RDC : La montée des tensions politiques à Kinshasa et à Lubumbashi préoccupe la MONUSCO

(Kinshasa 23 Avril 2016) – Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies  et chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Maman Sidikou, exprime sa vive préoccupation face à la montée des tensions politiques dans certaines parties de la RDC et exhorte les autorités congolaises à agir dans le respect scrupuleux de l’Etat de droit, et à s’abstenir de toute mesure de nature à  entraver l’exercice par les acteurs politiques des droits et libertés garantis par la Constitution.

Le communiqué officiel indique que cette situation fait suite à l’annonce par certains groupes et partis politiques de leur intention d’organiser des manifestations politiques à Kinshasa et à Lubumbashi et aux mesures prises par les forces de sécurité pour empêcher la tenue de ces manifestations.

Le Représentant spécial du Secrétaire général souligne la nécessité pour l’ensemble des acteurs congolais de faire preuve de la plus grande retenue, en cette phase particulière de l’évolution politique de leur pays. « Il exhorte les autorités congolaises à agir dans le respect scrupuleux de l’Etat de droit, et à s’abstenir de toute mesure de nature à  entraver l’exercice par les acteurs politiques des droits et libertés garantis par la Constitution, y compris la liberté d’expression, d’association et de manifestation », précise le communiqué.

Maman Sidikou affirme réitérer l’importance cruciale que revêt la préservation d’un espace politique adéquat pour favoriser le déroulement d’un dialogue politique véritablement inclusif de nature à permettre la tenue d’élections paisibles, transparentes et crédibles.

A cet égard, conclut le communiqué « il rappelle la disponibilité de la MONUSCO à appuyer le Facilitateur désigné par l’Union africaine, M. Edem Kodjo, et à œuvrer avec lui à l’aboutissement des efforts entrepris, ayant à l’esprit tant les dispositions pertinentes de la résolution 2277 que celles de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance ».

SYC

Ci – Joint : Communique de presse tensions politiques

RDC : Les tweets sur les manifestations politiques du 24 avril

 

 

 

RDC : Voici en dix points le Mémo de l’AETA remis à Edem Kodjo !

(Kinshasa, le 21 Avril 2016) – Les organisations de la société civile membres de la plateforme Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA) impliquées dans l’accompagnement technique du processus électoral en RD Congo ont rencontré Edem Kodjo ce jeudi 21 avril à Kinshasa. Et ils lui ont remis leur mémorandum dont le contenu est le suivant :

  1. Saluent votre nomination entant que facilitateur du dialogue politique et émettent le vœu que cette nomination, marque un engagement ferme de l’Union africaine de contribuer positivement à la consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo (RDC) conformément à l’esprit et la lettre de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que de l’Accord-cadre sur la Paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région.
  1. Nos organisations notent, que le dialogue politique que vous avez la charge de faciliter se déroule dans un contexte politique particulièrement tendu. Le processus électoral congolais connaît des retards significatifs ayant un impact particulièrement négatif sur la paix et la stabilité de la RDC.
  1. Ce processus est engagé également dans un contexte où des doutes existent quant à la volonté du Président de la République sortant de quitter effectivement le pouvoir conformément aux dispositions de la Constitution congolaise, laquelle prévoit que le Président de la République est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Elle prévoit en outre que l’élection présidentielle s’organise trois mois avant la fin du mandat du Chef de l’Etat sortant.
  1. Nos organisations observent que la population congolaise a démontré un profond attachement au respect de ce principe, ainsi qu’en témoignent les manifestations populaires sanglantes des 19, 20 et 21 janvier 2015. Il est à craindre que des fortes tensions soient à anticiper.
  1. Il existe un fort risque de voir la RDC replonger dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire majeure que l’Union africaine à travers son représentant que vous êtes doit impérativement concourir à prévenir.
  1. Nos organisations observent que la RDC présente un climat marqué par des violations des droits humains et des restrictions des libertés publiques, par les services de sécurité, en particulier ciblant l’opposition politique et certains acteurs de la société civile. Ce climat n’est pas de nature à rassurer les acteurs sur la sincérité du dialogue à organiser.
  1. Nous notons, qu’il est souhaitable de miser sur une méthodologie pédagogique, stratégique et rigide susceptible de réduire la durée du dialogue.
  1. A ce titre nous prions de bien vouloir accepter nos recommandations suivantes :

Donner un message clair aux autorités congolaises quant à la nécessité de garantir la protection des droits humains et le libre exercice des libertés fondamentales en cette période cruciale. Dans ces conditions, la démarche du dialogue gagnera en crédibilité.

Veiller à ce que les organisations de la société civile spécialisées sur les élections soient majoritairement représentées aux assises, afin d’impulser efficacement des avis techniques appropriés sur mars questions électorales qui seront examinées. Le drame de la société civile congolaise est qu’elle est gravement inféodée et le risque de la dominance des opinions politiciennes est majeur. Sa représentation au comité préparatoire pose déjà des sérieux problèmes et fait objet des contestations.

La RDC étant dotée d’une Constitution et d’institutions politiques établies, le dialogue ne devrait pas être compris comme un mécanisme supra-institutionnel, mais plutôt comme un outil pouvant permettre un déblocage du processus électoral à travers une discussion ouverte et franche sur les conditions pouvant garantir la mise en œuvre d’un processus électoral crédible et transparent.

  1. AETA encourage, la création d’un panel de médiation international mixte qui pourrait concourir au renforcement d’un climat de confiance général, ainsi qu’à l’intégration du plus d’acteur dans le processus de dialogue actuel.
  1. AETA signale enfin, qu’elle est entrain de produire un document technique qui constituera sa contribution à la réussite du Dialogue national.

SYC

Ci – Joint : MEMO DE L’AETA ADRESSE EDEM KODJO CE JEUDI 21 AVRIL