RDC : La MONUSCO condamne la violation de sa propriété à Kananga et demande que les auteurs répondent de leurs actes

Kinshasa, 29 août 2017 – Dans un communiqué officiel, le Représentant spécial du Secrétaire général en République démocratique du Congo, Maman Sidikou, a condamné fermement la violation de la propriété des Nations Unies à Kananga, province du Kasaï Central, le lundi 28 août, par des soldats de l’armée congolaise. Un groupe de soldats, sous les ordres du général Marcellin Assumani, commandant des opérations dans la région des Kasaï, a forcé l’entrée de la base de la MONUSCO au prétexte de poursuivre un journaliste venu s’y réfugier.

Les Nations Unies sont préoccupées par ce très grave incident, d’autant plus que celui-ci s’est déroulé sous le commandement direct d’un officier supérieur. Les locaux de la MONUSCO sont inviolables en vertu de l’Accord sur le statut des Forces entre les Nations Unies et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (SOFA), ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies.

Les Nations Unies demandent au gouvernement de la RDC de respecter ses obligations telles que prévues dans le SOFA et autres accords applicables.

« Nous demandons également au gouvernement congolais de s’assurer que les responsables de cet incident répondent de leurs actes et de prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus », a indiqué M. Sidikou, chef de la MONUSCO.

De plus, étant donné le contexte dans lequel s’est déroulé ce regrettable incident, le Représentant spécial voudrait saisir l’occasion pour rappeler, une nouvelle fois, la préoccupation des Nations Unies face à la restriction de l’espace dans lequel les journalistes peuvent exercer leur métier en RDC.

« La liberté d’informer est un des piliers de la démocratie. Les tracasseries et menaces dont les journalistes sont de plus en plus souvent la cible témoignent d’une restriction de l’espace de la liberté d’expression qui ne va pas dans le sens de la décrispation attendue », a ajouté M. Sidikou.

SYC

RDC : Dénonciation de la tentative d’arrestation arbitraire d’Edouard Diyi par les FARDC à Kananga

Kananga, le 29 Août 2017 – Le Journaliste Edouard Diyi Tshitenge, Directeur de la Radio Kasaï Horizons s’est réfugié depuis l’après-midi du lundi 28 Août 2017 au siège de la Mission Onusienne à Kananga au Kasaï Central. Il a été pourchassé par le Commandant du secteur opérationnel des FARDC, Général Marcellin Assoumani Issa Kumba pour avoir tenté d’animer une conférence de restitution du Colloque de Paris qui a donné naissance au « Manifeste du Citoyen Congolais ». Des activistes locaux ont condamnés cette tentative d’arrestation arbitraire et l’interdiction illégale d’une activité citoyenne.

Selon des témoins, le Général Assoumani est arrivé dans la salle paroissiale Saint Marc de Kananga qui se remplissait déjà des invités. Sur place, il s’est entretenu avec le Journaliste Edouard Diyi qui lui a expliqué le sens de cette activité visant la présentation du « Manifeste du Citoyen Congolais » aux participants.

C’est alors que le Commandant FARDC du secteur opérationnel de Kananga a ordonné l’interdiction de ladite conférence évoquant se caractère subversif et la fragilité de la situation sécuritaire dans cette partie du pays.

Les participants qui ont été contraints à vider le lieu ont suivi le journaliste qui s’est permis de leur distribuer le « Manifeste du Citoyen Congolais ». Cet acte, à en croire des témoins, a irrité le Général qui a instruit ses militaires à procéder à l’arrestation immédiate d’Edouard Diyi. Si ce dernier a réussi à se réfugier dans l’enclos de la Monusco, les FARDC qui l’ont pourchassé avec en tête leur Général se sont livrés à une altercation avec les forces onusiennes d’autant plus qu’ils voulaient y pénétrer pour arrêter le Journaliste.

« Je vais demander des excuses aux éléments de la Monusco. […] Je leur ai dit qu’il (Edouard Diyi) ne sorte pas de là jusqu’à ce que nous ayons parlé avec leurs responsables. Il ne s’agit nullement d’une violation… », a déclaré le Général Assumani dans un discours improvisé devant la Monusco bondé du monde.

Des Organisations de la Société Civile ont condamné cette interdiction illégale d’une activité citoyenne et la tentative d’arrestation arbitraire d’Edouard Diyi ainsi que la tentative de violation du siège de la Monusco. Certaines voix exigent même l’interpellation de cet officier militaire et une sanction exemplaire à son égard pour des faits avérés.

SYC

RDC : NODRI alerte sur la situation préoccupante occasionnée par la présence des réfugiés centrafricains au Nord et Sud Ubangi

Mbandaka, le 28 Août 2017 – L’Organisation de la Société Civile « Nouvelles Dynamiques pour le Développement Rural Intégral » (NODRI) alerte les autorités congolaises et la communauté internationale sur la situation préoccupante occasionnée par la présence des réfugiés centrafricains dans le Nord et Sud Ubangi, provinces de la Rd Congo situées à la frontière avec la République Centrafricaine.

En effet, NODRI constate que le conflit en République Centrafricaine continue à déverser sur le sol congolais, précisément dans l’espace Equatorien, un nombre de plus en plus élevé des réfugiés centrafricains fuyant la guerre dans leur pays. Ils seraient présentement environs plus de 150 000 y compris ceux qui habitent les anciens camps à l’instar d’Inke au sud de Gbadolite depuis près de 6 ans, de Mole-Zongo et Boyabu-Libenge dans la province du Sud Ubangi.

« Les nouveaux arrivants vivent le long de la rivière Ubangi de Yakoma jusqu’à Mobayi Mbongo et même à Gbadolite. Beaucoup traversent sans être désarmés. Ils vivent à la belle étoile, dans les écoles, les Eglises ou dans des familles d’accueil. Ce que l’on peut craindre dans cette zone, c’est la famine généralisée, les maladies et épidémies de tout genre, le VIH SIDA, etc. », a indiqué Dieudonné Nzabi, de NODRI.

NODRI exprime son inquiétude face au trafic présumé d’armes de guerre et de chasse qui est signalé dans cette zone où l’exploitation et le trafic de l’or ainsi que du diamant sont courants.  Ainsi, les intérêts des différents groupes armés ainsi que ceux des exploitants peuvent un jour se bousculer et engendrer des violences avec toutes leurs conséquences : violences sexuelles, enfants soldats, tueries, braconnage dans les forêts transfrontalières, guerres d’agressions et d’occupations des terres. Pour le moment, cette partie du pays est à considérer comme une potentielle zone à risque sur le plan sécuritaire.

NODRI déplore le fait que plusieurs cris d’alarme ont été lancés par la Société Civile locale sans que l’intervention du Gouvernement congolais, du Haut Commissariat pour les Réfugiés et des autres organismes internationaux en termes d’appuis humanitaires ne suive. Alors qu’il s’agit des mouvements prévisibles d’autant plus que la RCA, malgré les élections qui s’y sont tenues l’année dernière, l’instabilité reste persistante.

Par conséquent, NODRI lance un appel au Gouvernement de la RDC et à toute la Communauté internationale afin de prendre au sérieux cette crise humanitaire et cette menace sécuritaire dans le Nord et Sud Ubangi. Car, prévient – t – elle, un autre foyer de tensions en RDC risque d’y voir le jour. Et donc, c’est le moment d’agir avant que la situation ne se dégrade davantage.

SYC