RDC : Lieutenant colonel Kazadi Mumanya porté disparu dans un cachot secret au camp Tshatshi

(Kinshasa, le 19 mai 2016) – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime de fortes craintes sur la vie et la sécurité du Lieutenant-Colonel Evo Kazadi Mumanya, DIPO EM OPS/Training des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et ce, consécutivement à sa disparition depuis plus de trois (3) mois d’un cachot secret au Camp Militaire Lieutenant-Colonel Tshatshi à Kinshasa/Ngaliema. Les recherches menées par les membres de sa famille en vue de sa localisation demeurent infructueuses.

En effet, avant son enlèvement l’Officier Supérieur Militaire porté disparu qui se préparait à rejoindre son lieu d’affectation au Centre d’Instruction de Lukusa, à Kisangani, province de la Tshopo, comme Commandant Second Militaire, avait été appréhendé en septembre 2014 au moment où il s’approvisionnait en carburant dans une station-service non loin du pont Kasa-Vubu à Kinshasa. Pour le maîtriser, ses ravisseurs lui ont tiré une balle à bout portant à la jambe gauche.

Initialement conduit à la Légion Nationale d’Intervention (LENI, ex PIR) de la Police Nationale Congolaise, Lieutenant-Colonel Evo Kazadi Mumanya est acheminé par la suite au cachot de l’Etat-Major de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), sis à l’ex-immeuble UCB, à Kinshasa/Gombe sans que sa famille ou ses proches n’en soient informés. La victime est soupçonnée « d’avoir cambriolé » une banque en décembre 2013 à Boma,  province du Kongo Central.

En 2015, Lieutenant-Colonel Evo Kazadi Mumanya est retrouvé,  par les membres de sa famille,  au cachot de l’ANR, sis avenue du Fleuve, ex Trois Z, en face de la Primature où il a passé environ dix-sept (17) mois de détention. Pour s’être révolté contre  sa détention prolongée au cachot de l’ANR et la confiscation de son véhicule, la victime a été transférée au cachot du Camp Militaire Lieutenant-Colonel Tshatshi sous prétexte de recevoir des soins médicaux au centre médical de la Cité de l’Union Africaine (UA).

Selon les informations parvenues à la VSV, l’Officier Supérieur Militaire avait été extrait du cachot de l’ANR pour être embarqué à bord d’une jeep Cherokee de couleur marron, plaque d’immatriculation 9075 AA/19 qui appartiendrait au Capitaine Dédé, Directeur de Renseignements de la Garde Républicaine (GR). Ce dernier l’avait acheminé au Camp Militaire Tshatshi en vue de le présenter auprès du Lieutenant Colonel John Munongo T2 de la GR et où il aurait été entendu le 18 février 2016 par Sous-Lieutenant Kabasele Kapuku, Chef Pool T2 GR. L’interrogatoire a  porté sur l’objet de la révolte faite par Lieutenant Colonel Evo Kazadi Mumanya pendant sa détention à l’ANR. Depuis fin février 2016, la famille n’a plus eu de ses nouvelles jusqu’à ce jour.

Le dossier de la victime se trouve inscrit sous RMP/1664/NKK à l’Auditorat Supérieur Militaire de Kinshasa/Gombe, qui attendrait toujours son transfèrement. Craignant pour la vie et l’intégrité physique de la victime, la VSV invite les autorités rdcongolaises à :

  • Diligenter rapidement une enquête indépendante sur la détention prolongée du Lieutenant-Colonel Evo Kazadi Mumanya au cachot de l’ANR en vue d’en tirer toutes les conséquences et de sanctionner les auteurs de son enlèvement suivi de la détention arbitraire ;
  • Localiser le lieu de détention de la victime en vue de son transfèrement vers une juridiction compétente garantissant son droit à un procès juste et équitable en cas de griefs sérieux à sa charge sinon sa libération pure et simple ; 
  • Mettre immédiatement fin aux détentions prolongées ou arbitraires des personnes dans des cachots ne dépendant pas des parquets.

VSV

RDC : Le Front Citoyen dénonce l’acharnement de l’ANR sur sa coordination provinciale de l’Ituri

Le « Front Citoyen 2016 » informe l’opinion que Me. Ghodi Bobabaki Naguy et Luc Malembe, respectivement Coordinatrice et Rapporteur du Front Citoyen 2016 pour la province de l’Ituri sont de nouveau convoqués par l’Agence Nationale de Renseignements, cette fois-ci à travers une correspondance, pour ce jeudi 19 mai 2016, annonce le communiqué officiel de cette plate – forme.

