RDC : La VSV demande la libération des prisonniers et détenus politiques et d’opinion pour un dialogue inclusif

(Kinshasa, le 22 août 2016) – Dans un communiqué officiel, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) prend acte de la libération de quatre détenus politiques et d’opinion et saisit l’occasion pour demander au Chef de l’Etat, Joseph Kabila d’ordonner au Ministre de la Justice et Droits Humains de procéder à la  libération définitive de tous les prisonniers et détenus politiques et d’opinion pour garantir la tenue en toute inclusivité et sérénité du dialogue national.

Tout en saluant la libération annoncée vendredi 19 août 2016 de quatre   des défenseurs de Droits humains, la VSV demeure cependant au regret de constater que la liste publiée par le Ministre de la Justice et Droits Humains reprend les noms de vingt personnes qui ont été soit acquittées, soit ont purgé leur peine ou ont été libérées ou avaient déjà bénéficié de la libération conditionnelle depuis plusieurs mois.

« Après examen, ladite liste ne risque pas moins d’exacerber le climat politique et social dans la mesure où des acteurs politiques, d’autres membres de mouvements citoyens, des proches de l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, des membres du parti politique UNAFEC… arrêtés ou condamnés à l’issue des  procès expéditifs visant à museler l’opposition politique et le mouvement  associatif en RDC n’ont pas bénéficié de cette libération », indique la VSV.

Il s’agit entre autres de : MM. Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Jean de Dieu Kilima, Bienvenu Matumo, Héritier Kapitene, Godefroid Kahambo, Victor Tesongo, Yannick Kibinda Mukeba, Franck Mwashila, Idi Sefu, Prof Huit Mulongo,  Kalenga Kinyango Kakoko, Kazadi Bukasa, Kapenda Bupe, Kabemba Rujembe, Masangu Umba, Tshibwabwa Kabongo, Kalonji Mukeba, Mbav Kabwand, Kabwiche Mwenye Youssouf, Kabala Mulimba Olivier, Ngongo Kasongo Joseph, Mulumba Mutombo, Twite Kalomba, Lwembe Munika, Kabenda Limal, Alain Ilunga Lufuluabo, Odon Kapiamba Tshisuaka, Lieutenant Colonel Evo Kazadi, Victor Tshitenge, Achim Sebela Nadonye, Alphonse Lemena Lemos, Kabongo Tshona, Firmin Yangambi, Norbert Luyeye  et ses six proches, Espoir Ngwala, Makambo et ses vingt coaccusés…

Prenant en compte l’intérêt supérieur de la nation, la VSV pense qu’il est impératif pour le pouvoir de donner un signal fort et rassurant, en ordonnant la libération définitive de tous les prisonniers et détenus politiques et d’opinion en vue de garantir la participation de toutes les forces politiques et sociales au dialogue politique national inclusif, et ce, dans le but d’assurer ensemble l’alternance démocratique apaisée en RDC.

« C’est ici l’occasion pour la VSV d’inviter le facilitateur M. Edem Kodjo à ne pas faire preuve de précipitation par la convocation du démarrage des travaux préparatoires du dialogue sus évoqué, mais à tout mettre en œuvre avec l’appui du groupe de soutien à la facilitation ainsi que la CENCO pour garantir la participation de toutes les forces politiques et sociales, gage de l’inclusivité et de l’opposabilité des résolutions », préconise – t – elle.

Au demeurant, la VSV demande au Chef de l’Etat, M. Joseph Kabila d’ordonner la libération définitive de tous les prisonniers et détenus politiques ou d’opinion; d’instruire les services de sécurité de mettre un terme aux enlèvements et arrestations arbitraires des acteurs de l’opposition  politique et de la société civile; et d’œuvrer effectivement et positivement en faveur de la tenue inclusive du dialogue politique national.

