RDC : CEFOP/DH dénonce l’interdiction des manifestations publiques et sportives à Mbuji-Mayi

Mbuji–Mayi, le 25 Mai 2018 – Le Centre d’Études et de Formation Populaires pour les Droits de l’Homme (CEFOP/DH) a dénoncé la mesure de l’autorité urbaine de la ville de Mbuji-Mayi interdisant les manifestations publiques et sportives sur toute l’étendue de la ville de Mbuji-Mayi, province du Kasaï–Oriental. D’un ton ferme, il s’oppose à ce qu’elle qualifie de « violation constante des droits et libertés publiques et une atteinte au droit aux loisirs » des citoyens.

En effet, en date du 22 mai 2018, le Maire de la ville de Mbuji-Mayi a pris une mesure aux termes de l’arrêté urbain N° 610/01/04/CM/MBM/2018 du 22 mai 2018 interdisant la tenue des manifestations publiques et sportives sur toute l’étendue de la ville de Mbuji-Mayi du 22 mai au 02 juin 2018.

Cette mesure est motivée par le maire de la ville comme une réponse appropriée à l’insécurité grandissante et à la mauvaise volonté manifeste affichée par quelques organisations sociales tenant à envahir les places publiques pour y créer des désordres, troubles, violences et autres actes de vandalisme.

D’après le CEFOP/DH, cette mesure intervient dans un contexte dominé d’une part, par l’étouffement et la répression brutale des manifestations publiques à l’instar des marches pacifiques organisées par le Comité Laïc de Coordination Catholique réprimées brutalement les 21 janvier et 25 février 2018 et celles organisée par les femmes de la nouvelle société civile brutalement réprimées le 15 Mai 2018.

Et d’autre part, par le refus des certains clubs de football du Kasaï–Oriental de la poursuite du championnat national de la Vodacom Ligue 1, dans sa phase retour, ce qui demeure une atteinte aux droits et libertés des manifestations et aux loisirs au Kasaï–Oriental.

« Il y a lieu de relever que cette mesure, non seulement va en l’encontre des prescrits de différents instruments juridiques internationaux relatifs à la promotion et la protection des droits de l’homme ratifiés par la RDC et publiés au journal officiel de notre pays, en l’occurrence les articles 24 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, 21 du pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 et 11 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1986, mais aussi constitue une violation grave des droits constitutionnellement garantis par la Constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée par la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la RDC du 18 février 2006 », précise le communiqué.

Le Centre d’Etudes et de Formation Populaires pour les Droits de l’Homme qui condamne ces atteintes aux droits et libertés publiques recommande ce qui suit :

AU GOUVERNEMENT PROVINCIAL ET AUTORITÉ URBAINE

  • De respecter la constitution de la République Démocratique du Congo ainsi que les différents instruments juridiques internationaux relatifs à la promotion et la protection des droits de l’homme ratifiés par la République Démocratique du Congo et publiés au journal officiel de notre pays dans toutes leurs dispositions et par l’effet, lever la mesure portant suspension de toutes les manifestations publiques et activités sportives à travers la ville de Mbuji-Mayi ;
  • De promouvoir l’exercice et la jouissance des droits et libertés reconnus à la population par les différents instruments juridiques internationaux ratifiés par notre pays ainsi que la Constitution du 18 février 2006.

A LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME, COORDINATION DU KASAÏ– ORIENTAL

  • De jouer pleinement son rôle qui consiste à veiller à la promotion et la protection des droits de l’homme sur toute l’étendue de son ressort.

SYC

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*