RDC : Ban Ki – Moon préoccupé par les restrictions croissantes de l’espace démocratique

« Je suis préoccupé par les restrictions croissantes de l’espace démocratique et en particulier, celles qui sont imposées et aux membres de l’opposition, aux journalistes et aux représentants de la société civile », a déclaré le Secrétaire Général des Nations Unies devant la presse lors de son récent séjour à Kinshasa.

Il est démontré que depuis janvier 2015, les autorités politiques, policières et judiciaires tentent de maintenir la population dans la peur en interdisant des manifestations ou réunions publiques, en réprimant avec brutalité et arrêtant arbitrairement des participants qu’elles qualifient à tort de « fauteurs de troubles » quelle que soit la nature de leurs revendications.

Le 15 février 2016, une coalition de 135 organisations de congolaises pour le respect des droits humains a appelé les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour assurer que le droit de manifester pacifiquement et d’exprimer des points de vue non-violents est respecté sans discrimination fondée sur l’appartenance politique.

Conscient de cette situation alarmante, le patron des Nations Unies n’a fait qu’amplifier la voix des activistes des droits de l’homme afin que cessent les restrictions des libertés individuelles collectives des congolais.

Ban Ki – Moon a été formel : « les droits de l’Hommes doivent être respectés à tout moment. Il est également important que les droits fondamentaux, les libertés fondamentales, la liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté de se rassembler, que toutes ces libertés soient respectées pendant la période électorale ».

RDC : HRW appelle à la libération de jeunes activistes arrêtés lors de la journée « ville morte »

Aux autorités congolaises, y compris le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et aux acteurs de l’opposition et de la société civile, le Secrétaire Général des Nations Unies les a appelés à tout mettre en œuvre afin que les élections soient crédibles, inclusives et conformes à la Constitution, le respect des droits de l’Homme de tous les individus est une condition essentielle à la paix et à la stabilité.

« La liberté d’expression et d’association et le droit des réunions pacifiques sont indispensables à une vie politique dynamique et à la démocratie », a – t – il rappelé.

SYC

Kitona : Les affrontements entre démobilisés et recrues des FARDC font deux morts

Un affrontement entre les démobilisés et les recrues des FARDC jeudi 25 février matin à la base militaire de Kitona (Baki) dans la province du Kongo Central a fait deux morts, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants. D’après le général Matutezulua, commandant de la base militaire de Kitona qui donne ce bilan, selon Radio Okapi, «la situation est sous contrôle».

Selon des sources militaires, tout est parti de la découverte mercredi d’un corps d’une personne non autrement identifiée dans la forêt, près de l’aéroport de Kitona. Sur ordre du commandant de la base militaire, ce corps a été enterré par les recrues.

Les démobilisés ont déterré le corps, prétextant qu’il s’agissait de l’un de leurs, et qu’il devait être enterré dignement, dans un cercueil.

Le commandant de la Baki a demandé que ce corps soit remis en terre. La situation a dégénéré. Recrues et démobilisés, issus de groupes armés de l’Est de la RDC, se sont alors affrontés à l’aide de bâtons et autres jets de pierre.

Le bilan fait état de deux personnes tuées, une de chaque côté. Des blessés sont aussi enregistrés dans les deux camps.

Des sources militaires signalent également la destruction du camp construit par la section DDR de la Monusco à la base de Kitona. Plusieurs tentes sont aussi saccagées et incendiées. Ce bilan est encore provisoire, selon les mêmes sources.

Du côté, le président de la société civile locale, Gelson Sisi Vimbi, affirme que la distance entre la cité de Muanda et la base de Kitona ne lui a pas permis d’avoir des détails sur ces incidents.

Cependant, le général Matutezulua rassure: «La situation est sous contrôle.»

Radio Okapi

RDC : HRW appelle à la libération de jeunes activistes arrêtés lors de la journée « ville morte »

(Kinshasa, le 23 février 2016) – Les autorités de la République démocratique du Congo ont arrêté de façon arbitraire huit jeunes activistes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces activistes et au moins 30 partisans de l’opposition politique ont été détenus le 16 février 2016 – ou aux alentours de cette date – lors d’une grève générale, ou journée « ville morte », tenue afin de protester contre les retards pris dans l’organisation des élections présidentielles. D’autres activistes ayant soutenu la« ville morte » ont reçu par SMS des menaces provenant de numéros de téléphone inconnus.

