RDC : Le climat sécuritaire tendu à Kolwezi inquiète les ONG des droits de l’homme

(Lubumbashi et Kolwezi, 19 avril 2016) – JUSTICIA Asbl et la ligue nationale paysanne des droits de l’homme, deux organisations non gouvernementales congolaises œuvrant pour la  promotion et la protection des Droits de l’homme, expriment leurs vives inquiétudes au sujet de la détérioration du climat sécuritaire ayant marqué la ville de Kolwezi  principalement au quartier Hewa Bora dans la cité de Kanina le 16 et 17 avril 2016.

En effet, il nous revient du recoupement des informations  que dans la nuit du 16 au 17 avril 2016, un groupe de  6 personnes habillées en tenue de la police nationale congolaise s’est furtivement introduit dans la maison de Monsieur  Claude NGOY KATUNYIE, habitant du quartier Kanina  dans la commune de Dilala, pour y subtiliser sa moto. Du fait d’avoir été reconnu par la victime, les bandits tirèrent à bout portant sur elle et son beau-frère Valdez DISELE WA NKULU, qui succombèrent sur place. Et ils imposèrent des rapports sexuels à son épouse ainsi qu’a  sa  fille âgée de 15 ans qui  sont en soins intensifs dans un hôpital de la place.

Mécontente de la recrudescence de l’insécurité et de l’inaction de la police, la population s’est tiraillée avec les policiers et les militaires qui voulaient récupérés les deux corps, interviendront alors  des tirs à balles réelles sur les manifestants.  C’est donc avec l’autorisation du Gouverneur de la province du Lualaba, Monsieur MUYEJ MANGEZ qui est arrivé tardivement en provenance de Kinshasa, que les deux corps sans vie furent acheminés  à la morgue de l’hôpital  Mwangeji.

Le bilan provisoire fait état de huit personnes tuées, en ce compris, les deux corps sans vie, visiblement criblés des balles qui viennent d’être repêchés du Lac Kabongo et plusieurs blessés disséminés dans les   institutions hospitalières de la ville de Kolwezi. Parmi les cadavres, 4 corps dont celui de KAFUNDA LUBEMBA Gogo et Cédric Cedou  sont à la morgue de l’hôpital du personnel de Kolwezi HPK en sigle, 4 à la morgue de l’hôpital Mwangeji.

Il convient de rappeler que pas plus tard le mardi 12 avril 2016, dans le quartier précité, la population s’en est pris à un voleur en le brulant vif parce que considérant qu’en faisant appel à la police, soit qu’elle ne viendra pas soit qu’elle viendra avec un grand retard causant ainsi un grand préjudice.

Par ailleurs, au mois de décembre 2015, dans  la nuit du 30 au 31 à Luilu, une cité de la ville Kolwezi, monsieur MBAYO ILUNGA  Clovis, âgé d’une trentaine d’année  avait été assassiné par  un groupe de 7 personnes dont deux policiers et  cinq civils  qui s’étaient introduits dans sa maison de manière ciblée compte tenu des activités commerciales qu’il menait dans le quartier et ce en subtilisant une importante somme d’argent.

Ce comportement démontre le sentiment d’insécurité grandissante et d’une population de plus en plus désespérée par l’inefficacité ou sinon la complicité des services chargés de lui assurer  la sécurité.

A ce propos, les reformes de service de sécurité et principalement la police de proximité semble être  une parfaite utopie.

Eu égard à ce qui précède, JUSTICIA Asbl  et la LINAPEDHO recommandent à l’Assemblée nationale et  Au gouvernement  national de mettre en place une commission d’enquête indépendante pour découvrir ce qui s’est passé et dégager ainsi les responsabilités ;    à l’auditeur militaire garnison de Kolwezi d’ouvrir un dossier judiciaire contre tous les hommes en uniforme qui ont tiré à bout portant contre la population.

Et aux familles éprouvées, de porter plainte devant les instances judiciaires compétentes en vue d’envisager des réparations pour les préjudices subis.

