RDC : JUSTICIA asbl salue la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU

(Lubumbashi le 31 mars 2016) – Dans u communiqué officiel, JUSTICIA Asbl salue la Résolution 2277 du 30 mars 2016 du Conseil de sécurité des Nations Unies prorogeant d’une année le mandat de la Mission des nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo(MONUSCO), laquelle renferme des dispositions relatives à l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, la situation politique et des droits de l’homme dans le pays, celles en rapport avec la tenue des élections présidentielles dans le respect de la constitution, ainsi qu’aux activités des groupes armés, dont les FDLR, les ADF et la LRA.

En effet, du fait d’un contexte politique particulièrement tendu en RD Congo, caractérisé par une sorte de dérive autoritaire des autorités congolaises qui musèlent de nombreuses voix d’hommes politiques et acteurs de la société civile qui s’opposent à l’organisation des élections présidentielles au-delà du délai constitutionnel, JUSTICIA Asbl ne peut que saluer d’une part  l’invitation adressée à la CENI(commission nationale électorale indépendante) par le Conseil de sécurité de l’ONU, afin que cette dernière qui semble être une caisse de résonnance des gouvernants, à publier un calendrier complet et révisé couvrant la totalité du cycle électoral, et d’autres part la demande faite au gouvernement congolais d’élaborer notamment et rapidement un budget et un code de conduite pour les élections, ainsi que  d’actualiser les listes électorales en toute régularité afin que les élections puissent se tenir dans le délai constitutionnel.

Bien plus, nonobstant le fait que le Conseil de sécurité de l’ONU ait souligné l’importance d’un dialogue véritable pour que les élections présidentielles et législatives soient pacifiques, crédibles et conformes à la Constitution ; appuyé la décision prise par l’Union Africaine d’engager des consultations sur ce dialogue et demandé instamment à toutes les parties prenantes nationales à coopérer avec l’UA à cet égard, tout en priant le Secrétaire général de l’ONU à fournir un appui politique à ces efforts, en usant de ses bons offices ; JUSTICIA Asbl fait remarquer qu’il n’appartient nullement au régime actuel, qui fait partie des protagonistes dans les tensions politiques actuelles congolaises, de convoquer ledit dialogue.

Il y a lieu de relever que la Résolution 2277  ne change pas l’effectif actuel ni le nombre maximum autorisé de Casques bleus en RD Congo, qui reste fixé à plus de 21.000 soldats et policiers, alors que pour des raisons pas claires, et que la situation sécuritaire à l’Est du pays reste toujours préoccupante, ainsi que la restauration de l’autorité de l’Etat n’est pas effective dans plusieurs parties du territoire congolais, le Gouvernement congolais a vainement tenté de convaincre les membres de conseil de Sécurité des Nations Unies de réduire substantiellement les effectifs et le mandat de la MONUSCO avec toutes les conséquences prévisibles que cette démarche peu responsable suppose.

JUSTICIA Asbl précise que face aux enjeux sécuritaires à l’Est de la RD Congo, liés notamment à la protection des populations civiles, à la nécessité d’une meilleure coopération entre les Casques bleus et les FARDC pour mieux lutter contre les groupes armés, et au risque des violences graves à l’ordre public liées à la période électorale, le maintien actuel du nombre des troupes onusiennes, constitue à bien d’égards un gage de stabilité sécuritaire et politique dans un pays post-conflit et qui peine à assurer la stabilité des institutions démocratiques.

JUSTICIA Asbl qui soulève ses préoccupations face au durcissement du pouvoir actuel et à la spirale des violations des droits de l’homme liées aux libertés publiques, invite la Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à suivre avec attention l’évolution de la situation en RD Congo, notamment quant au risque de violence susceptible d’entraîner la commission de crimes relevant de la compétence de cette Cour et à rappeler aux acteurs politiques congolais que toute personne qui commettrait, ordonnerait, inciterait, encouragerait ou contribuerait de quelque manière que ce soit à la commission de crimes atroces relevant de sa juridiction est passible de poursuites pénales, quelque soient ses fonctions ou qualités.

Au regard de ce qui précède, JUSTICIA Asbl,  félicite  les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour avoir démontrer leur attachement à la préservation des valeurs démocratiques et des droits humains reconnus au peuple Congolais. Elle recommande au Gouvernement congolais de mettre tout en place pour faire tenir les élections présidentielles et législatives dans le délai imparti par la Constitution, de mettre en place un plan urgent de promotion et de protection des droits humains en cette période électorale et de garantir la jouissance des droits politiques à toutes les organisations politiques et celles de la société civile de manière indistincte.

A la Commission Nationale Electorale Indépendante, JUSTICIA Asbl demande de publier sans tarder un calendrier électoral tenant compte des échéances constitutionnelles et de préserver son indépendance et sa neutralité vis-à-vis des forces politiques en présence.

La population, les organisations politiques et sociales sont invités à tout mettre en œuvre pour faire respecter la constitution et de se préparer pour les élections qui vont être organisées en fin de cette année.

SYC

Ci – Joint : COMMUNIQUE DE PRESSE JUSTICIA Asbl N°002