« Manifester pacifiquement n’est pas un crime, et les autorités congolaises devraient immédiatement libérer toutes les personnes injustement arrêtées ou détenues sous des accusations fallacieuses », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior sur la RD Congo à Human Rights Watch. « Ces dernières arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une répression de plus en plus forte contre ceux qui s’opposent aux tentatives du gouvernement de retarder les élections et de prolonger le mandat du président en exercice. »

Le 16 février, vers 4h30 du matin, dans la ville de Goma dans l’est de la RD Congo, la police a pénétré dans les bureaux d’une organisation où de jeunes activistes avaient préparé toute la nuit des bannières en vue de la journée « ville morte ». Une des bannières portait cette inscription : « En 2016, nous avons gagné la coupe [du Championnat d’Afrique des nations de football]; nous pouvons aussi gagner la démocratie ».

La police a arrêté Rebecca Kavugho, Serge Sivya, Justin Kambale, John Anipenda, Ghislain Muhiwa, et Melka Kamundu, tous membres du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA).

Les six ont été conduits au poste de police « P2 » de Goma, où ils ont été interrogés en l’absence d’un avocat. La police a également confisqué deux ordinateurs portables, six téléphones cellulaires et les bannières. Quand Human Rights Watch a rendu visite aux activistes détenus ce soir-là, l’un d’eux avait une profonde entaille au bras gauche qui lui avait été infligée lors de son arrestation.

Le 17 février, vers midi, une vingtaine d’étudiants de Goma se sont rassemblés devant le poste de police P2, protestant pacifiquement contre les arrestations. Ils brandissaient des pancartes disant : « Nous exigeons la libération de nos collègues arrêtés hier et détenus ici ». Une vingtaine de policiers ont rapidement dispersé les manifestants, arrêtant et passant à tabac plusieurs d’entre eux. Si la plupart ont été relâchés après quelques heures, un étudiant a passé la nuit en détention. Ce dernier a déclaré plus tard à Human Rights Watch qu’un policier au P2 l’avait battu avec la crosse de son fusil, le blessant à l’oreille droite. La police l’a ensuite transféré dans un cachot à la mairie. Il a été libéré le lendemain, sans inculpation, après que sa famille ait payé US$30.

Peu de temps après la manifestation devant le poste de police, la police a déféré les six activistes de la LUCHA au parquet. Sur place, ils ont été accusés d’association de malfaiteurs et de tentative d’incitation à la révolte, des chefs d’accusation qui semblent être politiquement motivés, selon Human Rights Watch.

Leur procès a débuté le 18 février au Tribunal de Grande Instance de Goma, où ils ont été accusés d’avoir été « pris en flagrant délit ». Les avocats des activistes ont affirmé que le Tribunal avait perdu sa compétence, car il ne peut entendre une déposition que dans un délai de 48 heures après la date du délit reproché. Lors d’une audition le lendemain, mis à part un policier, aucun autre des policiers appelés à témoigner au sujet des arrestations ne s’est présenté au tribunal. Les juges ont alors décidé de traiter cette affaire en procédure ordinaire, au lieu de la traiter pour « flagrant délit » – où un verdict aurait été requis immédiatement.

Dans la capitale, Kinshasa, deux autres activistes de la LUCHA, Bienvenu Matumo et Marc Héritier Kapitene, ont été portés disparus d’un hôtel de la commune de Bandal tôt dans la matinée du 16 février. Vers 5h40, l’un des activistes a envoyé à un ami un message par téléphone disant : « arrêté ». La veille au soir, les deux jeunes hommes avaient assisté à une réunion avec d’autres activistes du mouvement en vue de préparer la journée « ville morte ». Juste après, Victor Tesongo, un membre d’un parti politique d’opposition qui avait rencontré les activistes du mouvement LUCHA à la fin de leur réunion, a été arrêté en rentrant chez lui.

