RDC : SOS FED appelle à sécurisation les défenseurs des droits de l’Homme de Fizi et Uvira en dangers

(Fizi, le 21 février 2017) – Plusieurs défit sont à relever afin de renforcer les mécanismes de protection du travail et de la sécurité des défenseurs de des droits de l’homme dans les territoires de Fizi et Uvira dans la province du Sud-Kivu où il existe une vingtaine des groupes armés tant nationaux qu’étrangers encore en activité, alerte le Communiqué officiel de SOS Femmes et Enfants en Détresse (SOS FED).

Selon cette ONGDH, l’activisme de ces groupes armés est un facteur de vulnérabilité des militants des droits de l’Homme dans ces deux territoires. Certains d’entre eux ont été victime des interpellations, des menaces et intimidations, arrestations arbitraires et de détention illégale ainsi que des actes de torture de la part de certains membres de ces groupes armés. Parmi les femmes activistes des droits humains, certaines ont été violées dans ce contexte. D’où le premier grand défi d’ordre sécuritaire qui devrait en principe être relevé par les gouvernements national et provincial, en collaboration avec les forces armées de la RDC.

SOS FED évoque quelques des victimes :

  • Dimanche le 11 décembre 2016, vers 16h30, un véhicule de l’ONG War Child Hollande en provenance d’Uvira vers Baraka est tombé dans une embuscade tendue par quatre hommes munis d’armes blanches (machettes, couteaux, et batons). D’après des sources de SOS FED, l’incident a eu lieu dans la localité d’Ilila proche de Mboko en territoire de Fizi, sur la RN5, axe Uvira – Baraka. Les assaillants ont ravi tous les biens de valeur des passagers jusqu’aux souliers qu’ils portaient. Il s’est agit du cinquième incident contre les humanitaires sur cet axe depuis le début de cette année.
  • Mardi le 10 janvier 2017, Madame Alphonsine Ndaukila a été enlevée par les éléments Mai-Mai présumés de YAKOTUMBA AMURI et conduite à un endroit inconnu pendant 3 jours. L’incident a eu lieu pendant qu’elle quittait Fizi-centre vers Lubondja, chef-lieu de secteur de Ngandja, à 55km au sud de l’axe Fizi-centre, par moto, pour une mission de sensibilisation et monitoring des violations de droits humains. C’est finalement le 13 janvier qu’elle a été sauvée par un paysan du milieu grâce aux actions que son organisation exerce dans cette entité. Elle a regagné son domicile dans un état critique à cause des tortures dont elle a été victime. A en croire cette dame, il s’agit du quatrième incident de la série depuis qu’elle travaille dans ce tronçon.
  • Le 17 janvier 2017, Monsieur Faustin W’Elongo L., Secrétaire de la Société civile « Forces Vives » d’Uvira est tombé dans une embuscade des hommes armés dans le tronçon LOKONGO, partie montagneuse 4km avant d’atteindre à Fizi-centre. Il a été torturé, dépouillé et déshabillé par ces assaillants.
  • Le vendredi 03 février 2017, Monsieur Célestin Wilondja, Superviseur de terrain à l’ONG Solidarité Internationale de Goma a été victime de pillage dans le tronçon LUSUKU/Fizi commis des éléments armés en tenues FARDC.

Face à cet état de choses, SOS FED recommande :

A l’Etat congolais, à travers ses préposés au niveau national et local, de reconnaitre, non seulement l’importance du travail des défenseurs des droits de l’Homme, mais également de les protéger dans l’exercice de leur travail de manière efficiente. Cela passe aussi par la lutte contre l’impunité des auteurs de ces violations à l’égard des activistes ;

Aux défenseurs des droits de l’Homme de travailler toujours en réseau et de définir une stratégie qui contribue efficacement à la réduction de leur vulnérabilité. Allusion est faite à toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, qui s’engage à promouvoir la protection et la réalisation des droits et libertés fondamentaux au niveau national et international (conformément à l’article 1er de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme de 1998) ;

A la communauté internationale d’appliquer des sanctions aux personnes qui sont impliquées dans les violations des droits civils liés aux libertés fondamentaux.

