RDC : L’AETA signale un afflux des réfugiés burundais au Sud – Kivu

Plus de 200 réfugiés burundais sont arrivés en RDC dans la presqu’île d’Ubwari (sud de Fizi) et la Plaine de la Ruzizi (nord Uvira) fuyant l’insécurité dans leur pays suite à l’attaque des hommes armés contre l’armée burundaise le 11 décembre dernier, constate la plateforme des ONG de la Société Civile AETA/Sud-Kivu.

Dans un Communiqué officiel rendu public le 17 décembre 2015, l’AETA/Sud-Kivu demande au Gouvernement Congolais de bien protéger ses frontières afin d’éviter les entrées incontrôlées des Refugiés Burundais sur le sol congolais et appelle à la vigilance des Acteurs de la Société Civile de Fizi et d’Uvira pour bien faire le Monitoring des groupes armés ou rebelles Burundais qui se s’infiltreraient en RDC afin de dénoncer leur cachette et d’éviter divers attaques des sites de campements des Réfugiés Burundais au Sud Kivu.

Le fait que les frontières soient restées ouvertes, les réfugiés fuyant l’insécurité au Burundi arrivent en RDC, selon l’observation de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) à un nombre limité.

A en croire le constat de l’AETA/Sud-Kivu, « certains réfugiés arrivés ce weekend du 11 au 12 décembre 2015 dans le site de Lusenda (Fizi) au Sud Kivu en empruntant le lac Tanganyika ont déclaré qu’un nombre important de leurs compatriotes souhaite se réfugier en RDC suite aux événements de ce weekend, mais des militaires burundais déployés le long de la frontière les en empêchent ».

Durant les semaines précédentes, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) enregistrait une moyenne hebdomadaire de 200 réfugiés burundais arrivant en RDC suite aux tensions politiques liées à l’actuel mandat présidentiel du Président PIERRE NKURUNZIZA.

Ainsi, d’avril au 10 décembre, note le communiqué, plus de 19 700 réfugiés burundais ont été enregistrés en RDC.

L’AETA/Sud-Kivu attire la sonnette d’alarme sur le risque que présente cette crise politique et sécuritaire burundaise de pouvoir s’étendre sur le plan régional, notamment en raison du nombre de réfugiés, dont certaines estimations les chiffrent à près de 220 000 personnes, dans les pays voisins dont la RDC.

Condamnant avec sa dernière énergie l’escalade des violences ces derniers jours au Burundi, l’AETA/SUD KIVU demande au Gouvernement Congolais de bien protéger ses frontières afin d’éviter les entrées incontrôlées des Refugiés Burundais sur le sol congolais.

Les Acteurs de la Société Civile de Fizi et d’Uvira sont appelés à faire preuve de « vigilance » pour pouvoir bien faire le Monitoring des groupes armés ou rebelles Burundais qui se s’infiltreraient en RDC afin de dénoncer leur cachette et d’éviter divers attaques des sites de campements des Réfugiés Burundais au Sud Kivu.

Si pour les Réfugiés Burundais déjà installés en RDC (à Lusenda/Fizi, à Uvira, …..), la plate-forme les invite à se faire identifier et non aller directement dans des familles d’accueil, aux Agences Humanitaires qui appuient les Réfugiés Burundais dans les Camps, l’AETA/Sud-Kivu leur demande de bien collaborer avec le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) afin de bien identifier les Réfugiés Burundais et les éloigner des frontières de leur pays.

« A la Communauté Internationale de répondre avec fermeté à la dégradation alarmante de la situation politique et sécuritaire au Burundi, et à prendre des mesures contraignantes afin de prévenir le glissement vers une guerre civile qui aurait inévitablement des répercussions dramatiques sur la RDC en général et sur le SUD KIVU en Particulier », peut – t – on lire dans ce communiqué.

SYC

Ci – joint le Communiqué de Presse de l’AETA/SUD-KIVU du 17 décembre 2015 sur le cas des Réfugiés Burundais

Nouveau rapport sur les attaques contre l’éducation à l’est de la RD Congo

education


RD Congo : Élèves et écoles en danger dans les zones de conflit
Le gouvernement devrait souscrire à la Déclaration internationale sur la sécurité dans les écoles

(Kinshasa, le 28 octobre 2015) – Le gouvernement de la République démocratique du Congo devrait accroître la protection des élèves et des écoles dans les zones du pays touchées par les conflits armés, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le gouvernement devrait souscrire à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles – une déclaration internationale – et la mettre en œuvre.

Le rapport de 64 pages, intitulé « ‘Notre école devint un champ de bataille’ : L’utilisation des écoles comme lieu de recrutement et à des fins militaires en République démocratique du Congo », documente comment des groupes armés ont attaqué des écoles et recruté des enfants à l’école ou alors qu’ils se rendaient à l’école. Les groupes armés et l’armée congolaise ont également pris le contrôle d’écoles à des fins militaires. Un grand nombre d’enfants et de parents ont déclaré à Human Rights Watch que la peur d’être enlevés ou violés a empêché les élèves de fréquenter l’école.