Les trois sont restés portés disparus jusqu’au 19 février, lorsqu’ils ont été transférés d’un centre de détention de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) au parquet. Jusque-là, ils étaient restés injoignables par téléphone, et leurs familles et collègues n’avaient pas pu les trouver. Ils avaient d’abord été détenus au cachot de l’inspection provinciale de la police de Kinshasa, et ensuite transférés à l’ANR le 18 février. Human Rights Watch avait contacté des agents de sécurité pour se renseigner sur les activistes disparus, mais les fonctionnaires n’avaient pas confirmé leur arrestation ni fourni d’informations sur l’endroit où se trouvaient ces activistes, suscitant des inquiétudes de disparitions forcées.

Lors d’une audience au parquet dans la commune de Gombe à Kinshasa le 20 février, Matumo, Kapitene, et Tesongo ont été placés sous mandat d’arrestation provisoire pour « incitation à la désobéissance civique, propagation de fausses nouvelles, et atteinte à la sureté intérieure de l’État ».

Des activistes de la LUCHA ont déclaré à Human Rights Watch croire que la police surveillait étroitement leurs activités depuis au moins novembre 2015, lorsque des responsables sécuritaires avaient brutalement réprimé une manifestation pacifique du mouvement à Goma. Au cours de cette manifestation, deux activistes du mouvement LUCHA et sept autres personnes avaient été arrêtés. Ils sont toujours en détention et leur procès en cours, sur la base de chefs d’accusation fabriqués de toutes pièces.

« Les autorités congolaises semblent déterminées à réprimer la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement », a déclaré Ida Sawyer. « Les gouvernements concernés devraient faire pression sur la RD Congo pour qu’il relâche immédiatement les manifestants pacifiques qu’il a placés en détention et qu’il mette fin à la répression politique ».

Pour plus d’informations sur les arrestations et la journée « ville morte », veuillez lire ci-dessous.


Pour consulter d’autres rapports ou communiqués de Human Rights Watch sur la RD Congo, veuillez suivre le lien:
https://www.hrw.org/fr/africa/democratic-republic-congo

Autres arrestations

Human Rights Watch a en outre reçu des informations crédibles au sujet de plus de 30 membres et sympathisants de l’opposition politique ayant également été détenus le 16 février, ou aux environs de cette date. Si certains ont pu être impliqués dans des feux de pneus dans la rue, beaucoup d’autres semblent avoir été arrêtés simplement parce qu’ils soutenaient pacifiquement la journée « ville morte » ou encourageaient d’autres à l’observer. Certains ont été libérés après le versement de pots-de-vin par leurs familles à la police ou sur intervention de fonctionnaires des Nations Unies en charge des droits humains.

Le 14 février, des responsables de la sécurité ont arrêté un leader de l’opposition et député, Martin Fayulu, et l’ont détenu au siège des renseignements militaires à Kinshasa. Cet homme avait été impliqué dans la mobilisation pour la « ville morte ». Il a été libéré sept heures plus tard, sans inculpation.

À Kinshasa, dans la commune de Masina, huit personnes ont été arrêtées le 16 février, lorsqu’un petit groupe de personnes s’étaient rassemblées pacifiquement en soutien à la journée « ville morte », chantant « Yebela » (« Sache-le » en Lingala), en référence au fait que le président se rapproche de la fin de son mandat. Quand les manifestants ont été arrêtés, la police les a mis à l’arrière d’un pick-up de police, a demandé à connaître les partis politiques auxquels ils appartenaient, et les a emmenés au cachot de police de Masina, selon l’un des détenus. Lui ainsi que beaucoup d’autres ont été libérés le lendemain après que leurs familles aient payé à la police à peu près $200 pour chacun.

Trois femmes ont déclaré que le matin du 16 février, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, la police les avait sévèrement battues et les avaient forcées à monter à l’arrière de leur pick-up. Elles ont déclaré qu’elles se trouvaient simplement sur le côté de la route au moment où de jeunes hommes brûlaient des pneus. Elles ont été libérées plus tard ce soir-là, sans inculpation. L’une des femmes a été blessée à la jambe pendant l’arrestation et éprouve maintenant des difficultés à marcher.

