RDC : Trois Provinces interdisent la marche de l’opposition de ce jeudi 26 mai

(Lubumbashi, le 25 mai 2016) – Kasaï – Oriental, Nord – Kivu et Haut – Katanga ont interdit la marche annoncée pour ce jeudi  26 mai 2016 alors que Kinshasa a pris des dispositions conformément à la loi pour encadrer les manifestants selon l’itinéraire prévue.

Le Maire de la Ville de  Mbuji – Mayi (Kasaï – Oriental), réagissant à la lettre d’information de la Dynamique de l’Opposition, G7 et LUCHA lui adressée le 21 mai, a évoqué deux observations pour motiver son interdiction :

« Votre précitée (lettre d’information) ne donne aucune motivation sur le bien fondé de l’organisation de la marche projetée pacifique soit – elle. Les regroupements politiques dont vous êtes signataires de la lettre sous examen n’ont pas d’existence juridique pour que vous soyez des interlocuteurs valables de l’autorité urbaine ».

A Goma (Nord – Kivu), le Gouverneur de Province Julien Paluku a évoqué les mêmes arguments pour interdire cette marche. Selon lui, le G7, le Front Citoyen et la Dynamique de l’Opposition n’existent pas selon la loi au Ministère de l’Intérieur.

« Je tiens ici à confirmer la décision des trois maires (Goma, Beni & Butembo) qui viennent d’interdire le 26 mai les manifestations dans les 3 Villes. Comme Gouverneur, j’élargi cette mesure sur l’ensemble de la province pour deux raisons : ces structures ne sont pas légales et la province du Nord – Kivu est en deuil. Dans nos traditions on ne pleure pas les gens dans la rue en manifestant », a déclaré Julien Paluku dans une conférence de presse.

Dans une lettre officielle destinée au Porte parole de la Dynamique de l’Opposition, le Maire de la Ville de Lubumbashi, Oscar SANGUZA MUTUNDA affirme que le Comité Urbain de sécurité a étudié la lettre relative à l’annonce de cette marche lui formulée dans un courrier en date du 16 mai courant.

« Il ressort que la tenue de cette marche est inopportune d’autant plus que l’arrêt de la Cour Constitutionnelle est irrévocable et opposable à tous », a indiqué le Maire de la Ville de Lubumbashi.

Par conséquent, si la Dynamique de l’Opposition se permettait d’organiser cette marche cela serait, selon lui, « enfreindre à la loi ».

D’aucuns s’interrogent sur les vraies raisons que cache cette interdiction si à Kinshasa, siège des Institutions de la République Démocratique du Congo, la marche a été confirmée après une séance de travaille avec le Gouverneur de la Ville ce mardi 24 mai.

« Le Maire de la ville n’avait qu’à prendre acte de l’itinéraire de la marche comme l’a fait le Gouverneur André Kimbuta à Kinshasa. Nous contestons cette attitude discriminatoire qui frise l’intolérance politique des autorités politico – administratives de Lubumbashi. Le droit de manifester est constitutionnellement reconnu à tout citoyen congolais. Nous dénonçons formellement cette interdiction », a déclaré Me. Jonas Mulumba, Activiste des Droits de l’Homme.

La Dynamique de l’Opposition a projetée cette marche pacifique afin de dénoncer l’arrêt de la Cour Constitutionnelle en rapport avec l’interprétation de l’article 70 de la Constitution autorisant au Président de la République de rester en fonction jusqu’à l’installation du Président élu.

SYC

Kinshasa : Des personnes interpellées au départ d’une marche de soutien aux victimes de Beni

(Kinshasa, le 24 mai 2016) – La Police congolaise a interpellé une vingtaine des personnes qui s’étaient présentées, samedi 21 mai autour de 10 heures, au point de départ de la marche pacifique initiée par un regroupement politique dénommée «  Dynamique Congo Uni (DCU) » en vue d’exprimer leur soutien aux habitants de Beni exposés aux massacres et autres exactions des groupes armés.

