Condamnation de 4 militants de Lucha aujourd’hui à Goma

11180315_750785488383193_4204928702869544223_n

Kinshasa, le 18 septembre 2015 – L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) dénonce la condamnation de quatre membres de LUCHA à six mois de prison assortis d’un sursis de douze mois, aujourd’hui, par le Tribunal de grande instance de Goma pour avoir participé une marche pacifique le 10 avril 2015.

En effet, à la suite de l’arrestation de leur collègue Fred BAUMA à Kinshasa, les membres de LUCHA dont Messieurs AKILI Trésor, KAMBERE Sylvain, KASEREKA Vincent, MULUME Gentil avaient entrepris la sensibilisation de l’opinion à Goma pour obtenir sa libération.

C’est ainsi que le 17 mars 2015, la LUCHA avait adressé au Maire de la Ville de Goma la lettre sans numéro, avec copies à plusieurs autres autorités dont le Gouverneur de Province, l’informant de sa décision d’organiser une marche pacifique le 10 avril 2015 pour exiger la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala.

Le 10 avril 2015, cette marche fut réprimée violement par la police et plusieurs de ses membres furent arrêtés et torturés dont les quatre condamnés aujourd’hui pour « provocation à la désobéissance aux lois par l’organisation d’une marche publique non autorisée… ».

Les autorités judiciaires ont refusé d’ouvrir une enquête sur les actes de torture et de mauvais traitements dont ils ont été victimes en dépit de leur insistance lors de leur première audition au Parquet.

Le Tribunal n’a pas dit le droit, mais a prononcé la volonté du gouvernement qui tient à tout prix à faire taire les mouvements des jeunes qui s’engagent pacifiquement pour la promotion et la défense des valeurs des droits de l’homme et la démocratie en RDC », a déclaré Me Venance Kalenga, Chargé de protection à l’ACAJ.

Cette décision prouve que le Gouvernement n’entend pas tolérer le travail des défenseurs des droits de l’homme et/ou activistes pro-démocratie d’autant plus qu’elle intervient vingt-quatre heure après celle de la Haute Cour de Kinshasa qui acquitte quatre accusés et réduit scandaleusement la peine d’un autre dans le procès Chebeya !, a-t-il ajouté.

L’ACAJ rappelle le Gouvernement que la RDC a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples … qui l’obligent à assurer à tous les citoyens la pleine jouissance des droits et libertés fondamentaux dont la liberté d’expression, la liberté d’opinion et le droit à manifester pacifiquement. Et qu’elle a adhéré à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme qui lui imposent des obligations de les protéger ainsi que leur travail.

Elle encourage les quatre membres de LUCHA à faire appel contre la décision du Tribunal de grande instance de Goma et poursuivre leur travail sans relâche.

Pour contact presse :

Me Venance Kalenga, Chargé de protection à l’ACAJ

Téléphone : +243 99 743 28 86

Email : acajasbl@yahoo.fr

Sankuru : Une radio fermée en représailles contre un dissident

Des journalistes de Radio Okapi en studio à Kinshasa.

Kinshasa, le 18 Septembre 2015

Journaliste en danger (JED) est consternée par la fermeture de la Radio Owoto, station émettant à Katakokombe, cité située à 125 Km de Lodja, chef-lieu de la nouvelle province de Sankuru (Ouest de la RDC) et propriété de M. Christophe Lutundula Pene Apala, député national et membre du groupe de sept partis politiques qui ont fait dissidence dans la majorité présidentielle et qui exigent du Président Joseph Kabila le respect de la Constitution qui limite à deux ses mandats présidentiels.

Selon les informations parvenues à JED et confirmées par une autorité locale de Katakokombe, les équipements de la Radio Owoto ont été emportés, jeudi 17 septembre 2015 vers 14 heures, par M. Robert Kambale Kasese, adjoint du responsable local de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), accompagné des quelques éléments des Forces Armées lourdement armés.