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, le matin du 16 février, les forces de sécurité ont arrêté un avocat et porte-parole local du parti politique Union pour la Nation Congolaise (UNC), François Yuma Kaziga. Kaziga a déclaré à Human Rights Watch qu’avant d’être arrêté, une connaissance l’avait interpellé sur la route pour lui dire que le directeur local de l’ANR lui avait demandé d’informer Kaziga qu’il devait se changer et porter des couleurs différentes ; il portait du rouge et du blanc, les couleurs du parti UNC.

Kaziga a déclaré avoir été arrêté par des militaires armés en uniforme qui l’ont forcé à monter dans leur jeep. Ils l’ont emmené au bureau de l’ANR, et l’ont interrogé au sujet de son affiliation à un parti politique, de ses positions, et de la raison pour laquelle il portait du rouge et du blanc. Plus tard ce soir-là, ils l’ont transféré dans un cachot local de la police. Il a été libéré le lendemain après-midi, sans inculpation.

Plusieurs activistes qui avaient soutenu la « ville morte » ont déclaré à Human Rights Watch avoir reçu par SMS des menaces de numéros de téléphone inconnus dans les quelques jours avant et après cette journée. Un message indiquait, « Nous allons vous prouver notre force de nuisances. Vos proches et membres de famille sont à notre porte et seront inquiéter [sic] un après l’autre. » Un autre message indiquait, « Petit, tu nous agaces. Ça c’est la dernière mise en garde. »

La journée « ville morte »

Depuis janvier 2015, les agents de sécurité et de renseignement congolais ont réprimé des activistes pacifiques, des dirigeants politiques et d’autres opposants au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, alors que la Constitution ne prévoit que deux mandats et que le second s’achève fin 2016. La planification des élections présidentielles, qui doivent se tenir en novembre, a délibérément été retardée, et Kabila n’a pas encore déclaré publiquement qu’il quitterait ses fonctions à l’issue de son mandat.

Les dirigeants des principaux partis d’opposition de la RD Congo, les organisations non gouvernementales et les mouvements de jeunesse pro-démocratie ont appelé les citoyens de leur pays à rester à leur domicile le 16 février pour une journée « ville morte » en hommage aux personnes tuées lors d’une marche pro-démocratie le 16 février 1992, et pour protester contre les retards pris dans le calendrier électoral et l’échec présumé du gouvernement à respecter la Constitution.

La journée « ville morte » a été largement observée à Kinshasa, de nombreux magasins, écoles, et entreprises étant restés fermés et des rues généralement embouteillées en grande partie désertées, malgré l’insistance de responsables gouvernementaux pour en faire une journée de travail normale. Le Ministre de l’emploi, Willy Makiashi, a publié le 15 février une déclaration interdisant aux agents des services publics de prendre part à la « ville morte », prévenant que leur participation éventuelle serait sanctionnée. D’autres responsables ont repris à leur compte cet avertissement. À des degrés divers, beaucoup d’autres villes de la RD Congo ont également observé la journée « ville morte ».

Le matin de la « ville morte », une coalition de 135 organisations congolaises des droits humains a publié un communiqué de presse appelant les autorités à respecter le droit de manifester pacifiquement. Elles affirment que les autorités « tentent de maintenir la population dans la peur en interdisant des manifestations ou réunions publiques, en réprimant avec brutalité et arrêtant arbitrairement des participants qu’elles qualifient à tort de ‘fauteurs de troubles’ quelle que soit la nature de leurs revendications ».

Dès les premières heures du 16 février, le signal de Radio France International, l’une des stations les plus écoutées en RD Congo, a été coupé dans une tentative manifeste de perturber la journée « ville morte », avant d’être rétabli en fin de journée. En janvier 2015, lors de manifestations massives à travers le pays, les autorités gouvernementales avaient pris des mesures similaires, bloquant l’émission de signaux radio et de SMS, et interrompant l’accès à Internet.

https://www.hrw.org/fr/news/2016/02/23/rd-congo-de-jeunes-activistes-arretes-lors-dune-ville-morte

 

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For Immediate Release

DR Congo: Youth Activists Rounded Up at Strike

Halt Crackdown on Perceived Political Opponents

(Kinshasa, February 23, 2016) – Democratic Republic of Congo authorities have arbitrarily arrested eight youth activists, Human Rights Watch said today. The youth activists and at least 30 political opposition supporters were detained on or around February 16, 2016 in connection with a national strike, or “ville morte” (dead city), to protest delays in organizing presidential elections. Other activists who supported the ville morte have received text message threats from unknown phone numbers.

