RDC : la société civile dénonce la dispersion d’une marche pacifique à Uvira (Sud-Kivu)

Bukavu, le 7 juillet 2018 – La Nouvelle société civile congolaise a dénoncé fermement la dispersion par la police d’une marche pacifique jeudi 5 juillet 2018 à Uvira pour interpeller le gouvernement central à se pencher sur la question d’insécurité à Bijombo en provice du Sud-Kivu.

D’après des sources locales, les organisateurs et les participants à cette marche ont été encerclé par des éléments de la police nationale congolaise avant même le début de la manifestation au niveau de l’avenue Mulongwe.

« Il y a un véhicule de la police qui était derrière nous pour nous disperser. On a eu des échanges avec un capitaine de la police qui dirigeait l’opération. Il n’a pas voulu nous comprendre. Nous nous sommes retirés. Nous allons mettre en place de nouvelles stratégies. Nous sommes en train de réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour amener l’autorité à résoudre le dossier de Bijombo », a indiqué le coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise à Uvira, Claude Misare.

Pour sa part, l’administrateur du territoire d’Uvira, Rachidi Alexi Kasangala cité par Radio Okapi, a indiqué que le contexte actuel d’une zone opérationnelle militaire ne permet pas ce genre de manifestation publique.

Qu’à cela ne tienne, la situation sécuritaire reste préoccupante dans les Hauts-plateaux de Bijombo. Les affrontements à caractère intercommunautaires opposent deux groupes armés locaux depuis trois semaines.  Et plusieurs dizaines de milliers de personnes ayant déserté leurs villages ne sont toujours pas assistés.

SYC

RDC : l’ONU invite les autorités congolaises à respecter la liberté d’expression et de réunion pacifique

Kinshasa, le 5 juillet 2018 – Le Haut – commissariat des Nations unies aux droits de l’homme reste inquiet de la situation en RDC à la veille des élections de décembre 2018. Zeid Ra’ad Al Hussein a dénoncé l’interdiction de manifester toujours de vigueur en RDC, tout comme les violations continues des droits politiques. Lors de l’examen de la situation des droits humains en RDC le 3 juillet dernier, en marge de la 38è session du Conseil des droits de l’Homme « CDH », a manifesté son regret du peu des progrès réalisés dans l’application de mesures de confiance telles que mentionnées dans l’accord de la Saint Sylvestre.

Déclaration du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein

Président distingué
Membres de l’équipe internationale d’experts,
Excellences,

Ce dialogue interactif sur la République démocratique du Congo est à la fois opportun et important. La situation des droits de la personne demeure très préoccupante dans l’ensemble du pays. Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a recensé un nombre croissant de violations: 2 858 de janvier à mai de cette année, contre 2 332 au cours de la même période en 2017 – et l’ampleur réelle des violations est certainement encore plus grande.

La situation en matière de sécurité continue de se détériorer dans plusieurs régions du pays, avec un impact dramatique sur les civils.

Je reste particulièrement préoccupé par les violences au Sud et au Nord Kivu et dans les régions du Kasaï, avec l’activité croissante de Nyatura et d’autres groupes armés Mayi-Mayi au Nord-Kivu, ainsi que d’une coalition Mayi-Mayi dirigée par William Yakutumba. actif au Sud-Kivu et, plus récemment, dans la province de Maniema.

La violence interethnique et intercommunautaire s’est également poursuivie dans la province de l’Ituri entre les membres des communautés Hema et Lendu, causant la mort, l’incendie de villages et le déplacement de masse. Les troupes récemment déployées par l’armée auraient également commis des violations des droits de l’homme, en ciblant en particulier la communauté lendu.

