RDC : Des églises de réveil ne peuvent cautionner l’injustice et s’isoler de la marche de la Saint sylvestre 

Lubumbashi, le 29 Décembre 2018 – Au nom de la solidarité nationale, les églises de réveil devraient aussi, courageusement, joindre leur voix à cette énième demande du respect des valeurs humaines et droits fondamentaux de tous, lancée par le Comité Laïc de Coordination (CLC), le 31 décembre 2017. Prendre ses distances, face à l’appel des victimes de la même situation que leurs fidèles, non seulement isolerait les églises de réveil, mais porterait aussi à croire que les chefs religieux privilégieraient leurs relations avec les dirigeants sortants, dans l’indifférence totale à la souffrance atroce de leurs fidèles.

Comme dans « la parabole du juge inique et de la veuve », l’IRDH estime que nulle confession ne peut prétendre à une certaine neutralité, devant une situation d’injustice généralisée et continue qui frappe toute la population congolaise, au profit d’un groupe de politiciens dont les mandats constitutionnels ont expirés depuis décembre 2016. (Luc 18.1-8)

En effet, il est de notoriété publique que les dirigeants sortants usent des subterfuges qui violent le droit des citoyens congolais de designer librement des nouveaux gouvernants de leurs choix. Face à cet état des choses, le CLC appelle toutes les personnes, physiques et morales, de la RDC à se joindre à leur initiative pacifique.

“L’apport de la sagesse des Archibishops, Bishops, Pasteurs, Apôtres, Visionnaires, Représentants légaux et Diacres des églises de réveil pourrait faire fléchir la position des politiciens dont les mandats constitutionnels sont déjà arrivés à terme, afin qu’ils quittent pacifiquement le pouvoir. L’obstruction à l’unique mode d’alternance politique consacré par la Constitution crée une crise politique, sociale et économique qui ne laisse aucun autre choix, aux victimes priant au sein des églises de réveil, que de remplir leur devoir sacré de participer à la protection de l’Etat de droit consacrant la prééminence de la seule autorité de la loi sur tout le monde”, estime l’IRDH.

Il ne devrait y avoir l’ombre d’un seul doute que certaines églises afficheraient une certaine neutralité, devant notamment des tueries quotidiennes des Kivu, de la résurgence des milices au Kasaï et au Katanga, le retour des épidémies et autres virus, le non-paiement des salaires des fonctionnaires de l’Etat et agents des entreprises paraétatiques (GCM-SNCC-SOGETEL), la manipulation du pouvoir judiciaire, la corruption à grande échelle des parlementaires, les détournements impunis des deniers publics vers des paradis fiscaux.

IRDH rappelle qu’une marche pacifique est un droit fondamental garanti par des instruments juridiques internationaux dûment ratifiés et la Constitution de la RDC.

Pour les églises congolaises de la Diaspora, elles ne devraient pas donner l’impression qu’elles ne s’intéresseraient qu’aux dîmes et autres aspects financiers des œuvres de Dieu.

SYC

RDC : la VSV réitère son soutien à la manifestation pacifique du 31 décembre 2017 (Communiqué)

Kinshasa le 28 décembre 2017 – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) suit avec une attention toute particulière l’évolution de la situation socio-politique en RDC. Consécutivement à cette situation socio-politique profondément préoccupante, le Comité Laïc de Coordination de l’Église Catholique a prévu l’organisation, dimanche 31 décembre 2017, d’une  marche pacifique  en vue d’exiger l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre dans toutes ses dispositions pertinentes notamment la  libération des prisonniers politiques, la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation de l’espace médiatique, la fin du dédoublement des partis politiques, etc…

Considérant le caractère pacifique de ladite marche et les revendications légitimes avancées par les organisateurs pour l’intérêt supérieur de la Rd Congo visant ipso facto à contribuer à la consolidation de la démocratie ainsi qu’à la décrispation tant attendue du climat politique pour des élections réellement apaisées, la VSV réitère  son soutien à cette manifestation pacifique.