SYC

RDC : Treize ONG adressent une lettre ouverte à Trump au sujet de l’annulation de la Dodd Franck section 1502

LETTRE OUVERTE DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE CONGOLAISE

AU PRESIDENT DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE, SON EXCELLENCE DONALD TRUMP

OBJET : Position des organisations de la société civile congolaise suite à l’annulation de  la loi Dodd Frank section 1502

Excellence Monsieur de Président Américain TRUMP,

Avec l’expression de nos hommages, nous venons très respectueusement auprès de votre haute personnalité  afin de vous exprimer la position des organisations de la société civile congolaise fasse au draft  dans  votre tiroir voulant remettre en cause la loi Dodd Frank  qui  a été promulguée par le pouvoir de Barack Obama lequel vous aviez remplacé à ce poste du garant de la nation non seulement Américaine mais aussi des autres pays au niveau mondial.

Excellence Monsieur le Président,

Nous étions heureux d’apprendre sur votre élection transparente aux états unis qui n’augurait pour les  congolais un esprit d’espoir de rétablissement de  la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des grands lacs en général et en République Démocratique du Congo en particulier, mais hélas votre première initiative de remettre en cause cette loi risque de compromettre votre statut de bon père des familles politiques mondiales et créer même une crise de confiance  entre votre pouvoir et nous la société civile de la République Démocratique du Congo.

Excellence Monsieur le Président,

Vous vous souviendrez  que c’est entre 2009 -2010 que le gouvernement sortant Américain  avait promulgué la Loi Dodd Frank dans le but de réduire le degré d’agressivité des groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo afin de permettre aux civils congolais de vaquer à leurs activités quotidiennes dans les zones sous contrôle par les milices armées.

Pour nous la société civile congolaise, la promulgation de cette loi par le gouvernement sortant Américain  s’était une façon même de réduire  le degré des violences faites par les seigneurs de guerre et cela a permis de suspendre la vente illicite des armes qui permettait la prolifération des armes incontrôlées à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Excellence Monsieur le Président,

Nous vous assurons que si vous osez de promulguer la loi remettant en cause celle de Dodd Frank, sa serait une façon de légitimer encore une fois  la présence et la prolifération des groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo, chose  fortement condamnée par la société civile congolaise dont nous faisons partie.

A cet effet, nous vous demandons de revoir vos décisions y relatives  avant que  sa dégénèrent une calamité humaine et économique en République Démocratique du Congo, car cette façon de faire, risque de susciter même un nouveau conflit régional qui déstabiliserait également  la cohésion actuelle  de la République Démocratique du Congo avec ses voisins le Rwanda et l’Uganda  qui ne jurent qu’à l’infiltration à l’Est de la République de Démocratique du Congo  pour y exploiter des minerais d’une manière illicite.

Vraiment nous vous demandons de n’est plus susciter une nouvelle guerre dans la région, car dans notre lecture, la réouverture d’exploitation minière dans les zones en conflits c’est une façon pure et simple de susciter une nouvelle guerre et nous vous prendrons en témoins à travers cette correspondance que nous vous  adressons d’une manière préventive.

Nous étions ravis de vos différents discours lors et après votre campagne électorale quand vous disiez que la priorité de priorité pour vous c’est la politique et la stabilité interne des états unis, maintenant nous nous demandons comment  votre priorité devienne la déstabilisation de la RDC ?

Dans vos discours contradictoire contre ton  challenger Hillary Clinton,  nous avions souligné : « L’Afrique c’est un continent à part et qui doit jouir de sa souveraineté comme tant d’autres continents du monde ». Il sied de dire que la priorité de votre pouvoir serait de faciliter la République Démocratique du Congo des élections libres, crédibles, transparentes et apaisées, car c’est ça les soucis majeur actuel de tout citoyen congolais quel que soit son rang ou son statut politique.

En épilogue, nous vous réitérons de bien vouloir gérer cette question  avec beaucoup de sagesse, car l’annulation de la loi Dodd Frank c’est donc une nouvelle initiative Américaine de légitimer les groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo et permettre la vente illicite des armes  par certains pays étrangers qui font le commerce illégal  des minerais en Afrique en général et en République Démocratique du Congo en particulier.

Au cas où vous vous décidiez d’annuler cette loi, l’histoire vous désignera un jour comme témoin étant à la base d’un nouveau conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo et dans la région des grands lacs.

Nous n’y reviendrons plus.

