RDC : Après la capture du Chef Mai-Mai «Corps du Christ» à Butembo, le GADHOP plaide pour la neutralisation des groupes armés actifs

(Butembo le 21 Février 2017) – Le Réseau GADHOP salue l’arrestation de Monsieur David Maranata à Butembo. Ce chef Mai-Mai du mouvement « Corps du Christ » a été appréhendé par les services de sécurité le mardi 7 février 2017 à 20 heures en ville de Butembo en compagnie de ses trois acolytes dont l’un se nomme Mugheni. Selon des sources de l’ONG, David Maranata venait de faire alliance avec Bwambale Kakolele récemment autoproclamé aussi chef du « Corps du Christ » et pourtant connu comme général des Forces Armés de la République Démocratiques du Congo.

« Le GADHOP prend acte de la déclaration du Gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku qui s’est félicité de cette arrestation, estimant qu’elle devrait dissuader les agissements de ce mouvement et permettre aux autorités de recueillir les renseignements nécessaires sur la filière et les sources de financement de Mai-Mai Corps du Christ. Le GADHOP émet le souhait de voir les autres chefs de ce mouvement être arrêtés et déférés tous devant la justice afin de répondre de leurs actes », rapporte le communiqué officiel.

 Face à cette situation déplorable, le GADHOP recommande :

Aux autorités de sécurité, de renforcer les recherches pour démanteler tous les réseaux des groupes armés cachés et de les mettre à la disposition de la justice.

Aux autorités judiciaires (civiles et militaires), de rendre justice à chacun selon ses fautes et de diligenter une enquête urgente sur la mort de ces victimes de la roquette du Complexe Scolaire Mwamba afin de connaître la vraie identité des auteurs du crime, de les juger et les sanctionner ;

A la population des territoires de Beni et Lubero, de rester vigilante et d’alerter tout mouvement suspect sur des personnes alliées au Corps du Christ

Pour rappel, des accrochages entre FARDC face à ces miliciens Mai Mai « Corps du Christ » ont été à la base d’importants dégâts humains et matériels à Butembo. Le GADHOP avait en son temps déploré la mort de quatre personnes dont deux enseignants et leurs deux élèves filles survenue le samedi 15 octobre 2016 au Quartier Mutiri. Il s’agit notamment de : KAMBALE SIWAKO (38 ans), Katembo KAGHOMA Achilles (49 ans), KAVIRA VUSOKE Germaine (15 ans), KAVIRA TASI Lucie (18 ans).

Dans la foulée, deux autres enseignants et huit élèves ont été blessés à la suite d’’une roquette qui a fini sa course sur le Complexe Scolaire Mwamba en Commune Bulengera.

SYC

RDC : La CENI devrait assurer un suivi rigoureux des opérations d’identification des électeurs au Sud-Kivu

(Bukavu, le 17 février 2017) – L’Association des Femmes des Médias (AFEM) appelle la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) à assurer un suivi rigoureux du travail et des mouvements effectués dans différents centres d’enrôlement à travers la province du Sud Kivu. Depuis le lancement des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en décembre 2016, les observateurs de cette ONG constatent que certains centres des différentes contrées n’ont, jusque-là, pas été ouverts alors que ces opérations tendent vers leur fin.

Dans un communiqué officiel, l’AFEM identifie quelques raisons qui concourent à cette situation, à savoir :

  1. L’inaccessibilité des sites suite à l’insécurité occasionée par la présence des groupes armés, le manque d’infrastructures des transports, la disponibilité tardive des ressources financières et humaines pour l’acheminement des kits électoraux et des longues distances à parcourir pour atteindre les sites d’enrôlement ;
  2. Le faible taux de participation des femmes car le poids de la famille pèse sur la femme ;
  3. Le faible effectif des policiers pour sécuriser les centres d’enrôlement ;
  4. L’insuffisance des moyens logistiques alloués aux agents de police affectés au maintien de l’ordre dans des centres d’enrôlement (campement, moyens de communication, ration, etc.
  5. Les cas de vol signalés dans certains centres :

                À Kalehe : Vol de la batterie

               À Walungu : Vol du générateur

  1. Le problème lié à la cartographie : Ce problème se pose avec acuité car certains sites à forte agglomération comptent moins des centres d’enrôlement que d’autres à faible agglomération qui en comptent plus. Ce qui fait que les requérants doivent marcher à des grandes distances pour atteindre les centres d’enrôlement. C’est le cas de Nzibira qui a une grande population mais n’a aucun centre d’inscription, la population se déplace à 7 km vers un centre d’enrôlement situé à Nyamarege.
  2. La panne de certains kits électoraux
  3. Le manque d’intérêt pour certaines personnes à se faire enrôler, d’autres le font seulement pour l’obtention de la carte d’électeur pour des facilités à voyager. C’est pourquoi, beaucoup de personnes se déplacent et se font enrôler dans des centres et à coté des frontières pour des facilités à traverser les frontières. L’ignorance de l’importance de participer à cette révision du fichier électoral en prélude des scrutins se fait remarquer.
  4. Le double voire le triple enrôlement de certains électeurs en complicité avec certains agents de la CENI.
  5. Le faible niveau de collaboration entre les chefs d’antennes de la CENI et les autorités territoriales.

