RDC : des militants de l’UDPS/Tshisekedi empêchés de se réunir devant le siège de leur parti à Lubumbashi

Lubumbashi, le 11 juillet 2018 – Des militants de l’UDPS Tshisekedi ont été empêchés de se réunir devant le siège de leur parti politique mardi 10 juillet 2018 à Lubumbashi. Ils ont été brutalisés alors qu’ils s’apprêtaient à accompagner leurs candidats au Bureau de réception et de traitement des candidatures (BRTC), afin de déposer leurs candidatures aux législatives provinciales.

« Nos ‘combattants’ étaient mobilisés au niveau de la permanence pour accompagner nos dossiers à la CENI. A notre grande surprise, nous avons vu des véhicules 4X4 de la police qui sont arrivés et disperser nos militants », a expliqué le président de la ligue des jeunes de l’UDPS/Lubumbashi, Dany Kabongo.

D’après la même source citée par Radio Okapi, le bilan fait état de deux militants grièvement blessés par baïonnette, trois arrestations et deux minibus qui attendaient les militants pour les amener au BRTC saisis par la police.

Pour sa part, le commissaire provincial de la police dans le Haut-Katanga affirme que ces militants ont troublé l’ordre public en barricadant l’avenue Mwepu, en lançant des pierres sur la police.

D’aucuns estiment que cette raison n’est pas convaincante tant que les militants ont été, avant tout, empêchés de se réunir devant leur directoire. Alors que les militants d’autres partis politiques n’ont pas été interdits de se rassembler et d’accompagner leurs candidats.

Des activistes des droits de l’homme de cette province ont dénoncé cette intolérance politique et répression brutale tendant à réduire l’expression des libertés publiques à la veille des élections.

SYC

RDC : la Police disperse un sit-in de la LUCHA et interpelle 10 manifestants à Lubumbashi

Lubumbashi, le 30 mai 2018 – Le sit-in de la LUCHA organisé ce mercredi devant l’Assemblée provinciale du Haut – Katanga pour dénoncer la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Lubumbashi a été dispersé par les éléments de la Police. Cette répression d’une manifestation pacifique a été suivie de l’interpellation d’une dizaine de manifestants. Ces derniers ont été relâchés grâce à l’intervention de la MONUSCO.

Des voix s’élèvent au sein de la société civile pour dénoncer cette violation des libertés de manifestation et d’expression d’opinions consacrées pourtant par la Constitution de la République.

La LUCHA promet de ne rien lâcher. “ La mobilisation va se poursuivre tant que les autorités n’auront pas rétabli la sécurité dans la ville de Lubumbashi”, affirme – t- elle.

https://twitter.com/luchaRDC/status/1001758644155961344

Devant le bâtiment du 30 juin, les manifestants exigeaient également aux députés provinciaux d’assumer leurs responsabilités en destituant le ministre de l’Intérieur de la province pour son incapacité à mettre fin à l’insécurité dans la ville de Lubumbashi.

SYC

RDC : des ONGDH déplorent la persistance de l’insécurité et des atteintes contre les défenseurs des droits de l’homme

Lubumbashi, le 22 mai 2018 –  Les ONGDH, membres de GRUWA s’inquiètent sérieusement de l’ampleur que prend l’insécurité dans la ville de Lubumbashi et surtout, de la persistance de ce phénomène, en dépit de l’opération « KIMIA » lancée, il y a peu, par le commissariat provincial de la police nationale congolaise du Haut Katanga. Elles recommandent au ministère national de l’Intérieur de doter des moyens financiers et logistiques conséquents à la police pour être à mesure de répondre aux cris de détresse de la population et au Conseil de sécurité provincial de faire une évaluation de l’opération Kimia afin de la recadrer.

Dans un communiqué officiel, 29 structures de la société civile rappellent que la ville de Lubumbashi, autrefois connue pour son calme et sa sérénité qui lui ont valu notamment le qualificatif de « Wantanshi », est en train de sombrer petit à petit, au point qu’elle peut à ce jour être logiquement classée dans la zone rouge, à cause de l’insécurité qui y fait rage depuis maintenant environ trois mois.