SYC

Ci – JointCommuniqué de presse conjoint

RDC : Nord-Kivu, CODHAS appelle à la publication des résultats de la commission d’arbitrage des conflits coutumiers

(Rutshuru, le 14 avril 2016– Le Centre d’Observation des Droits de l’Homme et d’Assistance Sociale, en sigle CODHAS, demande au Vice Premier Ministre et Ministre  en charge de la décentralisation et affaires coutumières de procéder à la publication immédiate des résultats de la commission d’arbitrage des conflits coutumiers pour la province du Nord-Kivu.

C’est ce mardi, 29 mars 2016 que le gouverneur de province du Nord-Kivu a signé l’arrêté portant suspension du chef de chefferie de Bukumu, en territoire de Nyiragongo. CODHAS constate que cette mesure a provoqué une liesse populaire à Nyiragongo, où une marche pacifique de soutien a été organisée qu’en date du 1er avril 2016.  A son article 2, cet arrêté stipule que ; la suspension jusqu’à la publication des conclusions de la commission d’arbitrage des conflits coutumiers en territoire de Nyiragongo.

CODHAS rappelle que les conflits coutumiers sont parmi les conflits les plus récurrents dans la province du Nord-Kivu, particulièrement dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Depuis 2010, des violations graves des droits humains en rapport avec ces conflits ont été ainsi documentés dans ce territoire notamment : 16 cas d’assassinats ciblés, 13 cas d’arrestations arbitraires suivis de cas de tortures et des tentatives d’assassinats, 6 cas d’enlèvements, 8 cas de spoliation des terres, 6 cas de clandestinité pour certaines parties au conflit et tant d’autres. Pour ce, les victimes attendent la publication des résultats des commissions d’arbitrage des conflits coutumiers qui se sont succédés.

« Nous avions salués la mise en place de ces commissions spécifiques pour régler les conflits coutumiers, dont les conséquences ne sont plus à démontrer ici au Nord-Kivu. Malheureusement, les résultats de toutes les trois commissions de 2010, 2014 et 2015 n’ont  pas été publiés », a déploré un participant aux plénières de ces commissions.

Alors que toutes les pistes de solution pour la recherche de la paix sont scrutées au Nord-Kivu, la publication des résultats « crédibles » de la dernière commission d’enquêtes de fin 2015 est l’une de solution pour la consolidation de la paix au Nord-Kivu.

CODHAS demande au gouvernement de s’engager davantage pour le règlement définitif des conflits coutumiers au Nord-Kivu. La mise en place de la Commission d’octobre – novembre 2015 conformément à l’article 36 de la loi N°15/015 du 25 aout 2015 fixant les statuts des chefs coutumiers n’étant pas suffisant, il y a lieu d’éviter que la pression politique fasse biaiser ces résultats comme ceux de 2010 et 2014.

« Compte tenu de la situation actuelle sur terrain, le ministre ayant les affaires coutumières dans ses attributions est appelé à instruire les membres de la commission à publier, sans délai, les résultats de ses consultations en province du Nord-Kivu afin de contribuer au processus de paix durable. Car les conflits coutumiers sont parmi les conflits virulents à l’est de la République Démocratique du Congo », a déclaré Hervé Nsabimana, Coordonnateur du CODHAS.

Pour rappel, la commission de 2010 était présidée par le mwami Saambili Bamukoka. Cette commission avait menée ses consultations entre les parties en conflits dans toutes les entités coutumières concernées de la province du Nord-Kivu. Les résultats avaient été contestés par plusieurs parties aux conflits. Notons que cette commission était composée des acteurs provinciaux avec des témoins du ministère national ayant les affaires coutumières dans ses attributions.

En 2014, suite aux contestations des résultats de la précédente commission, le ministre national de l’intérieur et affaires coutumières avait envoyé une équipe afin de travailler avec la commission provinciale pour tenter de trouver une solution aux conflits. Cependant, les résultats étaient aussi entachés d’irrégularités.