La situation dans les régions du Kasaï est également très préoccupante, avec de graves abus contre les civils par des groupes armés et de multiples violations des droits de l’homme commises par les forces de défense et de sécurité congolaises dans leur réaction aux activités de ces milices. Vous serez informé des conclusions de l’équipe d’experts internationaux envoyée par mon bureau conformément à la résolution 35/33 du Conseil. Dans ce contexte, je voudrais signaler qu’à la suite de la résolution 35/33, mon bureau a également aidé les autorités militaires à mener une enquête dans les régions du Kasaï, avec deux missions d’experts médico-légaux, judiciaires et de protection des témoins.

Monsieur le Président,

Ces conflits et d’autres continuent d’éloigner un très grand nombre de personnes de leurs foyers et de leurs moyens de subsistance, accentuant encore leur vulnérabilité aux violations, en particulier dans le cas des femmes et des enfants. Selon OCHA, il y a maintenant 4,4 millions de personnes déplacées internes en RDC.

Je demande instamment aux autorités de respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et relatif aux droits de l’homme dans toutes les zones de conflit, à savoir Bas-Uélé, Haut-Uélé, Sud et Nord Kivu, Maniema, Tanganyika et Kasaï. Je demande en outre des efforts beaucoup plus importants pour que les auteurs de violations soient tenus responsables. Les auteurs de violences sexuelles liées au conflit doivent également être tenus pour responsables – même, et peut-être surtout, lorsqu’ils sont des agents de l’État.

Les membres des Forces armées congolaises, ou FARDC, semblent avoir été responsables d’un tiers des violations et des abus, y compris la violence sexuelle, documentés par le Bureau conjoint des droits de l’homme dans toutes les zones de conflit depuis le début de l’année. Ces crimes ne nuisent pas seulement à leurs victimes : ils portent atteinte à la crédibilité des autorités responsables de la protection, incitant les gens à créer ou à rejoindre des groupes d’autodéfense irréguliers. J’exhorte le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour que les auteurs de ces violations des droits de l’homme soient traduits en justice. Une justice efficace sera dissuasive pour prévenir de futures violations par des militaires.

Je note qu’au cours des derniers mois, il y a eu des progrès limités dans l’établissement de la responsabilité pour les violations passées. En avril, un lieutenant-colonel a été condamné par le tribunal militaire du Sud-Kivu à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, y compris l’esclavage sexuel, ainsi que pour pillage et attaques civiles entre 2005 et 2007.

Monsieur le Président,

Je suis également profondément troublé par de nombreuses violations des normes et principes relatifs aux droits de l’homme en ce qui concerne les droits des personnes à participer à l’espace démocratique. Cette tendance persistante soulève de sérieux doutes quant à la crédibilité des élections tardives de la RDC, qui doivent maintenant avoir lieu le 23 décembre 2018.

Malheureusement, la mise en œuvre des mesures de confiance prévues dans l’accord politique du 31 décembre 2016 n’a pas progressé, notamment le respect des droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion pacifique, la libération de tous les prisonniers politiques et la responsabilité violations des droits. Les auteurs présumés de violations, y compris ceux qui ont utilisé une force disproportionnée pour réprimer les manifestations, continuent de bénéficier d’une impunité généralisée, sapant la confiance du public dans les engagements pris par le gouvernement.

Comme demandé, mon bureau a fourni des conseils techniques à la commission d’enquête nationale mise en place par le gouvernement en réponse aux attaques brutales qui ont eu lieu lors des manifestations de décembre 2017 et janvier 2018. Le rapport de la commission, publié en mars, conclut que les membres de la police et de l’armée ont commis des violations des droits de l’homme, y compris un usage excessif de la force. Il a formulé un certain nombre de recommandations très pertinentes, notamment la levée de l’interdiction des manifestations publiques et les restrictions sur l’utilisation de l’armée lors des manifestations. Je regrette que la plupart de ces recommandations n’aient pas été mises en œuvre et que le rapport consolidé ait été transféré au ministère de la Justice la semaine dernière. Malgré les engagements verbaux du ministre des Droits de l’Homme de lever l’interdiction des manifestations publiques, les autorités ont continué à interdire ou réprimer les activités organisées par la société civile et les partis d’opposition.

