RDC : Après 7 mois de blocage du signal de RFI, les autorités refusent de renouveler l’accréditation de la journaliste Sonia Rolley

Radio France Internationale (RFI) a annoncé jeudi que les autorités congolaises n’avaient pas renouvelé l’accréditation de sa correspondante Sonia Rolley. Cet incident est le dernier en date de la répression menée par le gouvernement congolais contre les médias et la liberté d’expression.

Ayant travaillé sur la République démocratique du Congo pendant ces 13 dernières années, Sonia Rolley a développé un large réseau d’auditeurs et de lecteurs, et est reconnue et très respectée dans l’ensemble de la région. La journaliste française a couvert la crise politique en profondeur ces derniers mois et est l’auteure d’une enquête récente détaillée sur les violences dans la région des Kasaïs, dans le centre de la RD Congo. Le non-renouvellement de l’accréditation de Sonia Rolley est une indication de plus que les autorités congolaises veulent cacher la vérité sur les massacres et autres violations des droits humains dans les Kasaïs.

Entre-temps, le signal de RFI est bloqué à Kinshasa depuis plus de sept mois, ce qui prive de nombreux Congolais d’une source essentielle d’informations. Au moins cinq médias proches de l’opposition restent fermés, malgré les « mesures de décrispation » comprises dans l’accord de la Saint-Sylvestre.

Au cours des deux dernières années, le gouvernement a élargi le champ de répression de ses détracteurs en forçant des responsables et des observateurs des droits humains internationaux à quitter la RD Congo.

En octobre 2014, le gouvernement a expulsé le directeur du Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme en RD Congo, Scott Campbell, après que son bureau ait publié un rapport concernant des exécutions sommaires et des disparitions forcées lors d’une opération de police à Kinshasa.

Le directeur du Groupe d’Étude sur le Congo, Jason Stearns, a été contraint de quitter le pays en avril 2016 à la suite de la publication d’un rapport de son organisation sur des massacres commis dans la région de Béni, dans l’est du pays.

En juillet, les autorités ont forcé deux chercheurs de l’organisation internationale Global Witness à quitter la RD Congo alors qu’ils enquêtaient sur certaines pratiques en matière d’exploitation forestière.

Et en août, le gouvernement a empêché ma collègue Ida Sawyer de continuer à travailler dans le pays – l’obligeant à quitter la RD Congo, après qu’elle ait vécu et travaillé dans ce pays pendant plus de huit ans.

Bénédicte Jeannerod

France Director/HRW

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