En effet, ces deux membres étaient déjà relâchés grâce à la forte mobilisation d’organisations de défense des Droits de l’Homme et des membres du Front, après avoir été retenus pendant 7 heures environ dans les locaux de l’ANR par le Directeur Provincial accompagné du maire de la ville de Bunia le lundi 16 mai dernier.

« Le Front Citoyen 2016 s’inquiète de cet acharnement des autorités provinciale de l’ANR  et dénonce ces tentatives récurrentes d’intimidation de ses membres et de tous ceux qui prônent l’alternance politique pacifique en 2016 », indique le communiqué.

En effet, le Front Citoyen 2016 affirme avoir appris avec consternation la mise aux arrêts des agents de la Police Nationale Congolaise ainsi que l’interpellation et la menace de suspension pesant sur tous les chefs de quartiers ayant participé à l’atelier d’échanges organisé le samedi 14 mai 2016 par le Front.

Et de préciser : « Le Front Citoyen 2016 est très préoccupé par ces actes de despotisme, qui sont une nouvelle illustration de la volonté du pouvoir en place de ne s’imposer aucune limite dans la répression de toute forme d’expression d’engagement civique ».

Par conséquent, le Front Citoyen 2016 invite les autorités provinciales de l’ANR à une observance scrupuleuse de la loi et les met en garde contre toute atteinte à la liberté et à l’intégrité physique de ses membres en prenant à témoin l’opinion tant nationale qu’internationale.

« Le peuple congolais est fermement décidé à reprendre possession des droits dont il n’a été que trop longtemps privé. Il ne se laissera pas effrayer outre mesure par la menace de l’usage illégal et abusif de la force publique pour le museler.  L’heure du changement réel  a vraiment sonné », conclu – t – il.

SYC

RDC : Le GADHOP plaide pour le renforcement des mesures sécuritaires à Butembo

Dans un communiqué officiel, le GADHOP recommande au Comité urbain de Sécurité, de renforcer les stratégies de sécurité concertées avec les opérateurs économiques et d’établir un mécanisme permanent de collaboration pour maintenir la sécurité de la ville stable.

Il devrait aussi rappeler aux autorités provinciales et nationales la nécessité de renforcer les unités de la police et les doter des moyens logistiques efficaces en Ville de Butembo et ses environs ; et surtout, d’encourager la collaboration entre structures des jeunes, population et services de sécurité pour la dénonciation des mouvements suspects dans les entités.

Les victimes de l’insécurité en ville de Butembo devraient être prises en charge par le trésor public afin de marquer sa solidarité et inspirer davantage confiance de la population.

La ville de Butembo connait actuellement une allure inquiétante de l’insécurité caractérisée par des hold ups systématiques contre les paisibles citoyens. Chaque jour qui passe, des cas d’insécurité sont rapportés dans plusieurs quartiers de la Ville.

La situation est encore préoccupante étant donné que ces bandits opèrent aux premières heures de la soirée, avec une telle quiétude comme s’ils ont une garantie d’intouchabilité. Les hold-ups dans les stations service de vente de carburant ainsi que dans les alimentations situées dans des milieux pourtant réputés très proches des positions de la police traduisent un manque de coordination et de collaboration entre d’une part les services de sécurité et la population de l’autre.

Ces tristes événements s’ajoutent à la situation générale des violations graves des droits humains  vécues en territoires de Beni et Lubero  dont les solutions sont loin d’être trouvées par les gouvernants qui ne mettent pas suffisamment d’attention particulière  aux morts innocentes qui pourtant avaient droit à la vie comme leurs tueurs  et le reste des vivants, déplorée par les forces vives de la  RDC.

Ce mardi déjà, le mot d’ordre de la Société Civile en rapport avec la Ville morte a été respectée à Beni et Butembo. Pas de circulation, les commerces n’ont pas ouverts… Ceci est une expression de prise de conscience de tous sur la revendication légitime des droits longtemps bafoués.

Ainsi, le GADHOP plaide aussi pour la redynamisation des « Nyumba Kumi » et la dotation des chefs des cellules des matériels de communication pouvant leur permettre d’effectuer des alertes rapides avec les services de sécurité.

Aux victimes de l’insécurité de porter plainte contre inconnue et exiger des enquêtes sur ces cas d’atteintes à leurs droits.

SYC