RDC : Appel à la protection de Lubero contre les attaques des groupés armés et des certains militaires indisciplinés

Lubero, le 31 Août 2017 – Le CIDDHOPE appelle le Ministre de la Défense et le Chef d’Etat-major Général à se rendre urgemment au Nord-Kivu en vue de palper du doigt la vérité ontologique des faits et de prendre mesures idoines pour protéger les populations civiles contre les attaques des groupes armés.

Dans un communiqué officiel, le CIDDHOPE adresse ses condoléances aux FARDC en général, aux familles de 2 militaires qui ont péri dans l’attaque contre le quartier général des FARDC à Lubero en date du 28 Août 2017. Cette compassion va également vers les deux femmes civiles blessées à la même occasion.

Le CIDDHOPE exhorte les autorités précitées à renfoncer les effectifs militaires et bien dotées aux fins de leur permettre de faire face aux groupes armés semant la terreur dans le chef de la population du Nord-Kivu en général et en territoire de Lubero en particulier.

Depuis le mois de janvier 2017 jusqu’au moment de la présente publication, le CIDDHOPE a enregistré au moins 32 cas d’attaques dirigées contre les FARDC par les groupes armés dans le seul territoire de Lubero. Au moins 27 cas d’attaques ont opposé les groupes armés entre eux. Pour mener à bien ces attaques, ces groupes armés mettent à profit l’insuffisance de militaire.

Le cas le plus récent est l’attaque de la cité de KIPESE qui était sous contrôle de 3 éléments des FARDC seulement. Quoiqu’alertés à l’avance par la population, les trois militaires n’ont eu d’autre choix que de prendre les larges.

Subséquemment au nombre des affrontements cités ci-haut, des milliers des civils sont contraints de se déplacer et vivent dans le dénuement total sans la moindre assistance humanitaire.

Le CIDDHOPE est au regret de constater que certains éléments incontrôlés dans le rang des FARDC ont profité de cette attaque pour piller les biens de certains habitants qui sont dans les encablures de leur base militaire.

Le CIDDHOPE salue la véhémence avec laquelle les FARDC ont bouté dehors le groupe armé LEOPARD qui a dirigé une attaque contre l’une de leurs positions dans la cité de LUBERO en date du 28 août 2017 de 5 heures 40 minutes à 6 heures. Les FARDC ont même réussi à capturer au moins 3 éléments présumés membres de ce groupe armé. Malheureusement, 2 éléments FARDC y ont été tués et 2 femmes ont été blessées par ce groupe armé. Ces 2 femmes poursuivent les soins médicaux dans l’une de structure médicale de la place.

Eu égard à ce qui précède, le CIDDHOPE demande :

Au Ministre de la Défense et Chef d’Etat-Major Général des FARDC de :

  • Se rendre urgemment au Nord-Kivu en vue de palper du doigt la vérité ontologique des faits;
  • Renfoncer les effectifs militaires bien dotés et disciplinés aux fins de leur permettre de faire face aux groupes armés semant la terreur dans le chef de la population du Nord-Kivu en général et en territoire de LUBERO en particulier. Les populations civiles et leurs biens sont en danger permanent.

A l’Auditeur Militaire Supérieur près la Cour Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu :

  • D’ouvrir des enquêtes judiciaires non seulement sur les cas de pillages des biens de la population à LUBERO mais aussi sur les abus des droits de l’homme perpétrés par les différents groupes armés en vue de déceler les auteurs pour qu’ils écopent des sanctions pédagogiques.

Aux Organisations Internationales Humanitaires :

  • D’apporter l’assistance aux déplacés internes à la limite de leurs moyens.

Aux populations du sud du territoire de Lubero :

  • De s’abstenir de toute collaboration avec des groupes armés qui font leur malheur.

RDC : Des ONGDH s’opposent à la condamnation de 4 DDH par le Tribunal de paix de Lubumbashi

Lubumbashi, le 30 Août 2017 – Les organisations de défense des droits de l’homme sont vivement préoccupées par la condamnation que vient de prononcer le Tribunal de paix Lubumbashi Kamalondo opposant le Ministère Public contre les prévenus Patrick MBUYA, Jean MULENDA, Erick OMARI et Jean Pierre TSHIBITSHABU poursuivis de provocation et incitation aux manquements envers l’autorité publique sur pied des articles 135 bis et 135 ter du code pénal congolais livre 2 dans l’affaire inscrite sous RP 9070. 

Pour rappel, les quatre activistes avaient été arrêtés le 31 juillet 2017 pendant qu’ils voulaient se rendre au bureau de la Ceni/Haut katanga où un mémorandum devrait être déposé pour réclamer la publication du calendrier électoral conformément à l’accord du 31 décembre 2016. Ils ont tout d’abord été arrêté au cachot de la police service spéciaux ville et transféré ensuite au parquet de grande instance de Lubumbashi qui avait ouvert le dossier sous le RMP 11147/PRO21/PSM.

