RDC : L’ASADHO appelle à l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les scandales financiers à la BGFI Bank

A en croire l’Association Africaine pour la Défense des droits de l’Homme (ASADHO), les révélations du journal belge Le soir à propos d’une série de malversations financières à laquelle se seraient livrés les proches du président Joseph Kabila, n’est pas une surprise.

« La faillite qu’a connue la BIAC était déjà un signe prévisible de ce cycle de détournement à la tête du pays. Malgré les arguments développés par la Majorité Présidentielle pour justifier la disparition des fonds prévus dans le budget pour les élections, nous savions que ce n était pas vrai. La dénonciation faite par le journal belge ne fait que consolider  nos appréhensions », a déclaré Jean Claude Katende, président de l’ASADHO.

Au journal Le soir, c’est un neveu de Patrice Emery Lumumba, employé de très haut-niveau et chef du département dans une banque de Kinshasa, qui fait ces révélations mettant la famille et les proches du président Joseph Kabila au cœur d’un scandale financier. Le journal belge cite notamment l’un des comptes de la CENI à la BGFIBANK dans lequel était stocké l’argent destiné à financer les élections.

Selon le quotidien belge, ce fond s’est vu régulièrement soustrait sans justification. Le journal révèle également que la banque en question est dirigée par un ami d’enfance du président Joseph Kabila. Il a aussi parlé d’un autre scandale sur le financement d’une société d’importation alimentaire dirigée par Albert Yuma, un autre proche du président Kabila, avant de préciser que ce type de dossier est légion.

Pour sa part, l’ASADHO incite le procureur général de la République d’ouvrir une enquête judiciaire sur ces révélations :

« Le procureur général de la République doit diligenter des enquêtes sur ces malversations financières, révélées par Colette Braeckman du journal le soir et  dans lesquelles les proches du président de la République seraient impliqués. Agir ainsi serait la preuve d’une justice indépendante. Souvent le PGR  ferme les yeux sur ce genre des questions. Il est seulement affectif quand il s’agit des opposants politiques ou militants pro-démocratie. Il est maintenant temps que la justice se mette en mouvement pour éclairer l opinion et mettre la main sur les auteurs de ces malversations financières. Nous le demandons par principe mais nous savons que la justice ne fera rien parce qu’il est question des proches du président de la République »,

SYC

RDC : Une ONG appelle au respect des droits des détenus à Goma

(Goma, le 22 octobre 2016) – La Commission pour le Développement de l’Humanité dans les Grands Lacs (CDH-GL) œuvrant dans le domaine de défense, promotion et protection des droits humains attire l’attention des autorités politico-militaires sur le débordement dont fait montre la Police Nationale Congolaise et les FARDC vis-à-vis des personnes arrêtées. Ces détenus étant victimes d’actes de violation dans les différents cachots de la ville de GOMA, la CDH-GL exhorte les dirigeants d’instruire les commissaires de la Police affectés dans les différents bureaux des quartiers au respect des 12 droits de la personne arrêtée.

Dans un communiqué officiel, la CDH-GL se dit très préoccupée par des conditions déplorables que traversent les personnes arrêtées dans les cachots de la ville de GOMA, encore très graves dans la prison centrale de MUNZENZE où l’accès est refusé aux activistes des droits de l’homme. Pour décrire cette situation alarmante, la CDH-GL évoque quelques exemples :

Dans le cachot du quartier MUGUNGA, en date du 17 septembre 2016, les éléments des FARDC ont torturé un détenu répondant au nom de JEAN DE DIEU KINYONZI jusqu’à ce qu’ils ont favorisé sa mort. Toujours dans ce même cachot, on garde à vie les détenus au-delà de 48 heures.

Dans le cachot du LACS VERTS, 4 détenus rencontrés n’ont pas été informés des motifs de leurs arrestations manu militari au cachot. Face au plaidoyer de l’ONG, l’OPJ a exigé des amendes avant leur libération sans aucune autre explication du motif.

Dans les cachots du cartier NDOSHO, 3 personnes ont été arrêtées pour cause de dettes. Mais selon l’OPJ, elles ont été détenues pour de raison d’enquête.

Dans le cachot de la commune de KARISIMBI, l’enquête de la CDH-GL a révélé que la garde à vue des personnes interpellées va au-delà de 48 heures dans le cachot. Un détenu répondant au nom de KASEREKA BINGI (39 ans) arrêté le 18 octobre 2016 à 16 heures à cause d’une dette de la télévision. Malgré l’insistance de l’avocat, l’OPJ a refusé qu’il entre en contact avec son client.

« La CDH-GL dénonce surtout les détenus des cachots de MUNGUNGA et LACS VERTS n’ont pas le droit de se plaindre pour non respect de leurs droits en vue d’obtenir une justice équitable et une réparation en cas de préjudices causés », note le communiqué.

