RDC : Amnesty International dénonce la détention au secret d’un militant de la LUCHA

Musasa Tshibanda, militant d’un mouvement de jeunes, est maintenu en détention au secret depuis la libération, le 27 décembre, de Gloria Senga, militante du même mouvement. Amnesty International considère Musasa Tshibanda comme un prisonnier d’opinion et demande sa libération immédiate et sans condition.

Selon cette organisation, les autorités n’ont donné aucune explication pour justifier l’arrestation et la détention de Gloria Senga.

Dans la soirée du 16 décembre 2016, Gloria Senga et Musasa Tshibanda, deux membres d’un mouvement de jeunes, avaient rejoint un autre militant dans un restaurant à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Ils s’étaient ensuite séparés. Gloria Senga et Musasa Tshibanda n’avaient plus été revus par la suite.

Gloria Senga et Musasa Tshibanda ont été détenus au camp Tshatshi, un centre de détention de l’armée situé à Kinshasa, après avoir été arrêtés le 16 décembre. Le 26 décembre, les deux militants ont été transférés dans un centre de détention de l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Gloria Senga a été libérée le 27 décembre. Musasa Tshibanda est maintenu en détention au secret.

Les deux militants sont membres de la LUCHA, un mouvement de jeunes qui a appelé énergiquement le président Joseph Kabila à quitter ses fonctions le 19 décembre, dernier jour de son deuxième et, en vertu de la Constitution, dernier mandat. Plusieurs jeunes militants ont été la cible d’arrestations arbitraires et de détentions au secret à l’approche de manifestations ou d’interventions organisées pour demander au président de se retirer.

Amnesty International a initié une action de plaidoyer en faveur de ce jeune de la LUCHA en appelant le plus vite possible les destinataires mentionnés ci-après (en français ou dans votre propre langue) :

 demandez instamment aux autorités de libérer Musasa Tshibanda immédiatement et sans condition, car il s’agit d’un prisonnier d’opinion, qui n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression ;

 priez les autorités de faire le nécessaire pour que Musasa Tshibanda puisse consulter son avocat et communiquer avec sa famille dans les meilleurs délais ; 

 engagez les autorités à veiller à ce que Musasa Tshibanda ne soit pas soumis à des actes de torture ni à d’autres formes de mauvais traitements. 

 Ci – Joint : L’Alerte d’Amnesty International

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 FÉVRIER 2017 À :

1. Ministre de la Justice Alexis Tambwe Mwamba Ministère de la Justice 228 Avenue de Lemera BP 3137  Kinshasa-Gombe RDC. Courriel : minjustdh@gmail.com. Formule d’appel : Honourable Minister, / Monsieur le Ministre,

2. Ministre des droits humains Marie-Ange Mushobekwa Ministère des droits humains Place Royale Kinshasa-Gombe RDC. Courriel : mushobekwa.likulia@gmail.com. Formule d’appel : Honourable Minister, / Madame la Ministre,

RDC : La VSV exige des poursuites pour des actes de torture sur Frank Diongo

La Voix des Sans voix (VSV), Ong de défense des droits de l’homme en Rdc, exige des poursuites judiciaires contre les auteurs des actes de tortures physiques sur le député Franck Diongo, y compris une dizaine de militants de son parti le MLP. Cet appel a été lancé au cours d’une rencontre avec la presse vendredi 13 janvier dernier.

Selon Dolly Ibefo Ndwenga, la VSV rappelle les sévices corporels, subis par Franck Diongo ainsi que quinze sympathisants de son parti au camp-Tshatshi après son arrestation le 19 décembre. Elle dénonce le fait que les militaires auteurs présumés desdits actes ne soient pas du tout inquiétés par la Justice militaire.

Aussi, la VSV sollicite-t-elle au gouvernent d’ordonner, toutes affaires cessantes au Parquet militaire d’enclencher des poursuites pénales contre tous les supposés auteurs de ces actes de tortures sur la personne du député Franck Diongo et ses partisans en détention préventive à ce jour.

La VSV aimerait qu’on lui explique le fait que la loi a été appliquée avec célérité, dans une procédure expresse contre Franck Diongo Shamba condamné à 5 ans de prison ferme à la Cour suprême de justice pour avoir fait passer à tabac trois soldats de la Garde présidentielle (GR) et non à ceux qui ont infligé ce que cette Ongdh considère comme des traitements cruels, inhumains ainsi que des atteintes graves à l’intégrité physique d’un député national et de ses sympathisants.

L’Ongdh estime que quels que soient les faits reprochés à Franck Diongo Shamba, les militaires n’avaient pas le droit de se faire justice avant même la saisine de la Cour suprême de justice intervenue plus tard. C’est ici que la VSV appelle à l’arrestation immédiate de tous les militaires et policiers impliqués dans cette affaire. D’autant que les signes de tortures étaient constatés devant la Cour suprême de justice.

Pour sa part, l’avocat du Député a évoqué un Instrument juridique international, à savoir la « Convention internationale sur la Torture » ratifiée par la RDC pour préciser que la Cour suprême de justice devait décréter la nullité de la procédure dès lors qu’elle a constaté des actes de tortures subies par le prévenu.

« En ne le faisant pas, elle a violé les principes des droits de l’homme et la Convention internationale sur la torture », a renchéri Me Nico Mayengele. Toutefois, le Collectif des Avocats du député Franck Diongo Shamba envisage de saisir les instances internationales.

SYC

Ida Sawyer de HRW annonce son retour en RDC après six mois d’absence

(Kinshasa, le 18 janvier 2017) – Depuis son compte Twitter, la Directrice Afrique Centrale de Human Rights Watch, Ida Saywer annonce son retour en République Démocratique du Congo après 6 mois d’absence au pays. A cause de l’annulation controversée de son visa de séjour congolais par les autorités congolaises. Ci – dessous, son message:

Depuis janvier 2008, Ida Sawyer a vécu et travaillé pour Human Rights Watch en RDC. Elle a effectué des recherches et accompli un travail de plaidoyer concernant un large éventail de violations des droits humains commises par le gouvernement et par des groupes armés non étatiques comme le M23 et l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA).

http://www.sautiyacongo.org/rdc-affaire-ida-sawyer-human-rights-watch-devoile-la-manoeuvre-du-gouvernement/

Pour rappel, le 8 août 2016, les autorités de l’immigration avaient informé Ida Sawyer que sa demande était refusée et qu’elle devait quitter le pays dans les 48 heures. Aucune raison pour le refus de lui accorder un nouveau permis n’a été fournie. Ida Sawyer quittera la RD Congo dans les délais qui lui ont été impartis.

Réagissant à cette décision, Human Rights Watch avait invité le gouvernement congolais à travailler sérieusement sur l’amélioration des droits humains en permettant aux défenseurs des droits humains congolais et internationaux, dont Ida Sawyer, de continuer leur travail crucial.

SYC