Après avoir été dépouillé de tous leurs biens (téléphones, argent, cartes d’identité, etc.), les personnes arrêtées ont été transférées dans un cachot de la police et relâchées progressivement en début de soirée. Certaines d’entre elles auraient été tabassées par des agents de la police alors que d’autres ont essuyées des menaces de la part des agents des forces de sécurité. Certains biens n’ont pas été restitués.

« Un agent de l’ANR m’a dit que la prochaine fois, vous ne serez pas arrêté et mis dans une cellule. Et un officier de l’armée a rajouté en disant qu’on ne va pas vous arrêter mais plutôt on va vous tirer dessus », a rapporté une victime.

Les activistes des Droits de l’Homme condamnent fermement cet acte posé par les services de sécurité qui s’illustrent par la restriction de la liberté de manifester.

« Une marche pacifique de soutient aux victimes des atrocités que subissent nos frères et sœurs à Beni devrait plutôt être encadrée et non réprimée. L’intolérance du pouvoir face à l’exercice des libertés publiques est inacceptable et devrait cesser immédiatement », a déclaré Franck Banza, de l’ONG Les Amis de Nelson MANDELA pour la Défense des Droits Humains (ANMDH).

Une autre marche pacifique est annoncée pour le 26 mai prochain. Cette fois là non seulement pour protester contre les massacres de Beni mais aussi de dénoncer l’arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle selon lequel le Président de la République en exercice resterait au en fonction jusqu’à l’installation effective d’un nouveau Président élu.

SYC

Préparatifs de la marche du 26 mai, huit opposants arrêtés par l’ANR à Matadi

(Matadi, le 24 mai 2016) – Au total, (huit) 8 opposants tous militants de trois partis dont l’Union pour la Nation congolaise (UNC), Renaissance du Congo (RECO) et Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR) ont été arrêtés lundi dans la soirée par les agents de l’Agence National des Renseignements (ANR). Ils se réunissaient dans la résidence de l’interfédéral de l’UNC/Kongo Central en vue de préparer la marche annoncée le 26 mai sur toute l’étendue de la République à l’initiative de la Dynamique de l’opposition et de la Société civile. Ils sont transférés au Parquet Général où s’effectue l’instruction de leurs dossiers.

D’après des sources locales, ces opposants seraient accusés de désobéissance à l’autorité. Le Tribunal de Paix de Matadi serait en attente de leurs dossiers pour la tenue d’un procès en flagrance avant la fin de la journée de mardi 24 mai 2016.

Des voix s’élèvent pour condamner cette attitude répressive des autorités congolaises devraient pourtant garantir à tous les citoyens le respect de libertés publiques, y compris celle de se réunir, telle que stipulée par la constitution en son article 25.

« La liberté de réunion est une des libertés publiques garanties par la constitution congolaise. C’est très inquiétant que chaque jour qui passe nous vivons un tel rétrécissement de l’espace politique et que les libertés publiques soient autant bafouées par ceux qui sont censés les garantir. Se réunir, manifester publiquement, s’exprimer est un droit pour tous », a indiqué Me. Bibiane Bakento de l’Association des Femmes Juristes Congolaises (AFEJUCO).

Des personnes arrêtées, sept ont été transférées ce matin au Parquet Général, et l’une d’entre – elle, M. Abdul Rosand, Président de la Fédération des jeunes de l’UNC, reste encore en détention à l’ANR / Matadi.

Pour rappel, la marche a pour objectif de protester contre les massacres et de dénoncer l’arrêt Cour Constitutionnelle a rendu son arrêt sur la requête en interprétation de l’article 70 dans lequel elle estime que pour éviter un vide institutionnel et préserver la continuité de l’Etat, le Président de la République devrait rester en fonction jusqu’à l’installation du nouveau Président élu.

SYC