La VSV, qui a toujours prôné la non violence pour le respect de la dignité humaine, salue l’invitation faite aux manifestants par le Comité Laïc de Coordination de l’Église Catholique de ne recourir à aucune forme de violence en évitant de brûler des pneus et des injures, dresser des barricades, en ayant l’élégance dans les propos et en ne se livrant à aucun acte de vandalisme.

Face à ce tableau combien reluisant, fixant les règles et autres orientations à observer pour une manifestation pacifique, la VSV estime qu’aucune raison ne saurait justifier l’interdiction et moins encore une quelconque répression des manifestants.

Aussi,  la VSV invite- t – elle les autorités congolaises en général et particulièrement le gouverneur de la ville-province de Kinshasa à privilégier les relations de collaboration entre elles et les acteurs de la Société Civile, en prenant toutes les dispositions utiles, dimanche 31 décembre 2017, pour la mobilisation de la Police Nationale Congolaise (PNC), qui d’ailleurs appartient à la population congolaise en vue d’un encadrement efficient visant à la  sécurisation effective des manifestants.

En outre, la VSV rappelle aux autorités congolaises que la population congolaise vivant dans une précarité et dans une pauvreté extrême sans pouvoir d’achat suite à la mauvaise gouvernance et à l’absence d’une politique de répartition équitable du revenu national ne saurait être en mesure de faire face aux deuils et autres incidents du fait de l’instrumentalisation de la Police pour réprimer ou tirer à bout portant sur des manifestants non violents  en cette fin d’année 2017.

En définitive, la VSV demande à la population congolaise et à tous les défenseurs des droits humains de prendre part active à la marche du 31 décembre 2017 sous l’encadrement de la PNC.

Tout en comptant, cette fois-ci, sur la collaboration agissante  des autorités congolaises en vue du déroulement pacifique de la marche du 31 décembre 2017, la VSV informe cependant la population congolaise et tous les défenseurs des droits de l’homme à demeurer vigilants et à documenter toutes les violations des droits de l’homme pour que les auteurs individuellement ou collectivement répondent tôt ou tard de leurs actes devant les juridictions nationales ou internationales.

La VSV demande également la Cour Pénale Internationale de suivre de près le déroulement de ladite marche et à s’auto saisir en cas des violations massives et graves des droits humains constituant des crimes relevant de sa compétence.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR  LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

RDC : Marche de la Saint sylvestre, le CASC appelle l’armée et la police à s’abstenir de tout usage de force

Kinshasa, le 27 Décembre 2017 – Le Collectif des Actions de la Société Civile (CASC) a appelé l’Armée et la Police Nationale Congolaise à s’abstenir de tout usage de la force lors de la marche pacifique prévue ce dimanche 31 Décembre 2017 en Rd Congo à l’initiative des Laïcs catholiques. Dans une déclaration faite au terme d’une réunion tenue mardi au siège de l’Association pour l’Accès à la Justice (ACAJ), Me Georges Kapiamba a réaffirmé le soutien total du CASC à cette démarche dont la date coïncide avec la fin « théorique » de la transition d’une année instaurée par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

« Le CASC a pris acte de la marche et dit son soutien total à l’appel des laïcs catholiques à cette marche qui coïncide avec la date de l’expiration de la transition mise en place par l’accord de la Saint-Sylvestre, appelle la police l’armée à s’abstenir de tout usage de force lors de la marche qui reste pacifique et invite la communauté internationale, la Monusco en particulier, à veiller à la protection de tous les manifestants », a déclaré Me Georges Kapiamba en sa qualité de membre du Collectif.

En appui à l’opération “Jeudi Cloches”, les laïcs catholiques ont appelés les Congolais à se libérer de la peur, de la résignation et de l’inertie coupable afin d’avoir des élections crédibles.

« Ensemble, comme le 16 février 1992, unissons nos efforts et nos forces pour dire non à cet esclavagisme imposé par l’oligarchie au pouvoir. Nous disons non à la situation actuelle, en attendant de le faire de manière plus décisive dans les urnes en 2018. Nous disons trois fois : non à la confiscation de la démocratie par une poignée d’individus; non au silence coupable et cynique des dirigeants face à la misère généralisée de la population alors que les richesses nationales continuent à être pillées et dilapidées.  […] Non à la répression aveugle des manifestations pacifiques », précise leur communiqué.

SYC