Parti de Lodja, l’administrateur adjoint provincial de ce service des renseignements communément appelé «Redoca »  s’est rendu personnellement, jeudi 17 septembre 2015, dans les installations de la Radio Owoto où il a intimé l’ordre aux militaires de déconnecter tous les équipements de ce média avant de les emporter à la résidence de M. Emile Oshunga, Administrateur du territoire de Katakokombe. Escorté par une jeep des FARDC, il s’est de nouveau présenté, vendredi 18 septembre 2015 vers 3 heures du matin au domicile de l’Administrateur du territoire d’où il a emporté à Lodja le matériel de travail consigné de ce média, composé de l’émetteur, du mixeur, des micro, etc.

Contactée par JED, une autorité administrative locale a déclaré que M. Robert Kambale leur a dit agir sur ordre de la « haute hiérarchie ».

Journaliste en danger (JED) condamne avec véhémence cet acte de représailles  politique dont un média est victime.

JED demande instamment aux autorités nationales et locales concernées de ne pas mêler la presse dans leurs conflits politiques et d’ordonner la restitution sans conditions des équipements de la Radio Owoto afin de lui permettre de reprendre ses activités.

Pour tout contact :

Journaliste en Danger (JED)

374, avenue Colonel Mondjiba, complexe Utexafrica, galerie Saint Pierre, Commune de Ngaliema, Kinshasa/RD Congo

Téléphone : +(243) 99 99 96 353, +(243) 81 99 96 353

jedkin@jed-afrique.org

www.jed-afrique.org

JED demande au CSAC de faire cesser la diffusion dans les médias congolais d’un spot qui fait l’apologie de la violence

Boulevard du 30 juin

Kinshasa, le 17 Septembre 2015

« Journaliste en danger (JED), Organisation dédiée à la défense et à la promotion de la liberté de l’information,  observe, avec une grande appréhension, la diffusion depuis plusieurs semaines sur quelques chaînes de télévision à Kinshasa, et dans certains réseaux sociaux, d’un Spot de propagande en faveur de la tenue du Dialogue national intitulé : « A nous de décider », peut-on lire dans une lettre adressée, jeudi 17 septembre 2015, au Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) par le Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi.

Dans ce document audiovisuel dont l’auteur n’est pas identifié, on voit des images vantant les réalisations du Pouvoir en place, et à côté desquelles sont juxtaposées des scènes de violences et de chaos enregistrées en RDC lors des élections de 2006 et 2011, et dans certains pays étrangers secoués par des troubles politiques. Puis une voix disant : « C’est à nous de choisir…; choisir la paix ou le chaos ».

Pour JED, il n’y a aucun doute que ce Spot a été pensé et monté dans des officines politiques dans le but manifeste de faire peur et d’un conditionnement psychologique de la population, au moment où une grande controverse s’installe dans la classe politique autour de la nécessité ou non de la tenue du Dialogue initié  par le Chef de l’Etat.

« Le message tendancieux et dangereux consistant, sournoisement, à présenter les élections à venir en RDC comme synonymes d’un chaos annoncé, n’est ni plus ni moins,  qu’une tentative de manipulation de l’opinion,  et une apologie de la violence intolérable », martèle JED.

Dans cette correspondance envoyée notamment au Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, aux Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’au Ministre des Médias, JED a tenu à souligner la responsabilité qui incombe à l’instance de régulation des médias qui a la charge de « veiller au respect de la déontologie en matière d’information », et a rappelé l’article 6 de la loi organique du CSAC qui interdit, à travers les médias, l’apologie du crime, l’incitation à la violence, et toute autre forme de discrimination.

« On sait que pour déclencher la violence, il suffit de  peu de choses : d’un silence complice ou de quelques mots qui véhiculent un poison haineux. Par conséquent, JED estime qu’il est encore temps de faire baisser la fièvre qui s’est emparée de notre pays ; et qu’il est du devoir du CSAC , et de toutes les autorités qui nous lisent en copies, de ne pas laisser instrumentaliser la presse, de ne pas la détourner de sa mission,  et de ne pas la soumettre à une violence facile ; mais au contraire de la libérer, de favoriser son indépendance et sa prospérité, et de lutter contre ses prédateurs », conclu la correspondance.

Pour tout contact :

Journaliste en Danger (JED)

374, avenue Colonel Mondjiba, complexe Utexafrica, galerie Saint Pierre, Commune de Ngaliema

Kinshasa/RD Congo, Téléphone : +(243) 99 99 96 353, +(243) 81 99 96 353

jedkin@jed-afrique.orgwww.jed-afrique.org