RDC : OLPA salue la libération d’un journaliste à Rutshuru

(Kinshasa, le 4 mai 2016) – L’Observatoire  de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse se félicite après la libération d’Aaron Mapendo King, journaliste et correspondant à Tongo de la Voix de Rutshuru, station de radio communautaire émettant à Rutshuru, territoire situé à 70 Kms de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Aaron Mapendo King a été libéré, le 26 avril 2016, sur ordre de M. Dora Nudahana, Auditeur militaire de Rutshuru après un mois de détention à la prison centrale de Rutshuru. Le journaliste a versé une caution de 350 dollars américains pour sa libération et le parquet militaire lui demander de se présenter chaque vendredi à son siège.

Pour rappel, le journaliste a été interpellé, le 5 mars 2016, par un groupe d’éléments des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à son bureau de Tongo (à 50 kms de Goma), et transféré à la prison centrale de Rutshuru 9 jours plus tard.

Il a été accusé d’incitation à la révolte pour avoir diffusé, le 2 mars 2016 sur les antennes de la radio Rutshuru une information sur l’arrestation des rebelles du mouvement Maï-Maï par la population du groupement de Tongo.

Tout en se félicitant pour cette libération, OLPA se déclare déçu par cette détention injustifiée d’un journaliste qui n’a fait qu’exercer son métier.

SYC

RDC : Journée de la presse, OLPA appelle les animateurs des institutions à libérer les médias

(Kinshasa, le 2 mai 2016) – Dans une lettre ouverte adressée aux animateurs des institutions de la RDC, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de presse, OLPA exprime ses vives inquiétudes  sur l’avenir de la liberté de la presse en RDC. Ci- dessous la quintessence de la lettre :

Kinshasa, le 2 mai 2016

N/Réf : 0011/JAKM05/16  

 

A leurs Excellence Messieurs les Animateurs  des Institutions

de la République  démocratique   du Congo

Tous à Kinshasa

Messieurs,

Objet : lettre ouverte « Libérez les médias »  

Les membres de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse basée en République démocratique du Congo (RDC) vous adressent la présente, à la veille de la célébration de la journée mondiale de la liberté de presse, pour lancer un cri d’alarme en votre direction.

Point n’est besoin de rappeler que la journée du 3 mai de chaque année revêt un caractère spécial pour les chevaliers de la plume et du micro du monde entier, car elle nous permet de célébrer les principes fondamentaux  de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse en RD Congo, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage à tous les journalistes et médias courageux qui luttent pour le triomphe de cette liberté essentielle. Cette année 2016, la journée a pour thème : « Accès à l’information et aux libertés fondamentales, c’est votre droit ».

Proclamé en 1993 par l’Assemblée générale de Nations Unies « journée mondiale de la liberté de la presse », la date du 3 mai est aussi une date symbolique pour l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) qui fête, ce jour, ses douze ans d’existence. Depuis 2004, OLPA surveille l’exercice de la liberté de presse en RDC en y déployant ses experts, chercheurs et autres correspondants.

En vous écrivant ce jour, OLPA veut attirer votre bienveillante attention sur la menace qui guette sans cesse cette liberté, un des piliers de la démocratie, au delà des apparences qui font croire que la « RDC est une terre des libertés où les médias disent ce qu’ils veulent ».

A ce que jour, le Congo compte de dizaines des médias fermés pour diverses raisons parfois sans aucun fondement légal. Les pressions administratives, économiques et judicaires sont légion surtout en direction des organes de presse principalement ceux supposés être proches de l’opposition. Depuis les élections de 2011, certains médias ont été réduits carrément au silence jusqu’à ce jour par le bon vouloir de certains d’entre vous, réduisant ainsi tout espoir de voir les pouvoirs publics garantir l’accès de la population congolaise à l’information de qualité et protéger ses libertés fondamentales.

La censure et la surveillance excessive des médias surtout ceux appartenant à vos proches collaborateurs, et des professionnels de la presse par des services non compétents accentuent le sentiment d’insécurité dans le chef des journalistes en RDC et mettent la liberté de presse en péril. Il en est aussi de l’inaccessibilité aux médias publics par  les congolais de tout bord.

« Libérez les médias » est l’appel pathétique que lancent les membres de l’OLPA à votre encontre en ce jour du 3 mai 2016.

OLPA vous exhorte donc à :

–       lever immédiatement et inconditionnellement toutes les décisions de fermeture des médias sur toute l’étendue de la RDC ;

–       d’ordonner la libération immédiate de tout personnel des médias incarcérés dans les cachots ne dépendant pas des parquets :

–       d’interdire l’immixtion de tous services non compétents dans les questions de régulation des médias ;

–     de cesser d’exercer des pressions multiformes sur les membres du Conseil supérieur de l’Audiovisuel et de la communication (CSAC) ;

–       de mettre en œuvre la loi sur l’accès à l’information publique ;

–       de libérer la Radio-télévision nationale congolaise, chaîne publique, de l’emprise d’un courant politique ;

–        de garantir la sécurité des journalistes et de leur matériel durant l’exercice de leur travail ;

–       de mettre fin à l’impunité contre toutes les infractions dont les journalistes et les médias sont souvent victimes dans le cadre de leur travail.

Il n’est pas trop tard pour agir, ni de honte à rapporter certaines mesures liberticides. Il vous suffit d’être convaincu et vous le ferez bien.

Ce dont les membres de l’OLPA vous remercient d’avance.

Patriotiquement

Pour le Comité exécutif de l’OLPA

Joseph-Alain KABONGO

Secrétaire exécutif

RDC : Le Ministre de la Justice fait détenir arbitrairement Vano Kiboko au CPRK

(Kinshasa, le 01 mai 2016) – Dans un communiqué officiel, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) exige la libération sans condition de M. Vano Kiboko, qui a purgé sa peine depuis le 29 avril 2016.

Vano Kiboko a été condamné le 18 mars 2016 par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe sous RPA 19631 à 16 mois de prison ferme pour « racisme et tribalisme ».

Ayant été arrêté le 29 décembre 2014, sa peine a expiré le 29 avril 2016 date à laquelle il devait sortir de la prison. Mais, ses conseils et membres de sa famille ont été informés par le Directeur de la prison de Makala que « le Ministre de la Justice a ordonné de le garder jusqu’à la semaine prochaine » ! M. Vano Kiboko est ainsi détenu arbitrairement depuis le 29 avril à ce jour.

L’ACAJ condamne fermement cette détention arbitraire et exige la libération sans condition de M. Vano Kiboko.

Le Ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Ph. Tiers
Le Ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Ph. Tiers

Elle rappelle qu’au terme de l’article 113 du code de procédure pénale de la RDC, à l’expiration de sa peine principale, le condamné doit être remis en liberté…L’article 17 de la Constitution prescrit que nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de la loi et dans les formes qu’elle prescrit.

L’ACAJ condamne l’ordre illégal du Ministre de la Justice de faire maintenir Vano Kiboko en prison comme l’attitude du Directeur de la prison de Makala qui l’a exécuté sachant parfaitement qu’au terme de l’article 28 de la Constitution nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal.

L’ACAJ recommande à Vano Kiboko et ses Conseils de déposer plainte contre le Ministre de la Justice et le Directeur de la prison de Makala pour notamment détention arbitraire.

Elle demande au Procureur Général de la République d’ordonner au Directeur de la prison de libérer sans condition de Vano Kiboko.

SYC