« L’Association des Femmes des Médias déplore des cas de décès, abus et violations des droits de l’homme qui ont été enregistrés dans quelques centres d’enrôlement. C’est le cas d’un policier tué et un autre blessé lors d’une attaque par des hommes en armes dans un centre d’enrôlement situé à Kalehe-centre. Et dénonce, au regard des témoignages recueillis, des cas de monnayage des jetons d’enrôlement, mieux encore, des cartes d’électeurs sont répétitifs dans la ville de Bukavu et dans les territoires. Il suffirait de payer entre mille et trois mille francs congolais aux chefs des centres pour avoir accès à la salle d’enrôlement, au détriment des femmes enceintes qui, pourtant, devraient prioritairement bénéficier de cette faveur de la CENI », indique le communiqué de l’AFM.

Face à cette situation, l’association des Femmes des Médias formule les recommandations suivantes:

À la Police Nationale Congolaise de sécuriser davantage les centres d’enrôlements en vue d’éviter tous les cas de vol et de tuerie dans les centres d’enrôlement ;

À la CENI d’assurer rigoureusement un suivi adéquat du travail et des mouvements effectués dans différents centres d’enrôlement au Sud Kivu et, de remettre à l’ordre et mettre en garde ses agents qui permettent la fraude au sein des centres d’enrôlement lorsqu’une personne se fait enrôler doublement dans différents centres ;

Quant à la faible participation des femmes au processus d’enrôlement, elle demande à la CENI de prendre des mesures pour améliorer cette situation à travers la société civile, notamment par des sensibilisations sous diverses formes.

SYC

RDC : Restaurer la paix dans le Kasaï-Central exige un dialogue constructif entre pouvoir et famille du Chef Kamuina Nsapu

(Kananga, le 15 février 2017) – L’Arche de l’Alliance appelle les autorités tant du pouvoir central que provincial à ouvrir un dialogue constructif avec la famille du Chef Kamuina Nsapu afin de parvenir à restaurer la paix civile menacée depuis six mois par la dégradation de la situation sécuritaire à travers les provinces du Kasaï en partant des territoires de Dibaya et Luiza ainsi que la Ville de Kananga.

L’Arche de l’Alliance déplore la mauvaise gestion de cette crise par le pouvoir public qui s’illustre par le recours à l’usage disproportionné d’armes létales et la répression inquiétante de ces présumés milices plutôt que chercher à comprendre les motivations de leurs revendications.

Alors que le mois de janvier 2017 s’est clôturé par un bain de sang sur la ville de Kananga causé par des affrontements entre les éléments attribués à la milice du Chef Kamuina Nsapu et les forces de l’ordre, les observateurs de l’Arche de l’Alliance constatent que ces violences se sont poursuivies dans différents endroits à la première quinzaine du mois de février en cours. À titre illustratif :

  • Du 04 au 06 février 2017, le secteur de Bambayi dans le territoire de Luiza au Kasaï-Central a compté plus de 70 cas de décès à la suite d’une incursion de ces présumés miliciens et leur affrontement avec les forces de l’ordre. Au passage, un Préfet de l’Institut Ngueji (étant une Personne Vivant avec Handicap) à été décapité par cette milice qui l’a soupçonné traitrise en informant la police de leur présence dans ce secteur ;
  • Le 06 février 2017, la forte présence de militaires signalée à Tshimbulu a été à la base d’une psychose généralisée de la population. Comme si cela ne suffisait pas, des sources locales ont rapporté des exécutions nocturnes de plusieurs personnes à l’arme lourde et lance-roquette. Des estimations vont jusqu’à 98 personnes tuées et une dizaine de blessés par balles et à la machette dont la plupart est constituée de présumés miliciens.
  • Lundi 13 février 2017, la ville de Kananga a connu une nouvelle attaque dans la commune de la Nganza, reconnue comme étant le fief de miliciens. Une famille accusée à la Cour Royale des miliciens dite « Tshiota » dans le un conflit parcellaire et ayant refusée de comparaitre a fait appel aux forces de l’ordre pour intervenir. Celles-ci ont ouvert le feu semant ainsi la panique et paralysant toutes les activités. Deux jeunes garçons ont trouvé la mort dont un élève et deux autres personnes ont été grièvement blessées par balles. L’opération de ratissage nocturne menée par les FARDC a virée à une série d’exécutions des habitants de cette commune. Si la population a vécu plusieurs cadavres, elle affirme qu’une jeep de militaires ramassait tous le corps dans l’objectif d’effacer les traces. Des sources parlent de 71 morts composés en majeure partie de présumés miliciens. Le gouvernement provincial a, lui, parlé d’une trentaine de décès.

Face à cette situation, l’Arche de l’Alliance recommande :

Aux autorités politico-administratives tant du pouvoir central que provincial d’aménager les conditions de résolution pacifique du conflit en ouvrant un dialogue constructif avec la famille de feu le Chef Kamuina Nsapu élargie aux ténors de cette présumée milice afin de restaurer la paix mise en mal dans cette partie du pays ;

Aux forces de sécurité, de s’interdire l’usage excessif des armes à feu contre les civiles à mains nues et/ou aux armes blanches et de ne pas profiter cette situation pour commettre des abus tels que déplorés ci-haut ;

A la justice militaire, d’initier une enquête mixte et indépendante afin d’identifier les militaires et policiers qui se seraient compromis en tuant des paisibles citoyens dans ces opérations d’interventions et/ou de ratissage.

Aux présumés miliciens Kamuina Nsapu, de s’interdire toute expression de leurs revendications par la violence sur la population et de contribuer activement à la résolution de ce conflit qui continue à faire tourner la machine de la mort.

Arche de l’Alliance est une Association de promotion de la paix, de défense des droits de la personne humaine et de développement communautaire en République Démocratique du Congo.


SYC