RDC : Prison centrale de Dungu, un «mouroir» plutôt qu’un «centre de rééducation»

[DUNGU, le 13 Septembre 2017] – Cinq (5) cas de décès ont été enregistrés dans la prison centrale de Dungu dans un intervalle d’une semaine. La Commission Diocésaine Justice et Paix de Dungu/Doruma (CDJP) dénonce le fait que cette prison devient un mouroir plutôt qu’un centre de rééducation. Elle appelle à l’intervention urgente des autorités locales, provinciales et nationales ainsi que les partenaires de la RDC pour sauver des vies humaines en danger.

Dans la seule période du 26 août au 02 septembre 2017, cinq détenus et prisonniers ont trouvé la mort de suite d’une sous-alimentation et faute de la présence permanente dans cette maison carcérale d’un dispensaire et de la présence d’un infirmier permanent. A ces raisons s’ajoutent les mauvaises conditions de détention. 235 détenus et prisonniers sont incarcérés à ce jour dont 73 détenus militaires condamnés et 17 prévenus militaires. Ce qui fait un total de 90 prisonniers militaires détenus dans la prison centrale de Dungu. Il se dégage du chiffre global, 145 détenus civils dont une femme allaitante.

La CDJP déplore que toute cette population pénitentiaire ne soit pas prise en charge par l’Etat congolais pour son alimentation et même ses soins médicaux. Les seuls pensionnaires qui semblent être bien traités, sont les prévenus et prisonniers militaires qui reçoivent encore leurs soldes, même si cela ne soulage pas leurs besoins en nourriture. Cependant, les prévenus et prisonniers civils qui ont leurs membres de familles à Dungu leur apportent de la nourriture ou des provisions un peu d’une manière régulière. Mais ceux des prévenus qui proviennent d’autres territoires de la province sans aucun membre sur place, sont les plus comptés parmi les décédés à cause de la sous-alimentation.

Selon le constat fait lors d’une visite effectuée récemment sur le lieu par l’Abbé Directeur de la Commission Diocésaine Justice et Paix de Dungu/Doruma, les détenus et prisonniers de la prison centrale de Dungu dorment à même le sol, soit sur des morceaux de carton et nattes ou des vieux morceaux d’éponge raccordés. Plusieurs pensionnaires souffrent des maladies dermatologiques et de tuberculose. A ces pathologies s’ajoutent la hernie inguinale et inguinoscrotale et la fièvre typhoïde. Car, le puit d’eau qui dessert cette prison est malpropre, tout comme son eau est malpropre à la consommation.

La CDJP alerte également sur le risque imminent de voir l’épidémie de Choléra sévir dans cette prison d’autant plus que les fosses septiques sont remplies et commencent même à renvoyer les selles à l’intérieur de la prison. Ce qui polluer l’air ambiant.

La société civile a dénoncé ce crime par une marche pour les faits que les autorités congolaises sont en train de mettre les gens en prison alors qu’ils n’ont pas les moyens ou n’ont pas la volonté de les nourrir, de les soigner. Bref, de les mettre dans les conditions humaines tout en étant prisonniers.

Dans un mémorandum adressé au Gouvernement, la Société Civile lui a demandé d’assumer ses responsabilités pour que la prison centrale de Dungu cesse d’être un « mouroir » afin de  répondre à sa vocation première de « centre de rééducation ».

SYC

RDC : Plaidoyer pour la sécurisation urgente des provinces du Haut et Bas-Uélé contre l’activisme de la LRA

Dungu, le 23 Août 2017 – La Commission Diocésaine Justice et Paix de Dungu Doruma (CDJP), suite à des récentes attaques des éléments de la LRA faisant état de 40 personnes enlevées dont un agent de Réseau des organisations féminines des Uélé (R.O.F.U) et un de ses agents, plaide pour sécurisation immédiate des provinces du Haut et Bas-Uélé.

Le 14 août 2017, au moins 8 éléments de la LRA armés de PKM et AK 47 ont de nouveau tendu une embuscade dans la localité de Kpatanabu situé à plus ou moins 14 km de Bangadi au sud, autour de l’endroit où était assassiné le Chef d’antenne de la DGM et son motard, le 24 juillet par le même groupe.

La CDJP dénonce le fait que pendant 9 heures de temps, son Chargé des programmes et une agente de ROFU/Dungu ont été détenus par ces éléments LRA avant d’être relâchés. Au passage, ils ont été dépouillés de tous leurs biens de valeur : 450 dollars, vêtements y compris le gilet de la CDJP, le porte-badge et l’insigne de l’organisation.

Selon des sources locales, c’est au total 40 personnes qui étaient capturées parmi les quelles deux agents contrôleurs techniques de la CENI en itinérance dont l’un a réussi à s’échapper et un agent de l’ONGD Conscience. L’objectif des assaillants était de se ravitailler en vivre, argent, habits et tout autre bien de valeur et de recueillir toutes les informations nécessaires sur les différentes positions de la FARDC autour de Bangadi.

La CDJP exprime sont inquiétude face aux multiples alertes signalant la présence de ces rebelles dans plusieurs endroits autour de Nambia-Ngbangala entre Mabadabada et Kulugbangu respectivement à 32 km et 42 km au nord-est de Niangara. Les autres campements étant localisés autour de Bangadi au sud et à l’est où plusieurs personnes continuent à être relâchés et/ou à s’échapper.