En mars, avril et mai, mon bureau a documenté 61 violations du droit à la liberté de réunion. Par exemple, le 19 mai, à Kindu, province du Maniema, le lancement de la plate-forme de l’opposition Ensemble a été interdit par les autorités locales, bien que le parti politique du président ait organisé deux manifestations publiques à Kindu le même mois sans entrave. les activistes et les journalistes se sont intensifiés, beaucoup d’entre eux souffrant régulièrement de menaces sur leur vie et leur famille. Plusieurs cas d’arrestations arbitraires et de détentions par les forces de sécurité continuent d’être documentés par le BCNUDH. De longues détentions au secret par les services de renseignement, sans contrôle judiciaire, sont un autre sujet de grande préoccupation et devraient être interdits. De plus, la législation actuellement en préparation semble vouloir restreindre davantage les libertés publiques et le rôle de la société civile en RDC.

Ces projets de loi comprennent un projet de loi sur le terrorisme; un projet de loi sur la protection et les responsabilités des défenseurs des droits de l’homme, actuellement soumis au Parlement; et un projet de loi réglementant le travail des organisations à but non lucratif. J’encourage fortement les membres du Parlement à s’abstenir d’adopter des lois qui ne respectent pas les droits de l’homme du peuple.Monsieur le Président, les élections Landmark approchent dans un contexte caractérisé par des restrictions continues des droits et libertés, et un espace démocratique qui rétrécit. Le gouvernement devrait être encouragé à empêcher une nouvelle érosion des droits du peuple congolais en ce moment crucial, et à mettre pleinement en œuvre ses engagements au titre de l’accord du 31 décembre 2016, y compris la libération de tous les prisonniers politiques.

De nombreuses causes profondes des conflits qui font actuellement rage en RDC et qui ont conduit à l’un des plus importants cas de personnes déplacées du continent. La sécurité nationale et la sécurité internationale ne peuvent être obtenues que lorsque la sécurité et les droits individuels sont respectés. Le travail du Bureau, grâce à la coopération et au suivi techniques, apporte une aide vitale aux autorités, y compris dans le processus électoral. Nous sommes prêts à fournir le soutien nécessaire au gouvernement pour défendre les droits et libertés fondamentaux du peuple.

Merci, Monsieur le Président.

RDC : des militants de l’UDPS/Tshisekedi empêchés de se réunir devant le siège de leur parti à Lubumbashi

Lubumbashi, le 11 juillet 2018 – Des militants de l’UDPS Tshisekedi ont été empêchés de se réunir devant le siège de leur parti politique mardi 10 juillet 2018 à Lubumbashi. Ils ont été brutalisés alors qu’ils s’apprêtaient à accompagner leurs candidats au Bureau de réception et de traitement des candidatures (BRTC), afin de déposer leurs candidatures aux législatives provinciales.

« Nos ‘combattants’ étaient mobilisés au niveau de la permanence pour accompagner nos dossiers à la CENI. A notre grande surprise, nous avons vu des véhicules 4X4 de la police qui sont arrivés et disperser nos militants », a expliqué le président de la ligue des jeunes de l’UDPS/Lubumbashi, Dany Kabongo.

D’après la même source citée par Radio Okapi, le bilan fait état de deux militants grièvement blessés par baïonnette, trois arrestations et deux minibus qui attendaient les militants pour les amener au BRTC saisis par la police.

Pour sa part, le commissaire provincial de la police dans le Haut-Katanga affirme que ces militants ont troublé l’ordre public en barricadant l’avenue Mwepu, en lançant des pierres sur la police.

D’aucuns estiment que cette raison n’est pas convaincante tant que les militants ont été, avant tout, empêchés de se réunir devant leur directoire. Alors que les militants d’autres partis politiques n’ont pas été interdits de se rassembler et d’accompagner leurs candidats.

Des activistes des droits de l’homme de cette province ont dénoncé cette intolérance politique et répression brutale tendant à réduire l’expression des libertés publiques à la veille des élections.

SYC