RDC : Zainab Bangura appelle à une action contre des auteurs des viols de Walikale

(New York, 29 juillet 2016) – Il y a six ans, dans le territoire de Walikale, en Province du Nord-Kivu, République Démocratique du Congo (RDC), des civils résidant dans treize villages sur la route Kibua-Mpofi ont été attaqués par une coalition d’environ 200 soldats appartenant à la milice Maï Maï Sheka /Nduma Défense of Congo, dirigée par Ntabo Ntaberi Sheka; les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), dirigées par Serafin Lionso; et un groupe de déserteurs de l’armée.

Sur une période de quatre jours (du 30 juillet au 2 août 2010), 387 civils, dont 300 femmes, 55 filles, 23 hommes et 9 garçons ont été systématiquement violés et soumis à d’autres formes de violences sexuelles par ces assaillants, dans l’un des pires incidents de viol de masse en RDC. Au cours de ces attaques, d’autres violations des droits de l’homme telles que des meurtres, des mauvais traitements, des enlèvements et des pillages ont été perpétrées, avec un total de 1.429 victimes affectées.

«La gravité de ces crimes indique qu’ils étaient non seulement orchestrés sous le commandement de Ntabo Ntaberi Sheka, mais qu’ils ont aussi été utilisés dans le cadre d’une stratégie délibérée visant à cibler et intimider la population civile, en particulier les femmes et les filles», rappelle Madame Bangura.

Six ans plus tard, elle dit saluer la résilience des survivants puisqu’ils continuent à attendre que les auteurs soient traduits en justice. La communauté internationale est avec eux et ne reculera pas dans la quête de responsabilité pour ces crimes.

«Le gouvernement congolais a déjà réalisé des enquêtes sur les viols de Walikale et a émis huit mandats d’arrêt pour ces crimes contre l’humanité », a affirmé la Représentante  Spéciale Bangura.

En Mars 2016, les autorités de la justice militaire de la province du Nord-Kivu ont inclus les viols de Walikale sur la liste des cas prioritaires d’une grande préoccupation internationale, pour des poursuites immédiates au niveau national.

Et de préciser : «Il est donc temps pour le Gouvernement d’appliquer les mandats d’arrêt existants et de traduire les auteurs en justice, y compris Mr. Serafin Lionso, qui est actuellement en détention».

Avec le soutien régional et international, estime – t – elle, des efforts doivent être faits pour arrêter immédiatement Mr. Ntabo Ntaberi Sheka, qui est sous sanction du Conseil de Sécurité des Nations Unies et continue à commettre d’autres crimes.

Pour ce, affirme – t – elle, son bureau poursuivra son soutien aux efforts de la RDC pour lutter contre les crimes de violence sexuelle.

« Nous ne devons jamais oublier les victimes de l’un des plus choquants viols de masse de l’histoire récente. Pour toutes les victimes de Walikale et bien d’autres, nous affirmons  que la justice peut avoir été retardée, mais elle ne peut être déniée. Comme Walikale se souvient aujourd’hui, le monde se souviendra, et continuera à appeler à la poursuite de tous les auteurs, à des réparations pour les victimes, et à la dissuasion de pareils crimes dans l’avenir », a souligné la Représentante Spéciale Bangura.

SYC

Ci – joint : 20160729 DRC-Walikale Press release-Fr

RDC : Bunia, des activistes dénoncent l’arrestation arbitraire des 7 membres de la société civile

(Mercredi, 27 juillet 2016) – Sept activistes dont deux femmes ont été arrêtés arbitrairement par des éléments de la Police Nationale Congolaise en marge d’une marche de soutien au dialogue initiée par le Maire de la ville de BUNIA, dans la province de l’Ituri. Il s’agit de Réné Iragi, David Ngabu, Eugène Baminday, Luc Malembe, Joseph Ubegiu, Naguy Ghodi et Youyou Byarufu.

Selon le mouvement citoyen La Lutte pour le Changement (LUCHA), dans une déclaration publié aujourd’hui, l’ordre serait venu des autorités locales qui ont fait preuve d’intolérance politique alors que ces activistes réclamaient avec de simples calicots le « respect de la constitution » dans une manifestation à laquelle étaient conviée la population pour soutenir le dialogue national.

« Arborer un calicot portant des messages qui réclament le respect de la Constitution ou l’organisation des élections dans le délai constitutionnel ne peut jamais être considéré comme une infraction », a déclaré Maitre Georges Kapiamba, directeur de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ).

Des voix s’élèvent pour condamner les conditions brutales frisant la torture de ces activistes, particulièrement Luc Malembe et Naguy Godhi qui ont été brutalisés. Les sept activistes ont été tous conduits au cachot de l’ANR vers 10 heures locales avant d’être transférés, cinq heures plus tard, au Parquet de Bunia.

« Des citoyens ne peuvent faire objet d’arrestation pour avoir exercé des droits qui leur sont garantis par la constitution, » a déclaré Maitre Kapiamba. Et d’insister : « Ils devraient être libérés immédiatement et sans conditions. »

SYC

RDC : JUSTICIA plaide pour la cessation immédiate des dédoublements des partis politiques

Dans un communiqué, JUSTICIA Asbl affirme suivre avec intérêt l’évolution de la situation des droits de l’homme en rapport avec le déroulement du processus électoral en République Démocratique du Congo, plus particulièrement dans les provinces issues du démembrement de l’ancienne province du Katanga. Ainsi, déplore cette ONGDH, plusieurs cas de violations des droits de l’homme qui y sont dénombrés dont les plus récents sont ceux qui touchent les membres et sympathisants du parti politique Union des Nationalistes et Fédéralistes du Congo, UNAFEC en sigle.

Certains jeunes de l’UNAFEC reconnaissent avoir reçu des appels de menace d’arrestation de la part des personnes supposées être au service de Monsieur KASONGO KIBALE, actuel ministre provincial de l’intérieur. Ils craignent pour leur arrestation et plusieurs d’entre eux sont contraints à la clandestinité.

Déplorant la multiplication de ces actes qui sont contraires aux dispositions des instruments juridiques internationaux et nationaux en matière des droits civils et politiques, JUSTICIA Asbl recommande :

Au Gouvernement de la République :

De faire cesser immédiatement tout dédoublement des partis politiques de l’opposition, chose qui est à la base de la recrudescence non seulement de l’insécurité, mais également des cas de violations des droits de l’homme – D’interpeller le ministre provincial de l’intérieur du Haut Katanga pour ses interventions qui vont à l’encontre des lois de la République et qui est susceptible de déboucher sur une insécurité généralisée.

Au Président de l’Assemblée provinciale du Haut Katanga :

D’interpeller le ministre provincial de l’Intérieur à fin de fournir des explications sur cette chasse à l’homme qui n’a d’égal que pour des régimes dictatoriaux

Aux services de sécurité : ANR, POLICE ET JUSTICE :

– De se mettre au service de tous les congolais habitants la province du Haut Katanga et de ne pas se faire instrumentaliser par des politiciens.

 SYC