RDC : FIDH appelle à des enquêtes impartiales sur des graves crimes commis dans le Kasaï

La FIDH et ses organisations membres en RDC ont appelé les autorités congolaises à mener des enquêtes indépendantes et impartiales sur les crimes commis dans l’espace kasaïen afin de poursuivre en justice leurs responsables, accorder des réparations aux victimes et en finir avec l’impunité et la répétition des violences.

La FIDH, l’ASADHO, la Ligue des Electeurs et le Groupe Lotus ont publié en avril 2018 un Rapport intitulé : Massacre au Kasaï : Des crimes contre l’humanité au service d’un chaos organisé“.

Ce rapport se base sur les récits de 64 rescapés des massacres du Kasaï qui ont fuis en Angola, lesquels massacres ont été commis par les membres de la milice Bana Mura conseillés et équipés par des éléments des FARDC et de la police. Ces massacres ont été organisé dans les Kasaï pour contrôler le processus électoral comme cela a été inscrit dans le même schéma au Kivu et au nord Katanga et que leurs auteurs peuvent le faire ailleurs pour retarder les élections (Ituri).

Les rédacteurs de ce rapport disposent d’une liste d’au moins 50 noms des présumés responsables des crimes commis dans le territoire de Kamonia au Kasaï qu’ils sont disposés à remettre à toutes institutions qui peut contribuer à ce que des poursuites judiciaires soient lancés contre ces personnes.

Ce rapport fait état du nombre de 3 383 personnes tués selon l’église catholique, 5 000 selon le CRONGD et la présence de 83 fosses communes identifiés par l’ONU. De plus de 1, 4 millions de déplacés internes dont 300 milles enfants et plus de 30 miles personnes qui ont fuis vers l’Angola.

L’assistance a suivi le témoignage de Joël Cadet Ndanga, journaliste dont sa mère et 22 membres de sa famille et 82 personnes de son village ont été massacré par les Bana Mura ; et un autre témoignage du député Honoraire Lukwabuanga qui a témoigné de la présence d’une fosse commune de plus de 100 personnes derrière une maternité du village Bena Mbala, territoire de Demba au Kasaï Central dont il est originaire.

Contexte

Le 12 août 2016, le chef traditionnel Kamuina Nsapu Jean-Pierre Mpandi est assassiné par les forces armées congolaises (FARDC). Bien que sommairement armées, souvent de simples bouts de bois et couteaux, les milices Kamuina Nsapu se soulèvent et s’attaquent aux représentant.es, édifices et symboles du pouvoir central. Accusées de crimes et exactions, elles recourent notamment à l’enrôlement forcé d’enfants et procèdent à des exécutions sommaires, souvent sous la forme de décapitations.

D’abord localisées à Kananga (Kasaï central), ces attaques se propagent rapidement dans les provinces avoisinantes (dont celle du Kasaï). La répression des forces de défense et de sécurité est excessive et se solde par un grand nombre d’exécutions sommaires. En septembre 2017, la Haute-Commissaire adjointe des Nations unies aux droits de l’Homme a estimé que la situation dans les provinces du Kasaï restait l’une des pires crises des droits humains dans le monde.

Au moins 3,383 personnes auraient été tuées d’après l’Église catholique, près de 87 fosses communes ont été découvertes, au moins 1,4 millions de personnes, dont près de 600,000 enfants ont été contraintes de chercher refuge dans les provinces avoisinantes et plus de 30,000 autres ont fui vers l’Angola. Ces chiffres sont des estimations basses et les violences semblent avoir été commises à une échelle encore plus importante.

SYC

Télécharger le Rapport ici

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