“Il ne se passe plus trois jours sans que des faits graves ne soient rapportés. Des corps sans vie par-ci, des vols à mains armées par-là, et plusieurs autres situations déplorables sont signalés à travers les différents coins de la ville. Tout comme dans les zones en proie aux conflits armés, les tueries, les viols et les extorsions sont devenus très récurrents à Lubumbashi, à tel point que la tombée de la nuit est carrément devenue un cauchemar pour les habitants, pourtant chef-lieu d’une grande province à savoir, le Haut-Katanga”, précise le communiqué.

En avril 2018, suite notamment aux dénonciations répétées des organisations de la société civile, le commissariat provincial de la police nationale congolaise avait lancé l’opération « Kimia », dans le but d’en finir avec l’insécurité ou mieux la criminalité dans la ville de Lubumbashi. Cependant, déplorent ces ONGDH, le constat est tel qu’à ce jour, l’opération « Kimia » semble être un échec, à l’instar de l’opération précédente dénommée «Kibunu».

Les ONGDH membres de GRUWA qui apprécient les différentes initiatives des autorités pour tenter de résoudre le problème de l’insécurité, ont cependant le regret de constater que toutes ces initiatives sont restées inefficaces jusqu’ici et risquent d’être assimilées à un simple gaspillage des fonds publics.

Elles se disent davantage préoccupées par cette situation, tant que la population et en particulier les Défenseurs des Droits de l’Homme, et les journalistes, continuent à être les principales victimes de cette insécurité, et ne savent pas expliquer l’incapacité de l’Etat devant des simples individus.

Les cas les plus récents sont notamment ceux des militants du mouvement citoyen « Lutte pour le changement » LUCHA en sigle dont l’un d’entre eux avait été enlevé en pleine journée le 05 Mai 2018 alors que plusieurs autres avaient reçus des menaces.

L’autre se rapporte à l’atteinte à l’intégrité physique de plus ou moins 5 personnes dont le journaliste Martin KABEYA de la Radio-télévision Malaïka qui a reçu une balle dans la jambe gauche en pleine journée du 15 Mai 2018, alors qu’il couvrait un reportage en rapport avec le soulèvement populaire visant à dénoncer une fois de plus la recrudescence de l’insécurité, dans le quartier Luwowoshi et ses environs, dans les communes annexe et Ruashi où plus ou moins 80 personnes ont été arrêtées et des boutiques magasins ont été pillés.

Vu ce qui précède les ONGDH, membres de GRUWA, recommandent :
Au Ministère National de l’intérieur :
– De doter des moyens financiers et logistiques conséquents à la police pour être à mesure de répondre aux cris de détresse de la population

Au Conseil Provincial de sécurité :
– De faire une évaluation de l’opération Kimia, et de recadrer ce qui ne marche pas jusqu’ici,
– De contribuer à la mise en place rapide de la police de proximité afin de maintenir un climat de confiance entre cette institution et la population.

Aux Autorités judiciaires :
– D’ouvrir des enquêtes contre d’une part ceux qui ont dissipés les munitions en portant atteinte à l’intégrité physique à quelques habitants de la commune annexe et d’autres part contre ceux qui ont détruit méchamment les biens d’autrui

A la Police Nationale Congolaise :
– De soigner ses relations avec la population en menant régulièrement des campagnes de sensibilisation par la voie des ondes
– De s’abstenir d’utiliser des armes létales en cas de soulèvement populaire

Aux victimes :
– De saisir les autorités judiciaires compétentes pour que des sanctions exemplaires soient appliquées à tous les auteurs des actes criminels

A la population:
– D’être toujours disposée à aider les autorités dans leurs efforts d’en finir avec l’insécurité, notamment par sa collaboration étroite avec les forces de sécurité
– De respecter les biens d’autrui en cas de revendication sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Haut Katanga.

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