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Exécution sommaire et extra judiciaire des kulunas : Justicia asbl exige la mise en place d’une commission d’enquête internationale et la poursuite en justice de leurs auteurs

Publié le : 17 October, 2014 à 22 h 20 min


COMMUNIQUE DE PRESSE N° 011/JUST/2014

EXECUTION SOMMAIRE ET EXTRA JUDICIAIRE DES KULUNAS : JUSTICIA Asbl EXIGE LA MISE EN PLACE D’UNE COMMISSION D’ENQUETE INTERNATIONALE ET LA POURSUITE EN JUSTICE DE LEURS AUTEURS

JUSTICIA Asbl, une organisation de promotion et de défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire basée au Katanga en République Démocratique du Congo vient de prendre connaissance du contenu du rapport du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme sur les violations des droits de l’homme commises par les agents de la Police Nationale Congolaise dans le cadre de l’opération « LIKOFI » à Kinshasa entre le 15 novembre 2013 et le 15 février 2014.

Ce rapport fait état des violations graves des droits de l’homme, à savoir des exécutions sommaires et extrajudiciaires et des disparitions forcées, commises à l’encontre de civils par des agents de la Police nationale congolaise (PNC) dans le cadre de l’opération « Likofi ». Cette opération dont le but était de lutter contre la délinquance à Kinshasa, a été menée entre le 15 novembre 2013 et le 15 février 2014. Elle aurait causé au moins 41 victimes de sexe masculin, parmi elles neuf ayant fait l’objet d’exécutions sommaires, et 32 de disparitions forcées.

Il épingle aussi la responsabilité de certaines unités spécialisées ayant la responsabilité de conduire cette opération : il s’agit plus particulièrement de la Légion nationale d’Intervention (LENI) et du Groupe Mobile d’Intervention (GMI), respectivement sous la supervision du Général Seguin NGOYI SENGELWA et du Général Célestin KANYAMA. Un mot d’ordre aurait été donné pour ne pas autoriser aux défenseurs des droits de l’homme d’avoir accès aux lieux de détention et morgues où auraient été déposés les corps des victimes, qui, par la suite, auraient été soit enterrées dans des fosses communes, soit jetés dans le fleuve. Les autorités congolaises n’ont pris malheureusement aucune mesure pour
empêcher la perpétration de ces violations massives et intentionnelles des droits de l’homme qui peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité dont la compétence revient à la Cour pénale internationale.

1. Organisation congolaise de promotion et de défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire, adresse :1015, avenue Mama yemo, Commune Lubumbashi, Katanga /RDC, Tél : 0814709184 et 0853471003, E mail :justicia.asbl@gmail.com
Site web :www.justiciaasbl.org, blog :

JUSTICIA Asbl Toutefois, en lieu et place de condamner ces actes dont le nombre des victimes avoisinerait la centaine et de déférer les auteurs devant les instances judiciaires compétentes, le Ministre national en charge de l’Intérieur, sécurité et décentralisation se contente par contre d’exiger le départ de la RDC de Monsieur Scott CAMPBELL, Directeur du Bureau Conjoint des Nations unies pour les Droits de l’Homme de la MONUSCO, connu pourtant pour son professionnalisme et sa compétence.

La mise en place d’une commission d’enquête judiciaire sur ces faits graves imputés aux forces de l’ordre congolais s’avère nécessaire, et faudra-il rappeler que l’armée gouvernementale avait fait un même usage excessif et disproportionné de la force en perpétrant à Lubumbashi le massacre de nombreux adeptes du prophète MUKUNGUBILA en décembre 2013, et dont les corps avaient été enterrés dans des fosses communes.
Pour JUSTICIA asbl, seules des commissions d’enquête mises en place soit dans le cadre de la commission ou de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, soit du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, soit de la Cour pénale Internationale pourraient valablement mener et ce, de manière indépendante, des enquêtes sur ces crimes graves assimilables aux crimes contre l’humanité, établir la vérité pour l’intérêt de la justice et même faire poursuivre les auteurs devant des mécanismes impartiaux et indépendants de justice.

Au regard de ce qui précède, JUSTICIA Asbl :

– Condamne cette terreur instituée par des services de sécurité congolais dont la mission est de sécuriser les citoyens et leurs biens ;
– Condamne la tentative de décrédibiliser la MONUSCO pour avoir rempli la mission lui reconnue par la résolution 2147 si bien que lorsque le gouvernement réagit différemment s’il s’agit des dénonciations des crimes commis par le M23 et les autres forces négatives par
la même institution ;
– Soutient Monsieur Scott CAMPBELL et l’ensemble du personnel des Nations Unies affectés au Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme pour leur professionnalisme ;
– Soutient toutes les recommandations formulées dans le rapport précité notamment celle de ne pas accorder une quelconque assistance aux unités à la base de ces violations massives des droits de l’homme ;
– Exige la mise en place d’une commission d’enquêtes pour élucider les circonstances exactes et le nombre réel des victimes de ces graves violations des droits de l’homme afin que les responsables répondent de leurs actes.

Fait à Lubumbashi, le 17/10/2014

ONG : Justicia asbl

 Timothée MBUYA, tél : +243 81470 91 84, email :justiciaasbl@gmail.com