RDC : Dialogue inclusif, la Société Civile propose le panel des médiateurs à Edem Kodjo

(Kinshasa, le 20 avril 2016) – La nécessité de l’appui d’un panel des médiateurs internationaux, la « décrispation » du contexte politique tendu, le mode désignation des participants basé sur les dynamiques réelles  et effectives des partis ainsi que le contenu permettant de baliser la route vers les élections…sont les principales propositions des  Organisations de la Société Civile de la RDC au Facilitateur Edem Kodjo en vue de garantir le succès de la tenue du dialogue politique en République Démocratique du Congo. Ce dernier a reçu leur mémorandum ce mardi à Kinshasa au terme d’une rencontre.

Dans ce mémorandum, elles disent être convaincues que la mission  du Facilitateur nommé par la Présidente de la Commission de l’Union Africaine s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba et respecte l’esprit de la résolution 2277 du 30 mars 2016 du Conseil de Sécurité prorogeant le mandat de la MONUSCO avec des impératifs liés au dialogue politique qui permettrait de créer les conditions nécessaires à un processus électoral libre, juste, crédible, ouvert, transparent et pacifique.

Nécessité de l’appui d’un panel des médiateurs internationaux

Pour plus d’efficacité, de cohérence et de synergie entre différents acteurs nationaux et internationaux en vue de garantir le succès du dialogue, les OSC proposent que le Facilitateur Edem Kodjo soit appuyé et aidé par un panel de co-faciltateurs et/ou médiateurs internationaux étant notamment issus de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et des Etats Unis d’Amériques.

De la « décrispation » du contexte politique tendu

Le contexte politique actuel en RDC, comme le confirme la résolution 2277 (2016) du 30 mars 2016, est notamment caractérisé par le rétrécissement de  l’espace politique dans le pays, qui se traduit par les arrestations et détention des membres de l’opposition politique et de représentants de la société civile et par les restrictions imposées à des libertés fondamentales comme la liberté d’expression et d’opinion.

Cela étant, pour décrisper la situation politique, tout en reconnaissant l’indépendance du pouvoir judiciaire, les OSC en appellent à l’accélération du traitement des dossiers des détenus et/ou prisonniers politiques ou d’opinion en vue de leur libération avant la tenue effective du dialogue politique. Ceci constituerait un indicateur certain du rétablissement du climat de confiance dans le processus politique en cours.  Il en est aussi de la réouverture des médias proches de l’opposition fermés.

Du mode de désignation des participants au dialogue

Les OSC rédactrices de la présente analyse tiennent à rappeler que le succès de la tenue du dialogue politique dépend non seulement de la qualité des participants au dit forum, mais encore et plus de leur mode de désignation.

Les OSC tout en ne proposant pas une « recette » sur la question, encouragent néanmoins le « Facilitateur » Edem Kodjo à tenir compte des forces politiques et sociales constituant des dynamiques réelles et effectives au niveau national et provincial du pays.

Du contenu du dialogue politique en lui-même

La résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité de l’ONU du 30 mars 2016, rappelle la nécessité d’un dialogue politique ouvert et pacifique, associant toutes les parties prenantes au déroulement des scrutins dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, afin de préparer le terrain en vue de la tenue dans le pays d’élections pacifiques, crédibles, ouvertes à tous, transparentes et qui respectent les délais prévus par la Constitution.

En ce sens, les OSC rédactrices de la présente analyse tout en souscrivant au prescrit de cette résolution, proposent que le contenu du dialogue ne puisse être consacré qu’à ce qui peut baliser la route à la tenue des élections présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels en République Démocratique du Congo.

Huit Organisations de la Société Civile (OSC) de la RDC impliquées dans la défense et la protection des droits de l’homme et dans le suivi du processus électoral sont signataires de ce mémorandum destiné à Edem KODJO, Facilitateur de l’organisation du dialogue politique. Les Envoyé Spéciaux du Secrétaire Général de l’ONU pour la Région des Grands Lacs, de l’Union européenne pour la Région des Grands Lacs et des Etats Unis pour la Région des Grands Lacs ont été mis en copie.

