RDC : GEC publie un rapport sur la crise au Kasaï [Résumé]

Kinshasa, le 17 juillet 2018 – Le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) vient de rendre public un nouveau rapport intitulé : «Mettre le feu à sa propre maison: la crise au Kasaï, la manipulation du pouvoir coutumier et l’instrumentalisation du désordre». Ci-dessous, le résumé :

Depuis août 2016, la région du Kasaï a vu l’une des escalades de violence les plus dramatiques de l’histoire congolaise. Une lutte localisée pour le pouvoir coutumier s’est rapidement répandue dans quatre provinces, alimentée par le ressentiment suscité par la marginalisation économique et politique, et aggravée par le recours disproportionné à la force par le gouvernement pour réprimer la révolte.

En l’espace d’un an, 1,4 million de personnes ont été déplacées et des douzaines de milices armées ont été formées. L’église catholique a dénombré 3 383 décès dus à des conflits dans la grande région du Kasaï pour la seule période du 13 octobre 2016 au 17 juin 2017.

La crise révèle la rapidité avec laquelle un conflit local peut se propager dans le contexte instable actuel de la RD Congo. L’accent mis par le gouvernement sur une réponse militaire étroite a aggravé la crise. Au lieu de chercher une solution négociée aux griefs d’un chef coutumier provocateur, les forces de sécurité l’ont tué, puis ont fait usage d’une brutalité extrême pour tuer des centaines de miliciens dépenaillés – des enfants pour la plupart munis d’armes rudimentaires — et de civils.

L’armée et la police ont ensuite aidé à mettre en place des milices rivales, soutenues aux niveaux national et provincial par des politiciens. En revanche, il n’y a eu pratiquement aucune tentative sincère de la part du gouvernement pour s’attaquer aux causes profondes du conflit ou chercher à le résoudre de manière pacifique.

Cette crise remet en cause une hypothèse tacite au sujet du Kasaï : cette colère généralisée suscitée par la marginalisation politique et économique ne pourrait conduire à un conflit armé. La propagation rapide de la rébellion de Kamuina Nsapu et ses attaques sanglantes contre les institutions étatiques devraient amener les décideurs à réexaminer la façon dont ils évaluent les dynamiques politiques en RD Congo de manière plus générale.

Les principaux facteurs à l’origine de la crise sont plus ou moins répandus dans la majeure partie du pays à des degrés différents : la manipulation des luttes locales pour le pouvoir coutumier, la marginalisation sociale et les élites qui, dans le climat actuel d’incertitude politique, aggravent ou bien sont indifférentes à la violence généralisée.

Bien que le conflit dans le Kasaï ait diminué, les niveaux de souffrance humanitaire restent extrêmement élevés, et le potentiel pour de nouvelles violences, en particulier dans la province du Kasaï, subsiste. Il est difficile d’envisager une solution globale à ces défis, ou d’empêcher de nouvelles violences, sans aborder les dynamiques nationales. Le gouvernement congolais devra mettre en place des initiatives, soutenues par des bailleurs de fonds, pour faire face aux conflits coutumiers et réformer les structures de pouvoir traditionnelles.

Les efforts visant à rompre l’isolement économique des provinces du Kasaï et à promouvoir un dialogue inclusif devraient se poursuivre. Peut-être le plus important est-il que les agents du gouvernement, notamment les officiers de l’armée, soient tenus de rendre des comptes pour avoir encouragé la violence ou fait un usage disproportionné de la force pour la réprimer.

Télécharger le Rapport : «Mettre le feu à sa propre maison: la crise au Kasaï, la manipulation du pouvoir coutumier et l’instrumentalisation du désordre»

RDC : la VSV craint que John Numbi soit chargé d’une autre mission des représailles contre les défenseurs des droits humains

Kinshasa, le 15 juillet 2018 – La Voix des Sans Voix (VSV) a exprimé son inquiétude après la nomination du général John Numbi en qualité d’inspecteur général des FARDC samedi dernier par ordonnance présidentielle. Elle dit craindre que ce dernier soit chargé d’une nouvelle mission des représailles contre les défenseurs des droits humains en RDC.

D’après Rostin Manketa, cette nomination est un motif réel d’inquiétude pour tous les défenseurs des droits humains au regard du contexte sociopolitique actuel en RDC.