« L’accès des enfants à l’éducation est le plus souvent un combat plutôt qu’un droit dans de nombreuses parties de la RD Congo », a déclaré Bede Sheppard, directeur adjoint de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch et co-auteur du rapport. « Faire en sorte que les élèves puissent fréquenter l’école en toute sécurité devrait être au cœur des efforts pour construire une paix durable en RD Congo. »

Le rapport s’appuie sur des entretiens menés auprès de plus de 120 personnes, dont des élèves, des enseignants et des responsables du ministère de l’Éducation et des Nations Unies basés dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, dans l’est de la RD Congo, où des conflits sont en cours.

« Lorsqu’un combattant frappe à la porte d’une salle de classe, il faut répondre », a déclaré à Human Rights Watch une enseignante, décrivant comment un combattant a enlevé une élève. « Il a prononcé le nom d’une jeune élève. Je ne pouvais pas refuser. Alors j’ai appelé la fille qu’il a demandée, et elle l’a suivi. Il n’était pas armé, mais les combattants derrière lui l‘étaient. »

Le gouvernement congolais devrait se conformer à la résolution 2225 de 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui encourage tous les pays à prendre des mesures concrètes pour dissuader l’utilisation militaire des écoles, a déclaré Human Rights Watch. Il devrait rapidement souscrire à la Déclaration internationale sur la sécurité dans les écoles, approuvée jusqu’au mois d’octobre par 49 pays, qui comprend des engagements à protéger l’éducation contre les attaques. Il devrait également revoir ses politiques, ses pratiques et sa formation militaires afin de s’assurer qu’elles soient, au minimum, conformes aux protections contenues dans les « Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés », qui fournissent des indications sur la manière dont les parties à un conflit armé devraient éviter d’empiéter sur la sécurité et l’éducation des élèves.

Le gouvernement congolais devrait également enquêter et traduire en justice les officiers de l’armée et les commandants de groupes armés responsables de recrutement et d’enlèvement d’enfants ainsi que d’autres violations des droits humains et du droit humanitaire internationaux, notamment les attaques illégales contre des écoles, les élèves et les enseignants, selon Human Rights Watch.

Les attaques contre des écoles et leur utilisation à des fins militaires par des combattants ont fortement augmenté au début de 2012, lorsque l’armée congolaise a entamé une campagne militaire contre le groupe rebelle M23 dans l’est de la RD Congo. La rébellion de 19 mois a pris fin en novembre 2013, après que l’armée congolaise et les forces de l’ONU aient vaincu le M23. Cependant, la défaite du M23 n’a pas entrainé la fin des hostilités dans le Nord Kivu et le Sud Kivu, car un grand nombre d’autres groupes armés continuent d’opérer dans ces provinces.

Un résident a expliqué la situation dans son école locale : « La première fois que les [rebelles] M23 sont venus attaquer, les FARDC [l’armée congolaise] avaient occupé notre école. Et lorsque les FARDC ont été chassés par les M23, ces derniers occupèrent notre école. Notre école devint un champ de bataille. »

Lorsque les parties belligérantes utilisent les écoles à des fins militaires, elles prennent parfois le contrôle de quelques salles de classe ou de l’aire de jeux. Dans d’autres situations, les combattants convertissent une école entière en base militaire, en caserne, en terrains d’entraînement, ou en stockage d’armes et de munitions. Les troupes qui occupent les écoles exposent les élèves et les enseignants à des dangers tels que le recrutement illégal, le travail forcé, les passages à tabac et les violences sexuelles.

L’utilisation militaire des écoles détériore, endommage et détruit l’infrastructure de l’éducation déjà insuffisante et de mauvaise qualité. Les combattants qui occupent les écoles brûlent souvent les murs en bois des bâtiments, des bureaux, des chaises et des livres en guise de combustible pour la cuisine et le chauffage. Les toits de tôle et autres matériaux peuvent être pillés et emportés pour être vendus aux fins personnelles des soldats.

L’utilisation d’une école pour des déploiements militaires peut conduire à des dommages supplémentaires à l’édifice, car elle peut faire de l’école une cible légitime pour une attaque ennemie. Même une fois évacuée, l’école peut encore constituer un environnement dangereux pour les enfants si les troupes laissent derrière elles des armes et des munitions non utilisées.

Dans un pays qui souffre déjà de possibilités insuffisantes pour une éducation de qualité, les dommages causés aux écoles en raison de l’usage militaire entravent davantage les perspectives d’éducation des élèves et leur avenir, selon Human Rights Watch.

Human Rights Watch a documenté des attaques contre des écoles ou l’utilisation des écoles à des fins militaires entre 2012 et 2014 par l’armée congolaise, le M23, divers groupes de miliciens hutus congolais connus sous le nom de Nyatura, Maï Maï Sheka ainsi que d’autres groupes Maï Maï et par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

À travers la RD Congo en 2013 et 2014, l’ONU a établi l’existence d’attaques contre des écoles, des pillages d’écoles, ou l’utilisation militaire des écoles par l’Alliance des forces démocratiques (ADF), l’armée congolaise, les FDLR, le Front de résistance patriotique en Ituri (FRPI), le M23, Mai Mai LaFontaine, Mai Mai Yakutumba, les groupes Nyatura, l’Alliance du peuple pour un Congo libre et souverain (APCLS), le groupe Raia Mutomboki et l’Union des patriotes congolais pour la paix (UPCP).

