RDC : Le conflit identitaire dans le Tanganyika alimente la crise humanitaire

Justicia Asbl est vivement préoccupée par la recrudescence du conflit identitaire dans la  province du Tanganyika avec comme conséquences immédiates, une crise humanitaire grave sur les nombreuses victimes ainsi que les personnes déplacées. L’incursion de la milice bantoue dans un camp des pygmées le 21 mars 2017 à plus ou moins 145 km de la cité de Manono a entrainé le décès de 18 personnes.

Dans un communiqué officiel, cette organisation de promotion et de protection des droits de l’homme, du Droit humanitaire et de développement basée en RDC note que c’est depuis début septembre 2016 que les hostilités ont repris entre les populations pygmées et bantoues en  territoire de Nyunzu dans l’indifférence totale, si pas l’impuissance frisant une complicité des autorités politico-administratives à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.

« Ces conflits ont fait des victimes parmi les deux communautés et plus  d’une centaine de personnes tuées, des milliers des blessés par flèches empoisonnées et autres armes blanches ainsi que  près de 400 000 déplacées de leurs domiciles, des champs pillés et des villages incendiés », renseigne le Communiqué.

L’histoire remonte 2013 lorsque le conflit éclaté entre les deux communautés dans les territoires de Manono et Kabalo faisant plusieurs centaines des personnes tuées. 32 personnes furent inculpées au terme d’une procédure judiciaire entachée de beaucoup d’irrégularités organisée à Lubumbashi.

Parmi ces irrégularités, JUSTICIA Asbl a dénombré « la constitution très tardive des parties civiles, elles même en difficulté d’être présentes  aux audiences ainsi que par l’impossibilité matérielle pour la Cour d’Appel de se déployer sur le terrain en vue de la reconstitution des faits et l’audition d’autant des témoins possible. Il en est résulté l’acquittement de presque toutes les personnes arrêtées, consacrant une prime à l’impunité ».

Au mois de novembre 2016, toutes les missions humanitaires qui se rendaient sur place pour évaluer les besoins sociaux et humanitaires des personnes déplacées ont subi des attaques et ont dû rebrousser chemin à cause de l’insécurité.

En dépit de l’organisation du mini-forum en novembre 2016  suivi du forum,  sanctionné par la signature des accords de non-agression,  tenu  22 au 27 février 2017 auquel ont pris part les représentants des pygmées et bantous, les leaders d’opinion, les acteurs politiques, les députés nationaux et provinciaux ainsi que les membres du gouvernement, cette ONGDH relève que les violences continuent de se commettre dans la province du Tanganyika.

Et d’indiquer que les dernières en date remontent au 21 mars 2017 à plus ou moins 145 km de la cité de Manono où une milice bantoue a fait incursion dans un camp des pygmées en entrainant la mort  de 18 personnes de suite des affrontements qui s’en sont suivis.

« JUSTICIA asbl constate d’une part  que les troupes de FARDC et de la MONUSCO semblent bien dépassées par les évènements et ne peuvent pas assurer une bonne protection des populations civiles et d’autres parts les miliciens bantous ou pygmées bénéficieraient de l’appui de certaines personnes influentes et groupes politiques pour des intérêts encore obscures. Ceci risquerait de faire plusieurs victimes dans une indifférence totale des autorités gouvernementales », précise le communiqué.

JUSTICIA Asbl, recommande au Gouvernement congolais de mettre à la disposition des forces de sécurité des moyens conséquents pour qu’elles assurent la sécurité des personnes et de leurs biens,  et de faire poursuivre tous les tireurs des ficelles dans l’ombre de ce conflit, quel que soit leur qualité.

De son côté, le Procureur Général près la Cour d’appel de Lubumbashi devrait ordonner l’ouverture d’une enquête  judiciaire  sur les exactions  qui se commettent dans la province du Tanganyika. Alors que les humanitaires sont invités à user de tous les efforts pour que les populations bénéficient d’une assistance humanitaire conséquente.

SYC

RDC : HRW appelle à une enquête indépendante sur la mort de deux experts de l’ONU et la disparition de leurs collaborateurs

(Kinshasa, le 28 mars 2017) – La MONUSCO, la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo, a confirmé le 28 mars 2017 que les corps de la Suédoise Zaida Catalán et de l’Américain Michael Sharp ont été retrouvés par des Casques bleus de l’ONU près de Bunkonde dans la province du Kasaï-Central le 27 mars.

« Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles, aux collègues et aux amis de Michael et de Zaida, qui ont perdu la vie alors qu’ils œuvraient pour la vérité, la justice et pour mettre fin aux violences et aux abus que les Congolais de la région du Kasaï et ailleurs subissent depuis longtemps. Nous espérons que les efforts de recherche de l’ONU permettront de localiser rapidement Betu, Isaac, et leurs deux autres collègues congolais. Nos pensées vont à leurs proches. Une enquête internationale indépendante sur ces morts et disparitions, et sur les violences généralisées dans la région du Kasaï est requise d’urgence pour aider à y faire cesser les violations des droits humains et pour traduire les responsables en justice», a déclaré Ida Sawyer, Directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

Pour rappel, le 12 mars, les deux membres du Groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo avaient été portés disparus, ainsi que leur interprète congolais, Betu Tshintela, un chauffeur de moto, Isaac Kabuayi, et deux chauffeurs de moto non identifiés, alors qu’ils enquêtaient sur des violations généralisées des droits humains dans la région. L’ONU a signalé que les efforts étaient maintenus pour retrouver les membres congolais de l’équipe.

SYC

RDC : Pax-Dei et Filimbi exigent l’installation urgente de la Cour d’Appel en Ituri

Dans un communiqué conjoint, l’ONGDH Paix – Dei et le Mouvement Citoyen Filimbi basés en Ituri exigent, dans un bref délai, l’installation de la Cour d’Appel dans cette province. Ces deux structures qui prônent la démocratie, l’Etat de droit et qui luttent pour le bien être de la population congolaise affirment avoir prises cette décision après une enquête documentée sur plusieurs cas de violation de droit de l’homme en Ituri.

« Plusieurs violations de droit de l’homme passent inaperçus et sans aucun dossier ne soit ouvert ou enquêté par le parquet général près la cour d’appel de Kisangani pour la raison qu’il est à 750 Km de la ville de Bunia.

Plusieurs auteurs des violations graves et des infractions mais partant de leur statut et grade les juridictions de l’Ituri sont incompétentes à statuer de leur vu les privilèges et les immunités. Exemple : les membres du gouvernement provincial, magistrats, Directeur des entreprises publiques ou privés, les députés provinciaux etc. », indique le communiqué.

Pour prévenir les probables contestations et litiges qui résulteraient des élections provinciales qui se pointent à l’horizon, il y  a nécessité urgente que cette Cour d’Appel, la seule compétente à connaitre ce genre de dossiers, soit installée. Laquelle nécessité semble également être ressentie par les Autorités Politico-Administratifs, Judiciaires locales.

« L’ONGDH Pax – Dei et le Mouvements Citoyen Filimbi de l’Ituri  exigent l’installation de la cour d’appel en l’Ituri dans un bref délai, conformément aux articles 19, 91 de la loi organique N° 13/01/-B du 11 Avril 2013 portant organisation fonctionnement et compétence des subduction de l’ordre judiciaire et ces dans ces articles 73, 74 de la décision N°003/CEI/BUR 06 du 09 Mars 2006 portant organisation des élections présidentielles, législatives, Provinciales, Urbaines, Municipales et locales tels que modifiés et complétés à ces jours », conclu le communiqué.

SYC