SYC

Ci – Joint : Le Mémorandum des OSC à Edem Kodjo

RDC : L’UNAFEC victime de l’intolérance politique des autorités politico-administratives de Lubumbashi

Les militants UNAFEC protestent contre l’assaut de la police mené  contre le siège de leur parti, hier mardi autour de 19 heures, heures locales. Une unité de la police lourdement armée, d’après des sources locales, avait reçu l’ordre d’enlever tous les calicots portant les effigies de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, placardées à la devanture de la permanence de ce parti.

Sur place, la police s’est heurtée à la résistance des jeunes de ce parti, commis à la garde de cette permanence. Ces derniers ont été finalement chassés du lieu à coup des gaz lacrymogènes. Plusieurs parmi eux seraient arrêtés et d’autres blessés, selon des sources proches du parti citées par Radio Okapi.

Ne pouvant donc pas resté indifférents face à ce comportement des policiers, quelques militants de l’UNAFEC se sont organisés en groupe pour bruler les pneus aux coins des avenues de la commune Kenya.

Vue des débris d'un pneu brulé à l'occasion de cette protestation à Lubumbashi.
Vue des débris d’un pneu brulé à l’occasion de cette protestation à Lubumbashi.

Cette tension était également perceptible dans la matinée de ce mercredi 20 avril 2016 où  des sympathisants du parti politique UNAFEC  étaient de nouveau pointés  aux coins des rues pour protester contre cette intolérance politique. Cela a eu des impacts négatifs sur l’ensemble des  activités qui se déroulent dans cette commune.

Toutes les boutiques, magasins et marché de la commune de la Kenya sont restés fermés ce mercredi.  Les jeeps de la police, en grand nombre, ont effectuées de navettes en permanence aux abords du siège de l’UNAFEC pour disperser tout attroupement des militants de ce parti.

Pour rappel, en date du 17 avril 2016, le président national de l’Union  des Nationalistes et Fédéralistes du Congo (UNAFEC),  Antoine Gabriel KYUNGU WA KUMWANZA a  tenu au siège de son parti politique situé sur l’avenue de la Digue dans la commune de la Kenya, une réunion avec ses membres  au cours de laquelle il annoncé l’organisation des actions de rue le 24 avril 2016 pour s’opposer au glissement en RDC.

Bien avant, son parti politique avait décidé de placer devant le Directoire des effigies de Moise KATUMBI CHAPWE, qui a été plébiscité comme candidat à l’élection présidentielle de 2016 par la plateforme G7 dont UNAFEC est aussi membre.

Cet acte serait considéré par les autorités politico – administratives locales comme une provocation. C’est ainsi que des policiers ont été dépêchés enlever les images et  les drapeaux  qui arboraient  l’enceinte du bâtiment.

SYC

Kinshasa : JED condamne la procédure de l’interpellation d’un journaliste par la police judiciaire

(Kinshasa, le 19 Avril  2016) – Journaliste en danger (JED) condamne fermement l’interpellation pendant quatre heures de Mike Mukebayi, journaliste et fondateur de C-News, un journal en ligne diffusé à partir de  Kinshasa, capitale de la RDC, au parquet de la République.

Selon les informations parvenues à JED, Mukebayi a été interpellé, mardi 19 avril 2016 vers 9 heures, à son domicile par un groupe d’agents de la police judiciaire munis d’un mandat d’amener délivré par un procureur.

Conduit au parquet, le journaliste a été longuement entendu sur procès-verbal autour d’un article publié, il y a deux mois, sur le site web de son journal incriminant l’opposant Diomi Ndongala dans une affaire de viol sur mineure à la prison centrale de Makala où il est détenu  depuis cinq ans pour une autre affaire de viol.

Mike Mukebayi  a été libéré vers 13 heures après avoir expliqué qu’il n’était pas l’auteur de l’article incriminé, ni le directeur de publication de C-News.

Contacté par JED, un responsable de « C-News » a déclaré : « Nous n’avons jamais été invité ni recevoir un mandat de comparution délivré par un magistrat du parquet. L’interpellation du fondateur de notre journal s’est opérée dans l’arbitraire et illégalité. Madame Diomi Ngongala a porté plainte non seulement contre Mike Mukebayi mais aussi contre l’éditeur du journal,  le Directeur de publication et le journaliste, auteur de l’article incriminé ».

Journaliste en danger (JED) dénonce cette interpellation qui s’est faite en violation flagrante de la loi sur la presse qui fixe la procédure avant toute arrestation d’un journaliste.

SYC