RDC : l’UNPC exige des sanctions contre le militaire ayant séquestré deux journalistes à Bukavu

Bukavu, le 13 juillet 2018 – L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) section du Sud-Kivu a exigé des sanctions sévères contre le militaire qui a procédé, samedi 7 juillet 2018, à l’arrestation et la séquestration des journalistes Ghislain Watongoka et Ronely Ntibonera. Des actes qu’il condamne avec la plus grande fermeté.

Dans un message relayé par la presse locale, le vice-président provincial de l’UNPC, Gaël Mpoyo rappelle au gouverneur du Sud-Kivu, Claude Nyamugabo, sa promesse de veiller au libre exercice de la liberté de la presse à travers la province.

« Nous condamnons avec fermeté et exhortons le gouverneur du Sud-Kivu, qui a reçu y a quelques mois un diplôme de protecteur des Journalistes de la part de l’Union Nationale de la Presse du Congo de s’impliquer pour une réparation et que les commanditaires répondent de leurs actes devant les instances judiciaires et que ça serve d’exemple », a – t – il indiqué.

 A la Justice militaire et à sa hiérarchie, l’Union Nationale de la Presse du Congo demande des sanctions sévères contre cet élément et menace de recourir aux actions d’envergure pour ces journalistes soient remis dans leurs droits.

Les deux journalistes exerçant à Bukavu ont été arrêtés puis séquestrés pendant deux heures par un officier des forces armées de la RDC, non loin de l’hôtel La Roche situé sur l’avenue Nyofu samedi dernier alors qu’ils couvraient une actualité sur un conflit foncier.

SYC

IRDH : “le peuple congolais ne peut s’accrocher à un processus électoral incertain”

Lubumbashi, le 30 Juin 2018 – Les chercheurs du Projet d’Application des Droits Civils et Politiques (PAD-CIPO) demandent au Président de la République de réconforter le processus électoral, car la population ne peut s’accrocher à une situation incertaine. A l’instar de l’Eglise Catholique, l’IRDH estime qu’il est urgent de rassurer l’alternance politique, pierre angulaire de la démocratie et de l’Etat de droit, en toute responsabilité devant la Nation, au regard de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Afin de permettre au peuple congolais de s’accrocher au processus électoral, les chercheurs de l’IRDH recommandent à Joseph Kabila d’évacuer la série d’incertitudes, en disant sans tergiverser que :

1. Il n’est pas candidat à un troisième mandat présidentiel, contrairement à la campagne amorcée par son parti politique et les tentatives des membres de l’actuel Gouvernement mu en coalition électorale ;
2. Il respecte les Accords de la Saint Sylvestre, en libérant les prisonniers politiques emblématiques et en arrêtant le harcèlement judiciaire dénoncé par les évêques Catholiques ;
3. En tant que Garant de la Nation, il écoute les critiques de la population contre la machine à voter et invite la CENI à rétablir la confiance avec celle-ci, en abandonnant ce projet.

En effet, rappellent – ils, dans son message du 30 Juin 2018 (la nuit du 29), le Président de la République a invité la classe politique et toutes les forces sociales à s’impliquer dans les élections en vue de consolider la jeune démocratie.

Cependant, l’incertitude se lit dans les messages des autres institutions publiques appelées à rassurer la population.

“Le jour même du discours du Président de la République, le Président OLENGA NKOY Joseph du Conseil National du Suivi de l’Accord (CNSA) a semé le doute sur ledit processus, en invitant quiconque détiendrait des informations sur « la dangerosité de l’utilisation de la machine à voter et de son caractère peu fiable», à contacter son institution, au plus tard le 2 juillet. On ne peut amorcer une investigation, sans renseignements préalables sur le crime”, indique le communiqué officiel de l’IRDH.

Le 22 juin 2018, poursuit le même communiqué, le Président de la CENI, Monsieur NAANGA Corneille, répondant à une question de la Radio France Internationale (RFI) relative à la crise de confiance sur le processus électoral, il dit que sa mission n’est pas de créer la confiance avec la population. Ceci revient à dire qu’il ne se préoccupe pas de la population appelée ce jour à s’accrocher audit processus.

Le 07 juin 2018, le Porte-Parole du Gouvernement rapporte que le Conseil de Ministres a peaufiné une stratégie de création d’une coalition politique électorale (Front Commun pour le Congo, FCC) préoccupée par la conservation du pouvoir.

