RDC : un an après la reddition du chef rebelle Ntabo Ntaberi Sheka, où en est le procès ?

Goma, le 26 Juillet 2018 – Le Cercle national de réflexion sur la jeunesse (CNRJ-RDC) est très préoccupé de savoir le sort qu’a eu le chef rebelle Sheka, un an après sa reddition à Mutongo. Il y a exactement un an depuis que le ce rebelle avait fait sa reddition auprès de la Monusco. C’était le 26 juillet 2017 à Mutongo en territoire de Walikale dans la province du Nord – Kivu.

“Les autorités judiciaires en toute indépendance devraient remettre Sheka devant un juge afin qu’il puisse répondre aux accusations à son encontre”, a déclaré Jean Claude Buuma Mishiki, président du CNRJ-RDC.

Quelques jours plus tard, constate le CNRJ-RDC, les responsables de la Monusco avaient procédé à remettre le chef rebelle auprès des autorités judiciaires congolaises, mais un an déjà, aucun procès public afin qu’il réponde aux crimes qui lui sont présumés.

“La reddition de Sheka, commandant du groupe armé Nduma Defense of Congo (NDC-SHEKA) avait suscité un ouf de soulagement pour de nombreux civils vivant dans la zone où il contrôlait, et beaucoup des victimes avaient alors espérer qu’un procès sera immédiatement ouvert contre Sheka, mais cependant rien n’a été fait jusqu’à présent”, indique le CNRJ-RDC.

Le groupe armé qui était sous commandement de Sheka est présumé d’avoir commis de viol massif dans plusieurs villages autour de Mpofi et Luvungi, dans le territoire de Walikale, à l’Est du pays en 2010. La justice congolaise avait alors émis un mandat à son encontre, mais Sheka a échappé aux occasions où il devrait être arrêté jusqu’au jour où lui-même a décidé de se remettre auprès des casques blues de la Monusco à Mutongo.

SYC

RDC : HRW plaide pour un traitement humain et un procès équitable au Chef de guerre Ntabo Ntaberi Sheka

RDC : CODHAS appelle à la libération sans condition d’un activiste du CASC à Rutshuru

Rutshuru, le 23 juillet 2018 – Le Centre d’observation des droits de l’homme et d’assistance sociale (CODHAS) est préoccupé du procès ouvert contre l’activiste Elias Bizimungu, membre du Collectif d’actions de la société civile (CASC), arrêté lors d’une manifestation le 31 mai 2018 à Rutshuru. Il reste convaincu que cet activiste devrait être libéré, sans condition, d’autant plus que participer à une manifestation ou signer la lettre d’information ne  peuvent nullement constituer un crime devant faire l’objet d’un procès.

Depuis  jeudi 31 mai 2018,  seize jeunes parmi lesquels six filles, ont été arrêtés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC), réquisitionnées pour réprimer la marche pacifique pourtant annoncée par les organisateurs.

C’est le samedi, 2 juin 2018 que les seize manifestants ont été transférés au cachot de l’Auditorat militaire de Rutshuru. A cette occasion, trois parmi ces jeunes ont été libérés. Il s’agit de Muhindo Delphin et Patrick Mbale et  Badona Singirankabo. Mais, Elias Bizimungu, seul a été transféré à la prison centrale de Rutshuru.

Du 4 au 14 juin 2018 d’autres militants étaient libérés progressivement, Elias Bizimungu qui était mis à l’écart, tout simplement pour avoir apposé sa signature à la lettre d’information envoyée aux autorités annonçant la marche pacifique est restée dans la prison centrale sans avoir été auditionné.

« Participer a une manifestation pacifique et le fait d’apposer sa signature  une lettre d’information envoyée aux autorités ne peuvent pas faire l’objet des poursuites judiciaires», a rappelé Hervé Nsabimana, coordonnateur du CODHAS.

Rappelons qu’au mois de mars 2018, Monsieur Elias Bizimungu  a  été arrêté pendant 4 jours pour avoir dénoncé les tracasseries des militaires de l’auditorat Militaire de Rutshuru à la barrière de Nyongera. Depuis lors, il faisait l’objet d’autres menaces de la part des autorités de Rutshuru pour sa participation active dans les mouvements citoyens.

Depuis le 27 juin 2018, un dossier a été ouvert au tribunal de paix de Rutshuru sous RMP3258/CP/MDI/RP481, pour ce dossier il est poursuivi pour ;  rébellion et outrage à la magistrature. Prévu pour le 10 juillet 2018, l’audience a été reportée au 24 juillet 2018

« Considérant les charges retenues contre Elias, nous trouvons que c’est un montage et qu’en réalité le dossier est vide par contre nous nous inquiétons de l’influence qu’exerce certaines autorités de Rutshuru pour exiger sa condamnation lors de l’audience prévue le 24 juillet 2018 au Tribunal de pax de Rutshuru», a déclaré au CODHAS un membre de sa famille.

C’est ce mardi 24 juillet 2018 que va débuter la première audience du procès d’Elias Bizimungu arrêté depuis le 31 mai 2018 à Rutshuru pour avoir participé à une marche pacifique demandant la fin du kidnapping par le rétablissement de la paix. Le Collectif d’actions de la société civile (CASC) exige également sa libération.

SYC

RDC : Masisi, des civils déguerpis violemment de leurs villages par des policiers et militaires FARDC

Goma, le 18 Juillet 2018, Depuis le mois de Janvier 2018, les éléments militaires FARDC du 3411ème régiment basé à Masisi, associé aux éléments de la Police nationale congolaise ont été impliqués dans des violations graves des droits humains lorsque ils procédaient au déguerpissement des populations civiles dans leurs villages respectifs.

