RDC : Butembo, GADHOP rapporte 10 cas de kidnapping et 16 incursions dans les ménages en deux semaines

(Butembo, le 22 Mars 2016) – Le  GADHOP s’inquiète qu’avant l’assassinat du Père Machozi, en l’espace de 2 semaines, près de 10 cas de kidnappings ont été rapportés dans la Ville de Butembo, 16 cas d’incursions nocturnes dans les ménages, un cambriolage spectaculaire à la station PHIKAMU ancien KIHYDRO à Butembo et à Beni, et autres indices inquiétant sur le plan sécuritaire notamment avec des évasions et tentatives d’évasions à la Prison de Butembo.

Dans un communiqué, le GADHOP pense que l’insécurité qui prévaut actuellement en ville de Butembo serait étroitement liée à cette présence d’hommes suspects dans le Graben, située à près de 30 km à l’Est de la ville de Butembo, dans cette zone où le Père Vincent Machozi a été assassiné à minuit de dimanche à lundi 21 mars 2016.

Le GADHOP exprime sa profonde inquiétude face à cet assassinat crapuleux et honteux qui n’est qu’une révélation de la présence dans la région d’un réseau de criminels qui opèrent non seulement pour tuer mais aussi violer, voler, kidnapper et massacrer les populations locales. L’assassinat du Père Vincent MACHOZI est aussi une atteinte grave contre un défenseur des droits humains, qu’était le Père MACHOZI qui dénonçaient les violations des droits humains sur son site internet www.benilubero.com.

Le GADHOP déplore que malgré ces signes inquiétants de l’empirement de la situation, les autorités n’ont pas affiché des mesures concrètes efficaces pour protéger la population.

« Avant l’assassinat du Père Vincent MACHOZI, lui-même le défunt, venait d’alerter sur le site internet Beni Lubero on line sur l’arrestation à Bulambo, 22 km à l’Est de Butembo, de 2 suspects en provenance de Butembo et détenant des passeports des pays voisins et qui auraient avoués être en réseau dans le Graben, en Territoire de Beni pour y installer leur base criminelle (http://benilubero.com/deux-rwandais-armesavec-passeports-tanzaniens-arretes-a-isale-bulambo/) », rapporte le communiqué.

Quelques jours après l’arrestation jeudi 17 mars 2016 de ces 2 suspects qui étaient à moto, 3 autres hommes suspects sont arrivés dans le  village de Bulambo pour espionner et éventuellement préparer leur assaut. Et les services de sécurité ont été bien informés de cela.

Face à ces  assassinats, enlèvements, vols à mains armés et évasions de détenus, le GADHOP recommande aux autorités une information judiciaire contre les responsables de sécurité de la chefferie des Bashu pour légèreté dans la sécurisation de la population et le renforcement des FARDC dans le Graben et  des opérations militaires pour contrer  la tentative d’établissement d’une base des groupes armés dans la vallée du Graben.

Le GADHOP est un réseau des droits humains et de recherche de la Paix qui regroupe en son sein 14 organisations membres, des Associations Sans But Lucratif basées dans le Nord- KIVU et l’Ituri à l’Est de la République  démocratique du  Congo.

SYC

Ci – Joint : 

Communiqué de presse GADHOP sur l’insécurité et assassiants en Ville de Butembo et environs

RDC : La MONUSCO et le BCNUDH condamnent l’exécution sommaire d’un défenseur des droits de l’homme

(Kinshasa le 21 mars 2016) – Le 17 mars 2016, un défenseur des droits de l’homme, coordonnateur de l’ONG Organisation populaire pour la paix (OPP), a été tué par des hommes armés à Kavumu, territoire de Kabare, province du Sud-Kivu. Il se trouvait chez lui avec sa femme et ses enfants lorsque les auteurs présumés ont fait irruption dans la maison et ont tiré trois coups de feu sur la poitrine de la victime, un célèbre défenseur des droits de l’homme, travaillant sur les allégations d’enlèvement et de viols d’enfants à Kavumu et sur la passivité des autorités face à ces problèmes.

« La MONUSCO condamne fermement  la mort de ce célèbre défenseur des droits de l’homme et salue l’ouverture d’une enquête par l’auditorat militaire car il est absolument nécessaire que la justice soit rendue »,  a déclaré Maman S. Sidikou,  Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC.