« Nous craignons, à la suite de l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, que le général John Numbi, fort de ses nouvelles fonctions en RDC, soit chargé d’une autre mission des représailles contre les défenseurs de droits humains en RDC », s’est inquiète le directeur exécutif de la VSV dans une interview accorée à 7sur7.cd.

Si le nouvel inspecteur général des FARDC fait l’objet de suspicions dans l’assassinat de feu le président et fondateur de la VSV, Floribert Chebeya, cette organisation de la société civile s’oppose catégoriquement à sa nomination. Elle estime que même au sein de l’armée, le peuple a besoin des officiers supérieurs ou généraux qui sont des modèles en matière de respect des droits humains.

« Lui, avec tout ce qu’il a comme dossier par rapport aux violations de droits humains dans notre pays, ne pouvait pas être élevé à cette fonction si importante des Forces Armées de la RDC », a conclu Rostin Manketa.

Huit ans après l’assassinat de Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, les ONGDH de la RDC déplorent que le principal suspect, le général John Numbi, n’a pas été condamné par la justice congolaise et il est totalement libre de tous ses mouvements.

Le seul espoir repose sur la justice internationale pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Chebeya et Bazana avec le procès ouvert contre le Major Paul Mwilambo au Sénégal.

SYC

RDC : FBCP dénonce la barbarie policière contre les civils à Kinshasa

Kinshasa, le 16 juillet 2018 – La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) dénonce la continuité de la barbarie policière contre la population civile à Kinshasa. Alors que la police est censée assurer la protection des civils et de leurs biens, le garde du corps d’un major a ouvert le feu sur la population. Cette structure demande des poursuites judiciaires contre ce policier pour la meute et des blessés graves. Et son chef, pour non-assistance à la personne en danger et mauvaise consigne.

En effet, en date du 14 juillet 2018 vers 17H30, un major de la police, non autrement identifié à bord d’un voiture communément appelé KETCH de couleur grise, habitant sur l’avenue Maringa dans la commune de Kasa-Vubu dans une maison d’étage entre l’avenue Éthiopie était de passage pour aller chez lui. Arrivé au niveau du marché KOWEÏT, il y a avait des marchandises étalées sur l’avenue Maringa. Le garde du corps du major est sorti de la voiture pour dégager la route brutalement. Et, il y a eu des disputes avec les vendeurs.

Devant son chef le major, le garde du corps va arrêter un parmi eux avant de le mettre par la force dans le coffre de leur voiture. Ceux qui voulaient intervenir, le garde du corps a menacé de tirer sur eux.

A l’instant, il a commencé à tirer en l’air. Ensuite, à bout portant sur un jeune homme âgé de 27 ans dénommé FRANÇAIS qui était assis en train de boire son jus et priant dans l’Église NOUVEL ISAREL (CMEN). Il a été trouvé mort non loin de cette l’Église. Trois blessés graves dont un état de coma. Il s’agit de messieurs LOAMBO, Nzinga et autre non autrement identifié. Tous les blesses ont étaient acheminés à l’hôpital de la Colonel KOKOLO pour les soins médicaux appropriés.

Cette situation a irrité davantage les jeunes du quartier qui ont tenté de manifester leur mécontentement devant de la FUNA. Parce que cet incident été produit tout près du sous-commissariat de la Maringa sans que les policiers en poste ne se soient déplacés pour intervenir.

Selon information de la FBCP, il y a eu des arrestations parmi des mécontents que certains policiers ont considérés comme des KULUNA simplement parce qu’ils ont protesté contre la barbarie policière.

La FBCP demande des poursuites juridiques contre le garde-corps du major pour meurtre, et blessés gravés et son chef le major pour non-assistance à la personne en danger et la consigné mal donnée.

“Que le corps de Monsieur FRANÇAIS soit remis à sa famille par l’intermédiaire de son Église et que l’état procède au dédommagement de la famille ; que l’état congolais prenne en charge les frais d’hospitalisation des blessés ; que la ministre de l’Intérieur et les responsables de la Police nationale congolaise instruise les agents en uniformes pour éviter de tueries et des arrestation arbitraires ; enfin, que la police libère toute les personnes arrêtées dans la même l’affaire”, a recommandé Emmanuel Adu Cole, président de la Fondation Bill Clinton Pour la Paix FBCP.

FBCP