Au début de 2013, le ministre de la Défense de la RD Congo a émis une directive ministérielle à l’intention de l’armée indiquant que tous les militaires reconnus coupables de réquisitionner les écoles à des fins militaires seraient confrontés à des sanctions pénales et disciplinaires sévères. Cependant, Human Rights Watch n’a trouvé aucune législation congolaise ou doctrine militaire existantes interdisant explicitement ou réglementant la pratique de l’utilisation militaire des écoles, ou en faisant une infraction pénale.

« Les parents dans toute la RD Congo démontrent régulièrement la valeur qu’ils accordent à l’éducation que reçoivent leurs enfants, réunissant tant bien que mal les ressources permettant de payer les frais et autres coûts nécessaires pour scolariser leurs enfants », a conclu Bede Sheppard. « Ce n’est rien de moins que le développement futur et la stabilité de l’est de la RD Congo qui dépendent de la volonté du gouvernement de faire des écoles un endroit plus sûr pour que les enfants reçoivent une éducation de qualité. »

Pour consulter le rapport « ‘Notre école devint un champ de bataille’ : L’utilisation des écoles comme lieu de recrutement et à des fins militaires en République démocratique du Congo », veuillez suivre le lien :
http://www.hrw.org/fr/node/282421

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien :
https://www.hrw.org/fr/africa/democratic-republic-congo

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur les droits de l’enfant, veuillez suivre le lien :
https://www.hrw.org/fr/topic/childrens-rights

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
À Kinshasa, Ida Sawyer (anglais, français) : +243-9986-75565 (portable) ; ou sawyeri@hrw.org. Sur Twitter : @ida_sawyer
À Barcelone, Bede Sheppard (anglais) : +1-646-203-1993 ; ou sheppab@hrw.org. Sur Twitter : @BedeOnKidRights

Uvira : Trois journalistes arrêtés dans l’attaque d’une radio par l’ANR

uvira

Kinshasa, le 14 Octobre 2015 – Un groupe d’agents des services des renseignements militaires communément appelés « Bureau 2 » ont pris d’assaut, mardi 13 octobre 2015 vers 14 heures, les installations de la « Radio Le Messager du Peuple », station privée émettant à Uvira, ville située à 128 Km de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (Est de la RDC). Au moins trois personnes, dont deux journalistes congolais et un technicien burundais ont été brutalement arrêtés dans cette attaque. Il s’agit de : Manzambi Mupenge et Lucien Kanana,deux journalistes congolais ainsi qu’un certain Egide, non autrement identifié, technicien  de la Radio Publique Africaine (RPA), station émettant au Burundi en mission de travail à Uvira, tous ont été acheminés manu militari dans les locaux de ce service des renseignements militaires où ils sont séquestrés.

Selon les informations recoupées par JED, les services congolais reprochent à la « Radio Le Messager du Peuple » de diffuser régulièrement un magazine politique enregistré à Bujumbura et  intitulé « Humura Burundi » (ce qui signifie en langue Kirundi : Burundi soit tranquille), produit par la Radio Publique Africaine, principale radio burundaise interdite de diffusion, depuis le 27 avril 2015, par les autorités burundaises dans la foulée des tensions politiques électorales que connait ce pays.

Interrogé par JED sur les relations existantes entre ce média congolais et la radio burundaise, Mutere Kifara, directeur de la Radio Le Messager du Peuple, a déclaré : « Notre média a signé un contrat de partenariat avec la Radio Publique Africaine pour la diffusion de son magazine politique « « Humura Burundi ». La Radio Le Messager du Peuple est aussi captée au Burundi. Cette émission était diffusée sous les ondes de notre radio tous les jours à partir de 19 heures. Le mercredi 7 octobre 2015, j’ai reçu un appel téléphonique émis par un agent de l’Agence Nationale des Renseignements qui voulait savoir les heures de diffusion de ce magazine.  Le lendemain quelques minutes avant la diffusion de cette émission, le signal d’émission de notre média était brouillé. Nous avons été contraints de cesser de diffuser cette émission le vendredi (le 9 octobre 2015, ndlr) après avoir rencontré un officier de la police qui nous a dit que les autorités locales étaient contre la diffusion de cette émission burundaise à partir d’Uvira ».

Journaliste en danger (JED) condamne vigoureusement cette attaque injustifiée des services de sécurité contre un média et exige la libération de trois journalistes arrêtés  arbitrairement sur leur lieu de travail par des personnes qui n’ont ni mandat, ni qualité pour sanctionner le contenu d’une émission radio.

Pour tout contact :

Journaliste en Danger (JED)

374, avenue Colonel Mondjiba, complexe Utexafrica, galerie Saint Pierre, Commune de Ngaliema

Kinshasa/RD Congo

Téléphone : +(243) 99 99 96 353, +(243) 81 99 96 353

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