RDC : ACAJ exige la libération de personnes détenues arbitrairement par l’ANR

(Kinshasa, le 28 avril 2016) – L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) demande au Gouvernement de faire respecter les droits fondamentaux des personnes arrêtées par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).

Par sa lettre no 007/ACAJ/CP/DK/2016 du 27 avril 2016 adressée au Ministre de l’Intérieur et sécurité, l’ACAJ a demandé vivement à ce que le Gouvernement mette fin à l’impunité que jouissent les responsables de l’ANR, auteurs des arrestations et détentions arbitraires et mauvais traitements des citoyens soupçonnés d’avoir commis des infractions.

Sept personnes, dossiers épinglés

Dans un communiqué officiel, l’ACAJ évoque trois cas. Le premier est celui de Dido ZAMWANGANA, distributeur du journal C-News, arrêté le 13 juillet 2015 à Kinshasa et détenu par l’ANR jusqu’à ce jour au secret, soit dix mois depuis le 13 avril 2016 sans droit de visite, d’assistance de son Avocat, ni d’être présenté devant une autorité judiciaire compétente.

Le second, concerne Messieurs KABULO SIMBI ZAZOU et KALENGA KINYANO KAKOKO, membres du parti politique de l’opposition UNAFEC de M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza, arrêtés le 10 novembre 2015 à Lubumbashi, transférés à Kinshasa, détenus au secret par l’ANR jusqu’à ce jour en violation des lois de la RDC, soit 5 mois depuis le 10 avril 2015 sans droit de visite, ni d’être présentés devant une autorité judiciaire compétente.

Et le dernier, celui des Messieurs Yannick KIBINDA MUKEBA, Franck MWASHALA, SEFU IDI et Daryl Lewis (ressortissant américain), tous proches de l’ancien Gouverneur du Katanga M. Moïse KATUMBI, arrêtés en marge du meeting qui a été réprimé violement le 24 avril 2016 à Lubumbashi, transférés à Kinshasa le 25 avril 2016 et sont détenus au secret à ce jour.

Toutes les démarches que leurs avocats ont effectuées auprès de l’ANR pour entrer en contact avec eux se sont avérées infructueuses. L’ACAJ se dit profondément préoccupée par des informations reçues de membres de leurs familles faisant état de torture et mauvais traitements qui leur auraient été administrés.

Respect des droits fondamentaux

L’ACAJ rappelle au Gouvernement et à l’ANR qu’au terme de la Constitution de la RDC, tous les congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois; toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif ; toute personne privée de liberté a droit à la visite, au droit de la défense, d’être présentée devant une autorité judiciaire compétente après l’expiration du délai de la garde à vue et d’être traitée de manière à préserver sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité (voir les articles 12, 17 et 18 de la Constitution).

Qu’aussi, au terme de l’article 19 alinéas 3, 4 et 5 de la Constitution le droit de la défense est organisé et garanti; toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d’un défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure pénale, y compris l’enquête policière et l’instruction pré juridictionnelle ; et elle peut se faire également devant les services de sécurité.

L’ACAJ demande au Gouvernement de faire libérer les personnes détenues actuellement par l’ANR ou ordonner leur transfert au Parquet afin de leur permettre de se défendre valablement par rapport aux faits leur imputés.

SYC

RDC : Mise en place des trois Réseaux Provinciaux d’éducation civique et électorale

(Kinshasa, le 27 avril 2016) – Après les sessions de renforcement des capacités de 150 Organisations de la société civile (OSC) locales et 30 journalistes sélectionnés, élargies à 9 autorités locales, 9 autorités coutumières et 9 chefs religieux, l’équipe du projet a entamé une mission du 26 au 30 avril 2016 pour faciliter la mise en place de trois réseaux provinciaux d’éducation civique et électorale sur l’ensemble de neuf sites d’intervention du projet à savoir : Mbanza-Ngungu, Boma et Matadi (Kongo-Central) ; Kenge, Masi-Manimba et Kikwit (ex-Bandundu) ; Kimbanseke, N’Sele et Mbankana (Kinshasa). 

Les trois réseaux provinciaux seront composés des OSC locales, des journalistes, chefs traditionnels, des chefs religieux et autorités locales qui sont les bénéficiaires directs du projet. « Cette synergie stratégique va permettre de mieux assurer l’appropriation et la pérennisation de bonnes pratiques électorales par la population dans les trois provinces», a expliqué Jonas Tshiombela, gestionnaire de ce projet financé par l’Union européenne pour une durée de trois ans.