SYC

Ci – Joint : Le Communiqué de la VSV

RDC : Libération des prisonniers politiques et d’opinion, la NSCC dénonce la faible volonté politique

(Kinshasa, 21 aout 2016) – La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) une plateforme nationale  de la société civile de plus de 400 structures basées en RDC a appris  par la voie de  la presse  à travers  le Ministre de la justice, M. Alexis Thambwe Mwamba, les mesures relatives à la remise en liberté provisoire  d’un certain nombre de nos compatriotes, prisonniers d’opinion. 

La NSCC  se déclare insatisfaite  des mesures prises par le Gouvernement en faveur des prisonniers  d’opinion, ce 19 aout 2016  et  reste préoccupée et inquiète sur le  caractère sélectif  et insuffisant desdites mesures de libération. Décidément, cette faible volonté politique  du Gouvernement d’amener le peuple congolais à la réelle discussion nationale, semble s’inscrire dans une stratégie planifiée en vue de  retarder d’avantage le processus électoral en jouant sur l’usure du temps.

Toutefois la NSCC attire l’attention de l’opinion publique sur quelques points qui risque d’hypothéquer la tenue dudit dialogue voulu inclusif et amplifier la méfiance entre les acteurs politiques, à savoir : le caractère provisoire de ces mesures qui ne rassurent personne, car à tout moment ces compatriotes  peuvent être repris par la justice ; sur  la liste de 24 personnes rendue publique par le ministère de la justice ce 19 aout 2016, seuls 4 compatriotes sont concernées par les mesures de libération provisoire ;  les 20 autres compatriotes  semblent avoir été déjà libérés  depuis plusieurs jours (cas de Narcisse Kombi, Pascal Byumanine de la Lucha à titre illustratif, libérés à Goma depuis le 10 mars 2016  avec 7 autres de leurs collègues) ; la situation des certains  prisonniers politiques dont les poursuites semblent être déguisées en délits des droits communs (cas de Bâtonnier Muyambo, Mr. Diomi Ndongala et  bien d’autres) ; les tracasseries judiciaires contre  certains acteurs politiques (Cas Mr. Moise Katumbi) et activistes de mouvement citoyen collectif Filimbi (cas Floribert Anzuluni, Ben Kambamba, etc.) et pousser en exil forcé contre leur gré ; sur 7 chaines de médias fermées arbitrairement, deux sont autorisés à fonctionner, ce qui est insuffisant ;

Suite à cette faible volonté politique des acteurs politiques en présence, la NSCC n’entend pas cautionner tout processus du dialogue qui ne tient pas compte  du respect de la Constitution de la république, de la résolution 2277 et des préalables ci-haut évoqués en vue de décrisper l’environnement sociopolitique extrêmement chargé et tendu.

« Si le réexamen de ces exigences des uns et des autres n’est pas pris en considération par les parties prenantes impliquées dans la recherche du consensus pour la tenue du dialogue inclusif, la NSCC se réservera le droit de revoir à tout moment sa position et d’en tirer les conséquences qui s’imposent en  pareille situation », indique – t – elle.

C’est ainsi que la NSCC suggère au facilitateur du dialogue de reprendre contact direct avec toutes les parties prenantes en urgence au-delà de la convocation du comité préparatoire  annoncée le weekend dernier. Elle appelle le gouvernement de la République de réexaminer ces mesures de libération provisoire  en prenant les mesures définitives, cela en abandonnant de poursuites à leur encontre et l’extinction de l’action engagée.

Aussi, exige – t – elle la levée  et arrêt de poursuite  judiciaire à l’endroit des adversaires politiques (Cas de Moise Katumbi)  et des jeunes militants de la démocratie de collectif Filimbi (Floribert Anzuluni, Ben Kabamba, etc.),  contraints de vivre en exil et ne pouvant pas jouir de leur droit politique et civique.

Si la NSCC réitère son appel de  libérer de tous les prisonniers politiques, militants des droits de l’homme et de la démocratie encore en prison ainsi que l’ouverture d’autres médias encore fermés, elle affirme soutenir toutes les initiatives et pressions visant à décrisper totalement et réellement la crise politique qui s’annonce.

