Arrestation à Shabunda d’un Défenseur des Droits de l’Homme  

Carte de Shabunda au Sud Kivu

Nous portons à votre connaissance que notre collègue Thomas Malimacho, Chef d’Antenne de notre organisation ACADHOSHA à Shabunda centre vient d’être arrêté cet après-midi par le Colonel des FARDC basées à Shabunda parce qu’hier dans notre émission qui passe à la radio communautaire Mutanga de Shabunda il avait dénoncé le fait que ça soit les militaires qui surveillent la poursuite de l’exploitation minière dans la rivière Ulindi par les dragues et pourtant, le Gouverneur du Sud-Kivu avait pris un Arrêté Provincial pour interdire cette exploitation et ceci, suivant les instructions qu’il avait reçues du Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Pour votre rappel, en 2014, une équipe d’experts venue de Kinshasa avait prélevé des échantillons dans la rivière Ulindi dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu et de Pangi au Maniema. Ils avaient conclu à l’existence de cette rivière d’une dose d’Uranium et de Thorium dont la teneur dépassait les seuils maxima tolérés par l’OMS. C’est sur base de ce rapport que le Premier Ministre avait adressé une première lettre aux Gouverneurs de ces deux provinces pour qu’ils fassent cesser sans délai l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle le long de ce cours d’eau en attendant le rapport d’une équipe multi-sectorielle à déployer sur place par le Ministre des Mines.

Vers le mois de juin 2015, le Premier Ministre avait instruit le Vice-Premier Ministre ainsi que le Ministre des Mines pour qu’ils délogent les tenanciers des dragues dans cette rivière.

Au mois de juillet 2015, le Gouverneur du Sud-Kivu avait finalement pris un Arrêté Provincial interdisant l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle le long de la rivière Ulindi. C’est la poursuite des activités sous la couverture des militaires des FARDC par la Société chinoise KUNHOU Mining (KHM) que notre collègue a dénoncé hier.

Nous venions d’informer toutes les autorités provinciales de cette arrestation qui frise une intimidation et une violation des libertés fondamentales garanties par la Constitution.

Nous vous invitons donc à vous impliquer pour obtenir la libération immédiate et sans condition de notre collègue qui est l’unique Défenseur des droits de l’Homme dans ce territoire grand en superficie que le Rwanda qui ose dénoncer les violations des droits de l’Homme et les exactions commisses par les forces et groupes armés.

ACADHOSHA se réserve le droit de procéder aux actions citoyennes pour obtenir sa libération conformément aux garanties reconnues aux citoyens congolais par la Constitution et les autres instruments juridiques régionaux et internationaux.

Acadhosha Descartes Mp (acadhosha@yahoo.fr)

Avancées ou recul en Sud-Kivu: l’armée burundaise retirée, les FDLR et autres milices traquées

fdlr

L’organisation Heritiers de la Justice publie le rapport de intitulé “Avancées ou recul: l’armée burundaise retirée, les FDLR et autres milices traquées, l’ampleur des violations des droits humains ne faiblit pas pour autant”. C’est une vue synoptique de qu’a été la situation des droits de l’homme au Sud-Kivu au cours de l’année 2014.

En savoir plus.

 

Contact:

HERITIERS DE LA JUSTICE
Service des Eglises Protestantes pour les Droits Humains et la Paix
BP. 109 Bukavu, Sud-Kivu, R.D. du Congo
BP. 234 Cyangugu, Rwanda
Tel: 00243 997 716 934
Tel:00243 998 677 077
Email : heritiersdelajustice@yahoo.co.ukcontact@heritiersdelajustice.org

Website : www.heritiersdelajustice.org

Lorsque les militaires FARDC tuent les chefs de Raia Mutomboki, cela encourage ou empêche la reddition des éléments?

Depuis des années, le Raia Mutomboki a quasiment contrôlé le territoire de Shabunda. Un des leaders, Kindo Sisawa, qui dirigeait les éléments qui ont commis des viols, de tracasserie et des exécutions a été exécuté par les FARDC en Septembre 2014. Les militaires, dans leurs traquent des groupes armés, elles ont réussi à tuer deux autres chefs de Raia Mutomboki à Shabunda et Bunyakiri. Quel sera l’impact de ses morts sur le processus Désarmement, Démobilisation et Réintégration ?

Depuis que le M23 a été vaincu, plusieurs dynamiques ont changé dans la province du Sud Kivu si bien qu’à défaut de comprendre les réalités qui sous-tendent ces différentes disparitions de ces chefs des groupes armés, il faut aussi voir les réalités sous  adjacentes.

Dans l’espace de moins de quatre mois, plus de trois chefs Raia Mutomboki ont été tués par les militaires du  FARDC ce qui a rendu la question plus complexe et plus sensible.

En effet, au courant  du mois de septembre dernier, le chef milicien répondant au nom de Kindo Sisawa Byangozi avait été tué dans le territoire de Shabunda après un terrible  affrontement qui avait opposé ses milices contre les FARDC.

