Déclaration des organisations de la Société Civile du Sud-Kivu sur le contexte politique et sécuritaire en République Démocratique du Congo

Nous, acteurs de la Société Civile du Sud-Kivu réunis ce mercredi 11 juin 2014 en vue d’analyser l’environnement politique et sécuritaire qui prévaut dans la Province du Sud-Kivu, en particulier, et en RDC, en général, Ainsi, cet exercice d’analyse a porté sur Deux points majeurs suivants :

1. Processus électoral
2. Situation sécuritaire dans la province en rapport avec :
a. Les tueries de Mutarule
b. L’évasion à la Prison centrale de Bukavu
c. Le processus de reddition des FDLR
d. La démobilisation ou l’auto démobilisation des groupes armés

S’agissant du processus électoral, nous avons suivi avec consternation à travers le compte rendu du Conseil des Ministres de ce Lundi 09 juin 2014 l’adoption du projet de loi portant révision de certains articles de la Constitution.
Pour rappel, depuis le mois de mars 2013, la Société Civile du Sud-Kivu avait lancé une campagne dénommée ‘‘Ne touchez pas à ma constitution’’ car l’expérience de la révision précipitée intervenue en 2011 a laissé des séquelles que le peuple congolais gère jusqu’à présent.
Il ne sera plus acceptable de rééditer cette expérience qui, au lieu de contribuer à renforcer la démocratie, l’a significativement affaiblie. A titre
d’exemple, l’on peut rappeler les faiblesses constatées :

  •  La suppression de l’élection du Président de la République en deux tours (Article 71) ;
  • La suppression des Parquets dans l’énumération des détenteurs du pouvoir judiciaire en RDC (article 149) ;
  • La possibilité offerte au Président de la République de dissoudre une Assemblée provinciale ou de relever un Gouverneur de Province de ses fonctions en cas d’une crise politique grave et persistante menaçant d’interrompre le fonctionnement régulier des institutions provinciales,….

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10 ans de massacre de Gatumba : HRW réclame justice

IMG_5874Human Right watch (HRW) exige que justice soit faite pour toutes les victimes du massacre de Gatumba. Dans un entretien accordé vendredi 15 août à Radio Okapi, la chercheuse de cette ONG américaine, Ida Sawyer, pense qu’il faut « donner un signe à tout le monde que ce type de crime n’est pas acceptable et ne restera pas impuni ».

Dans la nuit de mercredi à jeudi 14 août 2004, plus de 150 personnes de la communauté Banyamulenge avaient été massacrés dans un site du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Gatumba, au Burundi, non loin de la frontière avec la RDC. Les rebelles du Front national pour la libération (FNL) avaient revendiqué l’attaque.

10 ans après ce massacre, les survivants et les familles des victimes continuent à réclamer justice. Ils condamnent notamment l’indifférence de la communauté internationale face à ce qu’ils qualifient de génocide.

Human Right Watch réclame que les responsables du FNL dont les principaux sont connus et localisés soient « purement et simplement traduits en justice».

« La justice est importante pour les familles des victimes, les membres des familles des victimes. Il faut aussi que tous les responsables soient punis et traduits en justice », a affirmé Ida Sawyer.

Elle estime que c’est important de « donner un message aux autres personnes qui tenteraient de faire la même chose dans l’avenir »

« Il faut donner un signe à tout le monde que ce type de crime n’est pas acceptable et ne restera pas impuni », a ajouté la chercheuse de HRW.

Ida Sawyer invite aussi les autorités burundaises à « marquer cet anniversaire en montrant leur engagement pour mettre fin à l’impunité et donner la justice aux victimes et aux familles des victimes ».

Une cérémonie de commémoration a été organisée mercredi 13 août à Bujumbura. Le gouverneur et le président de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu ainsi que leurs vices y avaient pris part. Ils regrettent le silence qui entoure ce drame depuis une décennie et se sont engagés à faire pression sur la RDC, le Burundi et l’ONU pour l’organisation d’une enquête indépendante.