La charte africaine de droit de l’homme et de peuples, instrument juridique ratifie par la RDC le 20 juillet 1987 précise à ses articles 4 et 5 ce qui suit :

L’article 4 stipule que la personne humaine et inviolable tout être humain à droit au respect à la vie, nul n’est peut-être privé arbitrairement de ses droits.

 L’article 5 insiste sur le faite que tout individu a droit à la dignité humaine, notamment : traite des personnes, la torture physique ou morale et les peines ou traitement cruelles inhumains dégradants sont interdites.

La CDH-GL recommande :

Au Gouvernement provincial d’organiser dans l’urgence le conseil des officiers de la PNC et de FARDC, afin de s’acquérir de la situation alarmante que travers les personnes arrêtées,

A l’inspecteur provincial de la PNC du Nord-Kivu de relever d’urgence de ses fonctions les commissaires non instruits dans les différents bureaux du quartier pour éviter des graves violations de droits de l’homme,

Au procureur général près de la cours d’appel de GOMA de veiller sur l’applicabilité des 12 droits de la personne arrêtée,

Aux partenaires d’appuyer financièrement et matériellement l’organisation, surtout, un appareil numérique, la machine….en vue de bien prester les activités sur terrain avec efficacité. Aussi, devraient – t – ils, accompagner la CDH-GL à faire le suivi de plaidoyer aux autorités,

A la société civile du Nord-Kivu de surveiller d’une manière régulière les conditions des détentions et dénoncer toujours les violations graves des droits de la personne arrêtée.

SYC

RDC : 74,3% des sondés veulent que Kabila quitte le pouvoir à la fin de son mandat (BERCI)

Les Congolais veulent des élections. Une étude d’opinion nationale comme on en voit rarement en République démocratique du Congo, publiée cette semaine, montre que les trois quarts des personnes interrogées veulent que le président Joseph Kabila quitte le pouvoir à la fin de son mandat le 19 décembre.

Depuis la publication de cette étude d’opinion, les responsables de l’institut congolais de sondage qui a aidé à la réaliser affirment que leur bureau a été visité et surveillé par des membres présumés des services de renseignement, ce qui les a contraints à le fermer temporairement pour des raisons de sécurité.

L’étude a été dirigée par le Groupe d’Étude sur le Congo de l’Université de New York et par un institut de sondage congolais, le Bureau d’Études, de Recherches et Consulting International (BERCI). Entre mai et septembre, leurs chercheurs ont effectué 7 545 entretiens en tête-à-tête dans des zones sélectionnées au hasard et réparties dans tout le pays.

Des agents des services de renseignement ont arrêté l’un des chercheurs du BERCI, Rodrigue Bintene Mimbo, le 26 juin, alors qu’il effectuait des recherches depuis deux semaines dans la province de Sankuru, dans le centre du pays. Il a été détenu jusqu’au 9 juillet dans un centre de détention de l’agence nationale de renseignements (ANR) à Lodja, la capitale de la province de Sankuru, puis transféré dans un autre centre de détention de l’ANR, à Kinshasa.

Mimbo est toujours en détention, sans inculpation, et est privé d’accès à sa famille ou à un avocat. Les autorités devraient immédiatement remettre Mimbo en liberté et cesser de harceler les personnes ayant pris part à l’étude d’opinion.

Voici quelques-uns des éléments d’information les plus remarquables recueillis lors du sondage:
• 81,4% des sondés rejettent l’idée d’un amendement de la constitution pour permettre au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.
• 74,3% ont déclaré que Kabila devrait abandonner ses fonctions à l’expiration de son second mandat, le 19 décembre 2016, comme le prévoit la constitution.
• La plupart des sondés souhaitent que des élections se tiennent dans le courant de l’année prochaine. Si les élections doivent être reportées, 41% ont déclaré qu’elles devraient avoir lieu en 2017, tandis que 13,7% se prononçaient pour 2018 ou pour une date ultérieure.
• 7,6% ont déclaré qu’ils avaient participé à un défilé de protestation, à une grève ou à une manifestation au cours des cinq dernières années. 48,5% ont affirmé qu’ils participeraient à une manifestation si les élections sont soit truquées, soit retardées, soit les deux à la fois.
• 57% ont déclaré que des membres d’organisations de jeunes, qui ont été arrêtés à Kinshasa et à Goma pour avoir organisé ou pris part à des actes de protestation, à des manifestations ou à des opérations « villes mortes » contre le gouvernement, n’avaient fait qu’« exercer leur droit aux libertés d’expression et de réunion. » 16% ont estimé que ce genre d’activité devrait cesser.
• 19,9% des personnes interrogées ont estimé que le système judiciaire de la RD Congo est indépendant et 27,2% ont affirmé qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille avaient été victimes d’une arrestation arbitraire.
• 76,4% se sont déclarés en faveur de la création d’un tribunal congolais qui serait chargé de juger les auteurs de crimes de guerre. Parmi eux, 71,4% se sont dits favorables à ce que des juges étrangers siègent au sein de ce tribunal.

Ida Sawyer
Chercheuse senior sur la RD Congo

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* Titre : Syc