RDC : un journaliste craint pour sa vie après avoir réalisé un film sur les violations des droits de l’homme

Bukavu, le 16 juillet 2018 – Selon des informations parvenues à Journaliste en danger (JED), Gaël Mpoyo ainsi que toute sa famille ont été contraints à vivre dans la clandestinité depuis le 6 juillet 2018. Cela depuis la projection, dans une salle de Bukavu, du film-documentaire dans lequel ce journaliste-correspondant de la chaîne Africanews a interviewé les habitants de la  localité « Mbobero » déguerpis avec extrême violence et leurs habitations démolies sur un terrain qui appartiendrait au Président Joseph Kabila.

Ce film-documentaire expose les irrégularités et magouilles qui entourent ce dossier devenu, selon le journaliste, une véritable affaire d’Etat au vu des acteurs qui y sont impliqués.

Après la diffusion de cette vidéo, Gaël Mpoyo a reçu un appel téléphonique du Gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Claude Nyamugabo, lui demandant avec insistance de ne pas s’exposer en s’hasardant de diffuser ce film-documentaire qui, selon son entendement, énervera davantage le Président de la République.

Une personne non autrement identifiée, a envoyé, le mercredi 11 juillet 2018, un SMS le menaçant en ces termes :

« Petit, cesse de jouer avec le feu. Tu as profité de notre silence en postant ta vidéo sur YouTube. Arrête de t’en prendre à Raïs (Ndlr : Président Joseph Kabila). Nous te donnons 24 heures pour retirer cet élément de Youtube si tu as besoin de vivre. Nous savons où tu te caches et suivons de près tous tes mouvements ».

Contacté par JED, Gaël Mpoyo a déclaré que ses voisins ne cessent de repérer presque chaque jour des gens suspects rodant autours de sa résidence vers 5 heures du matin et le soir vers 21 heures.

Dans une alerte, Journaliste en danger (JED) considère ces menaces adressées à ce journaliste-réalisateur de ce film-documentaire comme extrêmement sérieuses. D’autant qu’il existe un climat d’insécurité généralisée particulièrement dans la province du Sud-Kivu où plusieurs journalistes ont été assassinés dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à ce jour.

JED condamne ces menaces qui mettent en insécurité physique le journaliste ainsi que les membres de sa famille.

Gaël Mpoyo, journaliste-correspondant de la chaine Africanews à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (Est de la RD Congo), et réalisateur d’un film-documentaire intitulé : « Mbobero : la raison du plus fort est toujours la meilleure » craint pour sa vie.

SYC

RDC : la société civile dénonce la dispersion d’une marche pacifique à Uvira (Sud-Kivu)

Bukavu, le 7 juillet 2018 – La Nouvelle société civile congolaise a dénoncé fermement la dispersion par la police d’une marche pacifique jeudi 5 juillet 2018 à Uvira pour interpeller le gouvernement central à se pencher sur la question d’insécurité à Bijombo en provice du Sud-Kivu.

D’après des sources locales, les organisateurs et les participants à cette marche ont été encerclé par des éléments de la police nationale congolaise avant même le début de la manifestation au niveau de l’avenue Mulongwe.

« Il y a un véhicule de la police qui était derrière nous pour nous disperser. On a eu des échanges avec un capitaine de la police qui dirigeait l’opération. Il n’a pas voulu nous comprendre. Nous nous sommes retirés. Nous allons mettre en place de nouvelles stratégies. Nous sommes en train de réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour amener l’autorité à résoudre le dossier de Bijombo », a indiqué le coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise à Uvira, Claude Misare.

Pour sa part, l’administrateur du territoire d’Uvira, Rachidi Alexi Kasangala cité par Radio Okapi, a indiqué que le contexte actuel d’une zone opérationnelle militaire ne permet pas ce genre de manifestation publique.

Qu’à cela ne tienne, la situation sécuritaire reste préoccupante dans les Hauts-plateaux de Bijombo. Les affrontements à caractère intercommunautaires opposent deux groupes armés locaux depuis trois semaines.  Et plusieurs dizaines de milliers de personnes ayant déserté leurs villages ne sont toujours pas assistés.

SYC