Selon le Directeur de la CDJP, un groupe de 17 éléments FARDC ont reçu l’ordre de poursuivre ces rebelles, mais a été repoussé par ces derniers après une contre-offensive barbare de détonation de PKM pendant 15 minutes. Le bilan de cet affrontement fait état d’un militaire FARDC grièvement baissé et probablement un élément LRA tué. C’est ce qui a suscité la colère des éléments LRA à recourir au PKM.

« Nous restons très inquiets sur le sort des victimes gardées en otage. À ce jour, il est signalé des mouvements suspects de déplacement ce groupe rebelle autour de la région de Bangadi, même autour des encablures du chef-lieu du territoire de Dungu», a – t – il indiqué.

Face à cette situation inquiétante, la CDJP reste préoccupée sur le sort des victimes encore gardées en otage et demande aux autorités compétentes de renforcer les mesures sécuritaires dans cette partie du pays.

SYC

RDC : Le Gouvernement et la Monusco invitées à protéger la population et ses biens contre l’activisme des groupes armés et braconniers étrangers

Dungu, le 03 Août 2017 – Des activistes des Droits humains  ont invité les autorités congolaises et la MONUSCO à sécuriser la province du Haut-Uelé, en  protégeant les populations et leurs biens et à restaurer l’autorité de l’Etat dans cette partie du pays rongée par l’activisme des différents groupes armés et braconniers étrangers notamment LRA, UDA…, ainsi que les éleveurs Mbororo.   

Le Chef d’antenne de la Direction Générale de Migration (DGM), affecté depuis cinq ans dans la localité Bangbi, à environ 77 km au sud de Bangadi, et son conducteur ont été assassinés le 24 Juillet 2017 dans une embuscade tendue par les éléments de la LRA (Lord’s Resistence Army) de Joseph Kony à Kpatanabu.

Vers 7 heures du matin le même jour, plusieurs personnes étaient déjà tombées dans la même embuscade après l’assassinat, dont des cyclistes et motards voyageant vers Dungu et vers Bangadi. Selon les témoignages des rescapés, du nombre desquels le chef de groupement Nakpudu, certains de ces éléments étaient habillés en tenue militaire FARDC, d’autres en tenue civile ou  encore en tenue de camouflage. Parmi ces terroristes parlant en mauvais lingala et en acholi, 4 éléments seulement étaient armés de AK47. Les autres avaient des PKM avec lesquelles les victimes ont été tuées par un seul coup de balle. Le Chef d’antenne DGM est mort sur place, son motard a succombé un peu plus tard de suite de graves blessures à l’hôpital de BANGADI où il était acheminé par les passants de bonne volonté qui sont arrivés sur le lieu juste après le forfait. Les autres kidnappés ont été systématiquement pillés et utilisés comme des transporteurs.

Deux faits auraient occasionné ce double assassinat, selon la CDJP/DD. D’un côté, les freins de la moto n’ont pas permis au conducteur de s’arrêter exactement à l’endroit indiqué par les bourreaux, et de l’autre côté, le Chef d’antenne DGM avait porté une jaquette « pentagone » à indices militaires qui a fait que les assaillants les aient assimilés aux éléments FARDC ayant refusé d’obtempérer à leurs ordres parce qu’étant militaires. Les assaillants ont ensuite trainé les victimes en brousse avec leur moto pour les piller a témoigné le conducteur avant de rendre l’âme.

Au soir vers 17h00, les villageois, déçus par le comportement des trois éléments FARDC commis au rond-point Napopo à 3 km de Kpatanabu (lieu de l’incident), se sont organisés pour aller repêcher le corps de l’agent de la DGM et la moto. Le corps du défunt a été transporté sur la même moto jusqu’au rond-point Bangbi auprès de sa femme et de ses enfants pour l’inhumation.

Le lendemain matin, deux coups de balles ont encore été entendus au même endroit. Les auteurs et la cause ne sont pas encore connus. Selon des sources locales, il pourrait s’agir des mêmes assaillants qui continuent à semer la terreur dans cette partie du pays.

En date du 25 juillet 2017, à 6 Km Sud de NAPOPO, près du ruisseau NABANDA, le même groupe, toujours en tenue militaire FARDC, dont deux étaient  armés de PKM et cinq,  armés des AK47, ont fait incursion vers 10h00 sous la pluie, pillant et kidnappant des civils sur les deux rives du ruisseau Nabanda sur axe Napopo. Huit personnes ont été enlevées dont une femme, un commerçant (FEC) et autres. Trois enfants de 12 ans, 13 ans et  15 ans de retour de champ avec les vivres ont été kidnappés, seul celui de 12 ans a réussi à s’échapper, tandis que les deux autres restent en captivité.

Un homme a réussi à s’échapper et c’est lui qui a rapporté l’incident aux opérateurs radio de Napopo. Deux autres hommes ont été kidnappés avant eux. Trois hommes qui ont suivi cet axe cette même nuit ont entendu la musique et les coups de pilon dans le mortier à cet endroit. Ce qui laisse à croire que les enlevés étaient en train de piler le paddy et les assaillants jouaient et dansaient la musique.

Face à cette tragique situation, la population lance un cri d’alarme auprès des autorités congolaises et de la Monusco et leur appelle à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Elle se dit délaissée et livrée son triste sort, car aucun dispositif sécuritaire n’a encore été mis en marche, y compris à Bangadi, où aucune action n’a été menée depuis ce fameux incident.

SYC