En novembre 2015, une nouvelle commission avait écouté les parties en conflit au Nord-Kivu. À la différence de deux précédentes, celle–ci était présidée par l’équipe du ministère national de la décentralisation et affaires coutumières. Les membres de la commission provinciale ont assistés en qualité des témoins. Cette commission a travaillée dans un climat de tension entre les parties jusqu’au point de suspendre les audiences de Rutshuru et de les délocaliser à Goma. Depuis la fin de ces travaux, les résultats de la commission n’ont pas encore été publiés. D’où le sens des inquiétudes des parties aux conflits ayant participées aux audiences.

SYC

RDC : 212 ONG recommandent à Kabila de faire libérer Jean Marie Kalonji détenu arbitrairement depuis 4 mois

Kinshasa- le 14 avril 2016 –  Le Gouvernement congolais doit fournir des informations sur les motifs d’arrestation et de détention au secret du jeune activiste pro-démocratie Jean Marie Kalonji depuis quatre mois. Ce dernier a été enlevé le 15 décembre 2015 par des personnes non autrement identifiées, et est détenu au secret.

Les organisations signataires du présent communiqué craignent qu’il fasse l’objet de disparition forcée. « Nous sommes profondément préoccupées par la détention au secret de cet activiste pro-démocratie pour avoir osé exprimer ses opinions publiquement en exigeant le respect de la constitution », a déclaré Robert Ilunga, Directeur exécutif de ANMDH.

Jean-Marie KALONJI, âgé de 30 ans, est coordonnateur du mouvement pro-démocratie « Quatrième Voix ». Il préparait une marche pacifique prévue au début du mois de janvier 2016 pour réclamer le respect de la constitution. Le 15 décembre 2015 vers 15 heures, quatre hommes l’avaient enlevé sur le Boulevard du 30 juin, à la hauteur de l’immeuble SOZACOM alors qu’il sortait d’une réunion de planification de ladite marche. Ils l’avaient acheminé vers une destination inconnue.

Georges Kapiamba de l'ACAJ et Franck Banza de l'ANMDH devant la presse ce 14 avril à Kinshasa. Ph. Tiers
Georges Kapiamba de l’ACAJ et Franck Banza de l’ANMDH devant la presse ce 14 avril à Kinshasa. Ph. Tiers

Après plusieurs semaines de recherche, sa famille a été informée qu’il serait détenu au cachot de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) communément appelé « 3Z ». Il est privé de droit de visite familiale, d’assistance d’un conseil de son choix et d’être présenté devant une autorité judiciaire compétente après l’expiration du délai de la garde à vue.

Les organisations signataires rappellent que les disparitions forcées sont définies par le droit international comme une arrestation ou une détention d’une personne par des responsables du gouvernement ou leurs agents, qui refusent de reconnaître la privation de liberté, ou de révéler le sort de la personne ou le lieu où elle se trouve. Elles vont à l’encontre du respect des droits humains fondamentaux protégés par le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques que la RD Congo a ratifié.

Aussi, insistent-elles que dans sa résolution 2277 du 30 mars 2016, le Conseil de sécurité des Nations Unies a appelé le gouvernement congolais à faire cesser immédiatement les arrestations et détentions arbitraires des membres de l’opposition et de la société civile, qui confirment la tendance à la restriction de l’espace politique.

« Depuis plus d’un an, nous assistons à une véritable politique de restriction de l’exercice des libertés publiques dans notre pays. Ceci est très inquiétant surtout en cette période pré-électorale où les autorités congolaises devraient en garantir la jouissance à tout citoyen sans discrimination fondée notamment sur l’appartenance politique», a déclaré Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ.

C’est pourquoi, les organisations de défense des droits de l’Homme signataires recommandent au Président de la République et Chef de l’Etat, de faire libérer Jean-Marie Kalonji et poursuivre les auteurs de son arrestation et sa détention arbitraires.

SYC

Ci – Joint : Communiqué de presse pour la libération de JM Kalonji avec 212 Signataires