaucoup de gens disent,  le dialogue ne peut être une solution magique à la conjoncture politique actuelle que  s’il s’inscrit dans le cadre des prévisions constitutionnelles tant en ce qui concerne l’organisation de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel que pour le respect de la durée du mandat du président de la République.

Nous rappelons  que les décisions ou résolutions qui seront prises par les participants au dialogue ne peuvent avoir de force contraignante pour tous les congolais  que dans la mesure où elles s’aligneraient  sur le cadre politique déjà  défini  par la Constitution. Si, par contre les décisions ou résolutions du dialogue violent la Constitution, moralement, personne ne pourra être obligé de s’y soumettre.

Il est toujours possible que grâce aux forces de sécurité,  les résolutions du dialogue soient imposées de force au peuple comme cela est arrivé dans d’autres pays. Mais  dans l’histoire des nations, nous ne connaissons aucun roi, aucun dirigeant politique qui ait imposé des lois ou des décisions injustes ou violant la loi fondamentale  à son peuple éternellement. Le peuple finit toujours par se libérer. Raison pour laquelle l’utilisation des forces de sécurité contre un peuple doit faire l’objet d’une grande réflexion.

En ce moment, il nous parait que la paix, la stabilité et la sécurité de la République Démocratique du Congo dépendent principalement du respect de la Constitution et de l’organisation de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Face à tout ce qui précède, il se dégage que vous êtes le personnage clef pour décider de ce que notre pays deviendra demain. Votre responsabilité dans la consolidation de la paix,  de la stabilité et de la démocratie  en République Démocratique du Congo est plus grande que celle de tout autre congolais en ce moment particulièrement difficile.

Nous restons convaincus que vous prendrez les meilleures décisions pour assurer un meilleur avenir à notre pays.

En tant qu’Organisation de Défense Droits de l’Homme, il est de notre devoir de partager avec vous nos  préoccupations pour que vous puissiez y apporter des solutions durables et conformes à nos lois.

Veuillez recevoir, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments de profond respect.

                                                                                    Pour l’ASADHO

                                                                        Me Jean Claude KATENDE

                                                                                   Président National.

Ci – Jointe:

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