Pour les organisations de la Société civile congolaise

  1. Action pour la Protection des Droits Humains et de Développement Communautaire, APDHUD
  2. Action des jeunes pour la Paix et le Développement, AJPD
  3. Action pour la Paix et la Protection de l’Enfant, APPE
  4. Action des femmes pour le Développement, AFD
  5. Agissons pour les Elections  en Paix, AEP
  6. Association Congolaise pour la Paix et la Concorde, ACPC
  7. Ligue des Activistes des Droits de l’Homme, LADHO
  8. Union des Jeunes pour le Changement et les Droits des marginalisés, UJCDM
  9. Union pour  Paix et le Développement de Ziralo, UPDZi
  10. Union des Femmes pour le Développement, UFD
  11. Femmes Agissons pour la Paix, FAP
  12. Mama Tushurikiane, MATU
  13. Mama Tupendane, MTP

RDC : HRW réclame justice pour les tueries dans les provinces du Kasaï

(Kinshasa, le 24 février 2017) – Les autorités de la République démocratique du Congo devraient enquêter de manière complète et impartiale sur les meurtres commis par des militaires de l’armée congolaise présumés dans la région centrale du Kasaï, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Une vidéo postée sur Internet le 17 février 2017 montre des hommes en uniformes de l’armée congolaise tuant au moins 13 membres présumés d’une milice, dont certains armés de bâtons et de lance-pierres.

Ces fusillades semblent relever d’un usage excessif de la force létale dans une situation d’application des lois, a déclaré Human Rights Watch.

« Cette vidéo a capturé l’horreur de ces fusillades que le gouvernement congolais aurait autrement pu balayer sous le tapis », a déclaré Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Les autorités judiciaires devraient, avec l’aide de l’ONU, immédiatement mener une enquête complète et impartiale sur ces tueries et les autres violations présumées dans les provinces du Kasaï en vue de traduire les personnes responsables en justice ».

La vidéo de sept minutes montre plusieurs militaires s’approchant et ouvrant le feu sur un groupe de membres présumés de la milice Kamuina Nsapu, dont deux femmes et plusieurs individus semblant être des enfants. Plusieurs blessés graves sont abattus à bout portant, l’un des militaires les traitant de «bande d’animaux ». Plus tard, certains des militaires maltraitent les corps sans vie, violant leur dignité.

En juillet 2016, des violences de grande ampleur ont éclaté au Kasaï-Central avant de se propager aux provinces voisines du Kasaï et du Kasaï-Oriental. Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a recensé plus de 280 personnes tuées depuis juillet.

L’incident documenté par la vidéo se serait produit sur la route menant à Ntenda, dans la zone frontalière entre les provinces du Kasaï-Oriental et du Kasaï-Central. Au moins un militaire filmé dans la vidéo indique qu’il fait partie de l’armée, et un camion de l’armée apparaît dans la vidéo. Alors que les images correspondent aux informations que Human Rights Watch a reçues au sujet des violences récentes dans cette région, il n’a pas été possible de confirmer l’authenticité ou l’origine de la vidéo.

Le 17 février 2017, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende, a déclaré au New York Times que la vidéo n’avait pas été filmée en RD Congo et qu’il s’agissait d’une tentative de « ternir l’image de la RDC » fomentée par des organisations non gouvernementalesLe lendemain, il a déclaré que la vidéo était « vraisemblablement un montage » réalisé par « des pourfendeurs du gouvernement », et que le gouvernement avait déjà arrêté deux officiers subalternes en raison des « excès et abus » perpétrés dans le cadre d’opérations menées au Kasaï-Oriental à la fin de décembre 2016. La ministre des Droits de l’homme, Marie-Ange Mushobekwa, a déclaré à Reuters le 18 février 2017 qu’une enquête avait été ouverte au sujet de la vidéo.

Le 22 février, suite à une pression internationale croissante, y compris de la part de l’Union européenne, de la France et des États-Unis, le gouvernement a annoncé qu’il avait dépêché une commission d’enquête dans la région. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme avait également appelé à l’ouverture d’une enquête, soulignant :« Il est temps d’arrêter une réaction militaire brutale qui ne fait rien pour s’attaquer aux causes profondes du conflit entre le gouvernement et les milices locales mais vise plutôt les civils sur la base de leurs liens présumés avec les milices ».