En fait, la scène s’est passé lorsque un de ces combattants est allé tuer un capitaine FARDC au point de le décapiter la tête. Cela n’avait pas enchanté l’ex 10e région Militaire (actuellement la 33eme région Militaire) qui avait diligenté une mission dans le cadre des représailles. Après un violant affrontement entre les éléments de Kindo Sisawa et les militaires du FARDC, celui- ci trouva la mort.

Pour mémoire, Kindo Sisawa est mort après avoir commis des graves violations des droits Humains. Lui-même fut cité dans les différentes extorsions des matériels des agents du CICR mais aussi  dans le trafic des minerais à l’est de la RD Congo. On en peut oublier le fait qu’un autre chef d’une fraction militaire Juriste Kikuni qui a fait sa reddition, après avoir commis des graves violations des Droits Humains lesquels, nous pensons, ne resteront pas impunis par les juridictions Congolaises.

Ensuite, selon des informations concordantes de nos sources  basées dans le territoire de Shabunda, mais aussi confirmé par les sources officielles, le Mwami Alexandre, qui fut un Raia Mutomboki qui avait été arrêté et écroué dans la prison centrale de la ville de Bukavu ; après avoir purgé sa peine, celui-ci fut relâché mais il est allé encore se joindre au groupe du Kindo Sisawa mais alors avec sa femme nommé Cynthia. On se rappellera que Cynthia, alliée à Mwami Alexandre se sont lancés dans une grande bataille et avaient réussis à occuper les villages de Nyalukungu ainsi que d’autres villages environnants. Une ou deux semaines après, ils seront chassés de ces villages. Malheureusement, dans sa détermination à pouvoir combattre les FARDC, Mwami Alexandre avait été tué le vendredi 5 Décembre 2014 alors qu’il voulait aller se rallier au chef rebelle Général autoproclamé aussi Amuri Yakutumba basé dans le territoire de Fizi.

Selon l’Administrateur du territoire de Shabunda, capté ce matin dans une radio de la place :

« Nous avions pensé que les chefs des groupes armés devraient écouter l’appel que nous leur avions lancé et de quitter les forêts. Alexandre ne serait pas mort s’il avait suivi nos conseils. Les notables du territoire de Shabunda devraient nous aider dans la sensibilisation».

Aussi, faut-il le dire, dans un autre territoire voisin à celui de Shabunda, le territoire de Kalehe  plus spécialement dans la cité d’Etat d’encadrement administratif mais aussi dans le limites entre la province du Sud-Kivu et celle de Nord Kivu notamment à Hombo Sud, vivait un chef Raia Mutomboki, répondant aux ordres du Chef  Byamungu dit « Hamakombo » du nom de Shukuru Kawaya. Ce dernier vient d’être tué aujourd’hui par les soldats du FARDC alors qu’il fut impliqué dans le trafic des ressources naturelles et des violations graves des droits humains. Devant ce tableau que nous venons de peindre,  quelle analyse faire de ces différents assassinats des chefs rebelles ? Quel avenir  peut-on présager pour le processus DDR qui était favorable à la population locale et qui demeure en cours et qui avait été mis en place par le commandement militaire  FARDC?

De sa part, Monsieur Mazambi Moseka, membre de la société civile de  Hombo Sud , pense que l’avenir de ce processus DDR est incertain : «  je ne vois pas l’avenir du processus DDR qui pourtant était bénéfique pour la population locale du territoire de Kalehe  car on doit repenser les autres méthodes de la réinsertion, appliquer pour  ces miliciens étant donné que les chefs sont tués ; et d’autres miliciens continuent à être ciblés par les FARDC, nous craignons que ces attaques successives ne puissent pas laisser un état de psychose à la population locale ».Dans un autre chapitre, un autre acteur de la ville de Bukavu interrogé a affirmé que «  les chefs miliciens doivent se rendre dans le cas contraire, ils seront pourchassés par les forces loyalistes de la RDC dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire Congolais »

Du coté des éléments de la branche du groupe armé Raia Mutomboki basé à Kabare vers Irhegabaronyi, répondant aux ordres du Général autoproclamé Nanderema,  ce derniers seraient arrivés dans la ville de Bukavu afin de négocier leur reddition.

Par ailleurs ; nous pensons que la question est complexe et d’un point de vue objectif, le processus devrait se poursuivre au lieu de l’arrêter en cours.

Le fait de tuer les chefs de ces groupes, est une des stratégies  qui affaibli aussi lesdits groupes mais ne résout pas les problèmes complètement. Il apparaît aussi qu’un plan aurait été arrêté afin d’exterminer tous ces chefs.  Que retenir de ces tueries ? La leçon à retenir est que soit les chefs tués ont été réfractaires au processus, ils n’ont pas répondus positivement à l’appel de capitulation lancé par les FARDC ou alors ils ont infligés une résistance aux FARDC.

Une autre face de la problématique est que, dans le processus de rétablissement de l’autorité de l’Etat , les FARDC devraient aussi savoir que le processus avait commencé mais ils devraient épuiser l’approche de négociations avant de s’en prendre à ces chefs parce que cela renforce davantage l’adversité entre les FARDC et les groupes armés .Qui serait alors derrière tous ces multiples assassinats des Chefs Raia Mutomboki dans la province du Sud Kivu ?

Par Centre de Recherche et d’Etudes Stratégiques en Afrique centrale (CRESA)