Ida Sawyer : “Le Conseil devrait d’urgence organiser une enquête internationale indépendante [au Kasaï] pour que justice soit rendue”

Dialogue interactif sur la République démocratique du Congo

 

RDC : La Lucha encourage le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme pour une enquête internationale dans le Kasai

Kinshasa, le 9 juin 2017 – Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) salue l’appel du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein, en faveur de la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur les violations graves des droits de l’homme perpétrées depuis août 2016 dans la région du Kasaï.

C’est une décision responsable et courageuse ; un écho positif aux demandes formulées avec insistance par d’innombrables organisations de la société civile congolaise, dont la LUCHA.

La LUCHA exhorte les Etats membres du Conseil des droits de l’homme actuellement réuni à Genève en Suisse à prendre leurs responsabilités en établissant la commission d’enquête internationale tel que requis par le Haut-Commissaire, et en la dotant d’un mandat à la hauteur de l’immense et difficile travail qui l’attend. Spécialement, nous en appelons au sens des responsabilités et à la compassion des Etats africains, qui occupent 13 des 47 sièges du Conseil des droits de l’Homme. Comme dit une sagesse africaine, « c’est dans les moments de douleur que l’on reconnaît ses vrais amis. »

La LUCHA a noté les déclarations du gouvernement de fait en place à Kinshasa, assurant ne rien avoir à cacher par rapport aux événements dans la région du Kasaï. Si c’est le cas, il devrait soutenir sans réserve l’établissement de la commission d’enquête internationale, et lui assurer sa pleine coopération.

« Si c’est le cas, l’établissement de la vérité sur les auteurs des violences dans la région du Kasaï et leurs commanditaires éventuels est dans son intérêt, tout comme la justice pour les victimes et le rétablissement de la sécurité. Par contre, toute obstruction à une enquête internationale impartiale, crédible et transparente ne pourra que renforcer le sentiment répandu que ce gouvernement est, ou responsable, ou complice des violences, pour des fins inavouées».

La LUCHA rappelle son attachement à l’établissement de toute la vérité, que ce soit au regard des actes commis par les miliciens, ceux commis par les forces de sécurité congolaises, ou encore les possibles manquements de la part de la MONUSCO, qui a pour mandat principal d’assurer la protection effective des civils.

RDC : “Restaurer la Paix à Miabi”, une nécessité pour le bon déroulement de l’enrôlement des électeurs du Kasaï–Oriental

Mbuji-Mayi, le 02 Juin 2017 – Le Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les Droits de l’Homme (CEFOP/DH) se dit “indigné” par la détérioration du climat de paix et la suspension des opérations d’identification et enrôlement des électeurs dans le territoire de MIABI à la suite de l’affrontement entre un groupe des présumés miliciens du chef Kamuina Nsapu et les forces de l’ordre déployées dans certaines localités de ce territoire dans la province du Kasaï – Oriental ayant occasionné plusieurs cas d’atteintes à l’intégrité physique et à la vie humaine.

En effet, lancées depuis le 30 avril 2017, les opérations d’identification et enrôlement des électeurs dans la province du Kasaï – Oriental, connaissent, quelques cas de perturbations, au cours de la deuxième quinzaine du mois de Mai 2017 échu, suite aux cas signalés d’ incursion des présumés miliciens du Chef Kamuina Nsapu dans plusieurs entités du territoire de Miabi telles que : la cité de boya, les villages deTshijiba, Bena Mbayi Kadiamba, Miketa, Bena Odia Tshialokola, Bakua Mbuanga, … ce, en dépit d’un bon nombre des cas de faiblesse relatives au déroulement desdites opérations jusqu’ici enregistrées sur toute l’étendue de la province du Kasaï – Oriental.

Comme il convient de relever, ces événements non seulement ont troublé l’ordre sociale et la sécurité des populations du territoire de MIABI tout en portant atteinte aux prescrits de l’article 52 alinéa 1 de la Constitution de la RDC du 18 février telle que modifié par la Loi n°11/002 du 20 janvier en vigueur, mais aussi, constituent, en même temps, une menace à la paix sociale sur toute l’étendue de la province du Kasaï – Oriental, si on y prend pas garde efficacement.

Partant, le CEFOP/DH, condamne ces différentes formes d’atteintes aux droits tant individuels que politiques des populations du Kasaï – Oriental en général et du territoire de MIABI en particulier. Et en appel à la responsabilité du pouvoir public dans la protection et le respect de droits garantis à la personne humaine.

Ainsi, il recommande:

Au Gouvernement provincial :

  • De sécuriser et protéger, à travers un dispositif sécuritaire adéquat, la population du Kasaï – Oriental en général et spécifiquement de la population du territoire de MIABI,
  • De promouvoir la résolution pacifique de conflit en favorisant l’ouverture d’un dialogue constructif avec tous les acteurs actifs dans la gestion du phénomène Kamuina Nsapu sur toute l’étendue de la province du Kasaï – oriental et particulièrement dans entités touchées par ce phénomène.

Au pouvoir judiciaire :

  • De diligenter les enquêtes et poursuivre les auteurs afin d’établir leurs responsabilités, de rendre justice en urgence et en toute indépendance afin de réhabiliter les victimes. Aux Services provinciaux de la Police Nationale congolaise et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo  De sécuriser les populations du Kasaï – Oriental ainsi que leurs biens.
  • D’observer et de veiller au respect des droits de l’Homme dans la réalisation de leurs missions respectives en toute circonstance.

A la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) :

  • De jouer pleinement son rôle qui est de promouvoir les droits humains et de veiller à leur respect intégral ;
  • De diligenter une enquête sur la situation des droits de l’Homme au Kasaï oriental en général et particulièrement dans les zones affectées par les atrocités des confrontations entre les miliciens de Kamuina Nsapu et les éléments des services de l’ordre.

Aux présumés miliciens Kamuina Nsapu :

  • De s’interdire toute expansion de leurs revendications par les violences sur la population ;
  • De s’approprier les actions en faveur de la résolution pacifique de leurs revendications initiées par les autorités politico – administratives compétentes.

CEFOP/DH