RDC : JED dénonce une nouvelle attaque contre un média par la Police à Kinshasa

Kinshasa, le 26 juillet 2018 – Journaliste en danger (JED) a condamné énergiquement l’incursion d’un groupe d’éléments de la police nationale congolaise dans les installations de Kin Lartus, un magazine d’informations générales diffusé dans plusieurs chaînes des télévisions émettant à Kinshasa, suivie du saccage des matériels de travail et l’arrestation d’au moins dix journalistes trouvés dans les installations de ce magazine.

Selon les différents témoignages recueillis par JED et rapportés dans un communiqué officiel, les installations du magazine télévisé « Kin Lartus » ont été prises d’assaut, le mercredi 25 juillet 2018 vers 13 heures, par un groupe d’agents de la police à la suite d’une plainte de la promotrice d’un autre magazine télévisé dénommé « Kilartus » qui proteste contre l’utilisation « frauduleuse » de son logo et sa dénomination.

Deux éléments de la police en tenue civile dont une femme s’étaient présentés au siège de ce magazine télévisé sous prétexte de se renseigner sur le prix de diffusion de leurs activités. Pendant qu’on leur donnait des explications, plusieurs autres agents armés ont envahi les installations du média. Du coup, ils ont commencé à saccager les matériels de diffusion qu’ils ont par la suite emportés. Les dix journalistes qui se trouvaient dans les locaux ont été  embarqués de force dans leur véhicule à destination de l’Inspection Générale de la Police.

Six d’entre eux ont été remis en liberté, tard dans la soirée, grâce à l’intervention de l’avocat conseil de ce magazine. Les quatre autres journalistes : Jean Jacques Kabeya, Ritha Musau, Doya Mayi et Fretace Mbamanku ont passé la nuit dans le cachot de la police.

Contacté par JED, Maitre Maki Makiese, Avocat conseil du magazine Kin Lartus, a déclaré que les quatre journalistes encore en détention sont accusés par Mme Kilala, leur ancien employeur, d’utiliser « ses emblèmes et la dénomination de son magazine ».

Joint également par JED, Mme Kilala a expliqué avoir saisi la justice pour réclamer ses droits : « Ce sont des journalistes que j’ai recruté et qui travaillaient dans mon magazine Kilartus. Nous ne nous sommes pas entendus et nous avons résilié le contrat. Au lieu d’aller créer leur magazine avec leur propre dénomination et leur propre logo, ces journalistes utilisent ma marque et mon logo. Je n’ai pas des problèmes particuliers avec ces journalistes. Je protège tout simplement ma marque, c’est-à-dire le nom de mon magazine et mon logo ».

Sans entrer dans le fond de cette affaire, Journaliste en danger (JED) condamne énergiquement l’incursion des éléments de la police dans les installations de ce média, le saccage et la confiscation des matériels de diffusion de ce média réduit au silence.

Pour JED, cette attaque contre un média constitue une grave atteinte à la liberté de la presse qui doit être immédiatement stoppée.

SYC

RDC : deux journalistes détenus depuis quatre jours dans un cachot du Parquet de Kinshasa/Kinkole

Kinshasa, le 20 Juillet  2018 – Journaliste en danger (JED) exprime ses vives protestations à la suite de la détention, depuis quatre jours, dans les installations du Parquet près du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, à l’Est de la capitale, des deux journalistes de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), chaîne émettant à Kinshasa, capitale de la RD Congo.

Selon les témoignages recueillis par JED, Yolande Kusaya et Cédrick Kidimbu, respectivement  journaliste et caméraman de la RLTV, ont été arrêtés, le mardi 17 juillet 2018, par des agents de la police nationale congolaise dans la commune de la N’Sele où ils s’étaient rendu réaliser un reportage sur un conflit foncier.

Les deux journalistes accompagnés d’une stagiaire, Clarisse Tshishimbi, ont été conduits au Parquet près du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole où ils ont été longuement auditionnés autour de leur reportage. Clarisse Tshishimbi a été remise en liberté, sans condition, le mercredi 18 juillet 2018. Yolande Kusaya et Cédrick Kidimbu sont toujours détenus au cachot du Parquet sur instruction d’un Procureur de la République, instructeur de ce dossier.

Les trois journalistes ont effectué un déplacement dans la commune de la N’Sele, bourgade située à l’Est de Kinshasa, pour vérifier les allégations rapportées par un habitant de cette municipalité qui serait menacé de mort par le Bourgmestre de cette commune. Sa maison aurait été par la suite incendiée après le déguerpissement forcé.

Interrogé par JED, M. Kaly Kalonda, Coordonnateur de la RLTV, a déclaré que les informations rapportées par cet habitant de Kinkole à sa chaîne  n’ont jamais été diffusées : « Nous avions dépêché sur place à Kinkole les journalistes pour vérifier cette information avant toute diffusion. Le Procureur conditionne la libération des journalistes par le démenti de cette information. Hier (ndlr : le 18 juillet), nous avons obtenu sans condition la libération de notre journaliste-stagiaire. Le Procureur a refusé d’ordonner la libération des deux autres journalistes, à l’en croire, pour défaut de qualité. Les deux journalistes n’avaient pas sur eux leurs cartes de presse. Nous avons brandi au Procureur leurs ordres de mission dûment signés par  nous. C’est alors qu’il nous exige maintenant le démenti d’une information qu’on a jamais diffusée ».

Joint à son tour, le Bourgmestre de la commune de Kinkole, Augustin Nkama Indi, a nié le fait qui lui est reproché et son implication dans ce dossier foncier.

Journaliste en danger (JED) condamne sans réserve cette détention arbitraire des deux journalistes et exige par conséquent leur libération immédiate.

SYC