SYC

RDC : Le gouvernement annonce la libération des quatre activistes

Pas d’annonce en revanche au sujet d’autres personnes toujours emprisonnées après avoir contesté la tentative de maintien au pouvoir du président

Par Ida Sawyer

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Alexis Thambwe, a annoncé vendredi en conférence de presse que certains des prisonniers politiques du pays seraient libérés. Il a également déclaré que l’interdiction de deux médias proches de l’opposition serait levée, dans le cadre d’un effort visant à « décrisper » les tensions politiques dans le pays.

Sur la liste des prisonniers figurent les activistes Christopher Ngoyi, Fred Bauma, Yves Makwambala et Jean-Marie Kalonji, ainsi qu’une vingtaine d’autres remis en liberté des semaines ou des mois auparavant.

Depuis janvier 2015, le gouvernement a arrêté des dizaines d’activistes, ainsi que des dirigeants et des partisans de partis d’opposition, après leur opposition aux tentatives de prolonger la présidence de Joseph Kabila au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, dont le second prend fin le 19 décembre 2016. D’autres ont été arrêtés après avoir participé à des manifestations pacifiques ou d’autres activités politiques.

Ngoyi a été arrêté le 21 janvier 2015, pour sa contribution à l’organisation de manifestations contre les modifications proposées à la loi électorale. Il a été secrètement détenu par l’Agence nationale de renseignements en l’absence de chef d’inculpation, et privé d’accès à sa famille ou à des avocats pendant 20 jours, avant d’être transféré à la prison centrale de Kinshasa.

Bauma, un membre du mouvement des citoyens Lutte pour le changement (LUCHA), et Makwambala, un webmaster, ont été arrêtés aux côtés de plus d’une vingtaine d’autres personnes lors d’un atelier organisé à Kinshasa en mars 2015 à l’occasion du lancement de Filimbi, une plate-forme de la jeunesse pro-démocratique. L’Agence nationale de renseignements les a détenus pendant 50 et 40 jours, respectivement, avant de les transférer à la prison centrale de Kinshasa.

Kalonji, coordinateur du mouvement pro-démocratie Quatrième Voix, a été arrêté le 15 décembre 2015, et détenu par l’Agence de renseignements pendant 132 jours en l’absence de chef d’inculpation et privé d’accès à sa famille et à un avocat, avant d’être transféré à la prison centrale de Kinshasa.

Le gouvernement intenta des procès contre les quatre activistes à partir d’accusations fabriquées de toutes pièces, dans une volonté manifestement politique de faire taire la dissidence.

L’annonce de leur libération s’est faite au lendemain de la rencontre de Kabila avec des membres de la LUCHA dans la ville orientale de Goma, et est un pas dans la bonne direction. Elle indique une reconnaissance de la part du gouvernement congolais que les organisations de jeunes la LUCHA et Filimbi ne sont pas des organisations « terroristes » préparant des « activités subversives », comme l’avaient affirmé certains officiels.

Mais il est nécessaire que le gouvernement fasse beaucoup plus. D’autres prisonniers politiques demeurent en détention, parmi lesquels Bienvenu Matumo et Marc Héritier Kapitene, membres de la LUCHA ; Jean de Dieu Kilima, de Filimbi ; le leader d’opposition Jean-Claude Muyambo ; le membre de parti d’opposition Victor Tesongo, ainsi qu’un certain nombre de collaborateurs de Moise Katumbi, l’ancien gouverneur de la l’ex-province du Katanga, qui a quitté le parti de Kabila en septembre dernier pour rejoindre l’opposition.

Les autorités congolaises devraient libérer tous les prisonniers politiques et abandonner les charges retenues contre les personnalités de l’opposition et les activistes ciblés pour leurs opinions politiques ou leur participation à des manifestations pacifiques. Elles devraient également traduire en justice les personnes responsables de détentions illégales et arbitraires, et d’ingérence politique dans le système judiciaire.

Ci – Joint : Dispatch – RD Congo – Activistes seront liberes – 19 aout 2016 – FR