Ce meurtre  démontre encore une fois les difficultés auxquelles doivent faire face les défenseurs des droits de l’homme dans l’accomplissement de leurs activités. C’est la raison pour laquelle il est impératif et urgent qu’un cadre juridique national sur la protection des défenseurs des droits de l’homme soit adopté”, a déclaré pour sa part, Jose Maria Aranaz,  Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, tout en réitérant l’appui total de son Bureau aux enquêtes en cours.

Notes aux lecteurs:

Le 20 février 2016, le Gouverneur du Sud-Kivu a promulgué un Décret sur la protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme qui accorde à ces personnes exposées aux risques vu la nature du travail qu’ils font dans le domaine des droits de l’homme, une certaine protection judiciaire. Bien que cette mesure marque une évolution positive, son application est pourtant limitée à la province du Sud-Kivu et par conséquent ne remplace nullement l’adoption d’une loi nationale en la matière, qui n’a pas encore été soumise au Parlement.

SYC

Rapport GEC : Qui sont les tueurs de Beni ?

Depuis octobre 2014, les environs de la ville de Beni dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RD Congo) ont été le terrain de massacres comptant parmi les pires de l’histoire récente du Congo. Plus de cinq cent personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont fui leurs foyers. La mission de l’ONU et le gouvernement congolais ont déclaré publiquement que les massacres sont l’œuvre des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

Ce rapport du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) remet en cause cette version.  Au lieu d’un groupe islamiste étranger motivé par la vengeance, ces recherches décrivent plutôt un groupe qui, au cours de vingt années d’insurrection autour de Beni, a fini par tisser des liens forts avec les milices et des groupes d’intérêts locaux.

Cependant,  cette enquête préliminaire indique que la responsabilité des massacres ne peut pas être attribuée seulement aux ADF. En plus des commandants qui appartiennent strictement aux ADF, certains membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des anciens du Rassemblement congolais pour la démocratie–Kisangani/Mouvement de libération (RDC–K/ML), ainsi que des membres des milices communautaires sont aussi intervenus dans les attaques contre la population civile.

Graphique GEC suite

Une graphique qui résume les données

Loin de se prononcer sur les chaînes de commandement ou sur les motivations de ces groupes, ce rapport montre qu’il est clair que le gouvernement congolais et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo (MONUSCO) n’ont pas fait les efforts suffisants pour répondre à cette crise et ont mal identifié l’ennemi.

Souvent, bien qu’ayant perdu des centaines de soldats dans les opérations contre les ADF qui ont eu lieu avant juillet 2014, les FARDC n’ont pas réagi à temps pour protéger la population pendant et après les événements, un manque d’initiative reproché aussi à la MONUSCO.

« Nos chercheurs ont documenté des cas où des officiers des FARDC ont dissuadé leurs unités d’intervenir pendant des massacres et il existe de nombreuses preuves indiquant que des membres des FARDC ont activement participé aux massacres », rapporte GEC.

Recommandations du GEC

Le gouvernement devrait constituer dans les plus brefs délais une commission d’enquête spéciale dirigée par un procureur militaire haut gradé pour enquêter sur les actes de violence perpétrés autour de Beni depuis octobre 2014. Les résultats de l’enquête devraient être rendus publics.

La Carte des Massacres -Beni. GEC

Pour sa part, la MONUSCO devrait mener une enquête en vue d’établir les responsabilités dans les massacres de Beni. Le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU devrait également évaluer la performance de la mission en relation avec ces massacres.

Le Sénat et l’Assemblée de la RDC nationale devraient, eux, constituer une commission d’enquête conjointe chargée de situer les responsabilités politiques, notamment le rôle qu’ont pu jouer les responsables des institutions en charge de la sécurité dans la commission des massacres autour de Beni.

Le GEC préconise également la proposition par le gouvernement congolais d’un plan de stabilisation et de sécurisation pour le territoire de Beni qui implique les FARDC, les communautés locales et la MONUSCO. « Ce plan devrait être mis en place dans le cadre du plan provincial de stabilisation, en coordination avec le Plan de stabilisation et de reconstruction de l’est de la République démocratique du Congo (STAREC) et conformément aux recommandations émises par la Stratégie Internationale de Soutien à la Stabilisation et à la Sécurité (I4S) », peut – on lire dans ce rapport.

SYC

Ci – Joint : 

Rapport GEC : Qui sont les tueurs de Beni ?