Shabunda, Sud-Kivu: 73 cas de viol et 69 cas de torture dans 72h

Le territoire de SHABUNDA est parmi les territoires de l’Est de la RDC le plus touché par des guerres et incursions à répétition suite à un grand nombre des groupes armés permanent dans ce dernier.

Ces incursions et ou guerres se font le plus souvent entre les FARDC et ces groupes armés, et qui sont à l’origine de plusieurs violations de droits humains dans la communauté locale, comme les meurtres, assassinats, le recrutement des enfants dans les forces et groupes armés, les arrestations arbitraires, les viols et violences sexuelles, le mouvement de la population et bien d’autres à titre illustratif.

C’est le cas des affrontements qui se sont déroulés du 16 au 18 Avril 2018 et ceux du 15 Mai 2018 dans la zone de santé de MULUNGU, groupement de BAMUGUBA SUD chefferie de BAKISI entre les FARDC et la coalition des groupes armés RM KOKODIKOKO et NDARUMANGA.

Ces affrontements ont touchés 11 villages dont MOOTO, BULUMBU, CHELAMAZI, NGELINGELI, KWAMOTOKO, KEBA, WAMELI, MAPIMO, KAMUNGINI, NSANGI et PARKING.  Après ces affrontements, beaucoup de cas d’abus de droits de l’homme ont été enregistrés. Il s’agit de 73 (femmes et enfants) cas de viol tous de moins de 72 heures, 69 (hommes) cas de torture, 07 cas de recrutement des enfants dans les groupes armés des RM KOKODIKOKO et NDARUMANGA, 02 (enfants) cas de morts ; incendies des maisons, pillage systématique des biens, le déplacement massif de la population, l’enlèvement, fermeture des écoles, pour ne citer que ça.

Malgré les efforts fournis par certaines organisations dont le RESEAU DES VICTIMES DE L’INSECURITE AU CONGO ; d’accompagner certains vulnérables de ses affrontements et en vue si possible d’apporter réponse aux violations susmentionnées, les victimes ne sont pas encore remis dans leurs droits, les bourreaux courent toujours et le Gouvernement Congolais reste insensible.

Nous recommandons donc :

  • Au Gouvernement tant national que Provinciale :
  • de sécuriser toute l’étendue de la République, en particulier le territoire de SHABUNDA;
  • de remettre les victimes de ces violations dans leurs droits en poursuivant les bourreaux et surtout en mettant fin à l’existence de ces différents groupes armés qui sèment la désolation dans le territoire de Shabunda
  • de renforcer les capacités des éléments des FARDC ainsi que de la PNC qui sont basés dans cette zone pour qu’ils fassent leur travail professionnellement et avec patriotisme au lieu de livrer à la tracasserie de la population
  • De renforcer les structures de prise en charge de victimes.
  • Enfin, de réhabiliter la route SHABUNDA en passant par KIGULUBE pour diminuer les risques et difficultés liés au mauvais état de la route.
  • Aux Organisations de la Société civile, de multiplier les sensibilisations, les séances de plaidoyer et autres actions pouvant contribuer à l’éradication de l’insécurité dans le territoire de Shabunda
  • Aux Organisations Internationales, qui sont les bienvenus à SHABUNDA, de venir en aide aux victimes par un appui socio-économique efficace afin d’améliorer tant soit peu la vie sociale des victimes car ces dernières ont souhaité être assistées socialement, psychologiquement, juridiquement et médicalement.
  • A toute la communauté congolaise en général et celle de KIGULIBE en particulier, d’aider les femmes victimes de viols et violences sexuelles car elles restent des êtres humains.

Fait à Bukavu, le 17 Aout 2018

Maitre Clarisse AWA N’IBAMBA

Coordinatrice

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*