RDC : CEFOP/DH appelle à la fin de tracasseries des FARDC sur le troçon Mbuji-Mayi – Mweneditu

Mbuji-Mayi, le 18 mai 2018 – Le Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les Droits de l’Homme (CEFOP/DH) a invité les autorités provinciales à mettre fin à la tracasserie routière orchestrée par les éléments des Forces Armées Congolaises sur la Route Nationale N° 1 dans son tronçon Mbujimayi – Mwene-Ditu.

Cette Organisation de défense de droits de l’Homme est vivement consterné par la tracasserie routière orchestrée par les éléments des Forces Armées Congolaises sur la route nationale n°1 dans son tronçon entre Mbujimayi et Mwene-Ditu plus précisément dans les villages de Bena Kabengele et bena Ndaya, groupement de bena Mpunga, chefferie de Bakwa Kalonji, territoire de Tshilenge, province du Kasaï – Oriental.

En effet, depuis le mois de juin 2017, à la suite de l’incursion de la milice présumée du chef Kamuina Nsapu dans le groupement de bena Mpunga, chefferie de Bakwa Kalonji, territoire de Tshilenge, province du Kasaï – Oriental laquelle incursion a fait état de quelques personnes tuées parmi elles Monsieur KALALA MUZEMBA, chef de groupement de bena Mpunga, il a été installé deux postes des éléments des Forces Armées Congolaises chargés d’empêcher une nouvelle incursion.

Cependant, il importe de souligner que les éléments des Forces Armées Congolaises commis aux deux postes érigés
respectivement dans le villages de bena Kabengele et de Bena Ndaya portent atteintes à la liberté de circulation des usagers de la route nationale n°1 en conditionnant le droit de passage, à chacun de ces deux postes, au paiement d’un montant de 1500 FC pour les usagers se trouvant à bord des véhicules et 500 francs pour les piétons, à défaut l’usager concerné est soumis aux traitements cruels et dégradants.

Comme il convient de souligner, cette tracasserie routière, orchestrée par les éléments des FARDC, non seulement porte atteinte au droit à la liberté de circulation garanti par les différents instruments juridiques internationaux et nationaux, en l’occurrence la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 Décembre 1948 en son article 13 alinéa 1 et la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour en son article 30 alinéa 1 mais également, constitue une menace criante aux activités commerciales dans la province du Kasaï – Oriental.

Au regard de ce qui précède, le Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les Droits de l’Homme recommande ce qui suit :

Au Gouvernement provincial :

  • De sécuriser et protéger, à travers un dispositif sécuritaire adéquat, la population du Kasaï –Oriental en général et spécifiquement les usagers de la route nationale n°1 ainsi que leurs biens.

Au pouvoir judiciaire :

  • De diligenter une enquête indépendante sur les différentes atteintes aux droits de l’homme orchestrées par les éléments des Forces Armées Congolaises dans les villages de bena Kabengele et bena Ndaya, dans le groupement de bena Mpunga, chefferie de bakwa Kalonji, territoire de Tshilenge aux fins de sanctionner les commanditaires et exécutants conformément à la loi.

Aux Services provinciaux de la Police Nationale congolaise et des Forces Armées de la
République Démocratique du Congo

  • De sécuriser les populations du Kasaï – Oriental ainsi que leurs biens en général et en particulier les usagers la route nationale n°1.

A la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) :

  • De jouer pleinement son rôle qui est de promouvoir les droits humains et de veiller à leur respect intégral ;
  • De diligenter une enquête sur la situation des droits de l’Homme au Kasaï oriental en général et particulièrement sur les atteintes aux droits de l’homme orchestrées par les éléments des
    Forces Armées Congolaises sur la route nationale N°1.

Aux usagers de la route nationale n°1 :

  • D’être vigilants et de dénoncer tout acte de violation de leurs droits ;
  • De collaborer efficacement avec les instances (judiciaires et non judiciaires) pour l’établissement de la vérité afin que les auteurs de diverses atteintes aux droits de la personne humaine subissent la rigueur de la loi.

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