Les détenus souffrent de malnutrition dans la prison centrale de Goma

Goma, Nord Kivu, 11 Novembre 2014

Observatoire Congolais des Prisons (OCP)

Dans la Prison Centrale de Goma : « MUNZENZE », chaque détenu ne reçoit qu’un petit gobelet de maïs mélangé avec d’haricots comme ration alimentaire tous les jours à  20 heures  du soir.  Cette nourriture est mal préparée  et  sans aucun respect des conditions sanitaires, ce qui la rend  quasiment impropre à la santé humaine. Des conséquences fâcheuses sur la santé des détenus s’en suivent à tel enseigne que des cas de morts ont même déjà été enregistrés.

La recrudescence de surpopulation de la  prison centrale de Goma met en péril la vie et la santé de personne en détention dans cet établissement pénitentiaire. En principe, toute personne place en geôle doit avoir une assistance de la part de l’Etat pour le permettre de se maintenir en état de santé bien équilibré pour éviter toute fatalité due à la dégradation de son état physique.

Faisant référence de l’ordonnance 344 du 17 Septembre 1965, portant régime pénitentiaire en RD Congo, précisément à son article  61 portant sur la nourriture, il dispose que « Les détenus reçoivent une nourriture correspondant le plus possible à leur nourriture habituelle. Cette nourriture doit avoir une valeur suffisante pour maintenir le détenu en parfaite condition physique ». A son article 62 de la même ordonnance susdite, il est disposé que «  les détenus font trois repas par jour. Le gardien surveille ou fait  surveiller la préparation et la distribution  des aliments. L’usage  de boissons alcooliques est strictement interdit, sauf  prescription du médecin». Il en est de même de la règle 20 de l’ensemble de règles minima pour le traitement des détenus, adopté par le premier congrès des Nations unies pour la prévention du crime  et le traitement  des délinquant, tenu à Genève  en 1955 et approuvé par le conseil économique  et social dans ses résolutions 663(XXIV) du 31 juillet 1957 et 2076 (LXII) du 13 Mai 1977 dispose  que «  Tout détenu doit recevoir de l’administration aux  heures usuelles  une alimentation de bonne qualité, bien préparer  et servie, ayant une valeur nutritive suffisante au maintien de sa santé  et de ses forces. Chaque détenu doit avoir la possibilité de se pourvoir d’eau potable  lorsqu’il en a besoin »

Les conditions matérielles de traitement de détenus de l’établissement pénitentiaire de Goma sont très écœurantes car la population carcérale est estimée à 1176 hommes et  34 femmes. Une statistique révélant dix fois la capacité d’accueil de l’établissement. L’approvisionnement de l’Etat en termes de ration militaire est insuffisant et chaque détenu ne reçoit qu’un petit gobelet de maïs mélangé avec d’haricots.

 Cette nourriture quasiment impropre  à la santé humaine n’est distribuée qu’à 20 Heures  de soir et cette préparation n’est faite qu’une fois par jour. Des conséquences sanitaires fâcheuses sont enregistrées dont la mort de Monsieur BARANYERERA FIZI, âgé de 40 ans, originaire de Bunyori, territoire de Masisi, arrêté en  date du 19/07/2014 pour coup et blessures volontaires. Selon les déclarations faites par le médecin responsable de l’infirmerie pénitentiaire, Dr ANGEROSE VALINANDI, le trépas a emporté ce détenu  suite d’une famine aigue qui a contribué à la dégradation de son état de santé et les soins administrés au niveau de l’infirmerie pénitentiaire  étaient insignifiants pour éviter le mal. Elle a poussé un cri d’alarme pour nonante-neuf pour cent de détenus et dont leur état de santé se dégrade du jour au jour à la passivité de la chaine de l’administration pénitentiaire congolaise. De la porte d’entrée de l’infirmerie pénitentiaire de la prison centrale de Goma, nous avons rencontré trente détenus y rangés pour recevoir les fruits d’avocatier et les Chikwanga, aliments jugés utiles pour la bonne santé de détenus. L’eau d’haricot est consommée en bouillie.

Elle a précisé en montrant d’exemple d’état physique très dégradant et si l’Etat ne parviendra pas à écouter ce cri d’alarme et envisager une politique urgente adéquate à l’égard de la situation alarmante et  pour éviter de morts quotidiennes de personne en garde sous sa responsabilité, il devra en répondre.Il ya lieu que rappeler que la prison centrale de Goma devient de plus en plus un mouroir et pourtant la mission classique d’un établissement pénitentiaire est de contribuer à la rééducation de la personne en conflit avec la loi pénale mais aussi préparer son insertion communautaire dans la cite. Ces aspects classiques d’établissements pénitentiaires doivent sans ambages être garantis par l’Etat dans sa politique pénitentiaire.

Par ailleurs, le degré de civilisation d’un Etat doit se refléter par la manière dont il traite ses citoyens en milieu carcéral. Si l’Afrique du Sud avait de model d’établissement  pénitentiaire en qualité de la prison centrale de Goma, Nelson MANDELA serait-il président dans son pays? L’Etat a l’obligation de reconnaitre aux personnes en détention un traitement correspondant aux  conditions humaines. Ces critères humains d’établissement pénitentiaire correspondent aux valeurs universelles de la dignité humaine consacrent tant par les instruments juridiques nationaux qu’internationaux.

 L’article 3 de la déclaration universelle  des Droits de l’Homme dispose que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». L’article 18 alinéa dernier  de la constitution du 18 Février 2006dispose que « Tout individu doit bénéficier  d’un traitement qui préserve  sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité ». Devons-nous converger que la République Démocratique du Congo était-elle un Etat de droit? L’Etat a l’obligation d’accomplir ses différents engagements en conformité avec  les standards internationaux et respecter ses propres lois.Au regard de ce cri d’alarme de personnes privées de liberté recommandons :

Au gouvernement

  • Le désengorgement de la prison centrale de Goma tenant compte de critères objectifs éligibles pour chaque cas,
  • Le respect de trois repas par jour, riche en vitamine et l’approvisionnement alimentaire de la prison sans interruption,
  • La transformation de l’infirmerie pénitentiaire en centre de sante et sa dotation en médicament,

Au pouvoir judiciaire

  • La multiplication d’inspection dans la prison centrale de Goma,
  • Minimiser les arrestations pour les faits de moindre gravité de peines,

                     Fait à Goma le 11 Novembre 2014

                           Pour l’OCP/RD Congo

                        Me FIKIRI MUHIMA Lutaichirwa

Pour tout renseignement complémentaire concernant le présent Communiqué de presse, veuillez contacter :

Le Secrétariat National de l’OCP/RDC à Goma   33, rue ISHASHA (Route hôp. Belle Vue), Quartier Katindo, Commune de Goma, ville de Goma, Province du Nord KIVU,  R D Congo.

E-mail : ocp_goma@yahoo.fr , julbashems@yahoo.fr  et  flutaichirwa@gmail.comTéléphone : (243) 99 41 36 976 (243)818994357  et  (243) 99 53 99 484

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