“Peaceful protest is not a crime, and the Congolese authorities should immediately release all those wrongfully arrested or detained on trumped up charges,” said Ida Sawyer, senior Africa researcher at Human Rights Watch. “These latest arrests are part of a growing crackdown on opponents of the government’s attempts to delay elections and extend the president’s term in office.”

At about 4:30 a.m. on February 16 in the eastern city of Goma, police entered the office of an organization where youth activists had been working through the night preparing banners for the national strike. One of the banners read, “In 2016, we won the [African Nations (football) Championship’s] Cup; we can also win democracy.”

The police arrested Rebecca Kavugho, Serge Sivya, Justin Kambale, John Anipenda, Ghislain Muhiwa, and Melka Kamundu, all members of the Struggle for Change (La Lutte pour le Changement, LUCHA) citizens’ movement.

The six were taken to the “P2” police station in Goma, where they were questioned without a lawyer present. The police also confiscated two laptops, six cell phones, and the banners. When Human Rights Watch visited the activists that evening in detention, one of them had a deep cut on his upper left arm incurred during the arrest.

About midday on February 17, two-dozen university students in Goma gathered in front of the P2 police station, peacefully protesting the arrests. They held signs that read: “We demand the release of our colleagues arrested yesterday and detained here.” About 20 police officers quickly dispersed the protesters, arresting and beating several of them. While most were released within a few hours, one student was held overnight. He later told Human Rights Watch that a police officer at P2 beat him with the barrel of his gun, injuring his right ear. The police then transferred him to a jail at the mayor’s office. He was released the next day, without charge, after his family paid US$30.

Shortly after the police station demonstration, the police transferred the six LUCHA activists to the prosecutor’s office. There they were charged with associating with criminals and attempting to incite revolt – charges that appear to be politically motivated, Human Rights Watch said.

Their trial began on February 18 at Goma’s High Court (Tribunal de Grande Instance) for charges flagrante delicto – for allegedly being “caught in the act.” The activists’ lawyers contended that the chamber had lost its jurisdiction because it can only hear cases within 48 hours of the alleged act. At a hearing the next day, all the police officers except one who had been called in to testify about the arrests failed to appear in court. The judges then decided to hear the case during regular proceedings, instead of for charges flagrante delicto, where a verdict would have been required immediately.

In the capital, Kinshasa, two other LUCHA activists, Bienvenu Matumo and Marc Héritier Kapitene, were reported missing from a hotel in Bandal commune early in the morning on February 16. At about 5:40 a.m. one of the activists sent a text message to a friend saying “arrested.” The previous evening, they had attended a meeting with other LUCHA activists to prepare for the strike. Just after the meeting, Victor Tesongo, a member of an opposition political party who had met with the LUCHA activists at the end of their meeting, was arrested on his way home.

The three remained missing until February 19, when they were transferred from a national intelligence agency (Agence Nationale de Renseignements, ANR) detention center to the prosecutor’s office. Until then, they were unreachable by phone, and their families and colleagues were not able to find them. They were first held at the provincial police commissioner’s prison, then transferred to the ANR on February 18. Human Rights Watch had contacted security officials to ask about the missing activists, but the officials did not confirm the arrests or provide information on the activists’ whereabouts, raising concerns of forced disappearances.

During a hearing at the prosecutor’s office in Kinshasa’s Gombe commune on February 20, Matumo, Kapitene, and Tesongo were put under a provisional arrest warrant on charges of incitement to civil disobedience, spreading false information, and attacking state security.

LUCHA activists told Human Rights Watch they believe the police have been closely monitoring their activities since at least November 2015, when security officials brutally repressed a peaceful demonstration the movement organized in Goma. During that demonstration two LUCHA activists and seven other people were arrested. They remain in detention and are on trial on trumped-up charges.

“Congolese authorities seem determined to repress free speech and peaceful protest in Congo,” Sawyer said. “Concerned governments should press Congo to immediately free the peaceful protesters it’s holding and end its political repression.”

For details about other arrests and the ville morte, please see below. 

