RDC : des ONGDH déplorent la persistance de l’insécurité et des atteintes contre les défenseurs des droits de l’homme

Lubumbashi, le 22 mai 2018 –  Les ONGDH, membres de GRUWA s’inquiètent sérieusement de l’ampleur que prend l’insécurité dans la ville de Lubumbashi et surtout, de la persistance de ce phénomène, en dépit de l’opération « KIMIA » lancée, il y a peu, par le commissariat provincial de la police nationale congolaise du Haut Katanga. Elles recommandent au ministère national de l’Intérieur de doter des moyens financiers et logistiques conséquents à la police pour être à mesure de répondre aux cris de détresse de la population et au Conseil de sécurité provincial de faire une évaluation de l’opération Kimia afin de la recadrer.

Dans un communiqué officiel, 29 structures de la société civile rappellent que la ville de Lubumbashi, autrefois connue pour son calme et sa sérénité qui lui ont valu notamment le qualificatif de « Wantanshi », est en train de sombrer petit à petit, au point qu’elle peut à ce jour être logiquement classée dans la zone rouge, à cause de l’insécurité qui y fait rage depuis maintenant environ trois mois.

“Il ne se passe plus trois jours sans que des faits graves ne soient rapportés. Des corps sans vie par-ci, des vols à mains armées par-là, et plusieurs autres situations déplorables sont signalés à travers les différents coins de la ville. Tout comme dans les zones en proie aux conflits armés, les tueries, les viols et les extorsions sont devenus très récurrents à Lubumbashi, à tel point que la tombée de la nuit est carrément devenue un cauchemar pour les habitants, pourtant chef-lieu d’une grande province à savoir, le Haut-Katanga”, précise le communiqué.

En avril 2018, suite notamment aux dénonciations répétées des organisations de la société civile, le commissariat provincial de la police nationale congolaise avait lancé l’opération « Kimia », dans le but d’en finir avec l’insécurité ou mieux la criminalité dans la ville de Lubumbashi. Cependant, déplorent ces ONGDH, le constat est tel qu’à ce jour, l’opération « Kimia » semble être un échec, à l’instar de l’opération précédente dénommée «Kibunu».

Les ONGDH membres de GRUWA qui apprécient les différentes initiatives des autorités pour tenter de résoudre le problème de l’insécurité, ont cependant le regret de constater que toutes ces initiatives sont restées inefficaces jusqu’ici et risquent d’être assimilées à un simple gaspillage des fonds publics.

Elles se disent davantage préoccupées par cette situation, tant que la population et en particulier les Défenseurs des Droits de l’Homme, et les journalistes, continuent à être les principales victimes de cette insécurité, et ne savent pas expliquer l’incapacité de l’Etat devant des simples individus.

Les cas les plus récents sont notamment ceux des militants du mouvement citoyen « Lutte pour le changement » LUCHA en sigle dont l’un d’entre eux avait été enlevé en pleine journée le 05 Mai 2018 alors que plusieurs autres avaient reçus des menaces.

L’autre se rapporte à l’atteinte à l’intégrité physique de plus ou moins 5 personnes dont le journaliste Martin KABEYA de la Radio-télévision Malaïka qui a reçu une balle dans la jambe gauche en pleine journée du 15 Mai 2018, alors qu’il couvrait un reportage en rapport avec le soulèvement populaire visant à dénoncer une fois de plus la recrudescence de l’insécurité, dans le quartier Luwowoshi et ses environs, dans les communes annexe et Ruashi où plus ou moins 80 personnes ont été arrêtées et des boutiques magasins ont été pillés.

Vu ce qui précède les ONGDH, membres de GRUWA, recommandent :
Au Ministère National de l’intérieur :
– De doter des moyens financiers et logistiques conséquents à la police pour être à mesure de répondre aux cris de détresse de la population

Au Conseil Provincial de sécurité :
– De faire une évaluation de l’opération Kimia, et de recadrer ce qui ne marche pas jusqu’ici,
– De contribuer à la mise en place rapide de la police de proximité afin de maintenir un climat de confiance entre cette institution et la population.

Aux Autorités judiciaires :
– D’ouvrir des enquêtes contre d’une part ceux qui ont dissipés les munitions en portant atteinte à l’intégrité physique à quelques habitants de la commune annexe et d’autres part contre ceux qui ont détruit méchamment les biens d’autrui

A la Police Nationale Congolaise :
– De soigner ses relations avec la population en menant régulièrement des campagnes de sensibilisation par la voie des ondes
– De s’abstenir d’utiliser des armes létales en cas de soulèvement populaire

Aux victimes :
– De saisir les autorités judiciaires compétentes pour que des sanctions exemplaires soient appliquées à tous les auteurs des actes criminels

A la population:
– D’être toujours disposée à aider les autorités dans leurs efforts d’en finir avec l’insécurité, notamment par sa collaboration étroite avec les forces de sécurité
– De respecter les biens d’autrui en cas de revendication sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Haut Katanga.

Télécharger le Communiqué

SYC

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