Les chercheurs de l’IRDH se demandent comment le Gouvernement, Pouvoir Exécutif de la République servira la population, si sa mission devient la conquête du pouvoir « démocratiquement », mission dévolue aux parties politiques.

Par ailleurs, en dépit du fait que la Constitution interdit au Président en exercice de postuler pour un troisième mandat, le Secrétaire Général de son parti politique harangue des foules les incitant à soutenir une troisième candidature de KABILA à sa propre succession, sans que le Parquet Général n’ouvre une enquête judiciaire pour incitation à la trahison, appel du public à violer la Constitution ou rébellion contre l’ordre constitutionnel.

SYC

RDC : le transfert démocratique du pouvoir le 19 janvier 2019 sera l’un des héritages durables de Kabila (UK)

Kinshasa, le 28 juin 2018 – L’Ambassadeur du Royaume – Uni en RDC, Docteur John Murton pense que le transfert démocratique du pouvoir le 19 janvier 2019 entre le président de la République sortant et son successeur sera l’un des héritages de Joseph Kabila. Il a fait cette déclaration lors de son discours de circonstance à l’occasion de la fête de la Reine le 14 juin dernier.

“Depuis sa publication, le calendrier tel qu’annoncé suit son cours, en dépit de quelques défis. Nous attendons donc avec impatience le 19 janvier de l’année prochaine, lorsque le Président Kabila sera le premier président dans l’histoire du Congo à transférer le pouvoir pacifiquement à son successeur élu de manière démocratique. Ce sera l’un des héritages durables du Président”, a déclaré Dr John Murton.

Le Royaume – Uni salue les progrès réalisés à ce jour, par toutes les parties prenantes au processus électoral, notamment la CENI. Et il se dit prêt à offrir de l’aide supplémentaire si nécessaire, y compris pour l’analyse de l’utilisation de la machine à voter si la CENI le souhaite.

Parfois, a insisté l’Ambassadeur britannique, un avis technique indépendant peut aider à ramener la confiance et le consensus entre acteurs.

Respectueux de la souveraineté du Congo, le Royaume-Uni soutient le processus démocratique en RDC, y compris le processus électoral en cours. A ce sujet, soutient Dr John Murton, sa position est claire : le Royaume-Uni soutient le processus électoral mais ne supporte aucun parti politique au Congo, ni aucun candidat potentiel aux différents scrutins. Dès lors, il appartient au peuple congolais de faire son choix conformément à sa constitution, de manière libre, équitable et crédible ; et que la vérité des urnes soit respectée par tous.

De l’autre côté, 177 organisations de la société civile et des mouvements citoyens mettent en doute la possibilité d’avoir des élections crédibles, honnêtes, inclusives et transparentes cette année, tenant compte du blocage et le manque de volonté politique de la part de ceux qui sont au pouvoir.

A six mois des élections promises, des faits indiscutables jettent un lourd doute sur la crédibilité et l’intégrité du processus électoral tel que mené jusqu’ici par la CENI.

Il s’agit notamment du Fichier électoral peu crédible et peu fiable; d’une La loi sur la répartition des sièges peu valide ; du Recours à la machine à voter soulevant, pour mille et une raisons, des vives contestations au sein de la classe politique et de la population ; du climat de méfiance vis-à-vis de la CENI et l’absence de la concertation sincère et objective entre acteurs clés du processus ; de la liste des partis et regroupements politiques consacrant le dédoublement des partis de l’opposition et excluant d’importants acteurs du processus électoral ; du climat politique délétère ; et, d’une Cour Constitutionnelle privatisée.

Ces organisations invitent les différents partenaires de la RDC – la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), l’Union Africaine, l’Union Européenne, les États-Unis et les Nations Unies – à se tenir aux côtés du peuple congolais pour exiger des conditions propices à des élections réellement crédibles, transparentes, libres, inclusives et de qualité.

“Si les institutions actuelles, en plus d’être illégitimes, sont incapables de garantir rapidement ces conditions, d’autres options doivent être envisagées. Leur pouvoir ne repose déjà plus sur la constitution mais sur le consensus que représentait l’accord de la Saint-Sylvestre. Nous appelons toutes les Congolaises et tous les Congolais à travers le pays et à l’étranger à rester vigilants, débout, et mobilisés jusqu’à notre rêve d’élire nos propres dirigeants et d’avoir un nouveau système de gouvernance basé sur l’état de droit, les institutions fortes, et dans lequel les droits fondamentaux sont respectés”, insistent – elles.

SYC