For more:  Human Rights Watch reporting on the Democratic Republic of Congo, please visit:
https://www.hrw.org/africa/democratic-republic-congo 

Additional Arrests

Human Rights Watch also received credible reports that over 30 political opposition members and supporters were detained on or around February 16. While some might have been involved in burning tires in the streets, many others appear to have been arrested merely for peacefully supporting or encouraging others to observe the ville morte. Some were released after their families bribed the police or after UN human rights officials intervened.

On February 14, security officials arrested an opposition leader and member of parliament, Martin Fayulu, and detained him at the military intelligence headquarters in Kinshasa. He had been involved in mobilizing participation in the national strike. He was released seven hours later without charge.

In Kinshasa’s Masina commune, eight people were arrested on February 16 when a small group of people had peacefully gathered in support of the ville morte, chanting “Yebela” (“be warned” in Lingala), in reference to the president being near the end of his term. When the protesters were arrested, the police put them in the back of a police pickup, demanded to know the political parties they belonged to, and took them to the Masina police station jail, one of the detainees said. He and many of the others were released the next day after their families paid the police about $200 each.

Three women said that on the morning of February 16 in Kinshasa’s Ngaliema commune, the police badly beat them and forced them into the back of a police pickup. The women said they just happened to be on the side of the road when young men were burning tires. They were released later that evening without charge. One of the women’s leg was injured during the arrest, and she now has difficulty walking.

In Uvira, South Kivu province on the morning of February 16, security officials arrested a lawyer and local opposition spokesman for the Union pour la Nation Congolaise (UNC) political party, Francois Yuma Kaziga. Kaziga told Human Rights Watch that before he was arrested, an acquaintance had stopped him on the road to tell him that the local ANR director had told him to inform Kaziga that he needed to change his clothes and wear different colors; he was wearing red and white, the UNC party colors.

Kaziga said that he was stopped by armed soldiers in uniform who forced him into their jeep. They took him to the ANR office, and interrogated him about his political party affiliation, his position, and why he was wearing red and white. Later that evening, they transferred him to a local police jail. He was released the next afternoon, without charge.

Several activists who had supported the ville morte told Human Rights Watch that they had received text message threats from unknown phone numbers in the days before and after the ville morte. One message said, “We are going to prove to you how much trouble we can cause. Your family members and loved ones are at our doorstep and will be harassed one after another.” Another message said, “Young man, you’re bothering us. This is your last warning.”

The “Ville Morte” Strike

Since January 2015, Congolese security and intelligence officials have clamped down on peaceful activists, political leaders, and others who oppose attempts to allow President Joseph Kabila to stay in power past his constitutionally mandated two-term limit, which ends in late 2016. Plans for presidential elections, due to be held in November, have been deliberately stalled and Kabila has yet to declare publicly that he will step down at the end of his term.

Leaders from Congo’s main opposition parties, nongovernmental organizations, and pro-democracy youth movements called on Congolese citizens to stay home from work and school on February 16, for the ville morte in commemoration of those killed during a pro-democracy march on February 16, 1992, and to protest the delays in elections and the government’s alleged failure to respect the constitution.

The ville morte was largely observed in Kinshasa, with many schools, shops, and businesses closed and the usual traffic-jammed streets largely empty, despite government officials’ efforts to make it a normal work day. Employment Minister Willy Makiashi issued a statement on February 15 prohibiting public employees from participating in the strike and warning that attendance would be taken with consequences for those absent from work. Other government officials echoed his warning. Many of Congo’s other cities also observed the ville morte to varying degrees.

On the morning of the strike, a coalition of 135 Congolese human rights organizations published a news release calling on authorities to respect the right to demonstrate peacefully. They alleged that the authorities have “tried to keep the population in fear by banning or brutally repressing public meetings and demonstrations, and arresting the participants they wrongly accused of instigating trouble, regardless of the nature of their demands.”

In the early hours of February 16, the signal of Radio France International, one of the most listened-to radio stations in Congo, was cut in an apparent attempt to disrupt the strike. It was restored at the end of the day. In January 2015 government authorities had similarly blocked radio signals, text messages, and Internet services during mass demonstrations across the country.

https://www.hrw.org/news/2016/02/23/dr-congo-youth-activists-rounded-strike