RDC : Fred, Yves et Christopher viennent d’être remis en liberté par la cour suprême de Justice

Après environs 5 heures de délibération, la Chambre du Conseil de la Cour Suprême de Justice vient de rendre sa décision, à huis clos.

Si pour Fred Bauma et Yves Makwambala la Cour a accordé une liberté provisoire, pour Christopher Ngoyi, il s’agit d’une main levée sur son dossier.

Selon un juriste, il y a main levée lors qu’il est constaté que la détention de l’accusé a été irrégulière.

« Cela signifie qu’ils ont été libérés sans abandon des charges. Ce qui est contraire à ce que nous avons toujours réclamés », à commenté un activiste.

Si la décision de leur libération a été prise, les trois sont retournés au CPRK pour des formalités administratives. Toutefois, cette nouvelle a redonné du sourire aux membres de leurs familles respectives et connaissances qui les attendaient dehors.

Une chose est certaine : ils sont libres.

SYC

RDC : Fred, Christopher et Yves attendent simplement leur libération !

(Kinshasa, le 29 août 2016/17h00) – La décision de la justice est attendue depuis 12 heures locales. L’audience s’est déroulée à huis clos et les affaires sont prises en délibéré. Les juges se concertent encore jusqu’à 17h00. Détenus depuis plus d’un an, Christopher Ngoyi, Ferd Bauma et Yves Makwambala ont répondu présents à l’audience de ce lundi 29 août 2016 devant la Chambre de Conseil de la CSJ appelé à statuer sur leur éventuelle mise en liberté provisoire.

Depuis leurs arrestations respectives, des activistes des Droits Humains et les opposants les ont toujours considérés comme des prisonniers politiques et d’opinion. C’est ainsi que la tenue du dialogue national a eu comme un des préalables majeurs : leur libération immédiate.

A la suite de la « parole d’officier » du Chef de l’Etat donnée aux jeunes de la Lucha à Goma, le gouvernement s’est engagé à les libérer dans le cadre des mesures de décrispation politique.

Christopher Ngoyi a été arrêté le 21 janvier 2015, pour sa contribution à l’organisation de manifestations contre les modifications proposées à la loi électorale. Il a été secrètement détenu par l’Agence nationale de renseignements en l’absence de chef d’inculpation, et privé d’accès à sa famille ou à des avocats pendant 20 jours, avant d’être transféré à la prison centrale de Kinshasa. Il est accusé d’incendie volontaire, actes de pillage et incitation à la haine raciale.

Fred Bauma, un membre du mouvement des citoyens Lutte pour le changement (LUCHA), et Yves Makwambala, un webmaster, ont été arrêtés aux côtés de plus d’une vingtaine d’autres personnes lors d’un atelier organisé à Kinshasa en mars 2015 à l’occasion du lancement de Filimbi, une plate-forme de la jeunesse pro-démocratique. L’Agence nationale de renseignements les a détenus pendant 50 et 40 jours, respectivement, avant de les transférer à la prison centrale de Kinshasa. Ils sont poursuivis pour complot contre le Président de la République.

Pour les activistes des droits de l’homme, organisations de la société civile et particulièrement les membres de la Lucha et de Filimbi, il s’agit d’un grand jour où ces détenus sortiront en hommes libres comme ils les méritaient depuis le premier jour. Ils sont tous là. En attente.

SYC

RDC : Le gouvernement appelé à apaiser les tensions tribalo-ethniques après l’assassinat du Colonel Elias Bihishi Rubibi

(Bukavu, le 24 août 2016) – L’asbl Héritiers de la Justice  invite le gouvernement à apaiser les tensions et velléités à caractère tribalo-ethnique qui voudraient resurgir entre les Banyamulenge, les Bafuliru et les Babembe à la suite de l’assassinat vendredi 19 août 2016 du Colonel Elias Bihishi Rubibi. Ce dernier a été abattu vers la place dite « Feu vert » au quartier Nyalukemba de la Commune d’Ibanda dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu par des hommes armés non identifiés.

Cet officier supérieur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) était le Commandant du Régiment FARDC dont les éléments assuraient la défense de la localité de Mutarule dans la Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira lorsque 33 personnes civiles ont été lâchement massacrées le 06 juin 2014 dans l’église locale de la 8è CEPAC, dans le Centre de santé et les maisons environnantes.

« Sa mort est survenue une semaine seulement après l’ouverture à Mutarule par la Cour militaire du Sud-Kivu des audiences foraines sur les massacres répétés des civils à Mutarule dans le territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu. Ce Colonel et six autres personnes dont deux militaires, le Major Kayumba Nyenyeri et le capitaine Ebanyanyoni dit Commando, deux miliciens déserteurs des FARDC Bede Rusagara et Karakara ainsi que deux civils, sieurs Claude Mirindi et Sheria Gahungu sont cités comme prévenus ou renseignants dans le procès délocalisé à Uvira-centre après son début à Mutarule », constate Héritiers de la Justice.

Plusieurs sources proches de cette Cour militaire siégeant en matière répressive au second degré en chambre foraine à Uvira disent que l’officier assassiné était en possession d’une convocation l’invitant à se présenter devant elle cette semaine afin d’éclairer la religion de cette dernière sur ce massacre.

L’asbl Héritiers de la Justice déplore et condamne l’assassinat de cet officier des forces armées nationales car cela constitue une violation flagrante des droits humains à l’occurrence le droit à la vie conformément à l’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule que tout individu a le droit à la vie ou à la liberté et à la sécurité de sa personne.

Elle demande au gouvernement : « d’apaiser les tensions et velléités à caractère tribalo-ethnique qui voudraient resurgir entre les Banyamulenge, les Bafuliru et les Babembe à la suite de ce crime. La récurrence des assassinats ciblés et massacres des civils ainsi que des vols des vaches dans les territoires d’Uvira et de Fizi, et les accusations qui s’en suivent chaque fois laissent croire qu’on assiste à un jeu de ping-pong entre les Banyamulenge, les Bafuliru et les Babembe dont les conséquences sont souvent désastreuses en matière des droits humains ».

Aussi, l’Association souhaite-t-elle que la justice militaire s’investisse ardemment pour mettre la main sur les vrais auteurs et les commanditaires de cet assassinat car ils peuvent aussi détenir d’autres informations susceptibles de donner de la lumière au cycle de violences qui met chaque fois à mal la cohabitation pacifique et sociale entre les groupes tribaux ou communautaires dans le territoire d’Uvira.

Aux leaders de trois communautés citées ci-dessus Héritiers de la Justice recommande de cesser à distraire la justice ou à chercher, par la surenchère et l’escalade verbale, à influencer le cours du procès sur les massacres de Mutarule. L’Etat a l’obligation d’amener les uns et les autres à laisser la justice faire son travail sans pression.

Enfin, Héritiers de la Justice encourage le gouvernement à renforcer l’espace de dialogue entre les leaders des mutualités Shikama, Buguma-Fuliru et Emo’Yambondo en les amenant à œuvrer ensemble pour la décrispation rapide du climat.

« Il est, en effet, à craindre qu’avec cette escalade verbale des crimes aussi graves que celui qu’a connu la localité Mutarule le 06 juin 2014 à la suite du vol des vaches ne se reproduisent en territoire d’Uvura et/ou de Fizi, étant donné que des membres de ces communautés gardent encore des armes à feu qu’ils n’ont jamais remises aux forces régulières », a – t – elle alerté.

SYC

Ci – Joint : Le Communiqué de l’Asbl les Héritiers de la Justice