RDC : AFEJUCO plaide pour la solidarité humanitaire en faveur des déplacés internes du Maniema

Kindu, le  02  juillet  2018 – L’Association de femmes juristes congolaises (AFEJUCO) est consternée par la situation humanitaire des personnes déplacées au nombre de 5 660 dont 2 060 femmes à travers le Maniema. Elle invite l’Exécutif provincial à prendre des mesures qui s’imposent pour mettre fin à l’activisme des groupes armés et les humanitaires à intensifier la mobilisation de l’aide pour secourir ces déplacés internes.

A en croire l’AFEJUCO, ce déplacement est du aux différents affrontements entre les FARDC et des groupes armées entrainant tueries, viols et vols armés répétitifs perpétrés en territoire de Kabambare. Ainsi, la population de Salamabila est obligée de fuir à Kasongo, Kibombo, Kindu.

La même situation est vécue à Kalima où 1 080 personnes venant aussi de Shabunda s’y sont réfugiées suite aux affrontements entre les FARDC et les groupes armés depuis août 2017.

Le gouvernement devait assurer la sécurité de la province et, au même moment, en partenariat avec les acteurs humanitaires, tous devraient envisager des mécanismes afin d’apporter une assistance alimentaire, logistique et sanitaire aux déplacés. Sans oublier la scolarisation des enfants.

Bien plus, l’AFEJUCO dit être touchée par cette situation liée aux conditions de vie précaire, dégradante et alarmante dans laquelle vit la population déplacée de Salamabila.

Elle recommande :

A l’Exécutif Provincial du Maniema :

De pouvoir  mener des actions concrètes pour pouvoir améliorer les conditions de vie de personnes déplacées et surtout de prendre des mesures coercitives pour pouvoir maintenir la paix et la sécurité de population de Salamabila en éradiquant l’activité des groupes armés en province.

 Aux différents acteurs humanitaires nationaux et internationaux :

De pouvoir intensifier des actions de mobilisations de fonds pour leur permettre d’apporter des réponses aux difficultés liées aux conditions de vie des personnes de  déplacées Salamabila se trouvant à Kindu, Kibombo, Kasongo et Kalima.

SYC

 

RDC : le Conseil des droits de l’homme de l’ONU invité à approfondir l’enquête sur la région du Kasaï

Kinshasa, le 4 juillet 2018 – Human Rights Watch a exhorté le Conseil des droits de l’homme de l’ONU de renouveler et d’étendre le mandat des experts, pendant au moins un an, pour mener de nouvelles enquêtes sur les Kasaï et au-delà, à des fins de responsabilisation.

“Un mécanisme dédié couvrant le pays dans son ensemble est nécessaire pour garantir la surveillance et l’établissement de rapports auprès du CDH, pour répondre rapidement aux événements dès qu’ils se produisent et pour fournir des recommandations au gouvernement de la RD Congo et à la communauté internationale”, a estimé  Human Rights Watch dans un message publié sur son blog.

En effet, soutient cette organisation, les abus commis en RDC et le fort potentiel de nouvelles flambées de violences à grande échelle sur fond de contexte politique incertain requièrent des enquêtes sur les droits humains et un suivi supplémentaires.

“Nous venons d’entendre les récits terrifiants des atrocités perpétrées dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo, qui, d’après les conclusions de l’équipe d’experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les forces de sécurité congolaises et par plusieurs milices”, rapporte le message.

Depuis août 2016, environ 5 000 personnes, et bien plus possiblement, ont été tuées au Kasaï, et plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées. Seuls quelques suspects de rang subalterne ont été traduits en justice et aucun n’a été jugé responsable pour le meurtre des deux enquêteurs des Nations Unies et la disparition de leurs chauffeurs et de leur interprète congolais en mars 2017. Les attaques contre les civils se poursuivent au Kasaï et il existe un risque de nouvelle intensification, car les causes sous-jacentes des violences n’ont pas été résolues.

Aujourd’hui, près de 4,5 millions de personnes dans toute la RD Congo ont été déplacées. Depuis décembre dernier, les violences se sont intensifiées dans la province d’Ituri, avec des incidents terrifiants de massacres, de viols et de décapitations. Les civils continuent également d’être pris pour cibles dans les provinces du Kivu, où des groupes armés et les forces de sécurité ont tué plus de 460 personnes et enlevé 730 autres depuis janvier. Dans la province du Tanganyika, plus de 200 personnes ont été tuées et de nombreux villages et camps de déplacés ont été incendiés depuis la résurgence des violences au milieu de l’année 2016.

https://twitter.com/UN_HRC/status/1014094758048882688

Les récentes violences en RD Congo sont, en grande partie, suscitées ou exacerbées par la crise politique du pays, alors que le président Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir au-delà des deux mandats permis par la Constitution en retardant les élections et en réprimant la dissidence. Même si des élections sont prévues pour décembre, la répression continue, Joseph Kabila n’a pas encore annoncé explicitement qu’il quittait le pouvoir et l’opposition comme la société civile accordent peu de confiance à la crédibilité du processus.

“Le risque d’une reprise des violences, des abus et de la répression dans les mois à venir est très élevé, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la région. Les abus commis en RD Congo et le fort potentiel de nouvelles flambées de violences à grande échelle sur fond de contexte politique incertain requièrent des enquêtes sur les droits humains et un suivi supplémentaires”, préconise Human Rights Watch.

SYC