RDC : Accord politique autour de la CENCO, l’IRDH exige l’égalité de tous devant la loi « Gédéon Kyungu ou Moïse Katumbi »

« Il est incompréhensible que l’accord ne fasse pas allusion aux poursuites contre des dirigeants politiques véreux, sanctionnés par l’Union Européenne et les Etats Unis, pour leur rôle cynique avéré ou leur participation active dans la violation de la Constitution ; ni analyser des cas des criminels dangereux, à l’instar de Gédéon Kyungu Mutanga, reconnu coupable des crimes contre l’humanité par une juridiction compétente, légitime et constitutionnellement établi », rapporte l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH)

Mais que ledit accord instaure une Commission des hauts magistrats, afin d’étudier les dossiers des leaders politiques, victimes d’un exile forcé, à l’Instar de Moïse Katumbi Chapwe, ou faits prisonniers, à cause de leurs opinions politiques, comme le Bâtonnier Jean-Claude Muyambo Kyassa et l’Honorable Diomi Ndongala,

L’IRDH estime que :

(i) ledit accord devrait trancher sur les cas des leaders politiques emblématiques, en autorisant le retour au pays des victimes d’un exile forcé et la libération des prisonniers politiques et d’opinion.

(ii) la « Commission des Hauts magistrats » instauré par l’accord politique devrait étudier – 1- comment sanctionner les politiciens véreux qui ont violé la Constitution, pour qu’ils ne boquent pas le processus de transition mis en place, et – 2- les conditions de libération de Gédéon Kyungu Mutanga reconnu coupable des crimes contre l’humanité, afin de le remettre en prison et l’empêcher de reprendre les crimes de masses.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), à son article 21, reconnait que la volonté du peuple est le seul fondement de l’autorité des pouvoirs publics et celle-ci s’exprime par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret. Et à son article 7, la DUDH garantit à tous l’égalité devant la loi et le droit sans distinction à une égale protection de la loi.

« Félicitant la la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) de l’accord politique entre les forces politiques de la RDC qui permette de gérer pacifiquement le pays vers la sortie de la crise politique, l’IRDH en appelle à toutes les organisations de la société civile et les mouvements citoyens (Filimbi – LUCHA – Compte à rebours – Quatrième voie – Na Mozindo Ya Kinshasa – Bye Bye Kabila – Il est Temps RDC et Nouvelle Elite Congolaise) d’imaginer des nouvelles stratégies de pression sur les politiciens, afin qu’ils respectent la volonté populaire, notamment qu’ils n’empêchent pas de nouveau la tenue des élections avant décembre 2017, la libération des prisonniers politiques et l’emprisonnement des auteurs des crimes contre l’humanité », précise – t – il.

Pour rappel, il ressort de l’accord deux points importants : (i) la fin de la gestion de l’Etat de facto, une solution du retour à la Constitution et la légitimation de l’institution Président de la République; et, (ii) la promesse que le peuple congolais procédera à la désignation du dirigeant de son choix, avant décembre 2017, sans perturbation de la transition par un changement de la Constitution ni un troisième mandat éventuel du Président Kabila.

SYC

RDC : « Compte à Rebours » dénonce l’enlèvement de ses trois membres et autres activistes à Kinshasa

(Kinshasa, le 29 décembre 2016) – Le Compte à Rebours (C.A.R en sigle) est profondément affligé par la disparition de son Coordonnateur Maître Chris SHEMATSI, ses collaborateurs Samuel BOSASELE et John NGANDU ainsi que d’autres activistes dont Carbone BENI, membre actif du collectif FILIMBI, tous enlevés le 13 décembre à 12h00, devant le Centre Interdiocésain de Kinshasa.

Dans un communiqué officiel, il exige la lumière sur cette affaire et condamne farouchement ce rapt au moment où toutes les forces politiques du pays discutent autour d’une table sur les questions vitales de la Nation ;  particulièrement l’aération de la sphère politique.

« Le CAR invite les auteurs de cet acte infâme, au respect de la Constitution Congolaise et des dispositions internationales de Droits de l’Homme qui garantissent le respect des droits fondamentaux, des libertés individuelles et collectives. Cette période doit être une opportunité pour le pouvoir congolais d’ouvrer pour la paix et la concorde nationale en libérant ces compatriotes détenus injustement », indique le communiqué.

Par ailleurs, le CAR remercie fraternellement, le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA pour sa particulière attention et son soutien indéfectible à la cause noble défendue par les mouvements citoyens.

Selon la Coordonnatrice adjointe, Merveille H-Gozo, le CAR appelle la population à une vigilance accrue face à l’asservissement auquel elle fait  face et réitère son engagement à tous ceux qui œuvrent pour la démocratie et le développement en République Démocratique du Congo.

SYC     

RDC : Deux ONGDH dénoncent la détention illégale et le traitement inhumain d’un avocat à l’ANR Lubumbashi

(Lubumbashi, le 24  décembre  2016) – Le  Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire CDH en sigle et JUSTICIA Asbl, deux organisations de promotion et protection des droits humains basées à Lubumbashi en République Démocratique, sont vivement  préoccupées par l’enlèvement, la détention illégale, et le traitement  inhumain et dégradant de Maitre MASONGO KIBOMBO, Avocat au Barreau de Lubumbashi.

En effet,  le 21  décembre 2016,  Maitre  MASENGO KIBOMBO   fut enlevé de  son domicile  comme un vulgaire monsieur , par les agents  de l’Agence Nationale de renseignement, ANR  en sigle  au motif  qu’il serait impliqué dans des troubles de MATIPISHA et qu’il détiendrait plus  de cinq millions de francs Congolais pour cette opération.

« Nous apprenons d’autres sources qu’un montage proviendrait du Parquet général qui le soupçonnerait d’avoir facilité la fuite de Madame RAMAZANI, juge au tribunal de paix Kamalondo ville dans l’affaire opposant le Ministère public contre Monsieur Moise KATUMBI CHAPWE », indique le Communiqué.

Le Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire(CDH) et JUSTICIA Asbl déplorent cet enlèvement, arrestation et détention arbitraire d’un avocat par les agents de l’ANR, sans avoir obtenu préalablement informé le Procureur Général près la Cour d’Appel de Lubumbashi, ni  le Conseil de l’Ordre ni même Madame le Bâtonnier du Barreau de Lubumbashi.

« Les organisations signataires dénoncent  cet enlèvement, et toues les violations des règles de procédure qui s’en sont suivie, notamment le fait que des personnes arrêtées à l’ANR ne jouissent pas de leur droit de se faire assister par leur conseil et se font auditionner sur base des tortures et pressions morales intenses en violation de la constitution [1] et des lois de procédure pour un procès juste et équitable », précisent les deux ONGDH.

Par ailleurs, le CDH et JUSTICIA Asbl exigent la libération immédiate et sans condition de Maitre MASENGO ainsi que la cessation de toute tracasserie judiciaire contre les avocats pour des motifs farfelus et elles demandent aux avocats de Lubumbashi de tout mettre en œuvre pour faire cesser ces actes d’arrestation de leurs pairs qui ternissent l’image de prestige du barreau.

Pour rappel, l’article 19 de la constitution stipule : « toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d’un défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure pénale, y compris l’enquête policière et l’instruction préjuridictionnelle. Elle peut se faire assister également devant les services de sécurité ».

SYC