Ces réseaux  ainsi mis  en place seront des cadres d’échange, de dialogue concerté « qui vont susciter une dynamique d’interaction en matière électorale entre les parties prenantes à la base et seront capables d’influencer l’appropriation, la pérennisation et l’ancrage durable de la culture électorale au niveau de la population locale à travers la sensibilisation, les séances d’informations et l’éducation civique et électorale à la base», a poursuivi M.  Tshiombela.

Cet espace permettra ainsi aux OSC locales, aux chefs religieux, aux  chefs traditionnels et aux autorités locales d’interagir et de favoriser le renforcement de la confiance entre eux, condition nécessaire pour la réalisation d’une bonne campagne de sensibilisation, d’informations, d’éducation civique et électorale. «Les OSC locales seront porteuses des valeurs et culture électorale susceptibles d’influencer l’enracinement de bonnes pratiques électorales au sein des populations locales, soutient le gestionnaire du projet. Pour leur part, les parties prenantes accompagneront le processus d’appropriation et d’ancrage de la culture électorale à la base».

La grande partie des activités du projet se développera à travers ces réseaux provinciaux et locaux d’éducation civique et électorale. Les OSC locales, les médias, les chefs religieux, les chefs traditionnels et les autorités locales membres vont s’engager dans cette synergie concertée et participative de promotion de la culture électorale à la base en se fondant sur les valeurs universelles d’une société démocratique favorisant l’émergence d’un Etat des droits.  La finalité est que les  populations locales s’approprient le bien-fondé d’une société démocratique ainsi que les opportunités de développement local y afférents.

SYC

Ci – Joint : Communiqué de presse 9P Mise en place réseau éducation civique

RDC : 24 Avril 2016, déroulement pacifique des manifestations à Kinshasa, répression à Lubumbashi

(Kinshasa, le 25 avril 2016) – Au lendemain de la célébration du vingt-sixième anniversaire de l’avènement du multipartisme proclamé le 24 avril 1990 par le Président Maréchal Mobutu Sese Seko, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) salue le déroulement pacifique, à Kinshasa dimanche 24 avril 2016, de la manifestation de l’opposition politique et celle de la Majorité Présidentielle, plate-forme soutenant le Président Joseph Kabila.

Organisé sur l’avenue de l’Enseignement à Kinshasa, le rassemblement de la Dynamique de l’opposition a drainé des milliers de militants, personnalités et cadres de l’opposition politique acquis au changement et à l’alternance politique en 2016.

D’aucuns ont craint que le bras de fer ayant opposé les autorités provinciales à la Dynamique de l’opposition politique autour de la délocalisation par celle-ci de son rassemblement vers un endroit fermé comme exigé par les autorités provinciales pouvait déboucher sur une répression brutale dudit rassemblement.

De même, la VSV salue également le déroulement pacifique, à quelques kilomètres de l’Enseignement précisément à l’Echangeur de Limeté, de la manifestation commémorative du vingt-sixième anniversaire de l’avènement du multipartisme organisée pacifiquement par la Majorité Présidentielle.

La VSV salue la tolérance tant recherchée et souhaitée dont ont fait montre les autorités provinciales de Kinshasa ainsi que le comportement combien responsable des forces de l’ordre qui ont prouvé, cette fois ci, qu’elles sont au service de la nation et non des individus.

Cependant, la VSV dénonce fermement la répression et dispersion brutale de la manifestation pacifique commémorative organisée par l’opposition politique à Lubumbashi, province du Haut Katanga.

Pour cette partie de la RDCongo, la VSV exhorte les autorités rdcongolaises nationales et provinciales à faire preuve de tolérance vis-à-vis des adversaires politiques surtout vis-à-vis de ceux ayant quitté la Majorité Présidentielle. La VSV invite les autorités rdcongolaises en général et le Président de la République en particulier à contribuer positivement à la décrispation du climat politique en RDCongo en ce moment précis où l’on parle du dialogue national inclusif.

Ladite décrispation politique doit entre autres passer par la fin de la terreur qui règne à Lubumbashi, les intimidations, interpellations, enlèvements et arrestations sous divers prétextes  ainsi que la libération des détenus et prisonniers politiques et d’opinion dont le nombre ne fait qu’accroître chaque jour.

SYC

 

Ci – Joint :  COMMUNIQUE DE PRESSE N° 012 2016