Le magistrat instructeur les avait entendu et avait estimé pour sa part que les faits étaient graves, chose qui avait justifié sa décision de les placer sous mandat d’arrêt provisoire et les acheminer dans des conditions inhumaines à la prison de la kasapa. Quatre jours après ils sont passé en chambre de conseil devant le Tribunal de paix Lubumbashi Kamalondo qui avait décidé de confirmer leur détention sans que l’ordonnance y afférente ne soit motivée. Leurs avocats ont formé appel contre cette décision et le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi qui avait statué là-dessus n’avait fait que confirmer la décision du premier juge sans en donner des arguments convaincants.

Il convient toutefois de signaler que pendant que l’affaire était encore en appel devant le Tribunal de grande instance de Lubumbashi, le parquet de la république avait déjà envoyé le dossier en fixation le 09 aout 2017 sans attendre la décision du juge d’appel. Et par la même occasion le parquet général avait décidé que le dossier soit disjoint en vue de séparer le dossier des quatre activistes de celui de Maitre Timothée MBUYA en raison de sa qualité d’avocat et qui ne pouvait être entendu que par le parquet général et non le parquet de la république.

Ayant été envoyée en fixation, l’affaire inscrite sous le RP 9070 était passée en audience foraine à la prison kasapa devant le Tribunal de paix Lubumbashi Kamalondo en date du 11 aout 2017 et à l’issu de cette audience l’affaire avait été prise en délibéré pour le jugement qui vient d’intervenir 15 jours après soit ce mardi 29 aout 2017 contrairement aux prescrits de la loi qui recommande aux juges de se prononcer dans 8 jours.

Les ONGDH, condamnent fermement cette décision qui ne fait que confirmé l’instrumentalisation de la justice en rapport avec les quatre défenseurs des droits de l’homme qui n’ont fait exprimé leur opinion en se fondant sur l’article 26 de notre constitution et en respectant toute la procédure en la matière.

Par ailleurs, les ONGDH dénoncent les intimidations, les menaces de mort ainsi que les filatures dont font l’objet certains avocats et activistes des droits de l’homme impliqués dans ce dossier. C’est le cas de Monsieur ASLAN de la Lucha qui a été visité hier par des personnes armées non autrement identifiées qui lui ont brutalisé et administré des coups en laissant tombé une balle dans sa maison.

Vu ce qui précède les ONGDH recommandent :

Aux autorités judiciaires, de laisser les juges de dire le droit en toute indépendance ;

Aux autorités politico administratives, de ne pas s’impliquer dans les dossiers judiciaires en rapport avec les défenseurs des droits de l’homme ;

A la police nationale congolaise, de veiller à la sécurité de tous les activistes des droits de l’homme.

Ci-joint, le COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT N°010

RDC : Le Général Assumani devrait être sanctionné pour violation de propriété de la MONUSCO à Kananga

Kananga, 29 Août 2017 – Le Commandant FARDC des opérations dans la région des Kasaï, le Commandant Marcellin Assumani devrait être sanctionné pour violation de propriété de la MONUSCO à Kananga. Cela fait suite à la condamnation de l’intrusion  d’un groupe de soldats, sous ses ordres, au siège de la Mission Onusienne, pourchassant le Journaliste Edouard Diyi qui s’y était réfugié. Un incident dénoncé par le Représentant du Secrétaire Général des l’ONU en RDC, Maman Sidikou et bien avant par la société civile locale.

« Nous demandons également au gouvernement congolais de s’assurer que les responsables de cet incident répondent de leurs actes et de prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus », a déclaré M. Sidikou, chef de la MONUSCO qui précise que les Nations Unies restent préoccupées par ce très grave incident, d’autant plus que celui-ci s’est déroulé sous le commandement direct d’un officier supérieur.

Dès lors, il serait logique pour la hiérarchie Militaire des FARDC d’ouvrir une procédure disciplinaire à l’encontre du Général Assumani qui, dans son message adressé à la population devant la MONUSCO à Kananga lundi, a reconnu d’avoir envoyé ses militaires à poursuivre l’ Journaliste Edouard Diyi et par la même occasion il a présenté des excuses à la MONUSCO pour l’incident survenu. Cependant, l’acte a déjà été posé et l’infraction établie.

A en croire la version de la MONUSCO, ces militaires agissant sous les ordres de leur Commandant ont « forcé l’entrée de la base de la MONUSCO au prétexte de poursuivre un journaliste venu s’y réfugier ».

Les Organisations de la Société Civile et les activistes des Droits de l’Homme se mobilisent pour appeler la hiérarchie militaire et le Gouvernement congolais à prendre des mesures qui s’imposent pour sanctionner cet officier pointé du doigt par la population comme présumé auteur de l’interdiction d’une activité citoyenne à Kananga (alors qu’il n’en a pas la compétence), de l’arrestation arbitraire d’un citoyen congolais et de violation de la propriété de la MONUSCO.

Pour rappel, les locaux de la MONUSCO sont inviolables en vertu de l’Accord sur le statut des Forces entre les Nations Unies et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (SOFA), ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies.

Selon Maman Sidikou, les Nations Unies ont demandé au Gouvernement de la RDC de respecter ses obligations telles que prévues dans le SOFA et autres accords applicables.

SYC