RDC : Le Sommet de Luanda devra exiger au pouvoir le respect de la Constitution et la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU

(Kinshasa, le 24 octobre 2016) – La Coalition de 33 ONG pour le respect de la Constitution (CRC) appelle les Chefs d’Etat et de Gouvernement ainsi que les représentants des Organisations régionales et internationales qui vont se réunir au sommet de Luanda en Angola, pour discuter de la crise en République Démocratique du Congo (RDC) d’exiger la tenue de l’élection présidentielle conformément à la Constitution et la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations.

La Coalition de 33 ONG condamne les déclarations faites par certains représentants des Etats membres de la SADC, soutenant ouvertement l’accord politique issu du dialogue facilité par M. Edem Kodjo qui vise à prolonger le mandat du Président Joseph Kabila après le 19 décembre 2016, en violation des articles 70, 73, 75, 76 et 220 de la Constitution, et notamment les points 9 et 10 de la résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Le dialogue facilité par M. Edem Kodjo n’a pas été inclusif et n’a pas permis à la RDC de résoudre la crise politique né du refus du Gouvernement et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) d’organiser les élections, principalement présidentielle, dans les délais constitutionnels. Il a tout simplement permis au Gouvernement de gagner du temps et d’amplifier la crise.

Le Sommet de Luanda devra mentionner la nécessité de poursuivre des efforts politiques et diplomatiques afin de permettre l’organisation d’un autre forum national, devant comprendre le Gouvernement et sa majorité élargie à ceux qui ont participé au dialogue facilité par M. Edem Kodjo et le Rassemblement des forces politiques et sociales ainsi que la Commission Episcopale Nationale du Congo (CENCO),  et ce avant le 19 décembre 2016.

La Coalition de 33 ONG recommandent aussi au Sommet de Luanda de condamner la répression de l’exercice des libertés publiques et plus particulièrement les violations graves des droits de l’homme commises par les forces de sécurité à Kinshasa les 19 et 20 septembre 2016, et soutenir une enquête internationale afin d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices et  qu’ils soient poursuivis en justice.

Elle recommande aux Participants au Somme de Luanda d’exiger du Gouvernement de la RDC la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion pour décrisper le climat politique et recréer la confiance entre les acteurs politiques.

SYC

RDC : Six nouvelles arrestations des militants Lucha à Goma ce lundi 24 octobre 2016

Six militants de la LUCHA ont été arrêtés ce matin autour de 11h00 locales à Goma au niveau de l’Institut Supérieur de Commerce. Il s’agit de : Glody Ntambwe, Faustin Dunia, Muhindo Jacques, Guillaume Muyisa, Simon Mukenge et Espoir Ngalukiye.

Selon un communiqué de la LUCHA, ils sensibilisaient la population sur les grandes manifestations de ces mercredi 26 et jeudi 27 octobre 2016 à Goma et partout ailleurs dans le pays, à l’appel de plus de 170 mouvements citoyens et organisations de la société civile congolaise, en vue de dénoncer le coup d’État constitutionnel consacré par l’accord politique du 18 octobre dernier à Kinshasa, avec la complicité soutenue de l’Union Africaine, de la SADC, de la CIRGL, et, dans une certaine mesure, des Nations-Unies.

« Ils distribuaient les messages imprimés dont une copie est annexé au présent email. Nous y joignons également la feuille de route signée la semaine dernière par 173 organisations et mouvements de la société civile, y compris la Lucha, et dans laquelle cette action était annoncée, pour coïncider avec le sommet de Luanda sur la RDC », confirme la LUCHA.

Et de poursuivre : « Nos six camarades ont été emmenés manu-militari au cachot du P2 (police des renseignements) où ils sont actuellement détenus dans des conditions exécrables ». 

La LUCHA affirme avoir lancé un appel sur les réseaux sociaux pour demander aux citoyens de se mobiliser de la manière suivante : « Appeler ou envoyer le SMS suivant : Je dénonce l’arrestation injustifiée des militants de la Lucha à l’ISC/Goma ce matin et exige leur libération immédiate. Vous serez tenu responsable de ce qui pourrait leur arriver” au commissaire provincial de la PNC Vital Awashango (+243 99 99 52 617) et/ou au Maire de Goma Dieudonné Malere (+243 81 53 07 230) ».

Pour la LUCHA, la mobilisation de ce mercredi 26 et jeudi 27 octobre est tellement cruciale parce qu’elle doit permettre d’envoyer un message fort à Luanda pour dire aux participants à ce sommet que le Peuple congolais tient à avoir l’alternance au pouvoir le 19 décembre 2016 conformément à la constitution, et que personne ne va arrêter la souveraine volonté du Peuple congolais, même pas l’Union Africaine, la SADC, la CIRGL ou l’ONU !

« Nous trouvons absolument irresponsable et méprisant pour la communauté internationale de soutenir un accord signé par une poignée d’individus sans aucune légitimité, et qui viole à la fois la constitution de ce pays, les principes de base de la démocratie, et même les résolutions du Conseil de sécurité. Bien plus, c’est un mépris pour la mémoire de centaines de congolais morts en défendant leur constitution et l’alternance politique, alors que les mêmes Nations-Unies publient un rapport sur les manifestations des 19 et 20 septembre derniers, et que le Secrétaire Général de l’ONU n’a pas caché sa crainte d’une crise violente grave en RDC. Quelle contradiction ! », indique le Communiqué.