Des victimes, des membres des familles des victimes et des témoins de ces atrocités ont affirmé à l’ONG Cercle national de réflexion sur la jeunesse en RDC (CNRJ-RDC) que dans la plus part de cas, les forces loyalistes tirent plusieurs balles là où il n’y a pas des belligérants. Et, ils procédaient à des viols systématiques contre les jeunes filles et les femmes. Au moins 3 civils ont été grièvement blessés, et 3 autres personnes ont été tuées dont un policier.

Au moins 13 femmes ont été violées depuis le début de cette année, une femme de 20 ans est décédée quelques semaines après le viol. Cependant nous n’avions pas réussi à associer ce décès et le viol qu’elle avait subi.

Les victimes et les témoins ont affirmé que ces atrocités étaient une façon pour les militaires FARDC de pouvoir déguerpir les populations dans leurs villages. Ils ont indiqué que lorsque les militaires attaquent les villages, ils leurs disent que « Pourquoi vous vous entêtez, vous ne voulez pas quitter ici, nous allons alors vous discipliner. »

Pour les victimes, ces viols, tueries, pillages, blessures graves que leurs infligent les militaires FARDC et des éléments de la Police, est une façon juste de leur faire peur afin qu’ils abandonnent définitivement leurs villages.

Très souvent, rapporte le CNRJ-RDC, des civils ont été obligés par les FARDC et les policiers à transporter les biens pillés jusque dans des positions militaires. Et cela, pour des longues distances. Les victimes ont témoigné au CNRJ que lorsqu’ils étaient sur la route en transportant le butin, les militaires leurs frappaient des fouets.

« Je venais d’être arrêté déjà…. les militaires FARDC m’ont forcé amener les chèvres vers leurs destinations, comme parmi les chèvres pillées, il y avait mes chèvres, qui m’ont reconnu et m’ont suivi, à travers mes chèvres, toutes les autres chèvres du village nous ont suivi. Je me suis arrêté à Katale, à plus de 5h de temps de marche à pied», a témoigné un cultivateur de 47 ans.

Il a conclu son témoignage en disant : « … ils (des militaires et policiers) utilisent des armes qui devraient plutôt nous protéger, donc nos militaires sont devenus nos bourreaux ou nos pires ennemis».

Le CNRJ-RDC rappelle qu’en date du 18 janvier 2018, au moins 58 maisons avaient incendiées dans le village de Nyarubande par les FARDC et les policiers. Les témoins rapportent que seule, une église de la communauté Nzambe Malamu n’avait pas été touchée. Les témoins rapportent aussi que les militaires y avaient passés toute la journée entrain d’incendier le village. Celui-ci est resté désert alors que les habitants hésitent encore d’y retourner par peur des militaires.

D’autres témoins rapportent qu’un policier avait été tué ce jour là dans ce village. Ils ne savent pas comment il avait été tué, du fait qu’il n’y avait pas d’affrontement. En effet, les militaires agissaient entre eux sans aucune belligérance. Ce qui pousse à croire, d’après les témoins, que ce policier aurait été tué par une balle venant de son collègue ou une balle perdue. Ce jour là, précise le CNRJ-RDC, 4 civils avaient été grièvement blessés par balles.

En date du 22 février 2018, à Lukopfu et Nyarubande, au moins 5 femmes dont l’âge varie entre 13 ans et 49 ans avaient été arrêtées lorsqu’elles étaient entrain de récolter dans leurs champs, elles avaient été amenées par force dans la position militaire, elles ont affirmé au CNRJ qu’une fois à la position militaire, elles ont été séparées, puis violées toute la nuit par les FARDC, elles ont été libérées le lendemain vers 5h du matin.

Le 27 mars 2018 dans le village de Nyabukengere, les militaires FARDC ont attaqué ce village, ils ont détruit l’école primaire de ce village, plusieurs chèvres et autres biens de valeurs avaient été pillés par les militaires.

En date du 15 avril 2018, à Lukopfu, des militaires FARDC sont venus attaquer le village vers 5h du matin, ils ont tiré plusieurs balles, au moins 6 femmes avaient été violées dont l’âge varie entre 17 ans et 54 ans. Des victimes nous ont témoigné que ce jour là, les militaires sont entrés dans les maisons, beaucoup des femmes ont été violées à ce moment là.

En date du 24 avril 2018, dans le village de Buheno, au moins 3 femmes avaient été violées dont l’âge varie entre 14 ans et 29 ans.

Entre le 25 mai et le 08 juillet 2018, les villages de Mugara, Nyarubande, Bimore, Lushengeshi et Kaniro ont été pillés et plusieurs maisons incendiées par les militaires FARDC et les policiers.

Les témoins ont regretté du fait qu’un notable de Lukopfu avait été arrêté par ce qu’ils commençait à alerter le public sur les violations qui sont commises dans la région par des militaires et les policiers, ce notable avait été conduit à Masisi-centre. Il avait été libéré après payement d’une somme importante d’argent aux responsables militaires à Masisi.

Le conflit foncier est le nœud des problèmes dans la région de Kaniro-Lukopfu et dans plusieurs autres localités du territoire de Masisi, des politiciens et des concessionnaires manipulent les militaires et les policiers afin de chasser les populations civiles dans leurs villages et rendre ces villages des fermes.

“Le CNRJ regrette le fait que les militaires qui devraient pourtant protéger les populations civiles, ont utilisé le sexe comme une arme de guerre pour détruire des villages et des communautés. Des enquêtes indépendantes devraient être diligentées par les autorités tant administratives que judiciaires afin de déterminer les vrais responsables de ces violations”, a déclaré Jean Claude Buuma Mishiki, président de l’ONG CNRJ-RDC.

Le CNRJ appelle les autorités militaires à traduire en justice les responsables de ces violations.

SYC