Une autre vidéo montre une fille non armée saignant sur le sol devant le gouvernorat à Kananga, capitale de la province du Kasaï-Central. On entend des hommes l’interroger et refuser de l’emmener à l’hôpital. Ils lui donnent des coups de pied dans le visage à deux reprises. Un témoin a par la suite déclaré à France 24 que des militaires avaient tiré sur la fille le 27 janvier, le jour où la vidéo a été filmée, et qu’elle était décédée plus tard ce jour-là. Il a également vu au moins trois autres cadavres.

Les Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois stipulent que ces derniers « auront recours autant que possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force ou d’armes à feu » ; et que les armes à feu ne peuvent être utilisées qu’ « en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave. » Les responsables de l’application des lois doivent donner un avertissement clair de leur intention d’utiliser des armes à feu, en laissant un délai suffisant pour que l’avertissement puisse être suivi d’effet.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a reçu des informations selon lesquelles des militaires de l’armée congolaise auraient tué au moins 101 personnes, dont 39 femmes, lors d’une éruption de violences impliquant la milice Kamuina Nsapu entre le 9 et le 13 février, dans et autour de la ville de Tshimbulu, dans la province du Kasaï-Central. Selon plusieurs sources, les soldats « ont ouvertement tiré avec des mitrailleuses lorsqu’ils ont vu les miliciens, armés principalement de machettes et de lances ». La milice Nsapu aurait recruté de nombreux enfants. Les membres de la milice se croiraient investis de pouvoirs magiques qui, selon eux, les rendraient imperméables aux balles.

Ces dernières années, cette région centrale de la RD Congo était largement pacifique. C’est la région d’origine et le principal bastion du parti d’opposition Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), et de son feu président, Étienne Tshisekedi, décédé le 1er février. La violence serait liée au contrôle coutumier sur les chefferies locales, mais il existe également des liens clairs avec la dynamique politique nationale, l’armée congolaise soutenant le leadership d’individus considérés comme loyaux envers le président Joseph Kabila et sa coalition politique, tandis que les milices soutiennent des individus considérés comme plus proches de l’opposition.

Des dizaines de milliers de personnes ont été affectées par les violences dans les Kasaïs, selon le Bureau des Nations Unies de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Les violences dans les Kasaïs viennent s’ajouter aux autres qui se sont intensifiées à travers le pays au cours des derniers mois, faisant plusieurs centaines de morts, notamment dans les provinces du Tanganyika et du Nord-Kivu, ainsi que dans la capitale, Kinshasa. Une partie de ces violences est liée aux tentatives de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, le second ayant expiré le 19 décembre 2016. Un accord politique fragile facilité par l’Église catholique a permis à Kabila de rester au pouvoir jusqu’aux élections, qui doivent se tenir d’ici à la fin 2017. Mais il existe d’énormes défis pour mener à bien l’accord et de sérieux doutes persistent quant à savoir si Kabila et d’autres dirigeants politiques ont réellement la volonté d’organiser des élections, a déclaré Human Rights Watch.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU discutera de la situation des droits de l’homme en RD Congo lors de sa prochaine session, qui débutera à la fin du mois de février. Compte tenu de l’ampleur des violences dans les Kasaïs et d’autres régions de la RD Congo, et de la possibilité d’une nouvelle détérioration de la situation des droits humains dans les mois à venir, le Conseil devrait désigner un expert indépendant ou une équipe d’experts capables de se déployer rapidement pour surveiller et faire rapport sur la situation en RD Congo.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne devraient également envisager des sanctions ciblées supplémentaires, y compris des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, à l’encontre des principaux responsables des graves violations des droits humains dans les Kasaïs et ailleurs en RD Congo.

« Les violences localisées, les conflits armés et les graves tensions politiques à travers la RD Congo font craindre un peu plus que le pays est une poudrière prête à exploser », a déclaré Ida Sawyer. « La mobilisation internationale aux plus hauts niveaux est cruciale pour aider à protéger les civils contre de nouvelles violences, faire pression pour que justice soit rendue pour les violations graves, et assurer la tenue d’élections crédibles dans les temps afin d’édifier un pays plus démocratique et respectueux des droits ».

Ci-joint , le lien de l’article : https://www.hrw.org/fr/news/2017/02/24/rd-congo-justice-pour-les-tueries-dans-les-kasais

Ida Sawyer

Central Africa Director

Human Rights Watch