Pour ceux qui le peuvent ou ceux dont c’est le mandat, la LUCHA les exhorte de contacter les autorités congolaises pour exiger la libération immédiate et sans condition de ces 6 militants, et la fin de ces actes de violation des libertés fondamentales.

« Nous demandons aux Nations-Unies/Monusco, Etats-Unis, Union Européenne, France, Grande Bretagne, Belgique, Canada, Suède, Norvège, et les autres Nations démocratiques amies de la RDC, de ne pas prendre le risque de se discréditer et de se mettre à dos la population congolaise, en soutenant un arrangement politique ridicule. Que le soutien à cette forfaiture vienne de l’Union africaine et des dictatures de la sous-région, cela n’a rien de très étonnant : on n’attendait pas mieux de leur part, et ce ne sont pas eux qui ont tant investi dans les efforts de stabilisation et de démocratisation de ce pays… Ne commettez pas encore l’erreur de vous ranger du mauvais côté de l’histoire douloureuse du Congo », rapporte le communiqué.

Après que notre solution pour tenir la présidentielle dans les délais ait été négligée, la LUCHA avec 172 autres organisations, a proposé un autre plan post-19 décembre 2016, qui permet de préserver un tant soit peu l’ordre constitutionnel et d’éviter ainsi que le peuple se prenne en charge au nom de l’article 64, avec un risque évident de violences à grande échelle que personne ne pourra hélas contrôler.

« Soutenez cette position et aidez la RDC à la mettre en œuvre ! Le sommet de Luanda peut permettre d’éteindre l’incendie…ou l’attiser plus qu’il ne l’est déjà : la “communauté internationale” est plus que jamais devant ses responsabilités », a conclu la LUCHA.

 SYC

RDC : 19 décembre 2016, voici la feuille de route des Organisations de la société civile !

Dans un communiqué conjoint signé ce 21 octobre 2016, les mouvements citoyens organisations de la société civile actives aux quatre coins du Congo et dans tous les domaines, proposent et soutiennent ce qui suit :

« Au plus tard le 19 décembre 2016 à minuit, le Président de la République Joseph Kabila doit quitter ses fonctions, puisqu’il aura accompli ses deux mandats successifs, conformément à la constitution dont il est le garant, et qu’il est le premier responsable de la non-tenue dans les délais de l’élection de son successeur. Le Président de la République n’a ni le droit, ni la légitimité de tirer quelque avantage que ce soit de l’impasse intentionnellement planifiée et exécutée pour aboutir à la situation actuelle ».

« La vacance doit être constatée et le Président du Sénat assume l’intérim de la fonction de Président de la République conformément aux dispositions des articles 75 et 76 de la Constitution ».

Toutefois, au vu de la crise créée par la non-organisation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, la faible légitimité des Institutions à cette date ainsi que la résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, un forum inclusif est immédiatement convoqué par ce dernier avec pour objectifs :

  1. Un consensus sur les questions électorales notamment :
  • La validation d’un calendrier électoral global prévoyant l’organisation en priorité de l’élection présidentielle couplée aux législatives nationales dans les limites de l’année 2017 ;
  • La réorganisation de l’équipe dirigeante de la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI), dont la responsabilité dans la non-convocation du scrutin de l’élection présidentiel 90 jours avant la fin du mandat de l’actuel Président est pleinement engagée, et autres structures d’appui au processus électoral ;
  1. La gestion de la période précédant les élections présidentielles et législatives.

A condition que le Président de la République s’engage solennellement à rendre le pouvoir le 19 décembre 2016 conformément à la Constitution, des garanties devront être consenties à son égard et à l’égard de ses proches dans le respect internationaux pertinents, de la Constitution et des lois de la République.

« Pour faciliter la mise en œuvre de ces propositions, nous sollicitons l’implication des organisations sous- régionales et de la communauté internationale, plus particulièrement du Conseil de Sécurité de Nations Unies afin que ce dernier vote dans les plus brefs délais, et dans tous les cas de figures avant le 19 décembre 2016, une résolution allant dans ce sens », rapporte la position commune.

Les organisations signataires de la présente position commune se tiennent disposées à y apporter leur contribution. Nous encourageons par ailleurs la communauté internationale à poursuivre les sanctions ciblées contre les auteurs des violations des droits de l’Homme.

Afin de rejeter les conclusions du dialogue de la Cité de l’OUA, et de rappeler la détermination de notre peuple à avoir l’alternance au pouvoir suivant le schéma proposé dans la présente position commune, nous appelons le peuple Congolais à s’exprimer pacifiquement sur l’ensemble du pays les mercredi 26 et jeudi 27 octobre 2016.

« Pendant ces deux jours, il y aura un sit-in devant le siège de l’Union Africaine à Kinshasa ainsi que devant les Assemblées Provinciales sur toute l’étendue de la République. Les autres modalités de ces actions pacifiques seront communiquées ultérieurement, en même temps que le plan d’actions citoyennes pour l’application de la présente feuille de route », indique le communiqué conjoint.

Pour conclure, la détermination populaire à protéger par tous les moyens sa constitution comporte bien d’inconnus. Mais si c’est l’unique choix qu’on laisse à ce peuple martyrisé, appauvri et méprisé, pour obtenir le changement qu’il désire ardemment, qui aura l’audace de le juger ? Chacun doit assumer ses responsabilités. Personne ne pourra prétendre n’avoir rien vu venir.

Ci – joint :

La déclaration intitulée : R.D.CONGO POST-19 DECEMBRE 2016 : ENTRE LA PRESERVATION DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL ET L’APPLICATION DE L’ARTICLE 64, IL FAUT CHOISIR !